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Seunam Gyamtso Membre d'honneur

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Inscription : 09 Jan 2006 Messages : 2750 Localisation : Coulommiers 77
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Posté le : 13 Mai 2007 18:48 |
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Les quatre manières de changer l'esprit ou les quatre préliminaires ordinaires
Ringou Tulkou Rinpotché
Traduction d'un enseignement donné par Ringou Tulkou Rinpotché
Le texte original - en anglais - peut être trouvé sur le site de Bodhicharya
INTRODUCTION
"La pratique du Dharma" signifie travailler avec notre esprit, traiter avec notre esprit, transformer notre esprit. Pourquoi avons-nous besoin de transformer notre esprit ? Parce que lorsque notre esprit n'est pas clair, tout devient déformé. Nous n'avons pas une claire compréhension de nous-mêmes ou de nos motivations, et ainsi, les problèmes, les confusions et le insatisfactions surgissent. Si nous pouvions voir notre chemin clairement et devenir plus conscients de la manière dont les choses sont réellement, cela nous aiderait à être un peu plus clair vis-à-vis de nous-mêmes, de ce que nous sommes et pourquoi nous sommes ainsi.
Il y a une grande différence entre comprendre quelque chose, et, en définitive, la mettre en pratique. Un étudiant en géographie qui a étudié la ville de Lhassa décrira un Lhassa différent de celui de la personne qui y vit. De la même manière, si nous parvenons à une conclusion par l'analyse logique, rationnelle, cette conclusion sera probablement différente de celle à laquelle nous serions parvenu à travers notre expérience. Lorsque nous parlons de contemplation, compréhension, etc., nous pouvons penser que le Dharma n'est qu'une philosophie. Mais ce n'est pas la finalité, ceci n'est pas la véritable compréhension. La véritable compréhension du Dharma est l'expérience.
Un véritable changement en nous-mêmes n'aura pas lieu à travers une approche intellectuelle. Nous devons trouver la compréhension à un niveau intellectuel, et ensuite l'emmener profondément en nous-mêmes pour qu'elle devienne une expérience réelle. Nous devons appréhender la signification de ces quatre préliminaires, et par la méditation et la contemplation, absorber cette compréhension jusqu'à ce qu'elle devienne une partie de notre système. Lorsque cela se passe, alors notre regard extérieur fondamental, notre manière primordiale de voir les choses, change. Bientôt, tout le reste suit. Toutes les autres choses, nos croyances, nos manières de réagir changent également parce qu'elles dépendent de ce regard extérieur.
Jusqu'à ce que nous changions notre manière fondamentale de voir les choses, rien d'autre ne changera. Nous pouvons disposer de quelques informations sur la manière dont les choses sont réellement, mais si nous n'utilisons pas cette information, nous continuerons à réagir exactement de la même manière. Ce n'est que si cela devient notre expérience, que nous serons transformés. La seule manière de les absorber au sein de notre expérience et d'y penser encore et encore, pour nous familiariser ave eux aussi totalement qu'ils deviennent une partie de nous-mêmes. Il n'y a pas d'autre manière.
Vers 1042 ap. J.C. Atisha Dipankara (982-1084 ap. J.C. ), un érudit indien et un pratiquant bouddhiste dévot se laissa convaincre de traverser les Himalayas pour rétablir la pratique du Dharma au Tibet. Le bouddhisme avait été introduit au Tibet au VIIIè siècle ap. J.C., mais il s'était effondré, et les disciples n'intégraient plus les enseignements dans leurs vies de tous les jours. Une réforme était nécessaire, et Atisha établit la pratique des "Quatre préliminaires" ou la pratique "Ngondro". On trouva que ceci était si claire et tellement efficace, que cela fut suivi par les quatre écoles du bouddhisme tibétain, jusqu'à nos jours. Ils sont encore et toujours conseillés à chaque adepte du bouddhisme tibétain, quels que soient leur pays et leur nationalité. Les "Quatre préliminaires" ou les "Quatre bases ordinaires" que j'enseigne ici sont une introduction à la pratique Ngondro d'Atisha Dipankara.
1. La PRECIEUSE EXISTENCE HUMAINE
"Le premier élément de méditation concerne la précieuse existence humaine, dotée de chaque liberté et de chaque chose. Elle est difficile à obtenir et peut être facilement détruite, ainsi, "maintenant" est le moment de la rendre pleine de sens."
Les quatre citations fondamentales ont été traduites sous l'aimable et éclairante guidance de Khenchen Thrangu rinpoché par Katia Holmes, 1980.
On dit que le royaume humain, le corps humain, est la conditions parfaite pour pratiquer le Dharma. Dans ce corps humain, nous savons de choses à propos du malheur, mais nous avons quelques loisirs. Nous ne somme pas entièrement contrôlés par nos propres états, nous avons le libre arbitre - une volonté libre - et nous sommes capables d'effectuer des choix. En même temps, nous voyons les problèmes des autres, leurs ennuis, et leur malheur; la compassion et la motivation à aider se développent en nous.
Certaines personnes s'imaginent qu'une naissance en tant qu'être humain (par opposition à l'animal, le poisson ou l'insecte) n'est précieuse que si l'on obtient également des conditions favorables. Mais toute vie humaine est précieuse. Malheureusement,, nous n'y accordons pas toujours la valeur qu'elle mérite ou nous n'apprécions pas la chance que nous avons. Lorsque nous ne nous rendons pas compte de la vraie valeur de quelque chose, nous ne l'apprécions pas de manière correcte, ou nous ne l'utilisons pas correctement. Si vous possédez un verre de cristal, mais que vousne savez pas que c'est du cristal, vous pourriez le traiter comme un vieux gobelet. Si vous savez que c'est du cristal, et que ce verre est précieux pour cette raison, alors vous le traiterez avec précaution, et même si vous ne l'utilisez que pour boire de l'eau, vous apprécierez sa beauté, et vous vous sentirez fier et heureux lorsque vous l'utilisez. Vous pouvez ne boire que de l'eau, mais c'est dans un verre en cristal !
Lorsque vous réalisez que votre vie est importante, valable, précieuse, difficile à obtenir et facile à perdre, vous ne la gaspillerez pas. Vous l'apprécierez plus, et vous l'utiliserez à de meilleurs buts. Vous ne la gâcherez pas en vous rendant inutilement misérable ou en vous souciant trop à propos de petites choses. Si quelque chose va de travers, alors, soit, cela va de travers, mais vous avez toujours votre vie qui est très précieuse. Si vous comprenez ceci profondément, alors, même si vous n'avez rien d'autre, absolument rien que votre vie, vous avez encore toujours votre possession la plus importante.
Comme vous le savez, on considère que les êtres humains sont l'espèce la plus intelligente sur terre - et peut-être le sommes-nous. Nos pouvons utiliser cet intellect, nous pouvons utiliser ce pouvoir en bien ou en mal : nous pouvons l'utiliser pour nous détruire nous-mêmes et l'univers entier, ou nous pouvons l'utiliser au bénéfice de nous-mêmes et des autres. Mais quelle que soit la manière dont nous l'utilisons, nous possédons ce grand pouvoir et cette grande opportunité.
Comprendre en profondeur la valeur de notre vie humaine signifie comprendre la grande opportunité que nous avons d'être bénéfiques à tellement de gens - y compris nous-même. Si nous le voulons vraiment, et si nous essayons, nous pouvons même éliminer tous nos problèmes. Si nous pouvons développer cette compréhension, cette conviction, quoique nous fassions, en sera affecté et influencé.
De plus, ceci ne changera pas seulement la manière dont nous nous regardons nous-mêmes, mais aussi la manière dont nous regardons les autres. Lorsque nous nous apprécions, lorsque nous accordons de la valeur à notre vie, alors nous accordons également de la valeur aux autres. "Je m'apprécie, et si je suis ainsi, je ne gâcherai pas ma vie, de la même manière, je respecterai aussi la valeur de tous les autres êtres humains". Si nous voyons vraiment les choses ainsi, nous pourrions tous devenir d'agréables êtres humains non ? Si nous comprenons d'abord ceci, alors pensez et repensez-y, méditez dessus, souvenez-vous en, et en faisons une partie de nous-mêmes, nous pouvons en définitive nous transformer et devenir de meilleures gens.
La vie humaine est précieuse, difficile à obtenir, et très facile à perdre. Lorsque vous comprenez cela profondément, lorsque vous appréciez vraiment la valeur de votre vie, vous ressentez une grande inspiration, un besoin puissant de vivre votre vie à dessein, pour vous-même et pour les autres. Lorsque vous avez réellement cette compréhension, cette atitude, cela signifie que vous avez accompli le premier préliminaire.
2. La MORT et l'IMPERMANENCE
"Deuxièmement, l'univers, et tout ce qui y vit est impermanent - en particulier la vie des êtres qui est comme des bulles d'eau. Le moment de la mort est incertain, et lorsque vous mourrez, vous deviendrez un cadavre. Le Dharma vous aidera à ce moment, pour cette raison, pratiquez-le avec assiduité maintenant."
Ce n'est pas vraiment dire "vous", c'est dire "je". Ces philosophies ne sont pas abstraites : elles s'appliquent à chacun de nous, ici, et donc, maintenant, à vous, le lecteur de ce site web. Lorsque "je" meurs, je deviendrai un cadavre. Le Dharma m'aidera à ce moment, pour cela je dois pratiquer avec assiduité.
Je ne vais pas expliquer la signification de "l'impermanence" et de "la mort", mais traiter de la manière dont nous en faisons l'expérience. Chacun de nous, nous savons que rien n'est vraiment permanent. Tout le monde meurt, tout change - nous pouvons en voir l'évidence partout. Ce n'est pas un secret. Ce n'est pas difficile à comprendre. Toutefois, lorsque quelque chose nous arrive, comme par exemple si votre voiture se casse, ou que ma montre cesse de fonctionner, alors nous sommes vraiment bouleversés. Je sais que cette montre s'arrêtera un jour, mais quand elle le fait finalement, je serai troublé. De la même manière, vous pouvez être très perturbé par la mort de quelqu'un qui vous est proche - même si vous savez que personne ne vit éternellement.
Le Bouddha a dit que tout ce qui est composé est impermanent. Tout ce qui a été assemblé sera dispersé, arrivera à une fin. Tout ce qui a été construit s'effondrera. Chaque fois que nous rencontrerons quelqu'un, nous aurons aussi à partager. Quiconque est né mourra. Tout change. Il n'existe pas de substance composée qui ne change pas, et tout est une substance composée. Ceci est la compréhension de l'impermanence.
Comment méditer sur l'impermanence ? Il y a de nombreuses manières ou méthodes différentes. D'abord, contemplez l'impermanence du monde extérieur, et ensuite contemplez l'impermanence des êtres qui y vivent.
Pensez au monde, comment il a changé depuis le début du temps, comment il a été formé et comment il se désintègrera à la fin. Cette grande terre que nous habitons, le soleil et la lune que nous connaissons si bien, il viendra un temps où eux aussi se désintègreront et disparaitront. Même dans cet univers, les systèmes solaires, les planètes et les étoiles : tous sont en mouvement, changent, grandissent et rétrécissent.
Il n'y a pas que ces grands changements, mais il y a aussi de petits changements, comme celui des saisons, le passage du jour à la nuit, du beau temps à la pluie. Il n'y a pas de pause dans le temps, chaque moment apporte le changement. Essayez de penser à ces choses et de comprendre que ceci est comment il faut méditer sur l'impermanence du monde extérieur.
Pensez à présent aux êtres sur cette terre, ils sont aussi impermanents. Nous pouvons regarder autour de nous et voir les autres êtres changer, nous pouvons les voir vieillir, nous pouvons les voir mourir. Nous pouvons également penser à notre propre mort, à notre propre impermanence. De ces deux manières, nous augmentons notre compréhension, et nous devenons plus conscients de la nature de l'impermanence.
Parmi ces deux possibilités, la mort est l'exemple le plus important de la manière dont l'impermanence se montre. La contemplation de la mort est une manière de réaliser l'impermanence dans sa forme la plus complète. Il faut comprendre que tout le monde, chaque personne individuelle, y compris vous-même, le lecteur de cette page web, mourra inévitablement un jour. Nous ne savons pas quand nous mourrons, mais il n'existe rien dans ce monde qui puisse nous empêcher de mourir.
Pourquoi sommes-nous tellement certains que nous allons mourir ? Eh bien, avez-vous vu quelqu'un qui vit maintenant qui vivra toujours et ne mourra jamais ? Si j'expire et qu'ensuite je n'inspire plus, je suis mort ! Vous êtes capable de lire ceci maintenant, simplement parce que bien que vous ayez dormi la nuit passée, vous n'avez pas cessé de respirer !La vie est tellement peu sûre ! La vie est si instable que si nous expirons et n'inspirons pas ensuite, nous mourons !
Notre vie est comme un mare, vers laquelle ne coule pas d'eau, l'eau ne fait que s'en écouler. Même lorsqu'une seule goutte s'en écoule, l'eau de la mare diminue. Chaque moment que nous vivons nous rapproche de la fin, de lamort, de la désintégration. C'est folie de l'ignorer. Ceci est la vérité et nous devons y faire face.
La mort est certaine, mais le moment où elle survient ne l'est pas; nous pourrions mourir à tout moment. Etre jeune n'est pas une garantie contre la mort, être en bonne santé n'est pas non plus une garantie contre la mort. Notre prospérité ne peut l'arrêter, ni notre position, ni nos amis, pas plus qu'aucun de nos pouvoirs physiques ou mentaux, et il n'y a absolument aucune certitude quand la mort viendra. Nous devons considérer qu'un jour nous mourrons et essayer de nous accommoder de ce fait.
Trop souvent, les gens pensent que l'idée de la mort est malheureuse et déprimante, et qu'il est malheureux d'y penser ou d'en parler. Bien que ous sachions que nous allons mourir un jour, lorsque nous voyons d'autres gens mourir, cela nous fait peur et nous met mal à l'aise. Si toutefois nous en considérons ce phénomène plus profondément, une perception et une acceptation de la mort ne nous rendra pas malheureux ou dépressif. C'est le contraire ! Si nous le comprenions, nous serions plus heureux, parce que nous ne ressentirions pas de crainte.
Si nous acceptions vraiment que nous ne sommes réunis que pour une période brève et que nous partirons bientôt, je pense que nous ne gaspillerions pas tant de temps à comploter et à comploter. Si nous tenions pour certain que nous allons mourir, disons, lundi prochain, alors tous les petits problèmes d'aujourd'hui deviendraient insignifiants et nous apprécierions réellement le fait d'être en vie. Ce n'est que si nous considérons réellement la mort, que nous pouvons apprécier la vie. Et si nous pouvons réellement acquérir une profonde compréhension de l'impermanence, alors je pense que nous pourrions plus apprécier la vie et nous en réjouir au lieu d'être piégé dans ses petites tracasseries.
L'impermanence ne signifie pas que tout arrive à un point d'arrêt, elle signifie que tout change. A cause de l'impermanence, à cause de l'interdépendance, il y a changement, croissance et déclin. Pour cela, ce que nous sommes maintenant ne va pas durer; nous changeons tout le temps. Ce que nous expérimentons maintenant, le difficile et le douloureux, aussi bien que ce qui est confortable et réjouissant, changera également.
Cela signifie aussi que si rien n'est permanent, ou vraiment stable, nous-mêmes sommes capables d'amener un changement. Nous pouvons améliorer ou aggraver les choses. Si nous nous changeons pour un mieux, cela affectera positivement tout un chacun autour de nous. Ainsi, si nous voulons améliorer notre esprit et notre attitude envers la vie, nous devrions commencer à le faire maintenant parce que nous pourrions pas avoir une telle opportunité à nouveau. Nous ne devons pas être lâches ou complaisants et penser "J'ai un précieux corps humain, ouais !". Ce n'est pas suffisant. Cela aussi changera, et quoi ensuité ?
La méditation sur l'impermanence est un "motivateur", une compréhension qui vous donne une puissante motivation à pratiquer le Dharma. Tout va changer et un jour je mourrai. Lorsque je mourrai, la seule chose que "je" puisse emporter, est mon esprit - mes actions et réactions, mon conditionnement. Pour cela, la seule manière dont je puis m'aider moi-même est de changer la manière dont l'esprit réagit. Seule le Dharma peut m'aider à faire ceci, aussi, je vais pratiquer le Dharma.
3. Le KARMA
"Troisièmement, après votre décès, vous aurez à expérimenter votre propre karma, sans que vous n'ayez aucune manière de contrôler ce qui se passe. Ainsi, abandonnez les actes nuisibles - tout votre temps devrait être consacré à la pratique de la vertu. En réfléchissant à ceci, évaluez votre vie quotidiennement."
Karma signifie "actions et réactions", "causes et effets". Le karma n'est pas quelque chose en quoi vous croyez, mais quelque chose que vous comprenez. Que vous y croyiez ou non, le karma continuera à avoir lieu, si vous pouvez en acquérir la compréhension, cela vous aidera à vous améliorer.
Tout ce qui se passe est la continuation de quelque chose qui a eu lieu auparavant. Une combinaison d'éléments particuliers donnera lieu à une situation particulière. Une autre combinaison donnera une autre situation. C'est comme la chimie. Si vous combinez de l'hydrogène et de l'oxygène, vous obtenez de l'eau. Ceci ne s'applique pas seulement à ce que nous pouvons voir, mais à toutes nos actions. Nous sommes nous-mêmes entièrement responsables de ce qui nous arrivera dans le futur et de ce que nous sommes maintenant. Ce que nous sommes maintenant et ce que nous faisons à présent est le résultat de nos actions passées. La manière dont nous agissons à présent affecte notre futur, pour cette raison, à moins que nous ne fassions des changements importants, ce que nous serons dans l'avenir sera fort semblable à ce que nous sommes maintenant.
La "loi" du karma ne fonctionne pas comme les lois faites par les hommes. Personne ne note nos actions dans un carnet pour décider de la récompense ou du châtiment. "Il/elle a fait ceci, et pour cela, il/elle mérite d'être traité ainsi". Cela ne fonctionne pas ainsi. Il n'y a personne qui agit comme un juge "Faites ceci" ou "Vous ne devez pas faire cela ! ". Trop de gens ont cette compréhension de la religion et y réagissent très négativement. Si vous voyez les choses de cette manière, vous en aurez du ressentiment, et vous ferez probablement le contraire ! D'autre part, si vous comprenez le karma, vous suivrez le conseil pour votre propre intérêt, et pour cette raison, vous mênerez une vie plus heureuse.
Tout ce qui se passe, tout ce que nous faisons avec de forts sentiments, avec de fortes émotions, est incorporé dans le propre flux de notre esprit, dans notre manière de penser et de réagir, et cela renforce nos modèles émotionnels et de pensée. Cela devient une partie de notre personnalité, et pour cette raison, cela donne lieu au même résultat. Beaucoup de gens me disent : "J'ai ce problème à cause d'un grand choc que j'ai éprouvé au cours de mon enfance". Ceci est bien connu de nos jours n'est-ce pas ? Comment cela arrive-t-il ? C'est la même chose : ceci est la manière dont le karma fonctionne. Ce n'est pas que vous auriez fait quelque chose pendant votre enfance, quelque chose s'est passé, vous en avez eu l'expérience, et vous avez réagi. Quoique nous fassions, quelque forte réaction que nous ayons, cela devient une partie de notre être. Cela nous fait mûrir, et lorsque certaines circonstances s'assemblent, la réaction réapparait, parfois même de manière plus puissante. Lorsque cela se produit, parfois il n'y a pas grand' chose que nous puissions y faire parce que cela est devenu tellement fort.
Parfois, lorsque quelque chose de mauvais ou de désagréable nous arrive, nous devenons troublés et frustrés. "Comment ceci peut-il m'arriver ? Je ne mérite pas ceci !" Nous sommes fachés et pleins de ressentiment. Nous ne devrions pas l'être. Cela survient à cause de notre passé, de quelque chose que nous avons nous-même fait. Mais il n'est pas nécessaire de nous en blâmer non plus, parce qu'il peut remonter à des évènements particuliers qui nous sont arrivés il y a très longtemps. Si nous comprenions et acceptions la loi du karma, il serait plus aisé pour nous d'accepter ce à travers quoi nous passons.
Nous pouvons voir des exemples de la manière dont fonctionne le karma au cours de cette vie, et si nous le plaçons dans la perspective plus grande, plus longue, de nombreuses vies, nous comprendrons plus facilement comment il fonctionne. Bien sûr, la vie n'est pas toujours facile. Il y a du bon et du mauvais. Mais si nous pouvons accepter que ce qui est déplaisant et difficile, et aussi ce qui est plaisant et réjouissant, soit le résultat de notre propre karma, nous ne rechercherons pas quelque chose ou quelqu'un à blâmer, nous ne serons pas fachés ou affectés.
Il importe de comprendre que le karma changera inévitablement, parce que, lui aussi, n'est pas permanent ni indépendant. Tout ce qui se passe est seulement temporaire, ainsi, même si quelque chose de négatif, de réellement déplaisant doit se passer, nous devrions voir que, même si c'est douloureux, cela passera. Cela ne durera pas, c'est une chose temporaire avec laquelle nous devons travailler et que nous devons purifier pour nous assurer qu'elle ne se produira plus à nouveau. Le Karma est la cause et l'effet, et il peut aussi être modifié par nos propres efforts. Un "problème" est quelqie chose dans le flux de notre esprit, ainsi, lorsque nous avons un gros problème, nous ne devrions pas essayer de nous enfuir, mais nous devrions essayer de le résoudre avec un esprit plus calme, moins agité. Si nous pouvons faire cela, les choses ne nous sembleront plus aussi difficiles.
En bref, la "loi" du karma est que si nous faisons quelque chose de bien, avec une bonne intention, il y aura un résultat positif; si nous faisons quelque chose de mal, de nuisible, alors il y aura un résultat négatif. Ce n'est pas difficile à comprendre. Si je lui souris, il me soutient en retour. Si je lui tite la tête, il tirera la tête en retour. Si je jette une pierre en l'air, elle retombera lourdement, si je jette une fleur, elle retombera légèrement. Tout est ainsi. C'est là la principale compréhension du karma.
Supposons que ceci soit compris. Ce que nous essayons de faire à présent est d'amener cette compréhension au sein de notre propre expérience. Par exemple, si je développe une forte colère, et que j'entretiens cette haine et ce ressentiment pendant une longue période, quel en sera le résultat sur moi ? Que vais-je devenir ? Et si en lieu et place de la colère et de la haine, je développe l'amour, la gentillesse te la joie, et que j'entretienne ceux-ci pendant une longue période, que vais-je devenir ?
Ce que nous sommes maintenant continuera. Dans cette vie, nous avons l'enfance, la jeunesse, et la vieillesse. Parfois des gens critiquent leur jeunesse à cause de tous les problèmes et de tous les troubles, et ils pensent que lorsqu'ils prendront de l'âge, tout se calmera. Je pense que ceci est tout à fait faux. J'ai quarante-six ans et je n'ai pas tellement changé ! Ainsi si je n'ai pas changé au cours des quarante-six dernières années, je ne pense pas que je changerai beaucoup dans les quarante-six années à venir ! Si j'ai créé toutes sortes de craintes et d'anxiétés au cours de mes années précédentes, elles resteront avec moi et elles continueront à m'affecter non seulement dans cette vie, mais aussi dans les prochaines, en une longue chaîne. Ceci est la compréhension du karma.
Bien sûr, nous ne pouvons pas comprendre notre karma dans tous ses détails. C'est trop compliqué parce qu'il dépend de tellement de facteurs. Personne ne possède seulement du bon ou du mauvais karma, tout est mélangé, ce que nous appelons un repas "kedgeree" en Inde. Avez-vous jamais mangé du "kedgeree" ? C'est un mélange de tout, y compris les restes. Il se compose principalement de riz, auquel on ajoute de la viande, des légumes - tout ce que vous avez dans les armoires. Notre karma est un "kedgeree" , un peu de tout - y compris les restes, et cette portion dans le fond du réfrigérateur qui est là depuis si longtemps que vous ne savez même plus ce que c'est !
Lorsque nous possédons cette forte compréhension de la manière dont fonctionne le karma, il devient évident que pour nous améliorer, nous devons faire quelque chose à propos de nos émotions négatives. Nous savons que si nous créons un karma puissant, il sera difficile, sinon impossible de le contrôler. Si vous devenez très dépressif, même si vous savez qu'il n'y a pas vraiment de cause, de raison, c'est trop fort à repousser. Peut-être, si vous aviez reconnu le signal d'alarme il y a logntemps, vous auriez pu diminuer ses effets, mais à présent c'est devenu trop fort. Lorsque notre karma négatif arrive à pleine maturité, il est très difficile à contrôler.
Si nous comprenons que c'est pour notre propre bien, nous sommes plus aptes à remarquer et à travailler sur nos émotions négatives. Si nous savons clairement que quelque chose nous affectera nous et ceux qui nous entourent d'une manière déplaisante, que ce soit dans un avenir immédiat ou à long terme, alors nous serons moins enclins à le faire, même si la volonté de le faire est là ! Il y a une histoire pour illustrer ceci. !
Il y avait une fois un berger décidé à s'améliorer, ainsi il se rendit auprès d'un ermite sage pour lui demander conseil. L'ermite lui dit de se munir de deux sacs de cailloux, l'un rempli de cailloux noirs, l'autre de blancs. Pendant qu'il serait assis à surveiller ses moutons, il surveillerait ses pensées : si une pensée négative lui venait à l'esprit, il prendrait un caillou noir et il le mettrait d'un côté. Si une pensée positive lui venait à l'esprit, il prendrait un caillou blanc et le metrait de l'autre côté. Le berger fit ceci, et après un certain temps, il vit que le tas de cailloux noirs grandissait vraiment, alors que le tas de cailloux blancs restait petit. Il était un peu ennuyé et il retourna auprès de l'ermite pour lui demander ce qu'il devrait faire. L'ermite répondit "Cela n'a pas d'importance. Ne t'inquiète pas. Continue seulement comme tu fais." Après un temps, lentement, lentement, les deux tas devinrent identiques, et après un peu de temps, le tas blanc devint plus grand que le tas noir.
Comme nous disons en tibétain, "pour savoir ce que vous étiez dans le passé, regardez-vous simplement maintenant, et pour savoir ce que vous serez dans l'avenir, regarder seulement vos actes maintenant." Vous n'avez pas besoin de consulter une diseuse de bonne-aventure pour savoir ce que vous étiez au cours de votre vie précédente, ce que vous étiez alors était à peu près la même chose que ce que vous êtes maintenant. Et si vous voulez savoir ce que vous serez dans le futur, regardez ce que vous êtes en train de faire maintenant, parce que vous êtes en train de créer votre propre avenir. La compréhension, l'expérience du karma, cette conviction renforcera votre approche positive à faire les choses. Si nous savons ce qui est faux et ce qui est juste, et si nous sommes vigilants, nous irons dans la bonne direction. Démarrez prudemment car il y a une longue route à faire. Lorsque nous avons une longue route à parcourir, nous marchons lentement et fermement, n'est-ce pas ? Si nous commençons en nous précipitant, nous n'irons pas très loin.
4. Le SAMSARA
"Nous sommes constamment tourmentés par les trois sortes de souffrance. Pour cela, les endroits samsariques, les amis, les plaisirs et les possessions sont comme une partition (dans un jeu) qui serait donnée par un exécutant qui nous amènerait ensuite à l'endroit où nous serions exécutés. "
Couper les cordes de l'attachement, aspirer à l'illumination avec diligence
Nous continuons de cette manière : nos actions créent des résultats, et ceux-ci à leur tour créent plus d'actions et plus de résultats. Cela continue et continue. A quoi ressemble cette situation ? Est-elle belle, merveilleuse, ou y a-t-il quelques difficultés, des choses que nous voulions changer ? Ceci est ce que nous contemplons. Dans quel type d'état mental sommes nous maintenant à l'instant ? Si nous n'avons pas de problèmes du tout, si tout est beau et bien, alors cela va. Il n'est pas besoin de faire quoi que ce soit d'autre. Mais si ce n'est pas le cas, nous devrions essayer d'identifier les problèmes inhérents à cette manière de vivre, à cette manière de penser, et à ce qui les a causés.
Lorsque nous regardons nos vies, ou la vie des autres, nous voyons qu'il y a des problèmes, du stress, des chagrins, ... La vie peut être vraiment dure par moments. Le Bouddha lui-même ne voyait pas de problème dans sa propre pauvreté, mais il regarda au sein de la vie et il y vit la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort.
Comment ces choses nous affectent-elles ? Pouvons-nous leur échapper ? Nous devons tous mourir, et nous devenons tous vieux et malades, même si nous ne le voulons pas. Ces problèmes sont parfois lourds à porter. t ils surviennent encore et encore. Lorsque nous résolvons un problème, nous en avons un autre ! Quelles sont les causes principales, les raisons essentielles pour lesquelles ces problèmes surgissent ? Puisque tout le monde devient malade, vieillit, meurt ... pourquoi cela nous préoccupe-t-il tant ? Pourquoi trouvons-nous que c'est si difficile à supporter ?
Si nous regardons nos vies, nous pouvons voir trois sortes de souffrance, ou de situations que nous trouvons difficiles à supporter. La première est la soudffrance de la souffrance. ceci est lorsque nous avons un problème évident, comme obtenir ce que nous ne voulons pas, ou ne pas obtenir ce que nous voulons, ou lorsque nous expérimentons la douleur, ou la mort de quelqu'un que nous aimons - quelque chose qui nous rend vraiment malheureux.
Cette sorte de problème ne survient pas qu'une fois pour disparaitre à jamais quand il est résolu. Cela ne se passe pas ainsi. Ces problèmes qui nous font vraiment souffrir se produiront à nouveau, parce que nous allons dans ce sens, parce que nous acceptons que les choses déplaisantes soient inévitables et que cela devient une habitude. Si nous sommes habitués à quelque chose, alors nous la tenons pour acquise. Nous nous identifions tellement à nos souffrances que nous considérons qu'elles font partie de nous-même, qu'elles sont une part de notre identité.
Il n'y a pas d'exception particulière, cela se passe tout le temps. Parfois on accuse les bouddhistes d'êtres des gens très abrutis, très sérieux, qui contemplent toujours la souffrance. Mais lorsque les bouddhistes parlent de la souffrance, nous comprenons qu'elle est désagréable et indésirable. Nous essayons d'en voir la finalité clairement, d'accepter les choses pour ce qu'elles sont, et nous faisons ensuite ce qu'il faut faire pour en sortir. La préoccupation principale des bouddhistes est de comprendre la cause de la souffrance et de savoir comment y mettre fin.
Je pense qu'il est important à ce stade, de comprendre ce que nous voulons dire par "accepter". L' "acceptation" n'est pas une attitude passive par laquelle nous laissons seulement les choses se passer. L'acceptation signifie que nous voyons ce qui arrive - quoi qu'il arrive - exactement tel que c'est - sans le colorer, sans le cacher sous un tapis, sans tricher avec nous-même en prétendant que c'est quelque chose d'autre. "Ceci est vraiment horrible, aussi que vais-je y faire ?" Et alors, nous faisons ce qui est nécessaire pour nous en sortir, nous travaillons sur les causes de la souffrance, de quelque manière adéquate que ce soit. Ceci est l'approche.
La deuxième sorte de souffrance est la souffrance du changement. Si nous y regardons de près, même lorsque nous n'avons pas de problème spécifique, pas de douleurs actuellement, nous éprouvons une peur du changement. Tout change continuellement, rien ne reste comme c'est même d'un moment à l'autre. Rien n'est permanent. Nous allons bien maintenant, mais cela ne va pas durer. Lorsque nous avons tout, lorsque tout va bien, et que nous n'avons pas de problème, nous nous inquiétons que quelque chose puisse se passer, que quelque chose pourrait changer. Nous portons cette préoccupation, cette crainte qui se terre à l'arrière de notre esprit, profondément dans notre coeur. Et les polices d'assurances ne suppriment pas la peur - elles ne font que l'étoffer.
La troisième sorte de souffrance est la souffrance qui fait partie de la nature de toutes choses. Lorsque nous parlions de l'impermanence et du karma, nous avons trouvé qu'il n'y avait rien, absolument rien à quoi nous puissions nous fier. Tout est affecté par tout, une chose change et le reste suit. Tout existe seulement comme un flux continu, et il n'y a pas de rocher sur lequel nous pouvons bâtir des fondations.
Avez-vous remarqué que d'une manière ou d'une autre, vous êtes presque toujours dans un léger état d'anxiété, ou que vous soyez sous pression ? C'est le samsara. Pour dire les choses simplement, le samsara n'est pas le monde physique qui nous entoure, mais c'est notre manière de voir les choses, et notre réaction mentale à ces choses. Le samsara est un état d'esprit où nous ressentons constamment de l'aversion et de l'attachement. Nous étiquetons nos réactions : "Ceci est mauvais, je n'en veux pas, je ne peux pas supporter cela. " Ceci est l'aversion, et je crois que l'aversion est l'ingrédient le plus important des souffrances du samsara. Lorsque nous ne pouvons pas supporter quelque chose, nous voulons y échapper, nous encourir loin de cela, mais nous ne pouvons pas le fuir parce que l'aversion est dans notre esprit. L'aversion donne lieu à la peur, et, à cause de la peur, nous développons l'attachement.
L'attachement est le besoin de s'accrocher à quelque chose, parce que nous pensons que cela pourrait être la solution à nos craintes, ou que nous sentions que nous ne pourrions pas nous en passer. Nous pouvons nous sentir déçus si nous ne l'avons pas. Parfois des gens me demandent s'il y a une différence entre l'amour et l'attachement. Il y a une grande différence ! L'attachement est orienté vers soi, vous vous agrippez à quelque chose uniquement pour votre propre besoin. La compassion et l'amour sont dirigés vers les autres, pas vers vous-même. Lorsque vous ressentez une compassion sincère, un amour véritable, ils ne peuvent pas se transformer en haine. Mais l'attachement peut se transformer en jalousie et en haine en une seconde, juste ainsi. Cela est la différence.
L'attachement et l'aversion sont comme les deux faces d'une pièce de monnaie. Mais même si nous courons derrière quelque chose et nous nous sommes capables de nous en saisir, cela ne nous donne jamais une paix et une joie complètes, car le problème est dans la manière dont notre esprit réagit. Notre vie devient ainsi une course sans fin. Par exemple, je pense que j'ai besoin d'un type particulier de maison, que c'est la réponse. Si j'obtiens cette maison, je trouverai une joie durable. Alors, je vais la chercher, faisant différentes choses. Je travaille pendant de longues heures, je blesse les autres, je subis de nombreuses difficultés et maints problèmes et finalement, j'acquiers cette maison. Mais alors, je trouve que rien n'a changé. Je suis toujours stressé, j'ai toujours des problèmes. Les peurs et l'anxiété sont toujours là. Alors je pense que j'avais tort, "Non, la maison est bien, mais j'ai besoin d'une meilleure voiture!" Alors, à nouveau, avec beaucoup de difficultés, je me mets en quête de la voiture. A la fin, j'obtiens la voiture désirée. "Oui, maintenant je l'ai !" Mais je ne l'ai pas "eue".Je trouve que rien n'a changé. Tout continue comme auparavant.
L'attachement, cette course derrière les choses, vient de la peur, de l'aversion. Cette mentalité d'aversion/attachement, cette manière de réagir est le samsara. Dans un tel état d'esprit où vous êtes constamment en train de fuir quelque chose, ou de courir courir après autre chose, vous ne trouverez jamais la paix. C'est pourquoi nous parlons de "roue du samsara". Dans un moulin à eau, l'eau coule jour et nuit, ainsi le moulin tourne jour et nuit et ne s'arrête jamais. C'est cela le samsara. Nous devons courir tout le temps sans même jamais prendre de repos. Nous sommes toujours en train d'éviter quelque chose ou d'obtenir quelque chose.
Selon le bouddhisme, il y a six royaumes différents dans le samsara, qui surgissent des six émotions négatives. Si votre colère ou votre haine est très forte, vous naitrez dans les royaumes de l'enfer de feu ou de l'enfer de glace. Si votre cupidité ou votre avarice est très forte, vous naitrez dans le monde des fantômes affamés (esprits avides) où peu importe combien vous obteniez, vous ne serez jamais satisfait. Si votre ignorance est très grande, si vous refusez d'apprendre, et si vous êtes confus ou obtus, vous renaitrez en tant qu'animal ou poisson. Dans la nature sauvage, votre vie sera une recherche constante de nourriture et d'évitement d'être mangé vous-même, si vous êtes un animal de ferme ou de compagnie, vous serez à la merci de votre propriétaire.
Si la jalousie est votre émotion la plus puissante, vous naitrez dans le royaume des demi-dieux, et vous y passerez votre vie à vous battre, à avoir des ennemis, à regarder toujours par dessus votre épaule. Si vous êtes très orgueilleux, vous naitrez dans le monde des dieux, vous serez riche mais égoïste. Si votre désir est grand, alors vous naitrez dans le monde humain. Mais ce royaume humain, comme je le disais au début, est appelé "la précieuse naissance humaine", et il est le meilleur de tous si vous voulez sincèrement vous améliorer et travailler au bénéfice de tous les êtres.
Lorsqu'on parle d'être né dans un de ces "royaumes samsariques", il ne s'agit pas d'endroits physiques mais d'états d'esprit qui seraient le résultat de votre conditionnement. Dans le monde des enfers par exemple, toute votre misère, toute votre haine brûlante deviendra plus réelle, de sorte que vous voyiez tout à travers un brouillard de colère et de paranoïa. Ceci est le monde des enfers.
Il est souvent dit qu'au cours de la même journée, ou de la même heure, nous pouvons expérimenter le royaume de l'enfer, celui du paradis, et le royaume humain, selon notre état d'esprit. On dit aussi qu'un même verre d'eau peut être perçu dans les différents mondes comme des choses différentes. Un humain y verrait de l'eau agréable à boire Une personne du royaume des enfers le verrait comme un poison putride, et quelqu'un du royaume des dieux y verrait peut-être du champagne. Ces différents points de vue sont, très simplement, les résultats de notre propre conditionnement, notre propre action et réaction karmiques.
Nous pouvons être très attachés à nos problèmes et être complètement insérés dans notre propre insatisfaction. Nous ne devrions pas nous établir dans ou nous adonner à des choses qui nous rendent malheureux, mais essayer de comprendre la nature de leur origine. En faisant ainsi, nous devrions être capables de laisser nos problèmes derrière nous et d'échapper à la confusion et à la déception samsariques.
La joie et la liberté complètes n'existent pas dans le samsara : elles aussi sont des états d'esprit. La seule manière de trouver la liberté et la joie complètes est de se libérer de notre état d'esprit samsarique. Pour réaliser ceci, nous devons réaliser et développer la véritable qualité de notre nature de Bouddha, notre bonté intérieure, fondamentale. Avec cette réalisation, il est possible d'échapper entièrement à notre confusion, à notre stress, à notre désillusion, et d'atteindre l'illumination. Il est possible d'être vraiment heureux tout le temps au lieu de simplement penser que vous l'êtes de temps à autres.
Pour tourner le dos au samsara, nous devons atteindre un état d'esprit où nous ne ressentons plus ni aversion ni attachement pour aucune chose. Quoiqu'il arrive, c'est acceptable. Nous pouvons confortablement nous accommoder de tout. Et comme nous ne craignons rien, nous n'avons pas à nous accrocher à quoi que ce soit. Lorsque nous comprenons cela, cela signifie que nous somme sur la Voie, que nous sommes en train de pratiquer le Dharma. La vraie pratique du Dharma est la compréhension de notre propre potentiel et le fait d'y travailler.
Si vous pouvez le changer, faites le, et donc, pourquoi vous en soucier ? Si vous n'y pouvez rien changer, quel est la raison de s'en faire ? (top)
(auteur inconnu)
« Aussi longtemps que l'espace existe
Et que les êtres souffrent
Puissé-je aussi demeurer
Pour dissiper la misère de ce monde »
Bodhicharyavatara
Source : http://www.samye.be/fr/enseignement/enligne/ringu-4preliminaires.htm
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Lulu Visiteur

Age: 18
Sexe: 
Inscription : 18 Déc 2006 Messages : 31 Localisation : Thionville, Moselle
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Karma yeshe Membre

Age: 58
Sexe: 
Inscription : 21 Avr 2007 Messages : 38 Localisation : Le Havre
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Joelle Visiteur

Age: 52
Sexe: 
Inscription : 16 Mars 2007 Messages : 31 Localisation : Aurillac (15)
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Posté le : 17 Mai 2007 15:17 |
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Il y a quelque chose qui me trouble ds la notion de karma. En adoptant la vision bouddhiste selon laquelle il n'y aurait ni début ni fin ( pas même le big bang des scientifiques ) comment expliquer le premier karma ?
Par ailleurs en admettant que la vie sur terre s'est faite suite à l'évolution des espèces , comment expliquer ce premier karma .? Est ce par le monde animal qu'il a pris naissance? Mais ce n'est pas logique non plus car il est dit que le monde animal est inférieur . Si revenir ds le samsara ne provient que du fait que ns n'ayons pas atteint l'éveil comment pouvons ns revenir en passant ds un monde supèrieur alors que c'est justement notre karma qui ns fait revenir sans cesse .
Enfin il y a de plus en plus d'homme sur terre . D'où proviennent tous ces karmas ?
Je sais qu'il est dit " ne cherche pas à savoir qui a façonné la flèche qui te transperse , commence par la retirer " mais quand même le Bouddha a aussi dit ne pratiquez que si vous etes d'accord après avoir compris.
Quelqu'un peut il m'éclairer?
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Trinlé Lhamo Membre actif

Age: 26
Sexe: 
Inscription : 16 Fév 2007 Messages : 232 Localisation : clermont-Ferrand
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Posté le : 17 Mai 2007 16:17 |
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Bonjour,
C'est vrai que comme Joelle la notion de karma est pour moi diificile à comprendre pour certaines choses, et je trouve dur d'expliquer certaines situations que par cela, le fait que tout ce qui nous arrive est de notre fait à nous mais peut remonter à très loin...
Je n'ai sûrement pas tout saisi, et j'essaie de ne pas me casser la tête sur ce sujet, mais cela me dérange quadn même.
Si quelqu'un peut nous éclairer un peu, ce serait bien.
Amicalement.
Trinlé Lhamo
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Joelle Visiteur

Age: 52
Sexe: 
Inscription : 16 Mars 2007 Messages : 31 Localisation : Aurillac (15)
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Posté le : 17 Mai 2007 17:06 |
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Moi je rajouterais que même si on refuse de chercher la réponse parcequ'il faut accepter et faire confiance çà reste toujours en arrière plan et c'est genant pour une bonne pratique
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Seunam Gyamtso Membre d'honneur

Age: 29
Sexe: 
Inscription : 09 Jan 2006 Messages : 2750 Localisation : Coulommiers 77
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Posté le : 23 Mai 2007 7:39 |
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Bonjour,
| Joelle a écrit: | Il y a quelque chose qui me trouble ds la notion de karma. En adoptant la vision bouddhiste selon laquelle il n'y aurait ni début ni fin ( pas même le big bang des scientifiques ) comment expliquer le premier karma ?
Je te dit les choses comme je les pense, pas forcement comme le dit le bouddhisme mais je pense que c'est en accord :
Le bouddhisme n'est pas en désaccord avec la théorie du Big-Bang, au contraire, tous les phénomènes composés ont un début et une fin, naissance et mort, il en est donc de même pour les univers comme pour notre planète.
La nature de l'esprit n'as ni début ni fin, mais pas le karma ni l'ignorance, qui sont liés. L'ignorance fondamentale, la vue dualiste qui est l'ignorance de la nature non dualiste des phénomènes serait la cause première : a partir de cette première appréhension erronée, nait l'égo, et cet égo est la base d'accumulation des karmas. Comme cette base d'accumulation des karma est basé sur une illusion, une ignorance première, il est possible d'y mettre fin en mettant fin à l'ignorance, à la saisie d'un soi.
Par ailleurs en admettant que la vie sur terre s'est faite suite à l'évolution des espèces , comment expliquer ce premier karma .? Est ce par le monde animal qu'il a pris naissance? Mais ce n'est pas logique non plus car il est dit que le monde animal est inférieur . Si revenir ds le samsara ne provient que du fait que ns n'ayons pas atteint l'éveil comment pouvons ns revenir en passant ds un monde supèrieur alors que c'est justement notre karma qui ns fait revenir sans cesse .
Enfin il y a de plus en plus d'homme sur terre . D'où proviennent tous ces karmas ?
Pour les Bouddhiste (comme de l'avis de beaucoup de scientifiques) la vie sur terre n'est pas forcement la seule, il peut y avoir plusieurs planètes habitables dans notre univers et plusieurs univers, sans même parler de plants d'existences différents...
Le samsara est un mode d'existance conditionné; l'étude des douze maillons de la chaine de production conditionné peuvent peut être t'aider à la compréhension du karma.
Une fois la chaine de la production conditionné mise en branle à cause de la première saisie erronée d'un soi, les actes engendrés conditionnent l'esprit ; le conditionnement de l'esprit est la cause de telle ou telle expérience/existence... Ce mécanisme qui engendre l'existence cyclique prend fin avec la fin du conditionnement.
"Rien ne se perd, tout se transforme", tout se qui est conditionné à un début et une fin, des causes et des effets, et ceci est valable aussi bien pour les phénomènes matériels (facile à voir), que pour les phénomènes psycologiques, de l'esprit.
Par exemple ou as t'on vu que la haine engendrait le bonheur dans l'esprit, pour soi comme pour les autres ?
En prêtant attention au monde et à l'esprit, et à la relation entre les deux, en contemplant les actes et leurs effets et en s'aident de la clarté de l'esprit développé par la méditation, il est possible peu à peu de comprendre expérimentalement la loi de causalité et de prendre alors les bonnes décisions, engendrant des effets positifs...
Je sais qu'il est dit " ne cherche pas à savoir qui a façonné la flèche qui te transperse , commence par la retirer " mais quand même le Bouddha a aussi dit ne pratiquez que si vous etes d'accord après avoir compris.
Quelqu'un peut il m'éclairer? |
Tu as raison Joelle, seule la compréhension expérimentale permet une bonne pratique, mais aussi la pratique permet une bonne compréhension expérimentale : donc expérimentons et ne restons pas sur une compréhension textuelle, parce que tel sage l'as dit... !
j'espère que mes explications selon ma compréhension vous aurons aidé, n'hésitez pas à en parler.
Amicalement,
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Joelle Visiteur

Age: 52
Sexe: 
Inscription : 16 Mars 2007 Messages : 31 Localisation : Aurillac (15)
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Posté le : 23 Mai 2007 10:23 |
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merci pour toutes tes explications
oui ds une vision plus large si on admet que les choses sont interdépendantes à grande échelle on peut admettre que nos vies soient chargées de karma émanant de vies issues d'autres planètes ( vies ou autres choses ) Effectivement stop aux spéculations car tant de choses ne peuvent etre apréhendable à notre niveau d'avancement
qd je disais que le bouddhisme n'acrédite pas le big bang c'est ds le sens ou contrairement aux scientifiques le big bang n'est pas le début pour eux , ce qui est absolument logique. Car pour quelle raison le big bang serait il le début ?
Amitiés à tous
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Lulu Visiteur

Age: 18
Sexe: 
Inscription : 18 Déc 2006 Messages : 31 Localisation : Thionville, Moselle
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Posté le : 23 Mai 2007 12:24 |
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| Joelle a écrit: | merci pour toutes tes explications
oui ds une vision plus large si on admet que les choses sont interdépendantes à grande échelle on peut admettre que nos vies soient chargées de karma émanant de vies issues d'autres planètes ( vies ou autres choses ) Effectivement stop aux spéculations car tant de choses ne peuvent etre apréhendable à notre niveau d'avancement
qd je disais que le bouddhisme n'acrédite pas le big bang c'est ds le sens ou contrairement aux scientifiques le big bang n'est pas le début pour eux , ce qui est absolument logique. Car pour quelle raison le big bang serait il le début ?
Amitiés à tous |
Bonjour,
Les scientifiques ne disent pas que le Big Bang est le "début". Ils pensent qu'il est le début de notre Univers tel que nous le connaissons. Mais eux-mêmes s'interrogent sur un "avant-Big Bang". Les scientifiques ne croient pas qu'il n'existait rien avant, mais plutôt (c'est la théorie la plus en vogue en ce moment) que l'Univers subit une succession de Big Bang et ce qu'on appelle Big Crunch, qui correspondrait au phénomène inverse du Big Bang, à savoir un effondrement de l'Univers sur lui-même.
On aurait donc une alternance de phases d'expansion et de contraction, et donc pas vraiment de début ni de fin.
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Joelle Visiteur

Age: 52
Sexe: 
Inscription : 16 Mars 2007 Messages : 31 Localisation : Aurillac (15)
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Posté le : 23 Mai 2007 12:36 |
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OK c'est parfait tout çà et tout se rejoint
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