Lamas, consoeurs ... et pratique

Au sein du mahayana s'est développée une approche spécifique, celle des tantra, textes issus du Bouddha dont les pratiques font appel à un symbolisme et à différentes méthodes spirituelles ou yogas.

Lamas, consoeurs ... et pratique

Messagede Sönam » Mar 4 Nov 2008 02:49

La pratique avec une consoeur fait partie des Hauts Tantras.
Dans le Mahamoudra, une des branches du Karmamoudra est la pratique avec une consoeur.

Le très Vénérable Khenchen Thrangu Rinpoché en fait le commentaire dans son enseignement sur le Mahamoudra Upadesha de Tilopa (l'enseignement dans sont intégralité a été traduit par l'équipe de MarpaRimé ... voir Encyclopedia Dharma)


Si tu t’en remets au karmamoudra, la sagesse de la félicité et du vide apparaîtra. Entre en union en ayant consacré l’upaya pour la méthode et la prajna pour le savoir. Doucement laisse le tomber ou descendre, enroule le, retourne le, et dirige le à sa véritable place. Finalement étends le ou fait qu’il infiltre tout ton corps. Si il n’y a pas d’attachement ou de désir, la sagesse de la félicité et du vide apparaîtra.

Il s’agit d’une technique supplémentaire qui est utilisée dans le but de rehausser ou d’intensifier la sagesse de mahamoudra. Cette technique, appelée karmamoudra ou le sceau de l’action, a deux styles ou variétés de pratique. Elles sont appelées la porte supérieure ou passage supérieur et la porte inférieure ou passage inférieur. La porte inférieure ou passage inférieur est très dangereux, ainsi très peu de gens le pratique véritablement. Il y a quelques grands yogis ou yoginis qui le font, mais la plupart ne le font pas.1 Ce qui est plus communément pratiqué dans cette approche karmamoudra est le style de pratique porte supérieure ou passage supérieur, la pratique de chandali [Sanscrit] ou tummo [tibétain] comme on le trouve par exemple dans les six Dharmas de Naropa. Ce qu’implique essentiellement cette technique c’est l’utilisation des canaux pré existants, les vents, et gouttes à l’intérieur de votre corps physique afin de produire ou de permettre qu’apparaisse la sagesse de la félicité et du vide. L’avantage essentiel qu’on en tire est que dans la pratique fondamentale ou centrale de mahamoudra, la sagesse de mahamoudra est l’union de la connaissance lucide et du vide. Ici la même sagesse apparaît de façon un peu différente, à cause de la différence de technique. Au lieu que ce soit d’abord lucidité et vide, c’est d’abord béatitude et vide, à cause de la technique physique. Essentiellement, ce qui arrive c’est que la félicité physique apparaît dans votre corps, puis, en regardant la nature de celle-ci, qui est le vide, vous expérimentez ou réalisez l’unité de la béatitude et du vide. De manière plus détaillée, à travers une application correcte des canaux pré existants, vents, et gouttes à l’intérieur de votre corps physique, vous générer un type spécial de chaleur ou d’échauffement. Et cette chaleur ou échauffement produit une sensation et un effet de béatitude. Cette félicité devient l’environnement ou la base pour la réalisation ou l’expérimentation du vide. La technique implique des visualisations telles que la boddhicita gouttant de la syllabe HAM visualisée au sommet de la tête et le chandali flambant à partir de la lettre AH visualisée sous le nombril. C’est ce que le texte décrit lorsqu’il dit laisse le tomber ou descendre, enroule le, retourne le, et ainsi de suite. Tous les détails de cette technique, comment la réaliser, sont normalement expliqués dans les sessions des longues retraites, comme celle de trois ans, et ainsi de suite.** Ce qui est de la plus haute importance quelque soit la forme de karmamoudra – que ce soit la version de la technique du passage du haut, ou celle du passage du bas – c’est qu’il n’y ait aucun désir pour la béatitude, ce qu’il n’y ait aucun attachement pour elle. Le but, bien entendu, est d’utiliser la béatitude en tant que base à la réalisation du vide. Ainsi si il n’y a pas d’attachement à la béatitude, vous verrez son aspect vide, et comme le texte le dit, la sagesse de la béatitude et du vide apparaîtra.



La discussion détaillée de ces pratiques sur un forum publique serait, bien entendu (encore samaya), très mal venu. On pensera aussi, dans ce bavardage sur le net, à Gourou Rinpoché et Yeshé Tsogyel ...

Passons donc au Lamas et autres distinctions ...

Les Maîtres (Acharyas), ceux qui ont obtenu un degré de Loppon, sont capable de lire des textes très "encryptés" et les "traduire" dans des languages plus populaires tel que l'anglais ou (parfois) le français.

Le sens du mot Lama, Gourou en sanskrit, est "celui qui est substantiel avec Amour", et est capable de "prendre sur lui" le karma de ses disciples (hommes ou femmes), afin que ceux-ci puissent plus rapidement et plus profondément pratiquer sur la voie du Guhyamantra.

Les "consoeurs" ne concernent que les pratiquants les plus avancés et qui en ont atteind la profondeur.
Ce sont soit des nones, soit des des jeunes femmes "élues", Jetsunma, ayant été élevées dans des Familles Saintes, telles que celles de S.E. Sakya Trizin, S.E. Sakya Dagchen et celles de leurs fils. Elles sont à la fois des femmes (publique) et à la fois des consoeurs (privé).

Chez les Sakyapa, elles sont généralement choises dans des familles "cousines" telles que celles de Chogye Lce ou Chogye Louding, afin que les Upadhyayas (Khenpos/Abbé), puissent passer leur lignée à leurs neveux ... puisqu'ils ont fait voeu de garder leurs voeux monastiques pour la vie.

Dans l'ancien Tibet, il était "socialement" acceptable qu'un Grand Lama prenne une consoeur. S.E. Khyentse (II) Rinpoché pris une consoeur de 16 ans alors qu'il avait la cinquantaine largement passée (celle ci vit encore alors que Kyentse (III) Rinpoché à la quarantaine) et venait aux cérémonies officielles dans ses robes de moine ... il était néanmoins le Gourou des Gourous.

En fait il n'y a pas de moine ordonné au Tibet, ni maintenant ni avant, qui ait une consoeur ... sauf dans certaines croyances populaires.

On ne peut pas juger sur la robe ... mais sur les voeux.

Dzongsar Khyentse (III) Rinpoché n'est pas un bhikshu, néanmoins il a le crane razé et il porte des robes de moine.
Personne ne peut être appelé Upadhyaya si il a une consoeur. Tous les membres de la famille Sakya sont laïques et ont pris des voeux tantriques ... on les appelle ngagpa ou mantri.

Sönam
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