histoire de l'éléphant

Comment intégrez vous le Dharma dans votre vie quotidienne ? (travail, vie personnelle, évènements...) Des obstacles dans la pratique? Essayons de trouver des solutions ensembles. Espace d'aide spirituelle ou les membres peuvent demander a la sangha de prier avec eux pour X raison.

histoire de l'éléphant

Messagede plantamare » Jeu 16 Déc 2010 14:14

Je voudrais demander à ceux qui passent sur ce forum de me donner leur avis sur le sens d'un épisode de la vie (légendaire) du Bouddha : dans cet épisode, le Bouddha, lassé des moines qui se disputent, se retire dans la forêt, pour ne plus voir tous ces idiots. Preuve s'il en est que même en étant illuminé, on peut trouver les autres stupides et ne plus réussir à les supporter.
Bon, la suite : dans la forêt, le Bouddha rencontre un éléphant qui a aussi abandonné le troupeau pour se retirer dans la solitude. Lui aussi a du mal à supporter ses congénères. Les deux fraternisent.
Etape suivante de l'histoire : les moines, au bout d'un temps, viennent chercher le Bouddha dans sa solitude, et il accepte de retourner avec eux ; à l'éléphant, il conseille par contre de demeurer dans la forêt, afin de ne pas rencontré des hommes qui risqueraient de le tuer.
Que peut-on en déduire? Que seuls les Bouddhas peuvent supporter le comportement du commun des mortels? Qu'il faut de temps à autre se retirer pour puiser des forces, comme le Bouddha l'a fait? Que si l'on n'est pas illuminé, il vaut mieux rester dans la forêt?
L'épisode se termine par un enseignement du Bouddha où il dit qu'il faut chercher la compagnie des sages, et que si on ne peut pas trouver de compagnon sage, il vaut mieux rester tout seul.
Comment appliquer tout cela à notre quotidien? Courons-nous autant de dangers que l'éléphant si les autres nous poussent à bout et que nous ne pouvons faire autre chose que de nous énerver contre eux? En bref, la question pourrait être : quand on est sûr qu'on a un "con" en face de soi, qu'on ne peut pas le raisonner et que l'on sait qu'il finira par nous nuire (un peu comme le cousin du Bouddha qui n'a pas cessé de chercher à lui nuire), qu'on ne peut pas prendre le large dans la forêt, parce qu'on a une famille, un job, en somme des obligations, qu'est-ce qu'on fait?
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Re: histoire de l'éléphant

Messagede Lumbini » Jeu 16 Déc 2010 19:10

Bienvenue à toi saluts2

Offtopic :
L'épisode se termine par un enseignement du Bouddha où il dit qu'il faut chercher la compagnie des sages, et que si on ne peut pas trouver de compagnon sage, il vaut mieux rester tout seul.

Je pense que cela fait référence à ce passage du Dhammapada (il en existe probablement différentes traductions/versions):

"Quelle joie de contempler l'éveillé et d'être en compagnie de sages.
Suis donc les rayonnants, les sages, les éveillés, les aimants car ils savent œuvrer et tenir bon.
Mais si tu ne trouves point d'ami ou de maître pour t'accompagner, chemine seul,
tel un roi qui a renoncé à son royaume, tel un éléphant dans la forêt"
Bouddha - Dhammapada


L’idée qui se dégage de cela, autant que je l’avais compris, est qu’il faut d’abord faire l’effort de trouver un maître (un guide), mais que si l’on en trouve pas alors il vaut mieux cheminer seul (plutôt que d’être mal guidé).
Les Théravadins connaissent bien les sutras ; il y a un grand respect pour les textes dans le Bouddhisme aussi je ne sais pas s’il ne faudrait pas plutôt se référer au commentaire d’un Vénérable (maître) s’agissant de cet épisode de la vie du Bouddha que je découvre, quoique l’enseignement final m’était connu.

Amicalement,
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Re: histoire de l'éléphant

Messagede plantamare » Ven 17 Déc 2010 13:44

Je sais que la morale de l'histoire figure dans le Dhammapada, en effet. Mais là, je l'ai trouvée à la fin de ce conte moral sur la vie du Bouddha, et je dirais que cela donne un éclairage un peu différent que s'il s'agit de la maxime isolée. De toute manière, le conte se passe de sa morale explicite, car l'histoire parle d'elle-même et nous interroge. J'en profite pour la compléter, car j'ai vu à l'article que tu cites sur les ours que tu te préoccupes des animaux. Le conte nous apprend donc aussi que l'éléphant, peu après le départ du Bouddha, est victime d'un accident, mais que par le mérite acquis à fréquenter le Bouddha, il lui est accordé une renaissance dans le règne des Devas. Par la suite, il atteint l'illumination. Nous voici rassurés sur le sort de l'éléphant.
Ce conte fait partie d'un ensemble de textes que j'ai commencé à rassembler sur les problèmes qu'a rencontrés le Bouddha après son illumination. J'ai commencé à le faire après avoir lu le livre de Kornfield, "Après l'extase, la lessive", dans lequel l'auteur explore les difficultés que continuent de rencontrer dans la vie courante des enseignants contemporains du Dharma, après ce qu'ils qualifient d'expérience d'illumination.
Tu as certainement raison de dire que dans la morale du conte, le sage renvoie à un maître qualifié, mais peut-être pas seulement : car il y a aussi des êtres sages sans que ce soient des maîtres qui enseignent. Plutôt des gens auprès de qui on bénéficie de la qualité de leur présence, sans qu'ils cherchent à enseigner quoi que ce soit. Le contraire étant alors les personnes ordinaires, avec qui il est si facile d'avoir des conflits.
Une personne de ma connaissance se mettait toujours en colère dès qu'elle retournait dans sa famille : leur comportement lui était insupportable, et le fait qu'elle soit devenue Bouddhiste n'arrangeait pas les choses, car en plus de sa colère, elle culpabilisait, en se disant qu'elle aurait dû mieux appliquer les enseignements. Son maître lui conseilla (car elle avait la chance d'en avoir un) de retourner de temps à autres voir sa famille et de se mettre "à leur niveau" - mais surtout de ne pas y rester trop longtemps.
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Re: histoire de l'éléphant

Messagede plantamare » Ven 17 Déc 2010 13:45

Je sais que la morale de l'histoire figure dans le Dhammapada, en effet. Mais là, je l'ai trouvée à la fin de ce conte moral sur la vie du Bouddha, et je dirais que cela donne un éclairage un peu différent que s'il s'agit de la maxime isolée. De toute manière, le conte se passe de sa morale explicite, car l'histoire parle d'elle-même et nous interroge. J'en profite pour la compléter, car j'ai vu à l'article que tu cites sur les ours que tu te préoccupes des animaux. Le conte nous apprend donc aussi que l'éléphant, peu après le départ du Bouddha, est victime d'un accident, mais que par le mérite acquis à fréquenter le Bouddha, il lui est accordé une renaissance dans le règne des Devas. Par la suite, il atteint l'illumination. Nous voici rassurés sur le sort de l'éléphant.
Ce conte fait partie d'un ensemble de textes que j'ai commencé à rassembler sur les problèmes qu'a rencontrés le Bouddha après son illumination. J'ai commencé à le faire après avoir lu le livre de Kornfield, "Après l'extase, la lessive", dans lequel l'auteur explore les difficultés que continuent de rencontrer dans la vie courante des enseignants contemporains du Dharma, après ce qu'ils qualifient d'expérience d'illumination.
Tu as certainement raison de dire que dans la morale du conte, le sage renvoie à un maître qualifié, mais peut-être pas seulement : car il y a aussi des êtres sages sans que ce soient des maîtres qui enseignent. Plutôt des gens auprès de qui on bénéficie de la qualité de leur présence, sans qu'ils cherchent à enseigner quoi que ce soit. Le contraire étant alors les personnes ordinaires, avec qui il est si facile d'avoir des conflits.
Une personne de ma connaissance se mettait toujours en colère dès qu'elle retournait dans sa famille : leur comportement lui était insupportable, et le fait qu'elle soit devenue Bouddhiste n'arrangeait pas les choses, car en plus de sa colère, elle culpabilisait, en se disant qu'elle aurait dû mieux appliquer les enseignements. Son maître lui conseilla (car elle avait la chance d'en avoir un) de retourner de temps à autres voir sa famille et de se mettre "à leur niveau" - mais surtout de ne pas y rester trop longtemps.
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Re: histoire de l'éléphant

Messagede Lumbini » Sam 18 Déc 2010 12:21

Le mieux serait de nous donner les références de ce conte ; s’il s’agit d’un épisode de la vie du Bouddha cela n’est pas nécessairement considéré comme un conte.

Personnellement je suis à peu près sûr de ne pas avoir ce texte de mon côté et ne peux donc rien en dire ; parfois il y a des théravadins qui viennent sur le forum mais là récemment je n’en ai pas croisé...
Bonne recherche,
Lumbini
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Re: histoire de l'éléphant

Messagede Tinh-Y » Jeu 23 Déc 2010 01:43

Je ne parlerai pas ici des récits sur la vie du Bouddha qui ne font pas partie du Canon Pali . C'est au travers de ce que nous rapportent les suttas que connaissons la vie du Bouddha et de sa communauté ...

Le Bouddha donne des conseils ils nous sont rapportés dans les Suttas(sermons) et le Dhammapada

...

Mieux vaut marcher seul que mal accompagné . Il s'agit tout à la fois de la notion du maitre bien sur mais surtout du compagnon . dans le bouddhisme théravada l'enseignant est avant tout un compagnon, ce peut être un "maitre reconnu" ou simplement un pratiquant plus anciens mais sage

Si vous trouvez un sage compagnon de voyage
Quelqu’un qui vit sainement, qui est éveillé,
Alors, quels que soient les obstacles, suivez-le
Dans la vigilance et dans la joie.

Si vous ne trouvez pas de sage compagnon de voyage
Quelqu’un qui vive sainement, qui soit éveillé,
Alors marchez seul comme un roi renonce à son royaume
Comme l’éléphant de la forêt s’éloigne du troupeau.

Mieux vaut avancer seul et sans liens,
La mauvaise compagnie ne vaut rien.
Marchez seul sans faire de mal, en paix —
Soyez comme l’éléphant de la forêt.

versets sur l'éléphant

Si, sur ton chemin,
Tu ne rencontres pas de compagnon qui te soit égal ou supérieur,
Alors continue ta route seul et résolu.
Ne t’encombre pas de la compagnie des inconscients.

Versets sur les inconscients

Cela n'a pas à voir avec les difficultés de la vie relationnelle. Mais le Bouddha qui conseille la parole juste conseille en conséquence de ne pas s'éparpiller.

Le Bouddha enseigne la vie dans la forêt et la solitude et la concentration ...

Celui qui s’assoit seul, dort seul, marche seul,
Qui, inlassablement, entraîne son esprit à la modération,
Seul.
Celui-là sera heureux dans la solitude de la forêt.


Ne retrouve-t-on pas ce même thème dans les chants de Milarépa

Ayant goûté les joies de la solitude,
J'ai oublié l'opinion de mes frères et de mes amis.
Ayant composé des vers pour la descendance,
J'ai oublié de prendre part aux polémiques de la doctrine


Ayant choisi le corps et le langage des humbles
J'ai oublié le dédain et l'arrogance des personnages importants.
Ayant fait de mon corps mon propre monastère,
J'ai oublié le monastère de la ville.
Ayant adopté l'esprit sans la lettre
J'ai oublié de disséquer les mots.

Milarepa


En conséquence, Ananda, soyez des îles pour vous-mêmes,
des refuges pour vous-mêmes,
et ne cherchez aucun refuge extérieur;
avec le Dhamma pour votre île,
le Dhamma pour votre refuge,
ne cherchez aucun autre refuge.


Mahaparinibbanna sutta

Quelque soit le chemin que nous suivons sur la voie, tous nous rencontrerons les mêmes difficultés, et un Bouddha éveillé tant qu'il est toujours dans ce monde et choisi d'enseigner reste un humain ... L'éveil n'évacue pas les difficultés, il donne de voir et de résoudre.

Le vinaya est ce que le Bouddha a laissé pour aider la communauté à affronter tout cela et le bouddha lui même n'a pas affirmé que cela était parfait ...

"Si on le souhaite, Ananda, le Sangha pourra, quand je serai parti, abolir les règles mineures et moins importantes"
mais personne n'a osé y touché on en a plutôt rajouté : :-)

je ne sais pas si tout cela répond un peu à vos questions ... il y a tant à apprendre et à méditer.

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