
Vous nous faites tomber dans un sacré sujet, c'est énorme», s'est exclamé Taiun Jean-Pierre Faure, moine bouddhiste, à l'attention du père orthodoxe Higoumène Barsanuphe. Ce dernier, vice-président de la conférence mondiale des religions pour la paix, a animé la 17ème rencontre interreligieuse de Doumérac samedi, sur le thème de la démocratie. Le docteur en sociologie Babacar Cisse, de confession musulmane, et Yvan Dourdinemak, disciple bouddhiste de Jean-Pierre Faure, ont également pris part au débat. Installés au centre de la pièce, ils ont échangé pendant deux heures avec une vingtaine de personnes.
Le père Barsanuphe s'est félicité de la présence du bouddhisme, quand les débats sont en général menés par les trois religions monothéistes. Il a en revanche regretté l'absence de deux autres intervenants, sikh et hindou, bloqués dans les embouteillages du périphérique parisien.
Du constat que «la démocratie ne sera parfaite que quand la paix régnera», au nécessaire dialogue avec l'autre, soutenus par des références à Sartre, Voltaire, Obama ou Ghandi, tous s'accordent à dire que «la démocratie n'est réalisée pleinement nulle part».
«La démocratie en France, c'est comme les pas de salsa, deux en avant, puis deux en arrière», a estimé Babacar Cisse. Le micro a beaucoup circulé dans la petite assemblée. Croyants ou non, ils étaient tous là pour échanger. Lucette ne cachait pas son enthousiasme: «C'est la première fois que je viens, c'est intéressant, c'est beau de s'ouvrir». «Je suis très satisfait, le débat a été clair. On est parvenus à retourner le sujet sous tous les angles», s'est réjoui le père Barsanuphe. Six caméras ont filmé la rencontre, qui sera peut-être disponible sur internet, en attendant la 18 édition l'an prochain.
Des représentants de l'islam, du christianisme et du bouddhisme ont animé le débat. Photo Romain Perrocheau.
Julie KOCH charentelibre.fr


