J’ai pensé que cela pouvait être intéressant et aider quelques personnes.
A la retraite de méditation à Dahgpo Kagyu Ling, on alternait différentes sessions de méditation avec différents supports.
En gros, trois supports.
D'abord, une phase de rentrer en contact avec soi -même, son corps, ses sensations physiques (un peu relaxation, en passant les diverses parties de son corps) :
- On part de la tête, légèrement penchée, mais avec le cou dans le rpolongement du dos bien droit, menton légèrement rentré. Les yeux posés devant soi, à 60° environ (on nous a donné comme truc de suivre son nez, pour l’inclinaison du regard), le regard ne fixant rien de particulier.
- Ensuite le dos bien droit, comme une lance fichée en terre partant du sommet du crâne jusqu’au sacrum
- Les épaules ni trop en arrière ni en avant, bien dégagée, comme les ailes d’un vautour nous a t’on dit
- Le bassin ni en avant, ni en arrière, bien posé, dans le prolongement de la colonne. Le ventre dégagé.
- Les mains avec les pouces se rejoignant presque, ou se touchant (cela dépendait du lama qui guidait), à plat sur les cuisses. Ou les mains posées sur les genoux.
- Les jambes en position du lotus, ou du semi lotus, avec une repliée sur l’autre.
A cette étape, on se pose, on rentre en contact avec soi-même, on laisse le corps se poser, et avec notre conscience, on en passe les différentes parties, on soulage les tensions des zones qui en ont, comme par exemple les épaules en y posant notre attention.
Ensuite, le deuxième support, de la respiration avec diverses manières de poser son attention sur celui-ci. C’était très intéressant.
Généralement, après avoir fait la partie ci dessus, soit on passait à une séance de méditation sur le souffle, soit à une méditation Gourou Yoga, pour nous relier à la bénédiction du Bouddha.
Pour la méditation sur le souffle, on commençait par poser notre attention au niveau des narines, et essayer de suivre l’air qui rentre et qui en sort au fur et à mesure de nos respirations.
Puis une deuxième variante, pour approfondir peu à peu la méditation, est de poser son attention au moment des inspirations, et de guider le souffle jusqu’au cœur ( centre de la poitrine), comme on mène un cheval par le licol, puis de relâcher à l’expiration. Et de reprendre à l’inspiration suivante. A chaque fois, compter.
On nous a conseillé d’adapter le nombre en fonction de notre état d’esprit.
Si l’esprit est bien posé, on peut faire des séances plus longues, de 14, 21, ou plus inspirations. Si l’esprit est plutôt agité, ou s’éparpille vite, perd vite le fil, plutôt diminuer à des séances de 7 inspirations.
A la fin de chaque série, on nous a conseillé de relâcher l’esprit et de le laisser tel quel, en l’état, et d’y être présent. Puis quand il se redisperse trop, de recommencer une série en fonction de ce que l’on juge le plus approprié, 7, 14, 21…
Ensuite, une troisième variante, pour encore approfondir la méditation, est de cette fois, non plus guider le souffle à l’inspiration jusqu’au cœur, mais guider à l’inspiration jusqu’au nombril, puis à l’expiration de suivre le souffle jusqu’à ce qu’il sorte de notre corps.Toujours compter. Et adapter le nombre de chaque série en fonction de l’état de notre esprit.
Puis tout lâcher à la fin de notre décompte, laisser l’esprit tel quel, et quand il repart vagabonder, recommencer un décompte, en en suivant étroitement les mouvements, à l’inspir et à l’expir.
Enfin, le troisième support de notre méditation était le Bouddha Shakyamouni.
Le Gourou Yoga, méditation d’union au maître, à son esprit, sa bénédiction, moyen de s’y ouvrir, de se connecter à l’Eveil, et à ses bénédictions.
On nous a expliqué de visualiser un grand ciel bleu, immense, vaste, tout autour de nous. Puis dans cet espace devant nous, surgit un grand lotus blanc. Rien que par le fait d’y avoir pensé, apparaît spontanément le Bouddha, sur un disque de lune fin et blanc. Son corps est doré, translucide, et irradie de lumière. Ses deux jambes sont en position du vajra (le lotus). Il est revêtu des trois robes, sa robe de moine, et les deux châles monastiques oranges, qui lui recouvrent l’épaule gauche. Son épaule droite est découverte.
De sa main droite, il touche la terre avec l’index, pour la prendre à témoin de son éveil. Sa main gauche est en position de méditation, avec un bol d’aumône rempli de substances précieuses.
Il a un visage souriant, rayonnant de bonté, il a les yeux mi clos, et regarde tous les êtres avec compassion. Il considère chaque être comme son enfant bien-aimé.
Sur le sommet de sa tête se trouve la protubérance crânienne, avec un joyau. (D’ailleurs, j’ai une question, pourquoi les bouddhas ont-ils une protubérance crânienne ???)Il porte tous les signes majeurs et mineurs de sa réalisation.
Pour méditer avec pour support cette visualisation, on nous a conseillé ( cela rejoint les pratiques de yidams) de commencer par la bas du corps, puis de monter peu à peu, jusqu’aux sommet du crâne puis de recommencer. Si l’esprit est bien stable, et non tendu, alors on visualise l’ensemble, le Bouddha assis sur le lotus.
Si l’esprit est pris par la torpeur, on nous a conseillé de plutôt visualiser le haut du corps et le visage du Bouddha.
Si au contraire l’esprit est agité, de plutôt visualiser le bas du corps du Bouddha.
Si l’esprit est trop, tendu, car visualisation difficile, de lâcher un moment tout effort de visualisation. Puis de reprendre au bout d’un moment.
Si on n’arrive pas à bien visualiser, plutôt ressentir la présence du Bouddha, être convaincu qu’il est bien là, et développer notre foi en sa présence.
Visualiser est quelque chose qui n’est pas aisé de prime abord (en tout cas, personnellement), et à d’autres qui ont eu des difficultés, on a expliqué que visualiser, cela ne consiste pas à voir devant soi superposé à l’environnement qui nous entoure le Bouddha, Lama Guendune Rinpoche disait que c’était un bon moyen pour attraper mal à la tête, mais que cela consiste à imaginer mentalement, se représenter.
Comme quand on connaît bien un lieu devant lequel on est souvent passé. Si on se le rappelle, le lieu se présente aussitôt à notre esprit. La visualisation est le même procédé.
Puis on visualise que du front du Bouddha émane un rayon de lumière blanche, qui va à notre propre front, et nous purifie le corps, de toutes nos fautes, on peut imaginer que cette lumière emplit tout notre corps. Et nous permet d’actualiser le nirmanakaya (corps d’éveil d’apparition).
Puis de la gorge du Bouddha émane un rayon de lumière rouge, qui vient toucher notre gorge. Il purifie notre parole, et permet d’actualiser le sambogakaya (corps d’éveil de jouissance).
Puis du cœur du Bouddha émane un rayon de lumière bleue qui vient à notre cœur. Il vient purifier notre esprit, et actualiser le dharmakaya (la dimension ultime de notre esprit).
Puis le Bouddha se fond en une lumière blanche qui se fond en nous, comme de l’eau qui se fond dans de l’eau.
On demeure alors dans cette bénédiction du Bouddha.
Au cours de nos longues séances de méditation, on alternait donc des sessions de méditation basées sur le souffle, d’abord, au niveau des narines, puis sur le Bouddha, puis respiration/inspiration jusqu’au cœur, puis sur le Bouddha, puis respiration/inspir jusqu’au nombril et expir.
A chaque fois, je pense que les sessions devaient durer de 10 à 15 minutes.
Et une séance ne durait pas plus de 45minutes.
On rattaquait ensuite après une pause.
On nous a dit que c’était important de ne pas non plus forcer l’esprit, et d’être confortable au niveau de la posture, ne pas hésiter à changer de position si cela devient trop inconfortable. Ce n’est pas censé devenir des séances de torture, car l’esprit est alors tout sauf détendu.
Entre chaque petite session, on faisait aussi un tout petit break pour se détendre, détendre le corps, les jambes… si besoin, avant de recommencer.
Tout ce que j’ai dit ici, est ce dont de mémoire je me rappelle de ce que les lamas qui nous guidaient nous ont expliqué. Ils ont répété tant de fois que cela s’est bien imprimé.
Mais les bêtises que j’ai pu dire sont de moi.
Amicalement

