Bonjour Bushi
Je te souhaite avec du retard la bienvenue sur Sangha rimé.
Je serais aussi heureuse d'échanger avec toi sur la pratique martiale, reliée à la pratique spirituelle. Je pratique le jujitsu depuis 8 ans, et j'ai débuté le kung fu cette année, en plus. Quand j'ai rencontré le dharma, cela m'a fait poser un regard différent sur ma pratique du jujitsu, que j'ai perçu comme une pratique à part entière, engageant le corps et l'esprit. Depuis j'ai lu des articles de maîtres d'arts martiaux comme l'Aikido (dans la revue SAmourai, je ne sais pas si tu connais, je la trouve très intéressante, elle aborde l'aspect philosophique des arts martiaux), parrlant eux aussi d'une voie au delà de l'image que l'on en a habituellement. Le vrai guerrier doit dépasser l'idée même du guerrier, de combattre. Le principal ennemi est soi-même, ses démons intérieurs.
Un maître d'aikido disait aussi qu'il ne fallait pas percevoir par exemple dnas la dualité soi/adversaire dans les combats (d'entrainement), mais tout voir comme un jeu d'énergie, d'échange, d'intéraction. Tant que l'on reste dnas cette dualité, on n'a pas réalisé l'essence même de toute pratique martiale, ou pratique de manière plus vaste.
[i]"- officialiser tes convictions ?
J'ai besoin d'avoir un signe d'appartenance, pour me prouver à moi même et si possible avoir un guide, pour évoquer ce que je n'ai pas compris par exemple, ou avoir des précisions sur des faits précis. Mais aussi pour renouer avec ma famille, car c'est dans le bushido, les racines doivent être seine pour que la fleur soit belle, et ma famille étant de fervent catholique, si je ne montre pas que c'est un engagement réfléchis et durable, il y a trop peu de chance que je sois pris au sérieux, et ça passera comme une crise passagère et n'aura que pour cause d'envenimer encore plus nos relations."[/i]
Il me semble que l'important là n'est pas ta famille, et le regard qu'il pose sur toi, que toi et le regard que tu te poses sur toi-même, et celui que tu penses que ta famille pose sur toi. Tant que l'on reste dans une optique de faire ou ne pas faire les choses en fonction de facteurs extérieurs, on n'est pas tout à fait dnas le juste. J'ai l'impression que c'est comme si tu cherches à convaincre ta famille à accepter ta vie, que tu souhaites l'amener à cela, et avoir leur approbation. Je pense que c'est perdre son temps, en étant dnas cette démarche là. Parfois, on ne peut avoir l'approbation des ses proches. Parfois, ceux que l'on appelle proches, famille..., sont ceux qui nous comprennent le moins, ou nous enferment dnas une vision formatante à leur idée, et non à la nôtre. Parfois, il faut avancer seul sur un chemin nouveau, sans la bénédiction des parents..., ou même avec un regard négatif de la part d'un des deux.
On ne peut pas convertir les autres. Par contre, si on fait les choses parce que c'est ce qui exprime ce que l'on est, que l'on y met tout son être en lâchant l'idée de vouloir convaincre..., alors je me dis que là, on peut peut-être plus toucher les autres, en tout cas les faire réfléchir. Parce que l'on fait les choses, en accord avec soi-même, et non en partie focalisé sur l'extérieur.
Peut-être que ta famille arrivera à poser un autre regard sur toi et tes choix de vie différents par rapport à leurs conventions à eux, s'ils te voient heureux, et bien ancré.
Mais l'essentiel à mes yeux, en tout cas, n'est pas de vouloir même toucher les autres. L'essentiel est le pourquoi tu fais ces choses en rapport à ta vie.
[i]-La traduction de mes convictions ?
Je pense que le code à encore beaucoup de chose d'actualité, notamment ce qui nous est enseigné lorsqu'on pratique des art-martiaux (les 7 valeurs), et je me suis retrouvé dans ce code, j'ai besoin de droiture et de règle strict, car je n'ai su évoluer qu'avec une ligne de conduite bien tracé. En effet c'est un supplément à la religion, notamment le bouddhisme Zen. C'est pourquoi, aujourd'hui je cherche quelqu'un pour m'enseigner.
Ainsi je continue à respecter ce code, il m'a dit d'apprendre à maîtriser le sabre, je pratique le kendo, il m'a dit d'apprendre le jujitsu, je le pratique, il m'a dit de faire de l'équitation j'en fais dès que je peux. Il me reste le tir à l'arc et le bouddhisme Zen, pour parfaire mon initiation de bushi. [/i]
[i]Et vous conviendrez avec moi, que notre société ne laisse pas de place aux faibles, et nous sommes tous d'une certaine manière des guerriers, même si aujourd'hui la bataille ne se fait plus avec les mains et ne se termine plus par le sang. C'est ce que je crois et ce que je constate, et en ces périodes de crise, avoir un code à suivre est très rassurant. Peu importe le code d'ailleurs, chacun doit trouver celui qui lui convient. Moi il s'avère que c'est celui du Bushido.[/i]
Cela dépend de la vision que l'on a de la vie, et du monde. Il y a les 'vraies batailles' qui tuent, avec le sang comme tu dis, et il y en a encore. Les batailles psychologiques, aussi.
Et puis, une autre bataille plutôt celle contre soi-même, ses démons intérieurs. Le chemin spirituel.
Tu connais Chogyam Trungpa? C'est un maître bouddhiste tibétain qui parle de la voie du guerrier justement. Peut-être y trouveras-tu des choses qui te parlent. Il compare le pratiquant spirituel à un guerrier de l'Eveil, il a écrit un livre que je trouve bien, [u]Shambala, la voie sacrée du guerrier[/u](
shambala-la-voie-sacree-du-guerrier-de-chogyam-trungpa-t1378.html). Mais ce guerrier, ses armes sont ce qu'il appelle la bonté fondemanentale, l'ouverture, jusqu'à laisser apparaître ses failles, l'accueil inconditionnel, et non se murer derrière une armure, et être fort dans le sens que l'on conçoit initialement.
Je te mets le lien vers le site de Shambala:
http://shambhala.fr/http://paris.shambhala.fr/index5050.html (la voie du guerrier)
Son fils, qui ets son successeur, est aussi pratiquant d'arts martiaux, kuydo, équitation, calligraphie...
Est-ce qu'une vision dure du monde qui nous pousse à adopter une attitude de défense, de guerrier partant au combat, ne contribue pas à renforcer cet aspect implcable du monde? Ne nous influence t'elle pas dans nos rapports aux autres? Si nous percevons l'extéreur comme ennemi, source potentiel d'ennuis, ... alors nous risquons bien de dégager et d'adopter des attitudes qui vont ne faire que créer ce que nous croyons percevoir.
Je me dis qu'il ne faut pas se contenter de suivre à la lettre, il faut analyser, réfléchir, et adapter au contexte actuel. Par exemple, le jujitsu pratiqué actuellement n'est plus ce qu'il était. Il a été adapté.
Le monde n'est plus ce qu'il était à l'ère des samourais, et tout n'était pas idéal chez eux non plus, bien au contraire. Ils avaient une vision aussi très dure de la vie. Un de leurs héritages est l'esprit qui animait l'armée japonaise lors de la 2è guerre mondiale, l'esprit kamikaze. L'inflexibilité, ne pas accepter la défaite, plutôt mourir... qui peut être aussi être discutable, et dont a aussi été victimes beaucoup de jeunes japonais (tous ne voulaient pas mourir dnas leurs avions, mais pas le choix, juste assez de carburant pour rejoindre leur cible, pas assez pour retourner à leur base...).
L'essentiel à mes yeux n'est pas l'aspect extérieur de la pratique mais l'état d'esprit que l'on a durant celle-ci. On se rattache à l'aspect extérieur, on a besoin d'une forme extérieure tant qu'on n'a pas atteint un certain niveau sur le chemin.
Dans l'absolu, peu importe la pratique, c'est ce qu'on y met dedans qui est important. Ainsi, il me semble que ce qui fait l'esprit d'un samourai, par exemple, du vrai guerrier de l'éveil..., ce n'est pas la maîtrise de tel art et tel art, mais bien la maîtrise de son esprit, de son être tout entier dnas cet art-là, qui fait qu'il habite entièrement cet art, et que par le biais de cet art, il exprime ce qu'il est réellement.
Je te mets aussi le lien vers les centres du 54, qui est sur Encyclopedia dharma:
http://sangharime.com/ed/index.php?titl ... et-MoselleAmicalement