Je viens compléter avec une copie d'un enseignement donné par Lama Guendune Rinpoche, et les notes des explications en plus données par Lama Trinlé, lors du week end consacré à la pratique de Sangye Menla auquel j'ai pu assister.
Je ne sias pas si c'est en rapport avec mon métier, ... mais Sangye Menla est un Bouddha qui m'inspire beaucoup, et j'aime beaucoup cette pratique, même si la longue pratique est quand même un peu complexe
La pratique de Sangye Menla , le Bouddha de médecine Enseignement donné par Lama Guendune Rinpoche (08/1983 à Dhagpo Kagyu Ling)
En bleu nuit, le texte traduit des paroles de Lama Guendune Rinpoche.Et en bleu clair, commentaires de Lama Trinlé qui nous a fait la lecture rituelle, et donnée les explications de cette pratique. Il est important d’avoir une motivation juste : une attitude d’esprit pour libérer tous les êtres de la souffrance, c’est la bodhichitta de l’aspiration.
La nature essentielle de tous les êtres est le Dharmakaya, voilé par l’ignorance. Du fait de cette ignorance que tous les êtres ont été nos pères et nos mères, on est animé par la compétition au lieu de la compassion. Les êtres ignorent que le cycle des existences n’est que souffrance. Ils cherchent le bonheur et agissent suivant les poisons des émotions colère, jalousie, … de ce fait, ils accumulent encore plus de karma négatif qui va causer de souffrances supplémentaires et les lier davantage encore au cycle des existences.
Tous les êtres des 6 classes d’existence ont été un jour nos parents. On a donc une dette envers tous les êtres de même qu’envers nos parents de cette vie. Tous ces êtres sont actuellement en état de souffrance d’une six classes d’existence. Il y a urgence à libérer tous les êtres de la souffrance. Pour cela, il faut se consacrer à la pratique de l’écoute, de l’étude et de la méditation.
Il est nécessaire de développer la motivation sincère, du fond du cœur, de libérer tous les êtres de la souffrance et de les établir en l’état de Bouddha. Cultiver le souhait de faire du bien aux autres et d’œuvrer pour le bien des autres. C’est la voie vers l’Eveil. Pour arriver à ce but, il faut s’effacer devant autrui, offrir le bonheur, les circonstances favorables aux autres, et prendre sur soi toutes les souffrances. On va chasser les pensées malveillantes, néfastes et cultiver les pensées bienveillantes, car l’esprit est le moteur de toutes nos actions.
Toute la manifestation est le jeu, la projection de l’esprit. L’esprit, depuis son origine est indifférencié du Dharmakaya, la vérité ultime. Le Dharmakaya pénètre tout l’espace, tous les êtres, tout l’univers ; il est l’espace omniprésent, omnipénétrant et anime tous les êtres. Le Dharmakaya qui m’anime est identique au Dharmakaya qui anime tous les êtres, c’est le même, l’Unique Dharmakaya.
Il faut purifier les voiles qui recouvrent notre nature éveillé- la nature originelle de Bouddha- par les deux phases de méditation : la phase de développement (kyérim) puis la phase d’achèvement (dzorim).
Quand on se visualise soi-même comme étant la divinité, c’est pour reconnaître que nous n’avons jamais été séparé de notre nature de bOuddha, afin de purifier notre projection d’un « je » (d’un ego)/ Notre tendance à saisir ce « je « et l’ignorance déterminent cette saisie. La visualisation montre que notre nature n’est pas différente de la nature de tous les Bouddhas. La véritable essence de notre esprit est le Dharmakaya depuis les temps sans commencement.
Le chemin pour y arriver, c’est laisser reposer l’esprit dans son état naturel : samadhi, d’où apparait la sagesse qui se connait elle-même.
La récitation du mantra de la divinité purifie la parole impure, les mots courants ne véhiculent pas la vérité ultime.
Il faut purifier la distorsion originelle : la perte de vue de la vraie nature de nous-mêmes et la saisie illusoire d’un « je » :
- Notre corps est le corps de la divinité
- Notre parole est le Mantra de la divinité
- Notre esprit est indifférencié de celui de la divinité
Réaliser que notre corps est le Nirmanakaya, que notre parole est le Sambhogakaya et que notre esprit est la Dharmakaya.
Le Nirmanakaya et le Sambhogakaya sont la manifestation de la pureté de l’esprit ultime (le Dharmakaya).
On ne cherche pas à devenir la divinité, on réalise simplement que nous n’en avons jamais été séparé.
Les préparatifs :
Cette explication de la pratique de Sangye Menla se base sur un texte qui est un Terma. Il en existe deux sortes : soit des Termas cachés antérieurement et redécouverts par un lama (terteun), soit des Termas apparaissant spontanément du Dharmakaya, au cœur même de la méditation d’un être éveillé qui en découvre la formulation et le sens caché.
Ce texte fait partie du dernier type de Terma. Il a été révélé à Mindjour Dordjé lors d’une méditation.
Le rituel peut être effectué en tout lieu, du moment qu’il soit bien propre, bien nettoyé.
Allumer de l’encens pour purifier l’atmosphère.
Placer les objets nécessaires à l’accomplissement du rituel.
Sur la partie surélevée de l’autel, on pose un mandala sur lequel on trace avec du riz un lotus à 8 pétales en commençant par le cercle central. Si l’on dispose d’une statue, on la place au centre du lotuis et l’on met un petit tas de riz sur chaque pétale.
Le mandala lui-même représente la divinité, c’est à dire Sangye Menla, et est également un support d’oofrandes à la divinité. On accroche une thangka au dessus du mandala.
Tous ce spreéparatifs ne sont pas obligatoires (mandalas, statue, thangka), la seule visualisation pouvant suffire.
Devant la partie centrale de l’autel, on dispose les 8 traditionnelles offrandes en développant un bel arrangement (cela contribue à l’accumulation de mérites).
Lorsque l’on fait les offrandes, on commence par visualiser le bouddha Menla devant soi et l’on visualise que toutes les offrandes pures sont portées par des déesses d’offrandes émanant de notre cœur.Le Bouddha Menla et les 7 autres bouddhas, selon Guendune Rinpoche, sont l’expression multiforme de la bénédiction du bouddha Menla.
Dans un premier temps, pour simplifier, on ne visualise que le bouddha Menla/soi, et le bouddha Menla/son lama en face de soi (visualisation nyingma)
Dans ce commentaire, les 8 Bouddhas Menla sont semblables, bien que leur bénédiction soit différente.
Il existe aussi deux autres commentaires (1 avec deux boddhisattvas autour, ou les 7 autres bouddhas Menla de couleur différentes…)
Mais il est important de suivre la transmission que l’on a reçu.
Initiation reçue lorque la dimension éveillée de notre esprit se connecte à l’aspect de l’éveil que représente la divinité.
--> Faire le souhait de la recevoir par un être éveillé
Durant ce week end, nous allons recevoir les deux autres aspects (lecture rituelle et explications).
Pour toutes pratiques, il y a les trois sceaux, une introduction, la pratique puis une conclusion.
Comme l’image Kalou Rinpoche, le vajrayana est comme le toit d’une maison, mais il ne peut pas être suspendu dans le ciel comme cela. Il faut des murs et des fondations -> hinayana et mahayana (éthique et esprit d’éveil).La pratique :
Il existe de nombreuses pratiques différentes relatives au Bouddha de médecine. Cette pratique-ci référant à l’Anuttara Tantra (la 4ème classe, la plus élevée des tantras), aucune restriction n’est donnée pour la consommation de viande et d’alcool.
Pour effectuer la pratique, il est nécessaire d’avoir reçu l’inititaion, la lecture rituelle et les explications.
Il s’agit ici d’une méditation Nyingmapa et l’on développe simultanément la visualisation de soi-même en tant que divinité et de la divinité en face de soi.
La méditation comprend toujours 3 phases :1. La phase d’introduction : avec la prise de refuge et le développement de l’esprit d’Eveil de façon authentique et sincère.2.Le corps de la pratique -: avec la phase de création (développement de l’esprit vertueux), Image « creuse » au début puis image « sacrée » par la bénédiction de la déité.
A partir du moment où l’on a confiance, on peut vraiment ressentir la présence de Sangye Menla, du Karmapa, ou autre…- puis la récitation du mantra - et la phase d’achèvement : la déité se résorbe en l’essence de la conscience d’où elle était apparue. Puis phase de méditation non-conceptuelle, en restant dans un état d’ouverture, de clarté, sans vouloir quoi que ce soit=> développement de l’aspect sagesse ; purification de tous les voiles et obscurcissements de l’esprit.3.Phase de conclusion : Dédicace de la vertu pour le bienfait de tous les êtres et leur libération. Pour qu’elle soit plus pure, on doit s’affranchir d’une notion de moi qui ait accumulé du mérite, des êtres et du geste que l’on fait.
Pour donner une dimension plus pure et lui assurer une pérennité. C’est ce qu’expliquait Guendune Rinpoche.Cette dédicace suivie d’une phase de méditation non conceptuelle devient alors parfaitement pure.
Les êtres éveillés et les maîtres de la lignée sont la source de la bénédiction.
Les déités sont la source des accomplissements de notre être.
Les protecteurs de sagesse sont la source de l’activité éveillée.Note : Sangye Menla est un Bouddha dont la nature est indifférenciée de tous les Bouddhas. Il a donc l’activité inconcevable de tous les Bouddhas. Il ne faut pas limiter son activité au seul aspect de Bouddha de médecine. Quand on fait la pratique de Sangye Menla, il faut le considérer comme étant le Lama. Prier le Lama, le prier avec une sincérité profonde. Cela est très important. Si on prie réellement avec une dévotion profonde le Lama Menla, tout est possible instantanément.
La pratique de Sangye Menla accomplit tous les bienfaits, purifie le karma, exauce tous les souhaits si elle est faite avec dévotion. La compassion d’un Bouddha est totalement inconcevable, elle s’exprime sans aucune limite. Si elle est faite sans dévotion, il n’est d’aucune aide d’ajouter les prières les unes après les autres : la plus grande faute est de voir Sangye Menla comme dissocié du lama. Il y a beaucoup de livres sur cette pratique, mais son essence n’est pas à chercher dans ceux-ci.
INTROCUCTION :
Tout d’abord, on éveille une motivation correcte, puis on passe
[b]Développement de la visualisation des objets de refuge[/b] (durant la récitation de la prise de refuge)
On se trouve assis devant un ciel ouvert, vaste, clair, bleu, très lumineux avec des arcs-en-ciel, le soleil et la lune. Au centre se trouve un trône d’or précieux recouvert de soieries multicolores, d’un lotus bleu et d’un disque de lune sur lequel se tient Sangye Menla, bleu foncé, vêtu des 3 robes monastiques et orné de tous les signes des Bouddhas.
Entourant cette figure centrale, d’innombrables bouddhas et bodhisattvas, arhats et pratyékabouddhas ; de plus autour du niveau de la tête de Sangye Menla se trouvent tous les Lamas de la lignée, autour du niveau de son buste tous les yidams, et autour du niveau de ses jambes les Protecteurs.
Nous-même sommes entourés par les êtres des 6 classes d’existence. Nous sommes comme le leader de cette assemblée. Ayant ouverture, confiance et dévotion de corps-parole-esprit, tous les êtres nous imitent ainsi de façon parfaite.
Par la prière du Refuge, on demande protection pour les souffrances du cycle des existences, pour les maladies et maux, pour la chute dans les trois mondes inférieurs. On prie de nous accorder compassion et un Refuge véritable jusqu’à l’éveil.
Tandis que l’on récite cette prise de refuge, il est primordial d’avoir la conviction de cette protection, le degré de cette protection étant proportionnel au degré de notre ouverture, confiance et dévotion envers les objets de Refuge.
Ayant obtenu le Refuge pour soi-même, on développe l’esprit d’éveil afin d’amener tous les êtres, nos parents antérieurs, à l’éveil du Bouddha. Tandis que l’on récite le développement de la Bodhichitta, on s’engage à pratiquer jusqu’à l’obtention de l’éveil, et à diriger son activité dans le seul but de tirer les êtres de la souffrance et les établir en l’état de Bouddha.
Après la récitation du refuge et le Bodhichitta, on pense que des objets de refuge (principalement Sangye Menla) émanent des rayons de lumière qui se dissolvent en nous, nous purifient de tous nos voiles et impuretés de nos corps-paroles-esprit, ainsi que tous les êtres, devenant libérés de toute souffrance. Ensuite on reste u instant dans un état de méditation non conceptuelle, dans la nature originelle de tous les phénomènes.
Quand on émerge de cet état de méditation non conceptuelle, on pense que tout l’univers devient le paradis et le Palais de Sangye Menla, où tout objet est offrande à Sangye Menla. Tous les êtres ont des dieux et des déesses faisant des offrandes à Sangye Menla, offrandes pures et inconcevables.
Par cette visualisation, on purifie le lieu et les offrandes. Le lieu de pratique devient la terre pure de Sangye Menla et les offrandes ont transformés en offrandes de sagesse. Ainsi on transmute notre perception impure en perception pure de sagesse.
Puis on développe les Quatre pensées illimitées, nécessaires à toute pratique du Vajrayana :
1. Amour illimité : Puissent tous les êtres être toujours heureux et jouir du bonheur.
2. Compassion illimitée : Puissent tous les libres de souffrances.
Développer un Amour et une Compassion toujours présents, vivaces, intenses, quasi insupportables, sans préférence ni partialité, avec une équanimité, une égalité parfaite.
3. Joie illimitée : Que tous les êtres jouissent pour toujours des conditions du bonheur.
4. Equanimité : Sans notion d’amis ou d’ennemis, inclure tous les êtres dans nos pensées d’amour, compassion, et joie. Développer ces 4 pensées de façon infinie vers le nombre illimité des êtres comme l’espace.
Ces 4 pensées sont dites « infinies » : on ne doit pas leur donner de limite. Tel l’espace qui est infini, le nombre des êtres est incommensurable. Ces 4 pensées sont toutes issues de la Compassion, puisque toutes le fruit de la bienveillance à autrui. Il faut engendrer le désir d’exprimer sa réalisation pour le bien des autres. L’attention, la bienveillance envers les autres, est la force vitale, le cœur même du Vajrayana.Corps de la pratique :Je ne mettrai pas le corps de la pratique, car long, plus complexe qu’une pratique comme Tchenrézi, et nécessitant d’avoir eu les explications par un maître.
[
u]Mantra [/u]:
- Téyata : ainsi, comme dit le Bouddha
- Om : syllabe introduisant la plupart des mantras, regroupant la bénédiction des corps/paroles/esprit de tous les Bouddhas
- Békadzé : le bienfait (Sangye Menla=le bienfaiteur)
- Maha : grand
- Radza : comme radjah (roi)
- Samoun gaté : insurpassable (celui qui s’en est allé au delà de ce monde, celui dont la compassion est illimitée car réalisation de l’union de la compassion et de la vacuité)
- Soha : puisse t’elle être manifeste
--> imploration à l’activité bienfaitrice du Bouddha Menla à se manifester encore et encore, pour tous les êtresTéyata Om békadzé békadzé maha békadé radza samoun gaté sohaConclusion :
Confession des fautes
Dédicace des mérites pour le bien de tous les êtres
Tashi/souhaits
Courte prière pour renaître en Déouatchen
Prières de longue vie pour les maîtres
Et dédicace finale des mérites.