de Trinlé Lhamo » Dim 12 Oct 2008 23:24
Bonsoir,
J'ai eu lu une petite variante dans l'approche de cette pratique, dans le livre de Pema Chödron, Sur le chemin de la transformation, qui parle justement de Tonglen.
En complément de tout ce que tu as dit, je mets le passage où elle l'explique.
Ici, on parle plus du tonglen en tant que pratique de méditation assise.
Il est aussi possible de pratiquer tonglen en situation "concrète", dasn une occasion par exemple où certaines choses nous éprouvent, pour essayer de retrouver un peu plus d'espace, ou auprès de gens qui souffrent (il m'est a rrivé de l'utiliser en m'occupant des gens que je soignais) pour essayer de dégager plus de sérénité par exemple, au lieu de toutes les émotions perturbées qui peuvent alors nous venir. Cela aide beaucoup.
Pema Chödron décrit 4 étapes dans la pratique de tonglen assise:
- La première étape comme pour toute pratique, "consiste à faire surgir un sentiment d'ouverture"., faire naître la bochitta, ou esprit d'éveil en soi.
- La deuxième étape, "c'est l'étape où l'on synchronise l'inspiration avec les caractéristqiues propres à la claustrophobie et au sentiment d'être coincé, et l'espriration avec celles de la fraîcheur et de l'espace.
Les yeux peuvent être clos ou ouverts. Quand on inspire, on ressent les textures de ce qui ets chaud, ,oir, lourd, épais, et étriqué; au moment d'expirer on sent les textures de ce qui ets léger, frais, paisible et rafraichissant. C processus a trait aux textures, aux sentiments et aux humeurs. Il n'a rien de conceptuel. Travailler avec les textures aide à rentrer en relation avec les caractéristique sde la claustrophobie et de l'espace que l'on ressent. Une fois qu'on entre en rapport avec les sentiments, on peut abandonner les mots et concepts que sont le "sombre", et le "léger" ou le "chaud" et le "frais".
A ce stade, on peut manipuler son souffle quelque peu si on trouve ça utile. On peut inspirer et expirer profondément. Cela diffère des instructions de shamata-vipashyana, où on se contente d'observer son souffle ordinaire, qu'il soit rapide ou lent, superficiel ou non, sans jamais essayer de le maîtriser. Pour le tonglen toutefois, il est permis de réguler le souffle quelque peu. L'important est d'inspirer la claustrophobie pleinement, à fond, et de redonner de la fraîcheur et de l'espace tout aussi pleinement.
Dans le tonglen, l'inspiration et l'expiration sont interdépendantes. Plus on arrive à inspirer et à ouvrir le coeur quand d'habitude on aurait tendance à le refermer, plus on pourra donner à autrui. Plus on peut entrer en relationavec le sentiment d'espace, de bienveillance, d'amour et de bonne humeur, plus on aura de froce pour accepter ce qui est désagréable.
Il est bon de passer autant de temps avec l'inspiration et l'expiration. On a généralement tendance à insister sur l'une ou l'autre. D'une part - et c'est bien étarnge -, on peut se sentir à l'aise avec la claustrophobie, la lourdeur et les entiments pénibles, et donc les recevoir avec force. Mais il etsa ussi possible qu'on se sente misérabiliste, sans rien à donner et qu'on laisse sortir un osuffle minuscule. D'autre part, on pourrait craindre de laisser entrer trop de douleur, trop de pollution, inspirer très vite -pfft-, et faire en sorte que l'expiration soit très longue, pleine de fraîcheur et de joie.
Selon la tradition [kagyupa], il est recommandé d'inspirer et d'expirer les textures par chauqe pore de la peau, à 360 degrés dans toutes le sdirections,, de même qu'en-dessus et en-dessous. Cette méthode met l'accent sur une respiration qui s'étend à tout l'espace. Elle aide à aller au-delà de l'impression qu'on a de concentrer tout le "mauvais" dans une petite partie du corps. Quand on inspire, il se pourrait qu'on craigne de faire entrer quelque chose de douloureux ou de nuisible dans son organisme. Cela peut mener à une rigiduité et une lourdeur dans la région du coeur. Disposer d'un nombre infini de trous par lesquels respirer aide à sentir que le "mauvais" ne peut rester pris dans un endroit particulier. Puis, aevc l'expiration, la méthode procure l'impression qu'on envoie tout le "bon" avec beaucoup d'espace et de générosité dnas toutes les directions.
Pour composer avec le sentiment d'être bouleversé, on peut, par exemple ouvrir son coeur autant qu'il ets nécessaire pour qu'il puisse accueillir tout ce qui se présente. On peut aussi imaginer que son corps est vide, plein d'espace, comme un ballon, et non fait dev chair et d'os bien solides. On peut aussi penser que son corps est un hologramme entièrement transparent, fait de lumière. L'essentiel est d'employer une image - un copeur qui s'étend à l'infini, un corps vide, ou un hologramme -, de créer un climat de confiance permettant de croire que rien ne va rester coincé.
On reste à la deuxième étape jusqu'à ce qu'on snete que le souffle et la visualisation des textures sont bien synchrones. Mais il ne faut pas s'y arrêter trop longtemps. L'étape trois est réellement la partie principale de la pratique. En règle générale, on ne consacre pas plus du tiers de la sénace - et c'est déjà beaucoup- à la deuxième étape.
Si on s'embourbe à la troisième étape, on peut toujours revenir à la deuxième et travailler sur les textures, au besoin, pendant une minute.
Il y a de sgens qui ont du mal à entrer en relation avec la deuxième étape parce qu'elle leur semble trop abstraite. Si c'est votre cas, une fois que vous connaîtrez bien la pratique, vous pourrez réduire le temps que vous consacrez à cette étape.
- La troisième étape:
Il s'agit à ce stade de se pencher sur une situation précise, très personnelle et concrète, et de s'en servir pour cultiver plus de compassion. En mettant à profit le souvenir d'une situation qui fait déjà éprouver de la compassion, on apprend à ouvrir son coeur davantage. On peut songer à qualqu'un, à un animal, ou à un groupe, qui figure sur sa liste, ou à quelqu'un qui vient à l'esprit sur-le-champ. Si c'est plus facile, on peut visualiser son visage clairement devant soi, ou se contenter de penser qu'il ets vraiment présent. On pourrait même s'imaginer s'adresser à lui en le nommant et lui dire quelque chose qui exprime qu'on se soucie de lui, comme "je te souhaite beaucup de bonheur" ou "je t'aime".
Une fois l'étape amorcée, il se peut qu'on se mette à penser à d'autre spersonnes, l'une après l'autre. Aucun problème. On peut faire l'échange pour chacune d'elles, au fur et à mesure.
Au moment d'inspirer, on reçoit la souffrance dont cette personne fait l'expérience. Avec le souffle qui sort, on lui envoie tout ce qui, selon nous, pourrait lui faire du bien. POur se faciliter la tâche, on peut imaginer un sourire ou tout autre signe de soulagement sur son visage, à mesure qu'on inspire la souffrance et qu'on expire le soulagement.
Tout comme pour la deuxième étape, si 'lon veut, on peut manipuler un tant soit peu le souffle: inspirer et expirer lentement et profondément. Là encore, il importe de passer autant de temps avec l'inspiration qu'avec l'expiration. Il y a des gens pour qui il n'est pas facile de visualiser l'échange du donner et du recevoir sur une même respiration. Por résoudre ce problème, il est probable qu'il suffise de faire beaucoup de tonglen-sur-le-champ. Mais au besoin, on peut inspirer plusieurs fois pour recevoir le sentiment de souffrance et expirer tout autant de fois pour redonner du soulagement et du bonheur.
On peut envoyer quelque chose de très général, un sentiment d'ouverture et d'espace, ou de plus précis, comme de l'amour, le pardon, l'humour ou la joie. On peut aussi transmettre quelque chose de très concret: un délicieux repas, un bain apaisant, un magnifique couche rde soliel, une bonne tasse de café ou une chaleureuse étreinte. Tout ce qui peut rendre l'autre heureux. Mais ce n'est pas le moment de se complaire dans l'analyse. Si l'on essaie de découvrir exacetment ce qui soulagerait la personne de son mal et la rendrait heureuse à l'instant, la pratique risque de de devenir un jour un exercice de conceptualisation. Dnas ce cas, la prmeière pensée est probablement la meilleure.
Si le tonglen est fait pour une personne gravement malade, quelqu'un qui souffre d'un cancer ou du sida, par exemple, il importe de bien saisir que la pratique ne vise pas à faire disparaître la maladie du corps du malade. Il s'agit de souhaiter le soulager de la souffrance émotionnelle qu'engendre sa maladie: la peur, la colère, le ressentiment, la honte, le désespoir. Au fond, on souhaite lui offrir assez d'espace pour qu'il se détende et entre en rapport avec son coeur -sa sagesse, son humour, et se joie- si bien que grâce à un changement d'attitude, il puisse laisser tomber son fardeau.
On n'a pas besoin d'amorcer l'échange en pensant à quelqu'un d'autre. On peut commencer avec ce qu'on ressent dans l'instant. En fait, c'ets ainsi que Trungpa Rinpoche a présenté la pratique pour la prmeière fois à ses élèves. Il leur a dit d'utiliser toute difficulté qui se présente imméditament dans leur vie, comme objket du tonglen. Il n'est pas nécessaire que ce soit un traumatisme grave; une simple irritation peut faire l'affaire. En réalité, il ets utile de commencer par des peitits trucs, parce qu'on ne risque pas d'en être bouleversé, et ensuite la capacité de faire face à de schoses plus dures croîtra naturellement.
Trungpa Rinpoche avait l'habitude de dire qu'il faut se servir de tout ce qu'on ressent à l'instant comme d'un tremplin pour saisir que d'autres sont logés à la même enseigne. Au moment d'inspirer, lorsqu'on reconnaît et qu'on accepte pleinement ce qu'on ressent, le malaise n'est plus ource d'isolement, de repli sur soi, ni besoin de se protéger. au contraire, il devient un lien avec tous ceux et celles qui ne sont pas à l'aise non plus.
Par exemple, quand on ressent de la rancoeur, on peut se rappeler l'image de la personne ou le souvenir d'une situation qui ranime vraiment la rancune. On inspire et on entre en relation totale avec la rancoeur, puis on renvoie avec l'expiration un sentiment de soulagement et d'immensité tant à soi-même qu'à tous ceux et celles qui éprouvent de la rancoeur.
Quand on commence à travailler sur une question personnelle, il est très important de se rappeler qu'on ne pratique pas seulement pour soi. ne fait, on se sert de ce qu'on ressent dnas l'instant comme pierre de gué pour comprendre autrui, sympathiser avec ses semblables et éprouver de la compassion à leur endroit. Dans un sens donc, on expire et on inspire à la fois pour soi-même et pour autrui.
Fort de cette compréhension, on ne s'apitoie pas sur son sort, comme dit le slogan. En d'autres mots, on ne ressasse pas à l'extrême ses propores entiments. On le sreconnaît comme siens, mais on voit aussi qu'on les partage avec ses frères et soeurs sur la planète. Cette simple constation est à elle seule assez libératrice. Elle peut apporter un vrai soulagement personnel. Du même coup, on connaît très bien les obstacles que ses emblables doivent franchir, et c'ets à ce moment-là que le coeur s'ouvre. C'ets aisni qu'on peut s'approprier à fond ces sentiments comme étant son expérience, sans les dénier ni les refouler. En même temps, en un sens, on les désavoue en tant que possessions personnelles uniques.
Au fil des années, ma manière d'enseigner la troisième étape a évolué. au début, j'avais l'habitude de dire aux gens de pratiquer le tonglen en téant leur propre point de repère. Les étudiants me répétaient souvent à quel point cette pratique leur faisait du bien. Et quand je posais la question "et les autres, qu'est-ce que tu en fais?", on me répondait: "ah, j'ai oublié de penser aux autres." C'ets alors que je me suis mise à suivre la méthode plus traditionnelle, qui consiste à ne faire le tonglen que pour autrui. Le sétudiants se sont alors mis à me dire qu'ils étaient entrés dans des eaux dangereuse sparce que la rpatique leur faisait éprouver bien des craintes et de la résistance. Et qaund je leur demandais s'ils mettaient autrui et eux-mêmes dnas la même galère, ils répondaient, sous le choc: "Ah! J'ignorais que je pouvais le faire pour moui aussi!" Cela semblait être les deux principaux extrêmes : faire la rpatique pour soi-même uniquement ou la faire pour autrui, jusqu'au moment où on la laisse tomber complètement.
A l'heure actuelle, j'ai adopté la voie du milieu, je leur recommande de commencer à faire tonglen pour autrui
[...]Mais voilà un point clé sur lequel j'insiste désormais : quand on commence à avoir du mal à faire la pratique, on peut toujours changer l'objectif et faire porter le tonglen sur l'obstacle qu'on vit, tout en reconnaissant du même coup que d'autres êtres doivent se heurter au même type d'obstacle.
[...]
Il ne sert à rien à ce satde de se dire que son tonglen est nul. Au contraire, on vient de résusir à entrer en contact avec une question sensible sur laquelle on peut travailleR. C'ets le moment de changer l'objet de son attention. On inspire et on prend acte totalement de tout ce qui semble faire obstacle: la peur, la tristesse, l'irritation, ou le sentiment d'échec. On en sent la lourdeur et la tendance à se refermer là-dessus, puis on ouvre son coeur à ses propres sentiments refoulés.
Au moment d'inspirer, on abandonne et les mots et le scénario. Au départ, le scénario met en rapport avec l'énergie vive de l'émotion, qui est palpable dans le corps et n'a rien à voir avec des mots. Alors, on laisse tomber sa rengaine pour aller directement à l'énergie par le travail avec l'expiration et l'inspiration.
Bref, quand le coeur se referme, on reconnaît à fond ce qu'on ressent, comme base pour cultiver la compassion. Puis on prend acte du fait que bien d'autres êtres dans le monde ressentent exactementla même chose que soi, ce qui permet de sympathiser avec eux. Enfin, on redonne à soi-même et aux autres tout ce qui peut aider.
- La quatrième étape:
C'est le moment d'universaliser la pratique. On commence par un sentiment de compassion qui n'a rien de théorique; il ets tout à fait réel, précis, immédiat et il vient du coeur. Puis, on l'élargit aux autres, aussi loin que possible. A l'étape troie, on commence par faire le tonglen pour atténuer la douleur de quelqu'un qu'on connaît, ou sa propre affliction personnelle. Mais à l'étape quatre, on reconnaît quecette douleur est une expérience commune à bien des êtres, sinon à tous les habitants de cette planète, et on ets sensible à cette réalité. C'est ainsi que ce qui est au départ très relatif, personnel et immédiat devient un moyen de créer des liens avec tous les êtres.
[...] La quatrième étape peut presque se dérouler en même temps que la troisième. Au moment d'inspirer, en formulant le souhait d'aider quelqu'un en particulier, on pourrait aussi penser qu'on inspire pour tous les êtres qui sont dans la même situation. Puis on renvoie un sentiment de soulagement à une personne en particulier et à toutes les autres.
Il est conseillé de faire une courte méditation avant tonglen, et d'en faire une un plus longue après (au moins 15 minutes, d'après Pema chödron).
Sinon, on m' a expliqué une "variante particulière" de tonglen, par-rapport à ce que j'avais demandé sur que faire pour accompagner la personne en fin de vie, en tant que soignante.
En allant parler de ce que j'avais pu vivre en maison de retraite, par-rapport aux fins de vie assez nombreuses qu'il y avait eu à cette période, et de ce que j'aurais pu faire, précisément hormis tonglen que j'ai justement essayé de pratiquer: Lama Trinlé, qui nous enseignait la pratique de Sangye Menla, m'a conseillé dans de telles situations, étant donné que cela remue pas mal, d'associer tonglen et Sangye Menla. C'est-à-dire faire tonglen, oui, mais imaginer qu'on a le "soutien" de Sangye Menla, en se visualisant sous sa forme, tout en faisant tonglen. Il m'a expliqué que cela aurait eu pu m'aider un peu plus (il est médecin, et lama laïc), me "protéger" un peu.
Amicalement.
Paix, Amour, Joie, et Bonheur pour tous les êtres !
«Chaque pas qui est fait sur la Terre devrait être comme une prière.» Héhaka Sapa
« Celui qui veut connaître le Divin doit sentir le vent sur son visage et le soleil sur sa main. » Bouddha