Quelle éthique pour la notion de vacuité ?

Quelle éthique pour la notion de vacuité ?

Messagede Mizu » Sam 12 Sep 2009 16:49

Bonjour.

Une question me préoccupe depuis longtemps.

Dans le bouddhisme, on considère que toute chose étant éphémère et interdépendante, elle n'a pas de nature propre et est vide de sens.
Comme le dit le bouddha Sakyamuni : "La forme est le vide et le vide est la forme." Même si je n'ai pas tout le temps conscience de ça, cette idée me semble vraie.
Mais si tout est vide de sens, à quoi sert l'éthique et la morale ? Comment dire qu'une action est bonne ou mauvaise ? Et comment justifier le cheminement vers l'éveil, celui-ci étant lui aussi transitoire ?

Amicalement.
S'il y a un remède,
A quoi le mécontentement ?
Et s'il n'y en a pas,
A quoi le mécontentement ?

Shantidéva
Mizu
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Re: Quelle éthique pour la notion de vacuité ?

Messagede Trinlé Lhamo » Sam 12 Sep 2009 21:53

Bonsoir Mizu

Dnas ma compréhension des choses, le Bouddha a enseigné qu'il y a deux réalités, indissociable,s comme les deux faces d'une pièce. La réalité relative, le monde qui nous entoure, et la réalité absolue, la nature d'éveil.

Dans cette phrase, 'la forme est vide et le vide est forme', il faut comprendre que le Bouddha parle de ces deux réalités, et on ne peut les mélanger.
Même si on dit que de manière absolue, tout ets vide, c'ets à dire plutot que tout est interdépendant
(Nagajurna dit 'j'appelle vacuité tout ce qui se produit en interdépendance'), et que donc toute chose de notre monde, toute éthique ... nous apparaissent comme 'rien', cela ne signifie pas pour autant que toutes ces choses ne sont rien. Car là, c'ets tomber dnas une des deux extrêmes dont il a parlé, l'extrême du nihilisme.

Les choses, les phénomènes sont, ils existent, mais pas en tant qu'eux-mêmes, pas de manières indépendantes, c'ets pour cela qu'il ets dit que leur nature est vide.
La vacuité, le vide est la véritable nature des choses, leur mode véritable d'être, que nous ne percevons pas comme tel.
De cette vacuité surgit toute la variété des phénomènes de notre monde. Parce que justement il y a la vacuité. Ma petite compréhension de ceci, c'ets par rapport à une image, une voie ferrée a deux rails parallèles, qui ne se rejoignent pas. Je me suis dit que dans notre manère de comprendre habituelle, nous pensons que tout existe par lui-même, est solide. Mais si tout était comme cela, cela veut dire que chaque chose resterait figée, si tout est existant de manière autonome, alors ces choses sont comme chacun de ces rails, et donc ne pourraient jamais se rejoindre. Or, quand on observe, plein de choses se produisent, naissance, croissance, interaction de plusieurs éléments... rendus possibles par leur véritable nature, la vacuité.

Dans les enseignements , il ets bien rpécisé que nous ne pouvons partir que de ce que nous avons, percevons, or nous vivons dans un monde relatif, le point de départ est le monde relatif.
Et ce monde relatif, notre monde est régi par un ensemble de règles, de lois physiques, ... si on saute par la fenêtre du 6è étage, il y a peu de chances qu'on en réchappe. La gravité existe...
L'éthique, l'amour, la compassion... sont comme ce slois physiques. Elles sont essentielles dnas notre monde, pour coexister tous ensemble.
Et puis, elles font aussi partie de notre être, ce sont des quelités éveillées, présnetes en nous, mais plus ou moins développées.
De manière relative, le chemin spirituel ets nécessaire, même si de manière absolue tout est déjà là, en nous.
Suaf que nous ne percevons pas l'absolu. De par notre vision biaisée des choses, liée à notre ignorance fondamentale de notre vériatble nature, de la véritable nature des phénomènes..., par la saisie que l'on a aussi du coup de schoses, on le sperçoit selon notre vue, très tangible,s et réelles, et consistantes, et liées à tout ce qui nous agite, nos émotions, colère, haine, désir...
Tout ceci, même si ce n'ets pas franchement non plus tangible,s on ne peut le toucher du bout des doigts est bien là quand même, et cela forme ce qui ets nommé voiles dnas les enseignements.
Ces voiles nous obscurcissent l'esprit.
Et le chemin spirituel est le désobscurcissemnt de notre véritable être, et pour cela, il faut utiliser des antidotes aux causes de nos voiles... Donc les qualités. L'antidote à la colère-haine ets l'amour par exemple...
D'où nécessité de pratique
Et respecter aussi une éthique qui va dans un sens positif pour nous faire avancer sur le chemin.
Comment en effet progresser, diminuer ces voiles qui nous emprisonnent si on renforce leurs causes, en tuant par exemple?
Tout est lié. C'est pour établir un cercle vertueux qui va nous aider à avancer, et sortir de notre cercle vicieux, dans lequel on tourne tant que l'on n'a pas pris conscience de certaines choses.

POur juger si une action ets bonne ou mauvaise, de premier abord, c'ets évaluer est ce que cela va apporter un bienfait à l'autre? ou est ce que au contraire cela va lui nuire? porter atteinte à ses biens les plus précieux, qui sont sa vie (meurtre, torture, viol...), les êtres qui lui sont chers (par exemple tromper avec son conjoint), et ses possesions matérielles (vol).
Après il est là aussi expliqué que parfois, pour juger du bienfait ou non d'une action, il rentre en jeu tellement de facteurs, que ce n'ets pas toujours aisé, et que seuls des êtres plus avancés le peuvent vraiment.
Je te mets le lien vers un enseignement traduit de Khenchen Thrangu Rinpoche, intéressant, qui parle justement de cela, et des Dix actions vertueuses et non vertueuses.

http://sangharime.com/ed/index.php?titl ... vertueuses

J'espère que j'ai un peu répondu à tes questions.
Les autres te répondront peut être aussi, ou me rectifieront si j'ai dit des aneries.

Amicalement.
Paix, Amour, Joie, et Bonheur pour tous les êtres !

«Chaque pas qui est fait sur la Terre devrait être comme une prière.» Héhaka Sapa

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Re: Quelle éthique pour la notion de vacuité ?

Messagede Seunam Gyamtso » Dim 13 Sep 2009 08:39

Bonjour Mizu et Trinlé Lhamo,

Trinlé, selon ma compréhension, il n'y a pas deux réalités, (une qui serai le nirvana et l'autre le samsara), mais une seule, appelé Dharmadatu, "la sphère du réel". La réalité qui n'est pas perçue telle qu'elle est est perçue de manière illusoire, faussé, (c'est ce qui est appelé samsara) et ce qui est une illusion n'a jamais été une réalité, n'as jamais existé (image : la corde qui, dans la pénombre, est perçue comme un serpent).
Il est enseigné deux vérités, une absolue, et l'autre relative ; la vérité relative, comme l'indique l'adjectif "relative", n'existe que conventionnellement en rapport aux perceptions d'objets des sens les uns par rapport aux autres, et n'est pas une réalité. Quelques unes des images employés pour décrire l'existence des phénomènes sont : semblables à un rêve, une illusion magique, un mirage, un arc en ciel ; on les perçois bien, mais ils sont sans réalité propre, vides d'existence solide et indépendante.

Mizu,
"la forme est vide", elle est vide de nature propre, d'existence indépendante, mais cela ne veux pas dire vide de sens. ici est mis en avant l'aspect "absence de", "vide de", l'aspect "vacuité", "clarté", "sagesse" de l'esprit et des phénomènes. Cet aspect est comparable au soleil.

"et le vide est forme", ici est mis en avant l'aspect de "luminosité" de l'esprit et des phénomènes, aspect "plein de", de cette "clarté" de l'esprit se déploie la luminosité, se manifeste la diversité des phénomènes, des formes, des sons, les perceptions des sens et toutes les qualités des bouddhas, la encore tel un arc en ciel, un rêve, une illusion magique.
C'est magnifique !
La compassion, comparable aux rayons du soleil, est aussi l'expression spontané de la vacuité, sa luminosité.
Pour ceux qui perçoivent l'esprit et les phénomènes telles qu'ils sont, la vacuité, la réalité telle quelle avec ses aspects de clarté et de luminosité, l'étique, la compassion, l'action juste, etc, est spontanée et naturelle.
Pour ceux qui ne perçoivent pas encore "la sphère du réel", le Dharmadatu, le cheminement vers l'éveil, l'action juste, l'étique, est enseignée afin de pouvoir peu à peu affaiblir l'illusion, l'ignorance et la souffrance, que des action contraires amplifierait.

Un des enseignements qui explique très bien les critères pour dire qu'une action est bonne ou mauvaise est "Neuf considérations et critères pour le bien des Etres" par Patrul Rimpoché :

Amicalement,
Par le mérite engendré par ma pratique du don et des autres perfections,
puissé-je réaliser l'éveil pour le bien de tous les êtres.
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Re: Quelle éthique pour la notion de vacuité ?

Messagede Mizu » Mer 16 Sep 2009 20:02

Merci pour ces réponses. Elles sont très éclaircissantes.

Et si quelqu'un ajoute encore autre chose, merci d'avance!
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Re: Quelle éthique pour la notion de vacuité ?

Messagede Toupten Zangpo » Jeu 17 Sep 2009 17:58

POur juger si une action ets bonne ou mauvaise, de premier abord, c'ets évaluer est ce que cela va apporter un bienfait à l'autre?
Pas seulement. Cela peut aussi, dans un premier temps, n'être bénéfique qu'à nous même et puisque cela nous a été bénéfique, cela sera bébéfique aux autres dans une second temps puisque cela nous aura permis de voir, comprendre, agir... autrement et plus justement, mieux pour notre chemin vers l'éveil...
De plus, il ne faut pas s'oublier. Etre mal dans son corps, sa tête... ne peut nous permettre d'aider efficacement les autres et de toutes façon, cela se ressent.
Les autres te répondront peut être aussi, ou me rectifieront si j'ai dit des aneries.

Personne ne dit d'aneries. Nous ne parlons qu'avec notre niveau d'interprétation, compréhension... :wink: Nul n'a la connaissance absolue, science infuse, compréhension/interprétation parfaite :wink: sauf un rimpoché mais même lui peut encore avoir une mauvaise compréhension/interprétation/vision de certaines choses

Amicalement
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Re: Quelle éthique pour la notion de vacuité ?

Messagede dematbreizh » Sam 19 Sep 2009 23:16

Je rajouterai pour ma part selon les enseignements que rien n'est bon ou mauvais "en soi".
Un exemple de nos critères est la chaleur: 35° nous semble une torture en été en France, mais en plein désert cette température nous serait agréable, tout est une question de contexte encore et toujours.

J'aurai donc pour ma part répondu l'éthique ne sert à rien. Ce sont des règles et pour le cas extrême de l'euthanasie il n'y a pas qu'une seule éthique, une seul morale, puisque les gens en débattent, chacun pensant œuvrer pour "la bonne cause".

Une action n'est pas bonne, ni mauvaise. Qui peut prédire toutes les possibles conséquences de nos actions. Ce qui compte c'est l'intention qui est à l'origine de l'action, et non cette dernière.
Quand je vois les gens arroser un cycliste du tour, leur intention est d'aider le sportif. Mais la réflexion leur révélerai que cela peut au contraire le gêner... leur action est-elle donc juste?

Pour moi suivre les enseignements bouddhistes est la voie a suivre, non pas bonne ni mauvaise mais au moins elle prend en compte la dualité de nos choix et tente d'équilibrer les conséquence par compassion.
La pensée la moins philosophique qui m'a mené a cela est: ce que tu fais aux autres, le voudrais-tu? Aussi le cheminement vers l'éveil n'ayant pas pour but notre éveil égoïste, notre apaisement, il doit avoir pour conséquence celui de tous les autres.

Une dernière pensée qui me vient du zen concernant le cheminement, quand on fait zazen on ne doit chercher nul profit, juste le faire. L'intérêt du cheminement vers l'éveil serait-il non pas l'éveil mais la voie en elle même?
Il faut suivre ceux qui cherchent et fuir ceux qui ont trouvé.
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Re: Quelle éthique pour la notion de vacuité ?

Messagede dematbreizh » Sam 19 Sep 2009 23:46

tiens! je reprends ma lecture de "ZEN et Arts martiaux" de maitre Taisen Deshimaru, et je tombe instinctivement à la page 104 sur
Qu'est-ce que le bien ou le mal? La sagesse profonde, hannya, doit dicter la réponse juste, le geste juste.


Si cela peut éclairer :levitation:
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