de Seunam Gyamtso » Lun 27 Déc 2010 00:26
Bonjour,
Je dis en vrac ce qui me vient à l'esprit, ya a prendre et à laisser, je cherche aussi à mettre en mot et c'est aussi une réflexion personnelle sur ma pratique, pas une critique.
Une béquille, ça peut servir et être utile, mais ce n'est pas une finalité, pas une méthode ultime pour se déplacer.
Une pensée surgit, pourquoi la bloquer ? La regarder sans la juger, sans idée conceptuelle/intellectuelle à son égard, et sa nature fait jour (ou son absence de nature ?).
Elle disparait, on demeure alors établit dans la conscience sans mouvement.
Elle apparait, on demeure établit dans la conscience ou elle émerge.
Elle n'apparait pas, on reste établit dans l'état sans pensée.
Dans les deux cas, on ne la rejette pas, ne la recherche pas, ne l'analyse pas (avec le mental, conceptuellement).
Observant sans cesse l'esprit en mouvement et l'esprit calme, ne saisissant ni les pensée ni le calme,
la non méditation s'établit alors :
sans attachement au calme ou à l'agitation, on ne sépare pas ces expériences de la nature de l'esprit.
Rien ne trouble l'esprit qui perçoit la saveur unique des pensées et de la non pensée.
Quand une expérience survient, quelle différence entre cette expérience et une pensée ?
Si je médite en me concentrant trop sur "l'esprit", il part facilement, en fait je ne suis pas la, je me fait un film, "je médite", "j'observe, la nature de l'esprit", etc.
Il est dit que les phénomènes sont une projection de l'esprit, pourquoi ne pas travailler avec ce qu'on a sous la main pour s'établir dans la présence : nos sens, notre corps, nos perceptions sensorielles, être présent, c'est pas "être dans l'esprit seulement", c'est "être la avec nos tripes", je me pose sur le coussin, je fais attention à être conscient, je ne cherche pas à méditer, pas à partir dans mes pensées non plus :
je sens tactilement mes vêtements au contact de ma peau, l'air qui rentre dans mes poumons, je vois ce qu'il y a en face, j'entends les sons :je suis la, présent et pleinement vivant, si une pensée survient, je la vois aussi comme je vois un oiseau qui passe, comme j'entends un son au dehors, sans le suivre, sans le rejeter.
Il n'y a rien à faire, je ne médite pas, je ne pense pas, je ne conçois pas, je ne réfléchit pas, je n'analyse pas, je demeure tel quel ! (paraphrase des Six Dharmas de Naropa).
C'est reposant, apaisant, enrichissant... et cela évite les écueils des méditations construites, cela évite les tensions...
Tu te pose beaucoup de questions, comme moi, peut être qu'aussi tu médite de même un peut trop avec ta tête, tes concepts, et pas assez avec tes sens.
En plus, "ne pas méditer" de la sorte, "ne rien faire", "on peut le faire" souvant dans la journée, en faisant la cuisine, le ménage, en marchant, en travaillant (selon le travail), et bien que des cessions formelles me sembles indispensables quotidiennement, ça peut permettre d'atténuer la séparation entre cession formelle et le reste de la journée, particulièrement dans nos vies occidentales chargés.
Amicalement,
Par le mérite engendré par ma pratique du don et des autres perfections,
puissé-je réaliser l'éveil pour le bien de tous les êtres.