Vénérable Narada Mahathera :
Le Bouddhisme n'est pas non plus une religion dans le sens qu'on donne généralement à ce terme, car il n'est pas "un système de foi et d'adoration fondé sur l'allégeance à un être surnaturel".
Le Bouddhisme n'exige pas une foi aveugle de la part de ses adeptes. Ici, la croyance pure et simple est remplacée par la confiance saddha qui est basée sur la connaissance. La confiance qu'un fidèle place en Bouddha est comme celle d'un malade en son médecin ou celle d'un étudiant en son maître.
Bien qu'il cherche refuge dans le Bouddha comme Maître et guide, un bouddhiste est conscient qu'il doit travailler lui-même à sa libération. Il n'est pas dans le pouvoir d'un Bouddha de débarrasser les autres de leurs impuretés; de même, il n'est dans le pouvoir de personne de purifier ou de souiller une autre personne. Un bouddhiste ne fait ni de soumission servile ni ne sacrifie sa liberté de pensée, mais peut exercer librement sa volonté et développer sa sagesse jusqu'à devenir à son tour un Bouddha
Le point de départ du Bouddhisme est le raisonnement ou la Compréhension Juste samma ditthi.
A ceux qui cherchaient la vérité, le Bouddha disait :
-Ne vous fiez point à des ouï-dire (en pensant : nous avons entendu dire ainsi depuis longtemps).
-Ne vous fiez point à la tradition (en pensant : ceci nous a été légué depuis des générations).
-Ne vous fiez point aux bruits et rapports (en croyant ce que les autres disent est vrai).
-Ne vous fiez point à l'autorité des textes religieux.
-Ne vous fiez point aux suppositions.
-Ne vous fiez point aux déductions.
-Ne vous fiez point à la simple logique .
-Ne vous fiez point aux idées préconçues.
-Ne vous fiez point aux vraisemblances (en pensant : l'interlocuteur semble noble, donc nous devons le croire).
-Ne vous fiez point à ce que dit l'ascète (en pensant : nous le respectons, donc il est sage d'accepter ses paroles).
-"Mais quand vous avez vu par vous-même : ces choses sont immorales, ces choses sont mauvaises, ces choses sont blâmées par les sages, ces choses, quand elles sont exécutées et entreprises, conduisent à la ruine et à la souffrance, c'est alors que vous les repoussez".
-"Quand vous avez vu par vous-même: ces choses sont morales, ces choses ne sont pas blâmables, ces choses sont louées par les sages, ces choses, quand elles sont exécutées et entreprises, conduisent au bien-être et au bonheur, c'est alors que vous les pratiquez".
Ces paroles du Bouddha conservent encore leur force et leur fraîcheur premières.
La foi aveugle étant absente dans le Bouddhisme, un Bouddhiste n'adore pas l'image du Bouddha, il ne le "prie" pas non plus pour en obtenir des faveurs matérielles ou spirituelles. Les offrandes de fleurs et d'encens sont des gestes symboliques de respect et de gratitude. En rendant hommage à l'image du Bouddha, le but d'un fidèle est de s'inspirer des vertus du Bouddha de stimuler dans son esprit le désir de cultiver de telles qualités en lui-même. L'image du Bouddha ainsi que l'arbre bodhi (qui est également le symbole de L'Eveil) aident seulement à fixer l'attention mais ne sont absolument pas indispensables à une personne intellectuelle qui pourrait facilement concentrer son attention et "visualiser" le Bouddha.
Le Bouddha attendait de ses disciples moins des marques de respect que l'observance concrète de son Enseignement. Il disait: "celui qui pratique le mieux mon Enseignement m'honore le mieux. Qui voit le dhamma me voit".
Le comte Kaiserling remarque : "Je ne vois rien de plus noble en ce monde que l'image du Bouddha. Elle est la personnification parfaite de la spiritualité dans le domaine visible".
Les prières sous forme de supplications ou d'intercessions n'existent pas dans le Bouddhisme. Même si nous adressons des prières au Bouddha, nous n'en recevrons pas des faveurs ni ne serons sauvés pour autant. Au lieu des prières, il y a la méditation qui fortifie le coeur et l'esprit, conduit au contrôle de soi, à la purification et à l'Eveil. Méditer ne signifie pas avoir l'esprit vide ou rêver, méditer c'est faire des efforts constants et réels. Selon le Bouddhisme, les prières sont inutiles et donne une mentalité servile. Un bouddhiste n'adresse pas de prières pour être sauvé, il compte sur lui-même pour parvenir à sa libération.
"Les prières prennent le caractère d'arrangements privés avec Dieu, de marchandages intéressés dont le but est la possession des biens terrestres, et qui exaltent le sens du "soi". La méditation en revanche, est la réforme de soi-même". (Sri RadhaKrishna).
Dans le Bouddhisme, il n'y a pas comme dans la plupart des autres religions, un Dieu Tout-Puissant qu'on doit craindre et servir. Le Bouddhisme nie l'existence d'un potentat cosmique omniscient et omniprésent, ainsi que celle de messagers porteurs de révélations divines. Un bouddhiste n'est pas l'esclave d'un quelconque pouvoir surnaturel qui, régissant sa destinée, le récompense ou le punit arbitrairement.
Cependant, on ne doit pas en déduire que le Bouddhisme dénigre les autres religions. Il ne prétend pas non plus qu'il détient le monopole de la Vérité. Le Bouddhisme fait surtout ressortir la dignité de l'homme et enseigne que la Libération de chaque individu est son œuvre personnelle, le but suprême que chacun peut atteindre par son propre effort.
Le Bouddhisme n'est donc pas exactement une religion, n'étant ni un système de croyance et d'adoration, ni les "rites et cérémonies par lesquels les hommes montrent qu'ils reconnaissent l'existence d'un Dieu ou de dieux maîtres de la destinée du genre humain, et à qui obéissance, hommages et honneurs sont dus".
Si, par religion on entend "un enseignement dont la vision de la vie est mieux que superficielle, un enseignement qui embrasse toute la vie et ne se contente pas seulement de l'observer, un enseignement qui donne à l'homme une règle de conduite en accord avec cette vision, un enseignement qui permet à ses adeptes de faire face à la vie avec courage et à la mort avec sérénité" (Bhikkhu Silacara) ou un système qui permet de se débarrasser des maux de la vie, alors le Bouddhisme est certainement la religion des religions.
par le Vénérable Narada Mahathera
source : http://www.metta-kh.com/bouddhistes/Que ... dhisme.htm
- Hors Sujet :
- La religion de l’avenir sera une religion cosmique. Elle devra transcender la notion d’un Dieu personnifié , évité les dogmes et la théologie . Englobant le naturel et le spirituel , elle devra reposer sur un sens du religieux fondé sur l’expérience de l’unité – riche de sens – de toutes choses, naturelles et spirituelles . Le bouddhisme répond à cette description … S’il y a une religion qui puisse s’ accommoder des exigences de la science moderne c’est bien le bouddhisme .
Albert Einstein
S.N. Goenka, est ici interviewé par Helen Tworkow dans le magazine américain Tricyle lors du Sommet Mondial pour la Paix qui s’est tenu aux Nations-Unies cet automne. Retrouvez l’article complet dans le numéro d’hiver 2000 du magazine :
- Hors Sujet :
- LE BOUDDHISME, UNE RELIGION ?
Il y a un mot que j’évite d’employer depuis maintenant 31 ans, c’est le mot « bouddhisme », et un autre que je n’emploie jamais en référence à l’enseignement du Bouddha ; il s’agit du mot « religion ». Pour moi le Bouddha n’a jamais établi une religion. Le Bouddha n’a jamais enseigné le bouddhisme. Le Bouddha n’a jamais fait de personne un bouddhiste.
Tout le monde s’accorde à dire que les religions du monde ont ceci en commun : l’observance de la moralité, le contrôle de son esprit et la purification de son mental. C’est le cœur essentiel de chaque religion. Et puis il y a les rites, cérémonies, etc.
Que chacun soit heureux dans l’accomplissement de ses rites et cérémonies, mais que personne n’oublie l’essence ! Si vous oubliez le cœur essentiel et vous proclamez une personne religieuse parce que vous participez à tel ou tel rituel ou cérémonie, vous vous fourvoyez et de plus vous dupez les autres.
Si vous vous dîtes bouddhiste et en restez là, vous êtes un dévot du Bouddha, mais pas un disciple du Bouddha. C’est pas du tout la même chose ! Vous avez une grande dévotion pour le Bouddha ; vous louez le Bouddha, etc., mais vous ne pratiquez pas !
Le vrai disciple du Bouddha est celui qui suit le triple entraînement en éthique, concentration et sagesse (sila, samadhi et prajna). Le fait de vous dire bouddhiste ne fait pas de vous un disciple du Bouddha. Voilà pourquoi je n’utilise pas de mots comme « bouddhiste » ou « bouddhisme ». Le bouddha n’avait rien à voir avec ces « ismes ». Prenez toutes ses paroles consignées dans les textes et commentaires, des milliers de pages ! Nulle part vous ne trouverez le mot « bouddhisme ». Le mot est apparu bien plus tard, et l’enseignement du Bouddha s’en est trouvé déprécié. D’un enseignement universel on a fait un culte, quelque chose de réservé aux bouddhistes, comme l’hindouisme est la religion des hindous et l’islam la religion des musulmans. Le dharma appartient à tous !
S.N. Goenka enseigne la méditation vipassana depuis plus de trente ans. Plusieurs dizaines de milliers de pratiquants on suivi ses maintenant célèbres retraites intensives de 10 jours, offertes gratuitement. Il a créé plus de 80 centres de méditation à travers le monde et il est connu pour avoir introduit la méditation vipassana dans les prisons. On estime à près de 10000 le nombre de prisonniers qui ont participé à des retraites de 10 jours.
Décembre 2000

