La première difficulté consiste à...

Comment intégrez vous le Dharma dans votre vie quotidienne ? (travail, vie personnelle, évènements...) Des obstacles dans la pratique? Essayons de trouver des solutions ensembles. Espace d'aide spirituelle ou les membres peuvent demander a la sangha de prier avec eux pour X raison.

La première difficulté consiste à...

Messagede Seunam Gyamtso » Lun 19 Déc 2011 23:26

Prase à méditer :

“La première difficulté consiste à prendre conscience de l’instant où l’on se laisse piéger par ses émotions ou kleshas...”

CHOGYAM TRUNGPA – L’ENTRAINEMENT DE L’ESPRIT - Page 187 – Coll. POINTS Sagesses
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Re: La première difficulté consiste à...

Messagede Xavier » Mar 20 Déc 2011 23:54

Peut être n'est ce pas dans l'ordre, lorsque l'on a pris conscience de cela et qu'on laisse passer les émotions, le doute,
car elles ou ils ne vous appartiennent pas, bien au contraire, un besoin naît en vous de protéger votre esprit,
en un mot de transformer votre esprit...
Dernière édition par Xavier le Sam 14 Jan 2012 23:48, édité 1 fois.
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Re: La première difficulté consiste à...

Messagede Seunam Gyamtso » Mer 21 Déc 2011 09:46

Bonjour Xavier,

Je pense que la première difficulté n'est pas de laisser passer les émotions, c'est certes difficile mais c'est plutôt la troisième difficulté, et ce n'est particulièrement difficile parce qu'on à pas surmonté les deux premières difficultés.
Avant de pouvoir laisser passer les émotions (ou les pensées), la première difficulté est de prendre conscience de la pensée ou émotion qui apparait dans l'esprit, car comment laisser passer une émotion qu'on ne voit même pas apparaître ?
La seconde difficulté, une fois qu'on as pris conscience de la pensée ou émotion est de la reconnaitre, c'est à dire de ne pas se l'approprier comme étant "mienne" et voir son essence.

Une fois que l'on a pris conscience de l'apparition ( ou à défaut de la présence si on n'a pu s'en rendre compte avant) de l'émotion ou pensée, et qu'on a reconnu son essence, cela étant, qu'on ne se l'est pas identifié ou approprié comme sien, il est alors plus facile de la laisser passer, c'est le lâcher prise dont parle le Dharma.

Amicalement,
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Re: La première difficulté consiste à...

Messagede Virginie » Mer 21 Déc 2011 12:55

Et c'est une vraie jubilation quand on y arrive, surtout dans des situations habituellement qualifiées comme difficiles amoureux4

Mais ne pas s'arrêter non plus au "plaisir" de la réussite, ça aussi il faut le laisser se dissoudre. :respect:
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Re: La première difficulté consiste à...

Messagede Xavier » Mer 21 Déc 2011 23:23

Bonjour Seunam

Si il y a lâcher prise ce dont parle le Dharma, peut on mettre une relation avec les obstacles créés par les huit préoccupations mondaines?

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Re: La première difficulté consiste à...

Messagede Seunam Gyamtso » Ven 23 Déc 2011 02:52

Bonjour Xavier,

Je pense qu'il y a effectivement un rapport avec les huit dharma mondains :
Le lâcher prise est l'opposé de la saisie, or ces préoccupations mondaines sont des pensée ou émotions qu'on saisi, pour x raisons relatives, mais en fait, on a saisi cette pensée, cette préoccupation, parce qu'on à pas pris conscience de celle ci lors de son apparition, puis on ne l'as pas non plus reconnu et on se l'est approprié.

Travailler avec ses pensées et émotions grâce aux méthodes diverses à notre disposition permet donc de nous libérer des huit dharma mondain, et au final des souffrances du samsara.
Mais pour cela il faut être dégouté du fonctionnement du samsara, du fonctionnement égotique de notre esprit.
La réflexion sur les huit dharma mondains et les autres réflexions (loi du karma, impermanence, précieuse existence humaine, nature défectueuse du samsara) qui sont appelés préliminaires communs sont des méthodes qui doivent nous détourner du samsara, nous motiver à pratiquer ses méthodes.

(sujet sur les huit dharma mondains : les-huit-dharmas-mondains-t515.html )

Amicalement,
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Re: La première difficulté consiste à...

Messagede Trinlé Lhamo » Ven 30 Déc 2011 12:48

Bonjour

La première difficulté est d'arriver à discerner de plus en plus clairement tout ce qui se passe en nous...
Ok
Pour moi, la deuxième, en revanche, avant de ne pas se l'approprier comme sienne, c'est déjà de ne pas se laisser embarquer par ces émotions, réussir à rester 'stable' pour justement pouvoir les regarder, les voir comme 'vides' et les laisser passer...
C'est vraiment sur ce point de ne pas se laisser embarquer par les émotions que j'ai beaucop de difficultés, surtout quand c'est dans des périodes de vie où on expérimente des situations qui provoquent des émotions très fortes, et nombreuses.
Comment ne pas se laisser embarquer dans le torrent tumultueux de toutes ces émotions/pensées qui me font alors 'boire' la tasse un temps? J'ai l'impression dans ces moments-là d'être comme ces gens qui se retrouvent dans un océan agité par de grandes vagues, et qui surnagent par moment avec bcp de difficultés, buvant souvent la tasse, pour réemerger à demi suffoqué plus loin, et tout à coup plus lucides.

Avez-vous des trucs?


“La première difficulté consiste à prendre conscience de l’instant où l’on se laisse piéger par ses émotions ou kleshas...”

Cette phrase m'évoque aussi autre chose. Je me suis rendue compte que c'est comme si'l y avait une partie qui ne voudrait pas lâcher et laisser passer, malgré parfois toutes les souffrances que cela peut occasionner derrière. Qui se complaît dans ce fonctionnement-là. Comme par crainte? peur de se retrouver sans rien? de ne connaître que cela, et de se demander qu'est ce qu'on peut alors vivre si on agit différemment de ce qui s'élevait quasi inconsciemment jusqu'à présent comme attitudes?
Et que cela demande bcp de volonté et d'énergie pour réussir à s'extirper de ce genre de fonctionnement, à ne plus le saisir, et le laisser agir, une fois qu'on l'a repéré.

Avez-vous eu aussi cette impression parfois?

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Re: La première difficulté consiste à...

Messagede Fabien Pierre » Lun 2 Jan 2012 10:48

Bonjour Trinlé,

Nouvellement arrivé sur ce forum, je me permets de te faire partager la philosophie que j'applique sur les émotions, sujet ô combien récurrent de tout chercheur sérieux.

1. De manière générale j'ai foi en la méditation et je sais qu'il y a un travail intérieur, qui s'effectue à la lisière de la conscience. J'ai foi et je sais que les choses iront de mieux en mieux au fil du temps, la seule chose qui compte réellement, c' est d'être complètement honnête. Complètement honnête vis-à-vis de soi, sinon il y a le terrible risque de se surestimer.

2. L'émotion n'est pas le point central du problème; le véritable problème est dans la capacité de l'émotion à vouloir cacher tout le reste. Quand le mental se noie, nous somme à la fois le mental qui se noie, les eaux qui le noient, et le ciel serein qui regarde cette noyade. Une fois encore, si notre méditation est honnête et sérieuse, je pense que cette compréhension se fera de plus en plus "automatiquement" au fil du temps.

3. L'émotion n'est pas un problème: nous sommes des êtres humains et c'est une expression de la vie. Une émotion est (et on ne le dira jamais assez) et restera incontrôlable; je n'essaye donc pas de la contrôler, je ne m'inflige pas une "double peine" en la regrettant, ou en voulant la comprimer. Quand on y pense, c'est un acte de pure violence de vouloir réprimer une émotion. S' il fallait choisir un verbe pour choisir notre rapport à l'émotion, je pense que "accueillir" est le meilleur terme.

4. De façons générale, je ne suis qu'un pauvre étudiant qui bon gré mal gré "progresse" comme il le peut. Alors, quand une émotion surgit qu'elle m'emporte et que j'en ai assez; la petite méthode que j'emploie alors est: "Ne vous préoccuper pas de pourquoi vous souffrez, nous aurons toujours de bonne raison de souffrir; revenez à vos sensations corporelles". Revenir à mes sensations corporelles (notre "corps de souffrance" pour paraphraser un sage moderne) lorsque je souffre est une méthode assez directe, qui me permet de découvrir ce qui se passe réellement à "l'arrière plan corporel" de la souffrance. J'ai fini par remarquer que, entraîné par les images, les sons, les scénarios qui pouvaient naître dans mon esprit, je passais à coté d'une bonne partie de mon émotion, qui prend place dans le corps.

Puisque l'émotion est là -et que je n'y peux rien-, autant se caler dans le canapé et regarder tout le spectacle, non?

A défaut d'avoir été synthétique, j'espère avoir fait avancé le sujet :)

Bien amicalement,

Fabien
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Re: La première difficulté consiste à...

Messagede Seunam Gyamtso » Dim 15 Jan 2012 20:02

Merci Fabien pour ta réponse que je trouve très intéressante, j'aime bien le terme "accueillir" qui me semble en effet judicieux, en prenant soin de ne pas confondre accueillir et se laisser submerger.

Pour reprendre un peu ce que je disait dans un autre sujet, mais qui me parait assez approprié ici aussi :

Quand l'émotion est la, qu'on s'en rend compte, l'observer (se caler dans le canapé et regarder tout le spectacle) sans la faire sienne ni la rejeter pour autant, permet qu'elle perde de sa puissance, elle diminue et disparait d'elle même parce que sa force, qui vient de sa saisie et assimilation au "moi", faiblit et disparait quand on l'observe (habituellement, on assimile cette émotion à soi inconsciemment et on ne l'observe pas objectivement, on la laisse prendre le pouvoir, alors que ce pouvoir repose sur une illusion, qui disparait quand on l'observe).

Pourquoi ne pas la rejeter pour autant puisqu'elle parait négative ?
Parce que rejeter une pensée ou émotion, c'est reconnaitre son existence propre, et donc lui donner de la force.
Alors que l'accepter, et l'observer, sans pour autant la saisir et la faire sienne, permet de voir qu'elle n'as pas le pouvoir de nous nuire, qu'elle est comme une simple pensée, un mirage que nous ne sommes pas obligé de suivre, cette pensée/mirage disparait alors d'elle même sans avoir à la rejeter.

L’exercice est de l'observer directement quand on la perçoit dans notre esprit, observer directement l'émotion ou pensée, et non pas l'objet de la pensée ou émotion, sans la saisir ni la rejeter.
Au début, ce ne sera pas facile, mais répéter cela à chaque fois. Avec l'habitude cela sera de plus en plus facile et les pensées ou émotions aurrons de moins en moins le pouvoir de nous nuire.

Voir clairement les pensées et émotions n'est pas facile car nous avons l'esprit qui part dans tous les sens et saisie toutes les pensées qui passent, un bon entrainement complémentaire est la méditation du calme mental (Shiné/Samatha), par exemple par l'attention à la respiration.

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Re: La première difficulté consiste à...

Messagede Xavier » Mar 17 Jan 2012 20:54

Le travail sur l'ego est une phase importante, lorsque les émotions sont discernées à leurs bases, et qu'on ne les saisies pas, celles ci ne se fixent pas.
il faut donc travailler et transformer la pensée.

Je reviens sur la réponse de Seunam Gyamtso:

"Travailler avec ses pensées et émotions grâce aux méthodes diverses à notre disposition permet donc de nous libérer des huit dharma mondain, et au final des souffrances du
samsara.
Mais pour cela il faut être dégouté du fonctionnement du samsara, du fonctionnement égotique de notre esprit. La réflexion sur les huit dharma mondains et les autres
réflexions (loi du karma, impermanence, précieuse existence humaine, nature défectueuse du samsara) qui sont appelés préliminaires communs sont des méthodes qui
doivent nous détourner du samsara, nous motiver à pratiquer ses méthodes."


Une question en rapport avec ce qu'a 'écrit Lama Thoubten Zopa Rinpoché, modifier son esprit en méditant avec le Lam Rim , et la réponse ici de Seunam (huit dharma mondains): faut il faire ces pas accompagné?
Toutes mes excuses je n’emploi pas les mots appropriés.

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