"Vajradhara, Seigneur maître-racine,
que par la grâce de vos bénédictions
éclosent expériences intérieures et réalisations.
Ecoute, fidèle Choying Drolma,
je vais te dire comment préserver
la reconnaissance de la nature de l'esprit :
Repose sans effort
en l'immensité de la limpide vacuité,
tel un grand Garuda fendant l'azur.
Laisse être ton esprit, infinie iridescence,
tel le soleil dégagé de nuages.
Laisse la claire reconnaissance de l'esprit
libre de tout attachement,
tel le jeune regard de l'enfant dans le temple.
Laisse ton esprit reposer dans la vastitude,
calme et sereine,
tel un océan sans vague.
Laisse les pensées s'évanouir sans trace,
tel le vol sans sillage de l'oiseau dans l'espace.
Si tu médite selon ses conseils,
expériences contemplatives
et réalisations ainsi poindront :
adviendra la vacuité transparente,
ineffable, pareille à l'espace,
insaisissable, indéfinissable.
Adviendra la clarté
inexprimable,
tel le rêve d'un muet.
adviendra la félicité,
indicible,
telle la béatitude de la jeune fille.
Adviendra l’absence pensées,
abandon des concepts,
tel un cadavre gisant dans un charnier.
Soit sans attachement
envers l'expérience advenue :
Béatitude, clarté ou absence de pensées ;
laisse la exister en sa simple luminescence.
Si tu préserve ainsi l'état naturel de l'esprit,
la mort venue, tu sera libérée dans le corps absolu.
N'oublie pas ce conseil, grave-le au tréfonds de ton cœur ;
Puisse-t-il pacifier l'esprit des auditeurs !"
Shabkar

