"Lorsque les fermentations d'un moine qui devraient être abandonnées en les voyant ont été abandonnées en les voyant, que ses fermentations qui devraient être abandonnées en se modérant ont été abandonnées en se modérant, que ses fermentations qui devraient être abandonnées en utilisant ont été abandonnées en utilisant, que ses fermentations qui devraient être abandonnées en tolérant ont été abandonnées en tolérant, que ses fermentations qui devraient être abandonnées en évitant ont été abandonnées en évitant, que ses fermentations qui devraient être abandonnées en détruisant ont été abandonnées en détruisant, et que ses fermentations qui devraient être abandonnées en les développant ont été abandonnées en les développant, alors on l'appelle un moine qui demeure modéré grâce à la modération de toutes les fermentations. Il a retranché la soif insatiable, rejeté les chaînes, et -- grâce à la correcte pénétration de l'orgueil -- a mis fin à la souffrance et au stress."
C'est ce que dit le Béni du Ciel. Gratifiés, les moines se réjouirent des paroles du Béni du Ciel.
En une dernière « essence » de son enseignement, le Bouddha nous offre la synthèse de celui-ci. Ce sera la conclusion de son discours.
Il a abandonné les explications données sur l'être ordinaire non respectueux du Dharma, qui en fait ont servi à déterminer le mal, et la racine du mal. A cet être ordinaire, le Bouddha à révélé la Voie ... le respect et l'étude auprès d'un maître du Dharma, le respect et l'étude auprès des ainés dans le Dharma.
Pour le disciple assidu il conclut ... et annonce à celui-ci que si
- les pensées qui devraient être abandonnées en les voyant ont été abandonnées en les voyant
- les pensées qui devraient être abandonnées en se modérant ont été abandonnées en se modérant
- les pensées qui devraient être abandonnées en utilisant ont été abandonnées en utilisant
- les pensées qui devraient être abandonnées en tolérant ont été abandonnées en tolérant
- les pensées qui devraient être abandonnées en évitant ont été abandonnées en évitant
- les pensées qui devraient être abandonnées en détruisant ont été abandonnées en détruisant
- les pensées qui devraient être abandonnées en les développant ont été abandonnées en les développant,
Alors toutes formes de pensées (celles génératrices de karma – causes – négatives, et celles génératrices de karma positif) ayant été abandonnées, ce disciple modéré (voie du milieu), qui a maîtrisé le désir et s'est libéré de toutes formes « d'emprisonnement » (mental), aura mis fin à la souffrance.
Sur ce point, il est à noter que Bouddha ne nous parle pas de "l'annihilation de l'esprit", mais de l'abandon de toutes formes de pensées et de toutes les causes de pensées.
Bouddha nous annonce, en tout dernier, que ce sutta contient « tout ce qu'il est nécessaire de savoir pour atteindre la Libération », le nirvana annoncé.
Quelque soit « l'état d'être » d'un disciple, les flots de pensées qui l'assaillent, les questions et doutes qui le préoccupe, si
- il met en place « l'attention » sur les pensées, quelque soit ses activités,
- comprend dans quelle catégorie celle qu'il observe se trouve
- traite celle-ci comme le Bouddha lui recommande
- alors la présence des différents types de pensées va s'amenuiser jusqu'à leur abandon total, et ceci étant réalisé, il aura atteint l'état de « Libéré » et le nirvana.
(Pour le pratiquant du Mahayana, le chemin ne s'arrêtera pas là ! ... mais c'est une histoire complémentaire)
Ce simple sutta, parmi des milliers, d'autre contient en substance tout l'enseignement du Bouddha Sakyamouni.
Et cette progression et « essence » se retrouve dans « tous » les suttas du Bouddha ... à qui veut bien les lire.
Remarque :Ce sutta, et l'ensemble des suttas du Canon Pali, contient les premiers messages du Bouddha, et ont été conservés « de la meilleure façon » par les Anciens. Dans ces suttas, le Bouddha a enseigné tout ce qu'il était nécessaire de savoir pour atteindre l'état d'éveillé, de libéré, pour atteindre le nirvana annoncé.
C'est sur la « base » de ces suttas que le Mahayana s'est construit, en y intégrant un certain nombre de suttas « complémentaires », enseignés par le Bouddha (mais non reconnus par les Anciens).
La majeure partie du Mahayana (et de ses différentes composantes) s'est développé « à partir » des réalisations annoncées dans le Tipitaka. Ils en sont la prolongation ... pour ceux qui ne « peuvent se satisfaire » de cette « fin de la souffrance individuelle », au nom de la Grande Compassion.
C'est pour cela qu'un pratiquant du Mahayana ne se « désintéresse pas » des enseignements des Trois Corbeilles, mais qu'au contraire il les étudie avec empressement, car il sait qu'ils contiennent toute l'essence de la bouddhéité et qu'ils sont la base essentielle au développement de cet « Esprit d'Éveil » qui escaladera progressivement les bhumis de la Réalisation.
Puissent tous les êtres connaître le bonheur et las causes du bonheur,
Puissent tous les êtres être éloignés de la souffrance et des causes de la souffrance,
Puissent ils ne jamais rencontrer la souffrance,
Puissent ils atteindre le bonheur de la grande félicité et de la grande équanimité.
Sönam