Bonsoir,
Donc, voilà ce qu'en dit Sogyal Rinpoche, dans son livre, Le livre tibétain de la vie et de la mort:
LE MESSAGE DE L'EXPERIENCE DE PROXIMITE DE LA MORT
"Comme nous l'avons vu, l'expérience de proximité de la mort et les enseignements sur les bardos présentent des similitudes significatives; on peut également constater des différences importantes. La différence majeure, évidemment, est que ceux qui font l'expérience de proximité de la mort ne meurent pas , alors que les enseignements sure les bardos décrivent ce qui advient des personnes au moment de la mort, après la mort du corps physiqueet lorsqu'elles prennet une nouvelle naissance. Le fait que ceux qui vivent une expérience de proximité de la mort ne poussent pas plus avant leur voyage dans la mort-, qui, pour certains, ne dépasse pas une minute- peut expliquer pour le moins l'existence éventuelle de disparités entre les deux descriptions.
Certains auteurs ont avancé l'idée que l'expérience de proximité de la mort était l'expression des phases du processus de dissolution qui a lieu pendant le bardo du moment de vie précédant la mort. Il est à mon sens, prématuré de vouloir établir un rapport trop pércis entre l'expérience de proximité de la mort et les descriptions du bardo, car la personne qui a survécu à cette expérience n'a fait, littéralement, qu'approcher la mort. Lorsque j'ai décrit à mon maître Dilgo Khyentsé Rinpoche la nature de l'expérience de proximité de la mort, il l'a défini comme un phénomène appartenant au bardo naturel de cette vie; en effet, la conscience ne fait que quitter le corps de la personne "morte" pour errer temporairement dnas divers royaumes.
Dilgo Khyentsé Rinpoche suggérait que les personnes qui vivent une expérience de proximité de la mort font en réalité l'expérience de leur mort clinique dans le cadre du bardo naturel de cette vie. Peut-être se sont-elle stenues sur le seuil des bardos, mais elles n'y ont pas véritablement pénétré pour en revenir ensuite. Quelle que soit leur expérience, celle-ci se situe toujours dnas le cadre du bardo naturel de cette vie. Leur expérience de la lumière est-elle comparable à l'aube de la Luminosité fondamentale? Est-il possible que, juste avant que ne se lève son vaste soleil, elles aient clairement entrevu les premiers rayons de l'aurore?
Quel que soit le sens ultime donné aux différents récits de l'expérience de proximité de la mort, les nombreuses explications que j'ai lues ou entendues à ce propos m'ont profondément touché. J'ai été tout particulièrement frappé par certaine sde sattitudes que ecs expériences faisaient naître, car elles reflètent fort bien le point de vue bouddhiste sur la vie.J'en ai déjà mentionné duex: d'une part, la transformation profonde et l'éveil spirituel s'opérant chez ceux qui ont vécu cette expérience, et d'autre part, ce que cela implique pour chacun de voir sa vie défiler devant soi. Ce dernier phénomène se rencontre fréquemment dans l'expérience de proximité de la mort. Il démontre clairement l'inéluctabilité du karma et la portée considérable de toute snoas actions, paroles et penées. Le message essentiel que rapportent, à leur retour, ceux qui ont fait l'expérience d'une rencontre avec la mort, ou avec la présence - l''être de lumière"-, qui est exactement le même que celui que nous délivrent le Bouddha et les enseignements sur les bardos: les qualités essentielles dans la vie sont l'amour et la connsaisance, la compassion et la sagesse.
Sans doute, ces personnes commencent-elles à discerner ce que nous disent les enseignements sur les bardos, à savoir que la vie et la mort existent seulement au sein de l'esprit. La confiance que semblent posséder un grand nombre de ceux qui ont vécu une telle expérience reflète cette compréhension plus profonde de l'esprit.
L'expérience de proximité de la mort et les conséquences qui en résultent présentent également des similitudes indéniables et fascinantes avec les états mystiques et les états altérés de conscience.Ceux qui ont fait cette expérience ont, par exemple, fait état d'un certain nombre de phénomènes paranormaux. Certains ont des visions prémonitoires ou prophétiques à l'échelle planétaire, ou voient leur propre avenir de façon étonnamment exacte; d'autres, après une expérience de proximité de la mort, relatent des expériences qui évoquent l'énergie de la kundalini[dans la tradition hindoue, kundalini fait référence à l'éveil de l'énergie subtile qui peut faire survenir une transformation psycho-physiologique et l'union avec le divin]; d'autres ancore se découvrent des pouvoirs réels et impressionnants de voyance, ou de guérison physique ou psychique.
Nombre de ceux qui ont approché la mort ont trouvé des termes très personnels, d'une éloquence rare, pour décrire la beauté, l'amour, la paix, la félicité et la sagesse qu'ils ont connus. A les entendre, il me semble qu'ils ont peut-être entrevu le rayonnement de la nature de l'esprit; il n'est pas étonnant que de tels aperçus aient entraîné, fort souvent, une véritable transformation spirituelle. Cependant, comme le fait remarquer Margot Grey, "point n'est besoin d'être aux portes de la mort pour faire l'expérience d'une réalité spirituelle plus élevée".Cette réalité spirituelle plus élevée existe ici et maintenant, dans la vie même, pour peu que nous sachions la découvrir et y pénétrer.
J'aimerais vous mettre en garde sur ce point essentiel: ne vous laissez pas bercer par ces récits d'expérience de proximité de la mort et par tout ce qu'ils peuvent inspirer, et n'allez pas croire à tort qu'il suffit de mourir pour reposer dans de tels états de paix et de béatitude. Les choses ne sont pas - et ne sauraient être- aussi simples.
Quand on éprouve une douleur et une peine intenses, on a parfois l'impression d'avoir atteint la limite du supportable. Ces récits de proximité de la mort pourraient faire naître- cela est concevable- la tentation de mettre fin à ses jours pour en terminer avec toute sa souffrance. Cela peut apparaîre comme une solution simple, mais ce serait oublier que ce que nous endurons fait partie de la vie. Il est impossible de fuir. Si nous fuyons, nous serons confrontés plus tard à cette souffrance sous une forme bien pire encore.
En outre, bien que les récits des expériences recueillis aient été, pour la plupart, positifs, on s'interroge toujours pour savoir si cela reflète réellement la rareté des expériences négatives ou terrifiantes, ou bien si cela indique plutôt une difficulté à s'en souvenir. Il est bien possible que l'on n'ait pas envie de se rappeler les expériences plus sombres ou plus effrayantes, ou que, consciemment, on n'en soit pas capable. De plus, ceux qui ont vécu une expérience de proximité de la mort soulignent qu'ils ont retenu, avant tout, l'importance de transformer notre existence maintenant, alors que nous sommes encore en vie; car, disent-ils, "c'est ici que nous avons une mission plus importante à remplir".
Transformer notre vie dès maintenant est donc essentiel et urgent. Ne serait-il pas tragique que le message central que nous livre l'expérience de proximité de la mort - à savoir que la vie est fondamentalement sacrée et qu'elle doit être vécue avec une intensité et une détermination pareillement sacrées- soit obscurci et perdu à cause d'une approche simpliste et romantique de la mort? Et ne serait-il pas plus tragique encore que cet optimisme facile ait seulement pour effet de renforcer notre insouciance à l'égard de nos vraies responsablités, envers nous-mêmes et le monde, insouciance qui met en péril la survie de la planète?"
Un médecin a aussi écrit un livre sur ce sujet, le titre est
La vie après la vie, du Dr Raymond Moody.
Amicalement.

