Seunam Gyamtso a écrit:
Quelles sont les différences a ton avis entre les méthodes et vues du Dzogchen et du Mahamudra ?
Selon Namkhai Norbu et d'autres maîtres qui ont abondamment enseigné sur ce sujet, le Mahamudra appartient à la Voie de la transformation et donc son objectif -- sans parler de la Vue et des pratiques -- est de transformer les passions en Sagesses. Pour cela, la Vue et les pratiques sont nécessaires. Elles reposent essentiellement sur les principes des différentes formes de Phase de Perfection (dzokrim).
Le Dzogchen relève de la Voie de la liberté naturelle qui fournit les moyens yogiques de libérer les passions sans effort. Mais libérer les passions implique ici que cette libération est non-régressive. Cela ne signifie pas que l'on fait tout ce que l'on veut et que l'on s'engage dans un comportement paradoxal de manière à choquer les gens en se disant "je peux tout faire, je suis un Dzogchenpa, il n'y a pas de karma dans le Dzogchen". Cette attitude est probablement la pire qui existe et elle démontre que les personnes qui la défendent ne sont pas des réceptacles appropriés pour pratiquer le Dzogchen. Ces personnes méprisent souvent les Sutras et refusent de faire leurs préliminaires, justifiant leur attitude en disant qu'il n'y a pas de préliminaires dans le Dzogchen. Elles devront m'expliquer alors ce que sont les nombreux manuels de préliminaires rédigés par Longchenpa, Jigme Lingpa et tant d'autres. Dans l'optique Dzogchen, les préliminaires ordinaires (4 dharmas) et extraordinaires (refuge, etc.) sont communs aux Sutras, aux Tantras et au Dzogchen.
En règle générale, la Vue et les techniques employées dans le Mahamudra ressemblent à certains aspects du Sem-dé (Sems-sde), pas à toutes les lignées du Sem-dé mais à celle du Khams en particulier. Mais il faut également définir de quel type de Mahamudra l'on parle. Ce qui est par exemple désigné comme le Mahamudra de l'Essence ressemble beaucoup au Sem-dé mais il semble qu'historiquement aussi bien que littérairement se soit un phénomène récent par rapport aux textes anciens du Mahamudra.
Les enseignements de Zhang Tselpa ressemblent à s'y méprendre à certains Tantras de Sem-dé. Les grandes différences entre Mahamudra et Dzogchen, en termes de pratiques, commencent avec le Long-dé et l'Upadesha, notamment avec les Rushen. La différence absolue est la présence de la pratique de Thogel dans le Dzogchen. Quoi que certains en disent, cette pratique ne se retrouve nulle part ailleurs dans tout le tantrisme bouddhique.


