Etude du Canon Pali - Tipitaka -

Etude du Canon Pali - Tipitaka -

Messagede Sönam » Dim 5 Oct 2008 13:15

édité et modifié par Toupten Zangpo

Présentation

Chers amis,

Ayant entamé un travail de classement / répertorisation du Canon Pali, j'y ai retrouvé des « perles » ...

En réalisant cette tâche les pensées suivantes me sont venues ...

1. Depuis presque trois années nous « essayons », tant bien que mal, de discuter du Dharma dans un univers Rimé où sont présents des pratiquants des différentes traditions, de progressions différentes, ainsi que des tous « débutants » inspirés par le Bouddha ou un aspect particulier du Dharma. Certains, voir beaucoup, sont simplement intéressés (« pris dans le filet de brahma ») et ils est souvent difficile de converser sur tous ces différents plans.

2. Le Tipitaka, canon pali, est le lien commun de toutes ces écoles, et qui apprend à le lire et à en croiser les différents enseignements y trouve toute la doctrine de Bouddha Sakyamouni ... de la pure vue des anciens (Théravada) aux vues les plus « dénués d'efforts » du Dzogchen.
Jamais le Bouddha ne se contredit ... même si il y paraît quelques fois.

Objet du Forum

1)Vous proposer, régulièrement, des suttas (soutras) du Tipitaka, en totalité (cours) ou en extraits (longs) ... en suivant un fil ...
2)Vous proposer des commentaires, une « vue » sur le soutra, ses conséquences ...
3)Partager avec vous vos propres « vues » et compréhensions ...

Introduction

Le Tipitaka, ou Trois Corbeilles est le recueil des enseignements du Bouddha Sakyamuni durant sa vie « historique » telles qu'ils ont été rapportés de mémoire et de vive voie par une grande quantité de moines.
Tous les véhicules, écoles, doctrines, lignées du bouddhisme acceptent le Tipitaka (appelée communément le Canon Pali, parce qu'il a été retenu et retranscrit en Pali, la langue véhiculaire des régions où enseigna le Bouddha ... en Pali dans le texte. Le Pali est très proche du Sanscrit) comme étant l'exposé du Dharma, la base, de l'enseignement de Bouddha Sakyamouni.

Celui-ci est structuré en 3 parties (Pitaka) majeures ...

1)Vinaya Pitaka
2)Sutta Pitaka
3)Abhidamma Pitaka

Le Vinaya contient les règles réservées aux moines (mais pas seulement),
Le Sutta Pitaka s'adresse à tous les publics, il contient l'enseignement dans sa plus large expression (et compréhension). A ce titre, le SP
Offtopic :
que veut dire SP ?
n'adresse pas le même message à tel ou tel interlocuteur et toute la difficulté du « décodage », entre réalité relative et réalité absolue ... et toutes les nuances, réside dans cette « acrobatie » ... et pourtant toutes les « traditions » du bouddhisme y trouvent leur compte et n'y voit aucune contradiction avec l'enseignement particulier qu'elles prodiguent.

Il devrait donc être aisé d'en discuter ...

Offtopic :
peut être Seunam, pourrais tu trouver une place mieux appropriée pour ce message / cette rubrique ... voir créer un chemin spécial (étude du Dharma) ... à suivre


Sönam
Sönam
 

Re: Etude du Canon Pali - Tipitaka -

Messagede Sönam » Dim 5 Oct 2008 13:38

[align=center]Sabbâsava Sutta[/align]
[align=center]Toutes les fermentations[/align]

présentation

Sutta Pitaka / Majjhima Nikaya / Mulapariyâya vagga / Sabbâsava sutta

Le Majjhima Nikaya, ou "Discours de longueur moyenne" du Bouddha, est le second de cinq nikayas, ou collections, dans le Sutta Pitaka du Tipitaka.
Ce nikaya comprend 152 discours par le Bouddha et ses principaux disciples, qui constituent ensemble un corps d'enseignement complet de tous les aspects des enseignements du Bouddha. Il se divise en trois "pannâsa" comprenant chacun 50 suttas, sauf le troisième qui en comprend 52. Chacun de ces pannâsa est divisé en 5 "vaggas".

Dans ce sutta, Le Bouddha enseigne sept méthodes pour éliminer les souillures profondément enracinées de l'esprit (sensualité, bienséance, conceptions, et ignorance) qui empêchent la réalisation de l'Eveil.

[hr]

J'ai entendu qu'à une occasion le Béni du Ciel demeurait à Savatthi, au bosquet de Jeta, le monastère d'Anathapindika. Là il s'adressa aux moines: "Moines!" "Oui, seigneur," répondirent les moines.

Le Béni du Ciel dit, "Moines, la fin des fermentations est pour qui sait et voit, je vous le dis, pas pour qui ne sait pas et ne voit pas. Pour celui qui sait quoi et voit quoi? L'attention appropriée et l'attention inappropriée. Lorsque un moine vaque de façon inappropriée, des fermentations non [encore] survenues surgissent, et les fermentations déjà survenues augmentent. Lorsque un moine vaque de façon appropriée, des fermentations non [encore] survenues ne surgissent pas, et les fermentations déjà survenues sont abandonnées. Il y a des fermentations qu'il faut abandonner en les voyant, celles qu'il faut abandonner en se modérant, celles qu'il faut abandonner par utilisation, celles qu'il faut abandonner en les tolérant, celles qu'il faut abandonner en les évitant, celles qu'il faut abandonner en les détruisant, et celles qu'il faut abandonner en les développant.

"[1] Et que sont les fermentations qu'il faut abandonner en les voyant? Il y a le cas où une personne ordinaire non-instruite -- qui n'a aucun égard pour nobles personnes, n'est pas bien versée ou disciplinée dans leur Dhamma; qui n'a aucun égard pour des hommes intègres, n'est pas bien versée ou disciplinée dans leur Dhamma -- ne discerne pas quelles idées sont appropriées pour l'attention ou quelles idées sont inappropriées pour l'attention. Ceci étant, elle ne s'occupe pas d'idées appropriées pour l'attention et vaque [plutôt] aux idées inappropriées pour l'attention.

"Et que sont les idées inappropriées pour l'attention auxquelles elle vaque? Toute idée telle que, lorsqu'elle s'en occupe, la fermentation non-[encore] survenue de sensualité surgisse en elle, et la fermentation [déjà] survenue de sensualité augmente; la fermentation non-[encore] survenue de devenir surgisse en elle, et la fermentation [déjà] survenue de devenir augmente; la fermentation non-[encore] survenue d'ignorance surgisse en elle, et la fermentation [déjà] survenue d'ignorance augmente. Ce sont laux idées inappropriées pour l'attention auxquelles elle vaque.

"Et que sont les idées appropriées pour l'attention dont elle ne s'occupe pas? Toute idée telle que, lorsqu'elle s'en occupe, la fermentation non-[encore] survenue de sensualité ne surgisse pas en elle, et la fermentation [déjà] survenue de sensualité soit abandonnée; la fermentation non-[encore] survenue de devenir ne surgisse pas en elle, et la fermentation [déjà] survenue de devenir soit abandonnée; la fermentation non-[encore] survenue d'ignorance ne surgisse pas en elle, et la fermentation [déjà] survenue d'ignorance soit abandonnée. Ce sont laux idées appropriées pour l'attention dont elle ne s'occupe pas. Parce qu'elle s'occupe d'idées inappropriées pour l'attention et parce qu'elle ne s'occupe pas d'idées appropriées pour l'attention, les deux fermentations non [encore] survenues surgissent en elle, et des fermentations déjà survenues augmentent.

"C'est ainsi qu' elle vaque de façon inappropriée: 'Etais-je dans le passé? Serais-ce que je n'existais pas dans le passé? Qu'étais-je dans le passé? Qu'étais-je dans le passé? Ayant été quoi, qu'étais-je dans le passé? Serai-je dans le futur? Serais-ce que je ne serais pas dans le futur? Que serai-je dans le futur? Comment serai-je dans le futur? Ayant été quoi, que serai-je dans le futur?' Ou bien elle est intérieurement perplexe au sujet du présent immédiat: 'Suis-je? Serait-ce que je ne suis pas? Que suis-je? Comment suis-je? D'où vient cet être? Où va-t-il?'

"Comme il vaque de façon inappropriée de cette façon, l'une de six sortes de vues surgit en elle: La vue J'ai un Moi surgit en elle comme étant vraie et établie, ou la vue Je n'ai pas de moi ... ou la vue C'est précisément grâce au Moi que je me perçois moi-même... ou la vue C'est précisément grâce au Moi que je perçois le non-Soi ... ou la vue C'est précisément grâce au non-Soi que je me perçois moi-même surgit en elle comme étant vraie et établie, ou bien elle a des vues comme suit: C'est précisément ce Soi qui est le mien -- le connaisseur qui est sensible ici et là au mûrissement des bonnes et des mauvaises actions -- qui est ce mien Soi qui est constant, durable pour toujours, éternel, non sujet au changement, et demeurera tel qu'il est pour l'éternité. C'est ce qu'on appelle un fourré de vues, un désert de vues, une contorsion de vues, un grouillement de vues, des menottes de vues. Liée par des menottes de vues, la personne ordinaire non-instruite n'est pas libérée de la naissance, de la vieillesse, et de la mort, du chagrin, des plaintes, de la douleur, de l'angoisse, et du désespoir. Elle n'est pas libérée, je vous le dis, de la souffrance et du stress.

"Le disciple bien-enseigné des nobles personnes -- qui a des égards pour les nobles personnes, est bien versé et discipliné dans leur Dhamma; qui a des égards pour des hommes intègres, est bien versé et discipliné dans leur Dhamma -- discerne quelles idées sont appropriées pour l'attention et quelles idées sont inappropriées pour l'attention. Ceci étant, il ne s'occupe pas d'idées inappropriées pour l'attention et vaque [plutôt] aux idées appropriées pour l'attention.

"Et que sont les idées inappropriées pour l'attention dont il ne s'occupe pas? Toute idée telle que, lorsque il s'en occupe, la fermentation non-[encore] survenue de sensualité surgit en lui, et la fermentation [déjà] survenue de sensualité augmente; la fermentation non-[encore] survenue de devenir surgit en lui, et la fermentation [déjà] survenue de devenir augmente; la fermentation non-[encore] survenue d'ignorance surgit en lui, et la fermentation [déjà] survenue d'ignorance augmente. Ce sont laux idées inappropriées pour l'attention dont il ne s'occupe pas.

"Et que sont les idées appropriées pour l'attention dont il s'occupe effectivement? Toute idée telle que, lorsque il s'en occupe, la fermentation non-[encore] survenue de sensualité ne surgisse pas en lui, et la fermentation [déjà] survenue de sensualité soit abandonnée; la fermentation non-[encore] survenue de devenir ne surgisse pas en lui, et la fermentation [déjà] survenue de devenir soit abandonnée; la fermentation non-[encore] survenue d'ignorance ne surgisse pas en lui, et la fermentation [déjà] survenue d'ignorance soit abandonnée. Ce sont laux idées appropriées pour l'attention dont il s'occupe effectivement. Parce qu'il s'occupe d'idées inappropriées pour l'attention et parce qu'il s'occupe d'idées appropriées pour l'attention, des fermentations non [encore] survenues ne surgissent pas en lui, et des fermentations déjà survenues sont abandonnées.

"Il pense de façon appropriée, Ceci est le stress... Ceci est l'origine du stress... Ceci est la la cessation du stress... Ceci est le chemin qui mène à la la cessation du stress. Comme il vaque de façon appropriée de cette façon, trois chaînes sont abandonnées en elle: les vues d'identité, les doutes, et le fait de s'agripper aux préceptes et aux pratiques. C'est ce qu'on appelle les fermentations qu'il faut abandonner en les voyant.


"[2] Et que sont les fermentations qu'il faut abandonner en se modérant? Il y a le cas où un moine, en réfléchissant de façon appropriée, demeure modéré grâce à la modération de la faculté-oeil. Les fermentations, la contrariété, ou la fièvre qui surgiraient s'il devait demeurer immodéré grâce à la modération de la faculté-oeil ne surgissent pas pour lui quand il demeure modéré grâce à la modération de la faculté-oeil.

En réfléchissant de façon appropriée, il demeure modéré grâce à la modération de la faculté-oreille...

En réfléchissant de façon appropriée, il demeure modéré grâce à la modération de la faculté-nez...

En réfléchissant de façon appropriée, il demeure modéré grâce à la modération de la faculté-langue...

En réfléchissant de façon appropriée, il demeure modéré grâce à la modération de la faculté-corps...

En réfléchissant de façon appropriée, il demeure modéré grâce à la modération de la faculté-intellect. Les fermentations, la contrariété, ou la fièvre qui surgiraient s'il devait demeurer immodéré grâce à la modération de la faculté-intellect ne surgissent pas pour lui quand il demeure modéré grâce à la modération de la faculté-intellect. C'est ce qu'on appelle les fermentations qu'il faut abandonner en se modérant.


"[3] Et que sont les fermentations qu'il faut abandonner par utilisation? Il y a le cas où un moine, en réfléchissant de façon appropriée, se sert de la robe simplement pour combattre le froid, pour combattre la chaleur, pour empêcher les mouches, les moustiques, le vent, le soleil, et les reptiles de le toucher; simplement pour recouvrir les parties du corps qui causent la honte.

"En réfléchissant de façon appropriée, il se sert de la nourriture d'aumônes, non pas pour se divertir, ni pour s'intoxiquer, ni pour prendre du poids, ni pour s'embellir; mais simplement pour sa survie et la continuité de ce corps, pour mettre fin à ses afflictions, pour le soutien de la vie sainte, en pensant, 'Ainsi détruirai-je les vieilles sensations [de la faim] et ne créerai pas de nouvelles sensations [en mangeant trop]. je me maintiendrai, serai sans blâme, et vivrai à l'aise.'

"En réfléchissant de façon appropriée, il se sert de l'habitation simplement pour combattre le froid, pour combattre la chaleur, pour empêcher les mouches, les moustiques, le vent, le soleil, et les reptiles de le toucher; simplement pour se protéger des intempéries et pour profiter de la réclusion.

"En réfléchissant de façon appropriée, il se sert des fournitures médicinales dont on se sert pour soigner les malades simplement pour combattre toute douleur de maladie qui ait surgi et pour une liberté maximale par rapport à la maladie.

"Les fermentations, la contrariété, ou la fièvre qui surgiraient s'il devait ne pas se servir de ces choses [de cette façon] ne surgissent pas pour lui quand il s'en sert [de cette façon]. C'est ce qu'on appelle les fermentations qu'il faut abandonner par utilisation.


"[4] Et que sont les fermentations qu'il faut abandonner en tolérant? Il y a le cas où un moine, en réfléchissant de façon appropriée, supporte. Il tolère le froid, la chaleur, la faim, et la soif; le contact des mouches, des moustiques, du vent, du soleil, et des reptiles; les paroles désagréables, malvenues et les sensations corporelles qui, lorsqu'elles surgissent, sont pénibles, atroces, aiguës, perçantes, désagréables, déplaisantes, et menaçantes pour la vie. Les fermentations, la contrariété, ou la fièvre qui surgiraient s'il devait pas tolérer ces choses ne surgissent pas pour lui quand il les tolère . C'est ce qu'on appelle les fermentations qu'il faut abandonner en tolérant.


"[5] Et que sont les fermentations qu'il faut abandonner en évitant? Il y a le cas où un moine, en réfléchissant de façon appropriée, évite un éléphant sauvage, un cheval sauvage, un taureau sauvage, un chien sauvage, un serpent, une souche, un roncier, un ravin, une falaise, une fosse septique, un égout à ciel ouvert. En réfléchissant de façon appropriée, il évite de s'asseoir sur les sortes de sièges inappropriés, d'errer dans les sortes d'habitats inappropriés, et de s'associer avec la sorte de mauvais amis qui pourraient faire que ses amis bien informés dans la vie sainte puissent le soupçonner de mauvaise conduite. Les fermentations, la contrariété, ou la fièvre qui surgiraient s'il ne devait pas éviter ces choses ne surgissent pas pour lui quand il les évite. C'est ce qu'on appelle les fermentations qu'il faut abandonner en évitant.


"[6] Et que sont les fermentations qu'il faut abandonner en détruisant? Il y a le cas où un moine, en réfléchissant de façon appropriée, ne tolère pas une pensée de sensualité qui surgit. Il l'abandonne, la détruit, la chasse, et l'efface de son existence.

En réfléchissant de façon appropriée, il ne tolère pas une pensée de mauvaise volonté qui surgit ...

En réfléchissant de façon appropriée, il ne tolère pas une pensée de cruauté qui surgit...

En réfléchissant de façon appropriée, il ne tolère pas que surgissent des qualités mentales mauvaises et malavisées. Il les abandonne, les détruit, les chasse et les efface de son existence. Les fermentations, la contrariété, ou la fièvre qui surgiraient s'il devait ne pas détruire ces choses ne surgissent pas pour lui quand il les détruit. C'est ce qu'on appelle les fermentations qu'il faut abandonner en détruisant.


"[7] Et que sont les fermentations qu'il faut abandonner en les développant? Il y a le cas où un moine, en réfléchissant de façon appropriée, développe l'attention en tant que facteur d'Eveil reposant sur la réclusion... le dépassionnement... la cessation, ce qui résulte en un lâcher-prise. Il développe l'analyse des qualités en tant que facteur d'Eveil...la persistance en tant que facteur d'Eveil...le ravissement en tant que facteur d'Eveil...la sérénité en tant que facteur d'Eveil...la concentration en tant que facteur d'Eveil...l'équanimité en tant que facteur d'Eveil reposant sur la réclusion... le dépassionnement... la cessation, ce qui résulte en un lâcher-prise. Les fermentations, la contrariété, ou la fièvre qui surgiraient s'il devait ne pas développer ces qualités ne surgissent pas pour lui quand il les développe. C'est ce qu'on appelle les fermentations qu'il faut abandonner en les développant.

"Lorsque les fermentations d'un moine qui devraient être abandonnées en les voyant ont été abandonnées en les voyant, que ses fermentations qui devraient être abandonnées en se modérant ont été abandonnées en se modérant, que ses fermentations qui devraient être abandonnées en utilisant ont été abandonnées en utilisant, que ses fermentations qui devraient être abandonnées en tolérant ont été abandonnées en tolérant, que ses fermentations qui devraient être abandonnées en évitant ont été abandonnées en évitant, que ses fermentations qui devraient être abandonnées en détruisant ont été abandonnées en détruisant, et que ses fermentations qui devraient être abandonnées en les développant ont été abandonnées en les développant, alors on l'appelle un moine qui demeure modéré grâce à la modération de toutes les fermentations. Il a retranché la soif insatiable, rejeté les chaînes, et -- grâce à la correcte pénétration de l'orgueil -- a mis fin à la souffrance et au stress."

C'est ce que dit le Béni du Ciel. Gratifiés, les moines se réjouirent des paroles du Béni du Ciel.
Sönam
 

Re: Etude du Canon Pali - Tipitaka -

Messagede Sönam » Dim 5 Oct 2008 14:15

Une lecture du texte ...

J'ai entendu qu'à une occasion le Béni du Ciel demeurait à Savatthi, au bosquet de Jeta, le monastère d'Anathapindika. Là il s'adressa aux moines: "Moines!" "Oui, seigneur," répondirent les moines.

Le Béni du Ciel dit, "Moines, la fin des fermentations est pour qui sait et voit, je vous le dis, pas pour qui ne sait pas et ne voit pas.


Les fermentations sont ces "successions de pensées" qui voilent (maya) la réalité et qui empêchent la Réalisation.

Ce discours s'adresse principallement aux moines, donc à des êtres qui souvent (!) ont déjà réalisés (experimentés) leur nature primordiale ou en ont au moins une "compréhension non-faussée".
Ce discours expose la pratique nécessaire au quotidien (poste-méditative) pour "retirer" définitivement ce voile de Mara et stabiliser cette vue et ce savoir.

D'entrée, le Bouddha énonce les deux voies pricipales qu'il faut suivre pour mettre fin à ces fermentations, et ainsi lever le voile sur notre nature primordiale ... qui mène à l'Eveil Parfait et à la Libération définitive (nirvana).

le "savoir" et la "vue" sont Majeurs, et indissociables de la Réalisation ... ils en sont les grands axes ... c'est ce que dit en premier le Bouddha.
Il ajoute que cette Libération n'est pas pour celui qui ne cultive ni la vue et ni le savoir.

Dans d'autres suttas ils nous expliquera comment cultiver plus profondément la vue et le savoir.

Attention, il dit que celui qui atteind l'éveil à obligatoirement la vue et le savoir, il ne dit pas que c'est suffisant, ni qu'il n'y ait pas d'autres choses à cultiver.
Il annonce seulement comme primordial la pratique de la vue, et la pratique du savoir.

... enfin cette lecture n'est que l'incomplète réflexion (vue et savoir) d'un pratiquant mahayana du vajrayana, n'hésitez pas à en faire une lecture plus pertinante ou de compléter celle-ci.

Sönam
Sönam
 

Re: Etude du Canon Pali - Tipitaka -

Messagede Sönam » Dim 5 Oct 2008 15:54

Pour celui qui sait quoi et voit quoi? L'attention appropriée et l'attention inappropriée. Lorsque un moine vaque de façon inappropriée, des fermentations non [encore] survenues surgissent, et les fermentations déjà survenues augmentent. Lorsque un moine vaque de façon appropriée, des fermentations non [encore] survenues ne surgissent pas, et les fermentations déjà survenues sont abandonnées.


Ici commence l'enseignement ... savoir quoi et voir quoi ?

D'abord qu'il faut être attentif ... la « disposition d'esprit » générale, les conditions qu'il faut offrir pour que les causes produisent leurs effets, c'est l'attention, pas l'inattention ... qu'elle soit appropriée ou non appropriée.

Maintenant dans quelles conditions cette enseignement est il appliquable ...
lorsque un "moine vaque". C'est à dire dans les occupations quotidiennes ... pas pendant la pratique méditative, pendant la journée.

Que se passe-t-il pendant que l'on est occupé à des tâches qui absorbent notre esprit ... dans notre quotidien ?
c'est selon dit le Bouddha, soit on est entrain de "vaquer à nos occupations" de façon appropriée, soit de façon inapproprié, puis nous enseigne la façon de "véritablement faire les choses" au quotidien, de les faire de façon appropriée, quelque soit notre occupation, en expliquant directement que les "fermentations" ne naissent que lorsque l'on fait les choses de façon inappropriée, et qu'ainsi de nouvelles fermentation apparaissaient.

Déjà à ce stade le Bouddha a livré l'essence de son enseignement, ...

C'est le flôt de pensées (fermentations) qui voile la réalité ultime.
Il est causé par les façons inappropriées de faire les choses au quotidien.
L'extinction de ces fermentations se réalise en faisant les choses appropriées au quotidien.

Il est entendu que "faire les choses" ne consiste pas en un mode d'emploi des techniques de manipulations des objets et des phénomènes, mais en une pratique "intérieure".

Sönam
Sönam
 

Re: Etude du Canon Pali - Tipitaka -

Messagede Sönam » Dim 5 Oct 2008 17:52

Il y a des fermentations qu'il faut abandonner en les voyant, celles qu'il faut abandonner en se modérant, celles qu'il faut abandonner par utilisation, celles qu'il faut abandonner en les tolérant, celles qu'il faut abandonner en les évitant, celles qu'il faut abandonner en les détruisant, et celles qu'il faut abandonner en les développant.


Donc le Bouddha nous dit que ce qu'il y a « à faire » c'est d'être attentif au quotidien « aux flots de pensées », quelles qu'elles soient. Observant ces fermentations, il va falloir déterminer qu'en faire, quelle « action » va-t-on devoir mener .

La palette des « moyens » va consister à

- abandonner dés qu'elles sont comprises, ne donnant pas les moyens à leur apparition
- abandonner progressivement en utilisant la modération
- abandonner progressivement en utilisant le raisonnement, en les comprenant
- abandonner progressivement en n'émettant aucun commentaire, en les acceptant comme telles
- abandonner progressivement en ne donnant pas les moyens à leur apparition
- abandonner radicalement en coupant immédiatement court à leur existence
- abandonner progressivement en les utilisant parce qu'elles permettent de progresser

Il est à noté que toutes ces fermentations doivent finalement être abandonnées, radicalement ou progressivement, celles qu'il faut « couper court » et celles qui « permettent de progresser ».
Bien entendu, une pratique efficace consiste à abandonner en premier certains groupes et laisser pour la fin celles qui permettent de progresser.

Ultimement, la pratique mènera à l'abandon de toutes les « obscurations », y compris celles qui nous ont aidé à progresser.

Dans ce sens le Bouddha introduit la voie progressive dans la pratique du Dharma et justifie ainsi ses différents niveaux d'enseignement et les apparentes (mais non véritables) contradictions de ses différents enseignements ... certaines choses qui nous font progresser sont donc des vérités à suivre à un instant donné, mais sont aussi des obstacles à éviter à d'autre instants.
Par là même il déclare aussi que de tels enseignements font partie du domaine de la « vérité relative » ... et que d'autres enseignements pourraient faire partie du domaine de la « vérité absolue ».

Sönam
Sönam
 

Re: Etude du Canon Pali - Tipitaka -

Messagede Sönam » Lun 6 Oct 2008 13:56

"[1] Et que sont les fermentations qu'il faut abandonner en les voyant? Il y a le cas où une personne ordinaire non-instruite -- qui n'a aucun égard pour nobles personnes, n'est pas bien versée ou disciplinée dans leur Dhamma; qui n'a aucun égard pour des hommes intègres, n'est pas bien versée ou disciplinée dans leur Dhamma -- ne discerne pas quelles idées sont appropriées pour l'attention ou quelles idées sont inappropriées pour l'attention. Ceci étant, elle ne s'occupe pas d'idées appropriées pour l'attention et vaque [plutôt] aux idées inappropriées pour l'attention.


D'abord le Bouddha nous enseigne qu'une personne ordinaire, non instruite (dans le Dharma), non respectueuse du Dharma (maîtres et pairs), ne réunit pas les conditions pour faire la différence entre les idées appropriées et les idées non-appropriées.
De ce fait, elle n'est pas capable d'appliquer l'antidote, elle n'en a pas le savoir, elle n'est pas capable de discerner les idées qu'il faut « abandonner dés qu'elles sont comprises, ne donnant pas les moyens à leur apparition », et donc elle suit le fil des idées inappropriées.

Exposant ainsi, le Bouddha nous enseigne le comportement qu'il faut éviter d'avoir pour être capable de discerner entre les idées appropriées et les idées non-appropriées qu'il faut abandonner dés qu'elles sont comprises :

- ne pas être instruit (dans le Dharma)
- être irrespectueux des pratiquants plus (très) avancés (nobles personnes) ni de leurs enseignements
- être irrespectueux des pratiquants intègres ni de leurs recommandations

Il induit ainsi le comportement qu'il est nécessaire d'avoir si l'on désire discerner les idées inappropriées qu'il faut abandonner dés qu'elles sont vues:

- se cultiver dans le Dharma
- respecter l'enseignement des maîtres
- respecter la parole des pairs
Sönam
 

Re: Etude du Canon Pali - Tipitaka -

Messagede Sönam » Lun 6 Oct 2008 13:59

"Et que sont les idées inappropriées pour l'attention auxquelles elle vaque? Toute idée telle que, lorsqu'elle s'en occupe, la fermentation non-[encore] survenue de sensualité surgisse en elle, et la fermentation [déjà] survenue de sensualité augmente; la fermentation non-[encore] survenue de devenir surgisse en elle, et la fermentation [déjà] survenue de devenir augmente; la fermentation non-[encore] survenue d'ignorance surgisse en elle, et la fermentation [déjà] survenue d'ignorance augmente. Ce sont les idées inappropriées pour l'attention auxquelles elle vaque.


Quels sont ces idées inappropriées qu'il faut abandonner dés qu'elles sont comprises lorsque les conditions énoncées (culture du dharma, respect ...) sont remplies ?

Il s'agit des idées qui, si elles ne sont pas abandonnées, font naître le désir, le plaisir sensoriel (c'est un rappel condensé des 12 liens interdépendants) : le plaisir des sens donne naissance au désir inassouvi de sensualité, qui donne naissance au désir (envie) de l'action (posséder), qui donne naissance à l'envie incontrôlée de posséder, qui donne naissance à l'ignorance (ignorance de la vacuité des phénomènes), qui donne naissance à l'ignorante certitude de l'existence d'un moi ...

A ce stade, le Bouddha a dévoilé les moyens, au quotidien, pour se libérer de la chaîne d'interdépendance, du samsara. Il nous a donné les conditions, et le type d'idées, de pensées qu'il faut abandonner dés qu'elles sont comprises, parce qu'elles sont liées au plaisir des sens et donc génératrices du cycle de l'interdépendance, créant ainsi le samsara et la souffrance qui le définit.
Sönam
 

Re: Etude du Canon Pali - Tipitaka -

Messagede Sönam » Lun 6 Oct 2008 14:03

"Et que sont les idées appropriées pour l'attention dont elle ne s'occupe pas? Toute idée telle que, lorsqu'elle s'en occupe, la fermentation non-[encore] survenue de sensualité ne surgisse pas en elle, et la fermentation [déjà] survenue de sensualité soit abandonnée; la fermentation non-[encore] survenue de devenir ne surgisse pas en elle, et la fermentation [déjà] survenue de devenir soit abandonnée; la fermentation non-[encore] survenue d'ignorance ne surgisse pas en elle, et la fermentation [déjà] survenue d'ignorance soit abandonnée. Ce sont les idées appropriées pour l'attention dont elle ne s'occupe pas. Parce qu'elle s'occupe d'idées inappropriées pour l'attention et parce qu'elle ne s'occupe pas d'idées appropriées pour l'attention, les deux fermentations non [encore] survenues surgissent en elle, et des fermentations déjà survenues augmentent.


Le Bouddha nous dévoile le type d'idées qui, si les conditions avaient été (sont) remplies, n'auraient pas permis aux fermentations qu'il faut abandonner d'engendrer le cycle des renaissances (12 liens interdépendants).

Ce sont les idées inverses de celles présentées précédemment. Ainsi le Bouddha nous explique que dans le cas de l'individu décrit (les conditions), le remède consiste à abandonner les idées inappropriées et à les remplacer par des idées appropriées, à savoir celles qui ne permettent pas la fermentation (désir, désir inassouvi, ...) des plaisirs sensoriels.

A ce stade, Bouddha Sakyamouni nous a enseigné que, pour un individu ordinaire,

- les conditions (à mettre en place) sont l'étude du Dharma et le respect des Maîtres et Pairs
- l'attention (l'observation des pensées) est la « vue » dans laquelle on doit se trouver
la cible (lorsqu'elles apparaissent) sont les idées qui aiguisent les sensations sensorielles
- le remède, dans ce cas, c'est « les remplacer par » (penser à) des idées qui n'aiguisent pas les sensations sensorielles

En conséquence, la logique dans tout cela consiste, pour un être ordinaire, grâce à l'étude du Dharma et le respect des enseignements des maîtres ainsi que des paroles des pairs dans le dharma, à se « doter » d'un « potentiel » de flot de pensées « dharmiques », qui pourra venir remplacer, le moment venu (qui sera perçu grâce à l'attention), les pensées inappropriées en relation avec le plaisir des sens.
Sönam
 

Re: Etude du Canon Pali - Tipitaka -

Messagede Sönam » Mar 7 Oct 2008 13:13

"C'est ainsi qu' elle vaque de façon inappropriée: 'Etais-je dans le passé? Serais-ce que je n'existais pas dans le passé? Qu'étais-je dans le passé? Qu'étais-je dans le passé? Ayant été quoi, qu'étais-je dans le passé? Serai-je dans le futur? Serais-ce que je ne serais pas dans le futur? Que serai-je dans le futur? Comment serai-je dans le futur? Ayant été quoi, que serai-je dans le futur?' Ou bien elle est intérieurement perplexe au sujet du présent immédiat: 'Suis-je? Serait-ce que je ne suis pas? Que suis-je? Comment suis-je? D'où vient cet être? Où va-t-il?'


Le Bouddha nous précise maintenant les différents types de pensées inappropriées, qui « fermentent » les pensées sensuelles, et qu'il faut remplacer (dans le cas d'un être ordinaire) par des pensées appropriées (sur le dharma, et particulièrement sur l'interdépendance).

Il s'agit de l'ensemble des pensées qui, en relation avec l'existence d'un « Moi » dans les trois temps, passé ( les souvenirs d'un « Moi »), futur (le devenir de ce « Moi »), présent (le « Moi »), finissent par donner une existence « réelle » à (durcissent) ce « Moi », à la sensualité qui en découle, et aux souffrances du samsara.
Sönam
 

Re: Etude du Canon Pali - Tipitaka -

Messagede Sönam » Mar 7 Oct 2008 13:17

"Comme il vaque de façon inappropriée de cette façon, l'une de six sortes de vues surgit en elle: La vue J'ai un Moi surgit en elle comme étant vraie et établie, ou la vue Je n'ai pas de moi ... ou la vue C'est précisément grâce au Moi que je me perçois moi-même... ou la vue C'est précisément grâce au Moi que je perçois le non-Soi ... ou la vue C'est précisément grâce au non-Soi que je me perçois moi-même surgit en elle comme étant vraie et établie, ou bien elle a des vues comme suit: C'est précisément ce Soi qui est le mien -- le connaisseur qui est sensible ici et là au mûrissement des bonnes et des mauvaises actions -- qui est ce mien Soi qui est constant, durable pour toujours, éternel, non sujet au changement, et demeurera tel qu'il est pour l'éternité. C'est ce qu'on appelle un fourré de vues, un désert de vues, une contorsion de vues, un grouillement de vues, des menottes de vues. Liée par des menottes de vues, la personne ordinaire non-instruite n'est pas libérée de la naissance, de la vieillesse, et de la mort, du chagrin, des plaintes, de la douleur, de l'angoisse, et du désespoir. Elle n'est pas libérée, je vous le dis, de la souffrance et du stress.


Le Bouddha nous donne maintenant un peu plus de précision sur ce qui se passe dans le cas où, comme chez cet individu ordinaire qui n'a pas mis en place les bonnes conditions, les pensées inappropriées ne sont pas abandonnées.

Il nous décrit le processus qui, si il est observé (moment d'attention), doit être abandonné au profit de pensées appropriées. Il nous explique que ce processus se décompose en six sortes de vues (pas plus, pas moins), et que l'une de ces vues « surgira » et engendrera (parce que considérée vraie et établie) le cycle interdépendant à l'origine de la souffrance et du samsara.

Ces « fausses » vues sont

- l'existence d'un Moi
- l'inexistence d'un Moi
- l'existence d'un Moi qui Me perçoit
- l'existence d'un Moi qui perçoit le non-Moi
- l'existence d'un non-Moi qui Me perçoit
- l'existence d'un Moi qui est le Mien (Me) ... constant, durable, éternel, permanent.
(pour les pratiquants du Mahayana, on retrouve là une classification chère à Nagarjuna).

Bouddha balaye ses « fausses vues » avec force ... C'est ce qu'on appelle un fourré de vues, un désert de vues, une contorsion de vues, un grouillement de vues, des menottes de vues.

Puis il nous confirme que, pour une personne non instruite (dans le Dharma), ces sortes de vues ne sont pas libérées du cycle des naissances et de la vieillesse, ni de la souffrance du samsara ... elles sont donc à abandonner au profit de pensées « instruites » dans le Dharma.
Sönam
 

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