Bonjour à tous,
je trouve cette question vraiment intéressante, vu que nous considérons souvent les pensées que nous pouvons avoir dans la méditation comme des obstacles à la pratique. Evidemment, vu que la pratique semble être de simplement arriver à observer toute pensée qui s'élève, l'obstacle principal semble être "simplement" dans le fait de quitter notre poste d'observateur, de perdre le recul.
J'ai l'impression que le simple fait de considérer les pensées (ou une pensée spécifique) pour un "obstacle" n'est rien d'autre qu'une nouvelle pensée, et donc que l'obstacle, à ce niveau, est encore et toujours le même : ne pas se rendre compte que nous sommes, à nouveau, complètement pris par une pensée, au lieu de l'observer.
Donc l'obstacle à la méditation ne serait pas cette pensée d'orgueil, mais bien dans le fait d'oublier que nous sommes encore une fois plongés dans un rêve (dans ce rêve, il existe
réellement une méditation, et un obstacle à cette méditation : la pensée d'orgueil qui s'élève...). Si j'avais reconnu cette pensée comme une pensée de plus et rien d'autre, il n'y aurait eu aucun obstacle, malgré le fait que l'orgueil s'élève.
Ca c'est pour la théorie. Dans la pratique, je vois bien que parfois, pour être capable de prendre du recul pendant la pratique méditative, sur certaines pensées, pour ne pas être "happé", (ou plutôt me "happer" tout seul !!!), j'ai vraiment besoin d'affaiblir l'emprise que ces pensés peuvent avoir sur moi, mais de faire ce travail en dehors des séances de méditations, par l'observation et la réflexion ( et l'écoute des enseignements évidemment).
Pour la pensée d'orgueil, un Rimpotché a donné ce conseil que j'aime bien, qui m'aide : "L'antidote à l'orgueil, c'est de considérer que les autres sont vraiment, vraiment parfaits !".
Sinon, effectivement, je trouve que la pensée de la mort et de l'impermanence affaiblit vraiment l'emprise de tous les poisons... c'est une sorte de panacée universelle, n'est-ce pas ? Quand je serais mort, à quoi me sera donc utile cette reconnaissance sociale qui me préoccupe ? Pourquoi donc est-ce que je m'en préoccupe autant ? C'est vrai que ça aide !!! Si même la mort est une aide, où sont les obstacles !!!
Amitiés !