de Seunam Gyamtso » Dim 26 Oct 2008 22:19
La tradition de l’action vaste ajoute aux quatre manquements racines une liste de 46 manquements secondaires.
Ils se répartissent de la manière suivante :
• Les 34 actes contraires au développement des qualités spirituelles (1-34) :
- 7 actes contraires au don (1-7),
- 9 actes contraires à l’éthique (8-16),
- 4 actes contraires à la patience (17-20),
- 3 actes contraires à la diligence (21-23),
- 3 actes contraires à la concentration (24-26),
- 8 actes contraires à la connaissance (27-34),
• Les 12 actes contraires à l’accomplissement du bien des êtres (35-46).
Voici la liste de ces 46 manquements :
1. Ne pas faire d’offrande aux Trois Joyaux.
2. Suivre ses propres désirs.
3. Ne pas accorder de respect aux anciens.
4. Ne pas répondre lorsqu’on est interrogé.
5. Ne pas répondre à une invitation.
6. Refuser violemment un présent, par orgueil ou mépris.
7. Ne pas expliquer le Dharma à celui qui souhaite le recevoir.
8. Rejeter celui qui a endommagé ses vœux.
9. Ne pas étudier le Dharma et ne pas observer les règles de l’éthique alors que c’est nécessaire pour fortifier la confiance des autres.
10. N’avoir que peu d’énergie pour accomplir le bien des êtres.
11. Ne pas accomplir un acte apparemment négatif alors que par compassion, cet acte doit être accompli.
12. Vivre volontairement de moyens de subsistances malhonnêtes. Il existe cinq moyens malhonnêtes de gagner sa vie : la flatterie, l’extorsion de fonds, la contrainte, la tromperie et la corruption. Nous ne pouvons ni utiliser ces moyens pour nous même ni accepter des dons provenant de leur utilisation.
13. Se complaire dans des activités futiles. Consacrer beaucoup de temps à des activités qui ne sont que des divertissements (sports spectacles, jeu, boisson, conversations vaines, etc.), alors que ce temps pourrait être mis à profit pour la pratique du Dharma.
14. Souhaiter sortir seul du samsara, sous l’emprise de l’attachement.
15. Ne pas éviter une mauvaise réputation.
16. Ne pas écarter les facteurs perturbateurs.
17. Répondre aux offenses. Lorsqu’on nous frappe, nous insulte, nous critique, etc., répondre à l’offense par l’offense, aux coups par les coups, à la critique par la critique.
18. Rejeter ceux qui éprouvent du ressentiment à notre encontre, plutôt que de chercher l’apaisement.
19. Ne pas accepter les excuses d’autrui.
20. Se laisser aller à la colère.
21. Chercher à avoir des disciples pour gagner du profit ou du respect.
22. Ne pas chercher à éliminer la paresse, les atermoiements, la nonchalance, tout ce qui nous fait perdre notre temps.
23. S’engager dans des conversations futiles, concernant l’agitation du monde.
24. Ne pas s’exercer à la méditation et ne pas rechercher les instructions nécessaires.
25. Ne pas éliminer les obstacles à la méditation, comme la distraction, la torpeur ou les doutes.
26. S’attacher aux expériences heureuses produites par la méditation.
27. Rejeter le respect dû au hinayana.
28. Ecarter le mahayana pour se consacrer davantage au hinayana. Alors qu’on s’est engagé sur le chemin du mahayana, l’abandonner pour se tourner vers le hinayana.
29. Négliger l’étude du Dharma au profit de l’étude de sujets temporels.
30. Tout en se consacrant au mahayana, se complaire dans le hinayana et les sujets temporels.
31. Ne pas porter d’intérêt aux enseignements particuliers du mahayana.
32. Ne pas rechercher le Dharma. Par orgueil ou par paresse, ne pas écouter les enseignements ou ne pas lire les livres qui nous permettent de mieux comprendre le dharma.
33. Faire son propre éloge et critiquer les autres.
34. Ne pas se fier au sens, mais se fier aux mots ; en particulier, se fier à notre propre compréhension d’un texte, plutôt qu’au sens tel que nous l’explique un maître.
35. Ne pas offrir d’aide à celui qui en a véritablement besoin.
36. Ne pas prendre soin des malades.
37. Ne pas rechercher à apaiser les souffrances, la peine et le chagrin.
38. Ne pas avertir les insouciants ; ne pas prendre soin des disciples ou de ceux dont nous avons la responsabilité.
39. Etre ingrat envers ceux qui nous ont aidés.
40. Ne pas dissiper les souffrances des autres, que ces souffrances soient matérielles ou mentales.
41. Ne pas donner à ceux qui désirent les richesses, bien que nous puissions le faire.
42. Ne pas aider son entourage.
43. Ne pas agir en accord avec la mentalité des autres.
44. Ne pas faire l’éloge des qualités des autres.
45. Ne pas mettre fin aux méfaits d’êtres nuisibles.
46. Ne pas utiliser les prodiges et les supra-connaissances, lorsque cela est nécessaire pour guider les autres.
Préceptes communs aux traditions de l’Action Vaste d’Asanga et de la Vue profonde de Nagarjuna :
1. Rejeter un être en esprit.
2. Accomplir les quatre actes noirs :
- tromper son maître ou ses parents,
- regretter les actes positifs,
- critiquer les êtres saints,
- avoir une attitude malhonnête.
3. Ne pas accomplir les quatre actes blancs :
- être sincère envers son maître et ses parents,
- se réjouir des actes positifs,
- faire l’éloge des êtres saints,
- être honnête envers les autres.
Eviter l’ensemble de ces manquements constitue les préceptes propres à la bodhichitta intentionnelle. Quant aux préceptes de la bodhichitta appliquée ce sont, pour les deux traditions, les six paramitas.
La purification des manquements aux vœux de Bodhisattva.
Lorsque nous commettons un des manquements aux préceptes des bodhisattvas, nous endommageons ou brisons nos vœux, mais le manquement n’est complet que lorsque sont réunis les quatre facteurs déterminants :
• persévérer dans le manquement,
• n’éprouver aucun remord, aucune honte, aucun embarras,
• être satisfait d’avoir agit ainsi,
• voir dans l’acte accompli une qualité au lieu d’un défaut.
Une faute est moyenne si deux ou trois facteurs sont présents, mineure si seulement un des facteurs est présent. Dans tous les cas, il faut se purifier des manquements, ce qui peut se faire de manière simple, en prenant conscience du caractère erroné de la pensée, en la regrattant et en réaffirmant notre engagement de bodhisattva : « Pour accomplir le bien des êtres, je m’engage à atteindre l’état de Bouddha ; j’aiderais et secourrai tous les êtres. » (ou la formule complète de la prise de vœu de bodhisattva).
Briser totalement le vœu de bodhisattva, c’est abandonner en esprit un ou plusieurs êtres, décider de ne jamais rien faire pour leur bien.
Pour se purifier d’un manquement, la meilleure méthode consiste à réciter les « Soutra des trois amoncellements », dit aussi « Confession aux 35 Bouddhas ».
En connexion avec le vajrayana, on peut aussi utiliser la pratique de Vajrasattva et la récitation de son mantra, qui regroupent toutes les formes de purification.
Le sangha reste a votre écoute pour approfondir ce que vous souhaitez, n’hésitez pas.
Concernant le vœu de Bodhisattva, je ne saurais trop conseiller la lecture du livre de Bokar Rimpotché:
« Le vœu de bodhisattva », aux éditions Claire Lumière, dont sont issus les informations ci-dessus.
Amicalement,
Seunam
Par le mérite engendré par ma pratique du don et des autres perfections,
puissé-je réaliser l'éveil pour le bien de tous les êtres.