Seunam Gyamtso a écrit:Avec un "père spirituel" tel que Dorje Tchang Bokar Rimpoché, je n'ai pas de doute sur lui, mais il est encore jeune et commence juste à enseigner
Amitiés.
Bonjour,
J'ai un peu de mal avec cette habitude d'élongation post-mortem des patronymes des grands maîtres... Même si dans le cadre d'une méditation de type "gourou yoga" Kagyu, le maître direct est associé à Dordjé Tchang, ce n'est pas pour autant que la personne physique porte le nom de Dordjé Tchang. De leur vivant, les maîtres Bokar, Kalou et autres ne voyaient pas leurs noms s'allonger de la sorte, parfois y rajoutait-on les qualificatifs d'usage dans la tradition tibétaine, comme "tcheu-djé/seigneur du dharma", ou "kyab-djé/seigneur du refuge", pas plus.
Sinon, au sujet de ce que nous écrit Isabelle, on sait maintenant que de son vivant Bokar Rinpoché a eu toute la peine du monde à transmettre ne serait-ce qu'un peu de savoir bouddhique et d'instructions fondamentales au jeune Kalou, sa famille ne désirant pas vraiment le voir résider trop longtemps à Mirik et l'emmenant la plupart du temps au Bouthan, hors tout cadre monastique. Et quand finalement ils ont pu le mettre en retraite en lui faisant bénéficier d'un régime de faveur (non pas une cellule traditionnelle, mais un logement plus vaste avec un serviteur), ça ne s'est pas pour autant très bien passé: on m'a rapporté que la semaine dernière, alors qu'il se trouvait à Karma Ling, le jeune Kalou avait raconté naïvement, devant un auditoire assez médusé, comment il avait passé beaucoup de la première année à dormir...
Quand on sait que leur maître de retraite, spécialement convié du Tibet pour l'occasion, a en fait quitté les lieux à la mi-retraite pour retourner dans son pays tant ça se passait mal, on comprend que tes amis soient maintenant un peu "dubitatifs" sur la personne.
A mon avis, le coté "romantique" entretenu en Occident vis à vis des tulkous va rapidement s'estomper au fil de nos rencontres avec cette seconde génération venant à la suite des maîtres anciens que nous avons connus. On devrait alors comprendre que le "tulkou", s'il veut devenir à son tour un "passeur", doit nécessairement être soumis à un régime d'éducation et de méditation très strict, depuis sa prime enfance et comme cela a toujours été fait au Tibet, sinon il n'est ni plus ni moins qu'une personne ordinaire.
Tcheupel