de Tsultrim Dargye » Mer 29 Fév 2012 19:43
En résonance sur le thème de l'égo, je suis tombé sur un extrait du livre de Dzongsar Jamyang Khyentsé "N'est pas Bouddhiste qui veut" ou il aborde le soi qui est vraiment très intéressant voici l'extrait qui pourrait tout a fait devenir sujet sur le forum. mais je vous laisse deja la lecture de ce passage.
"La prise de conscience par laquelle Siddhartha se rendit compte que le soi n'existe pas de manière indépendante, qu'il ne s'agit que d'une étiquette, et que, par conséquent, l'attachement au soi est pure ignorance, constitue sans aucun doute l'une des découvertes majeures de l'histoire de l'humanité.
Si l'étiquette du soi est mal fondée, la détruire n'est pas pour autant une mince affaire. Cet écriteau "soi" est le plus résistant des concepts à briser. La découverte par Siddhartha de l'imposture du soi est illustrée par la destruction de Mâra. La tradition fait de ce dernier l'infâme seigneur du monde du désir; en vérité Mâra n'est
rien d'autre que la croyance au "soi" de Siddhartha.... L'habitude nous rend faibles face au soi. Même les plus anodines sont difficiles à briser.
Vous pouvez être conscient du fait que fumer nuit gravement à la santé sans que cela vous décide pour autant à arrêter, surtout si vous aimez le rituel, la forme effilée de la cigarette, le rougeoiement du tabac qui se consume, les volutes parfumées qui s'enroulent autour des doigts.
A la différence du tabagisme, l'habitude du soi n'est pas une simple addiction. Notre dépendance au soi remonte à des temps immémoriaux. C'est notre manière de nous identifier. C'est ce que nous avons de plus cher. Il est aussi à certains moments l'objet de notre haine la plus féroce.
La validation de l'existence du soi est notre préoccupation majeure; pratiquement tous nos actes, pensées ou possessions, y compris notre voie spirituelle, servent à confirmer son existence. C'est le soi qui redoute l'échec et désire le succès; c'est lui qui craint l'enfer et aspire au paradis; c'est encore lui qui craint la souffrance et adore les causes de la souffrance.
Le soi part bêtement en guerre au nom de la paix. Il désire l’Éveil, mais déteste la voie qui y mène. Il veut travailler en socialiste et vivre en capitaliste. Quand il se sent seul, il aspire à l'amitié. Sa possessivité à l'égard de ceux qu'il aime prend la forme d'une passion susceptible de se muer en agressivité. Le soi à tôt fait de corrompre et recruter ses ennemis supposés ( les voies spirituelles conçues pour vaincre l'ego ) afin de s'en faire des alliés.
Sa maîtrise de la tromperie frise la perfection."
"Que tous les êtres puissent posséder le Bonheur et les causes du Bonheur!
Puissent-ils être délivrés de la souffrance et des causes de la souffrance!
Puissent-ils posséder le bonheur authentique exempt de toute souffrance!
Puissent-ils demeurer en la grande équanimité, libre de la partialité d’attachement et d’aversion!"