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Seunam Gyamtso Membre d'honneur

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Inscription : 09 Jan 2006 Messages : 2613 Localisation : Coulommiers 77
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Posté le : 20 Juin 2007 6:56 |
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On dit de l’enseignement du Lam Rim qu’il contient tous les enseignements du Bouddha parce qu’il comporte les points essentiels des soutras et des tantras. On l’appelle encore « la base traditionnelle de Nagarjouna et d’Asanga car il est enrichi des instructions, de la vision ultime de la tradition des grands maîtres. Cela revient à dire que les enseignements du Lam Rim contiennent les points essentiels de la méthode et de la sagesse.
Source du Lam rim :
Tout comme le Maître Bouddha Shakyamouni, Atisha naquit dans une famille royale mais il renonça à son royaume au Bengale en faveur de la vie spirituelle. Entre quinze et trente ans, il entreprit une étude et une pratique approfondie des soutras et des tantras et juste avant son trentième anniversaire, fut ordonné moine et reçut le nom de Dipamkara Shri Jnana. De tout son cœur, il était déterminé à atteindre l'Eveil et, de par ses nombreuses expériences, il fut persuadé de l'importance du développement de l’esprit d’Eveil (skt. bodhicitta) en tant que cause principale de l'Eveil. Il découvrit que le plus grand maître contemporain de bodhicitta était l'illustre Maître Souvarnadvipi, qui vivait dans une île, probablement l'actuelle Sumatra. Atisha entreprit donc un voyage extrêmement risqué et pénible de treize mois à travers l'océan pour étudier auprès de ce grand maître. Il demeura près de lui douze ans, à étudier et pratiquer jusqu'à ce qu'il ait développé bodhicitta. Il retourna alors en Inde où il s'installa finalement dans la grande université monastique de Vikramasila, dans le Magadha. C'est là que les émissaires de Lhalama Yéshé Eu le trouvèrent et le supplièrent d'aller au Tibet.
Atisha était l'un des plus grands érudits de l'Inde, si bien que l'abbé de Vikramasila était peu enclin à lui donner la permission d'aller au Tibet, mais finalement il accepta de le laisser partir pour une période de trois ans. A ce moment-là, le roi Lhalama Yéshé Eu n'était plus en vie et son neveu Tchangtchoup Eu était roi. Quand Atisha arriva, Tchangtchoup Eu lui expliqua à quel point le Dharma avait sérieusement décliné au Tibet. Il supplia Atisha de transmettre non pas les enseignements les plus profonds et les plus sensationnels, mais bien plutôt la loi de cause à effet et un Dharma infaillible à la portée de tous, facile à mettre en pratique et comprenant l'enseignement de l'éveillé dans sa globalité.
Extrêmement satisfait de cette requête, Atisha se mit à composer un court texte de trois pages appelé La Lampe qui Illumine le Chemin, qui clarifiait tous les enseignements du Bouddha, aussi bien ceux sur les soutras que ceux sur les tantras. Très peu de temps après, les enseignements erronés qui avaient infesté si gravement le Tibet disparurent complètement et le pur Dharma se répandit de tous côtés. Ce qui fut un événement particulièrement heureux, non seulement pour les habitants du Tibet, mais aussi pour le monde en général. En effet, pendant cette même période, le bouddhisme en Inde était aux prises avec les forces destructrices qui avaient envahi le pays par l'ouest, faisant table rase des monastères, tuant les moines et mettant le feu aux textes. Le Dharma ne se remit jamais de cet assaut, et au cours du millier d'années qui suivit, disparut presque totalement de l'Inde, son pays de naissance. Mais la forme complète du bouddhisme mahayana avait été apportée au Tibet et put être préservée, garantissant ainsi la pérennité de son existence pour l'humanité toute entière.
Le texte court composé par Atisha fut le premier d'une série d'enseignements qui furent ensuite appelés, en tibétain, Lam-rim ou Voie Progressive vers l'Eveil. Les enseignements du Lam-rim ne contiennent rien qui n'ait été enseigné par le Bouddha lui-même. Ils sont plutôt tout simplement une reprise de tout ce que le Bouddha a enseigné sur une période de quarante-cinq ans, organisée en une structure cohérente et logique qui permet à tout individu d'avoir une vision claire de la manière de suivre le chemin. Le Lam-rim est surtout une carte routière indiquant l'itinéraire qui mène à l'Eveil complet de la bouddhéité. Les disciples d'Atisha développèrent plus avant cette présentation unique du Dharma et ainsi les enseignements du Lam-rim devinrent le fondement de la plupart des écoles tibétaines de bouddhisme qui se développèrent au cours des siècles qui suivirent.
Le Lam rim par Yangtsé Rimpotché :
Le Lam rim parle de pratiques qui correspondent à trois types d’individus, c’est-à-dire à des êtres possédant trois types de capacité mentale. Aux individus de capacité mentale initiale, on enseigne l’abandon des dix actions non-vertueuses et le respect de la loi de cause à effet : suivre ces enseignements permet d’obtenir une forme supérieure de renaissance en tant qu’être humain ou dieu. Il s’agit donc tout d’abord de s’efforcer d’abandonner les dix actions non-vertueuses [ou actions non-méritoires]. Par l’abandon de ces dix actions non-vertueuses, on respecte la loi de cause à effet et on accumule dix actions vertueuses, ce qui conduit à une forme de renaissance supérieure. Cependant, l’obtention d’une forme de renaissance supérieure en tant que dieu ou être humain n’est pas une solution définitive car tant que l’on n’a pas abandonné la cause réelle de la souffrance, à savoir les perturbations mentales dont la racine est l’ignorance, on retombe toujours dans le même schéma : on continue à faire l’expérience de la souffrance.
C’est pourquoi l’être de capacité intermédiaire cherche à comprendre quelle est la source réelle de ces dix actions non-vertueuses. Il découvre alors qu’elle n’est autre que l’ignorance et c’est ainsi qu’il cherche à abandonner les perturbations mentales en abandonnant leur source : l’ignorance. Une fois l’ignorance abandonnée, l’être de capacité intermédiaire obtient la libération : il se libère de l’existence cyclique.
Par une réflexion graduelle, on en arrive ensuite à se demander si l’abandon des perturbations et de l’ignorance n’est pas un but insuffisant. On commence alors à réfléchir à l’objectif qui consiste à être bénéfique non seulement à soi-même mais aussi à autrui. L’individu de grande capacité qui aspire à ces deux finalités (devenir bénéfique à soi-même comme à tous les êtres) va éliminer l’ignorance et les obscurcissements pour atteindre lui-même le corps de vérité (Skt. Dharmakaya). Ce faisant, il deviendra apte à aider les autres au moyen du corps de la forme (Skt. Roupakaya) tandis qu’en cherchant seulement à abandonner la source des karmas non-vertueux (les perturbations mentales dont l’ignorance est la source), l’être de capacité intermédiaire obtient uniquement sa seule libération individuelle. Le but est donc différent pour le petit et le grand véhicule : l’être de capacité supérieure devra obtenir le Dharmakaya pour devenir bénéfique à autrui, c’est pour cela qu’il se débarrassera de l’ignorance.
L’être de grande capacité en vient ainsi graduellement à se demander s’il ne serait pas mieux d’abandonner les empreintes de l’ignorance pour obtenir un état de non-perturbation, et c’est dans ce but qu’il applique alors une méthode très puissante connue sous le nom de « Sagesse qui Perçoit Directement la Vacuité » (Tib. Tongpanyi Togpai Shérab Ngeusoume Tou) en s’employant à suivre la méthode suprême de l’union de la sagesse et de la méthode. Cette méthode n’est pas employée dans le Hinayana : elle n’est pas suivie par les auditeurs (Skt. Shravaka) ou par les réalisateurs solitaires (Skt. Pratyékabouddha), mais est propre aux adeptes du Mahayana qui cherchent à obtenir une perception directe de la vacuité afin d’abandonner les empreintes des perturbations tout en pratiquant la méthode.
Si nous ne constatons aucun progrès dans notre esprit, si nous n’obtenons aucune réalisation alors que nous pratiquons le sentier, c’est le signe que nous maintenons une certaine distance entre la pratique et notre esprit. Il existe de nombreux enseignements qui concernent la méthode et la sagesse, mais si l’on maintient une distance entre son esprit et ces enseignements, si l’on assiste aux enseignements en spectateur sans s’employer à les intégrer à son esprit, ils n’auront aucun effet ! Pour obtenir quelque bienfait des enseignements du Dharma, il est donc de la plus haute importance de ne pas conserver cette distance qui fait de nous de simples spectateurs mais, au contraire, d’assimiler les enseignements que nous recevons, c’est-à-dire d’intégrer la méthode et la sagesse à notre esprit. C’est un peu comme lorsque vous avez très soif et que quelqu’un vous indique où trouver de l’eau : cette information vous soulage déjà dans une certaine mesure, mais si vous n’allez pas chercher l’eau et si vous ne la buvez pas, vous ne recevrez aucun bienfait de l’eau qui se trouve pourtant à votre portée. Pour étancher votre soif, vous devez aller chercher de l’eau et la boire. De la même façon, pour que les enseignements vous soient bénéfiques, vous ne devez maintenir aucune distance entre la pratique et votre esprit mais intégrer le Dharma à votre esprit. Rencontrer le Dharma, c’est comme se trouver sur le seuil d’une route dégagée qui permet d’atteindre la destination finale que l’on a choisie : on se réjouit de voir cette voie dégagée. La rencontre avec le Dharma vous est offerte. Il vous suffit maintenant de suivre la bonne direction : si vous ne vous avancez pas sur cette route magnifique qu’est le sentier du Dharma, tous les obstacles que vous rencontrerez ne seront jamais rien d’autre que vos propres défauts. Si vous rencontrez un bon médecin qui vous prescrit un bon traitement mais que vous ne prenez pas ces médicaments, vous ne pourrez vous en prendre qu’à vous... Aussi, lorsque vous rencontrez un bon chemin tel que celui du Dharma, vous appartient-il de fournir les efforts nécessaires à l’obtention des réalisations que vous espérez. Si vous n’obtenez aucune réalisation, c’est parce qu’il subsiste des erreurs au niveau de vos karmas passés qui limitent vos capacités. Si vous ne faites pas d’effort alors que vous avez rencontré le sentier magnifique de la doctrine, vous en êtes les seuls responsables.
Le Lam rim par Lama Zopa Rinpoché :
Les huit dharma mondains sont :
1. Etre heureux lorsqu'on acquiert des biens matériels ;
2. Etre malheureux lorsqu'on n'acquiert pas de biens matériels ;
3. Vouloir être heureux ;
4. Ne pas vouloir être malheureux ;
5. Vouloir entendre des sons plaisants ;
6. Ne pas vouloir entendre de sons déplaisants ;
7. Vouloir des éloges ,
8. Ne pas vouloir de critiques.
L'enseignement complet du Lam Rim, le Chemin Graduel vers l'Illumination, est transformation de la pensée. Son but principal est de dompter l'esprit. C'est pourquoi, il est si bénéfique d'écouter, de réfléchir et de méditer sur les enseignements du Lam Rim. Lorsque les autres instructions ne nous apportent pas d'effets, écouter ou lire le Lam Rim peut subjuguer notre esprit. Le Chemin Graduel vers l'Illumination comporte une composante particulière qui dompte l'esprit.
Le Lam Rim, tel qu'il fut composé à l'origine par Lama Atisha dans son texte intitulé La Lampe qui Eclaire le Chemin vers l'Illumination, commence avec la méditation sur la renaissance humaine parfaite avec les huit libertés et les dix richesses. Toutefois, Lama Tsongkhapa, commence les méditations du Lam Rim avec la dévotion au Gourou, la racine du chemin.
Mais voyons ce qui bloque le développement du Chemin Graduel vers l'Illumination en notre esprit. Qu'est-ce qui nous empêche d'obtenir des réalisations à partir de la dévotion au Gourou ou de la parfaite renaissance humaine ? Une fois de plus, ce sont les huit dharmas mondains. La considération mondaine ne permet pas à la pratique du Lam Rim de devenir Dharma. Qu'est-ce qui empêche nos actions de tous les jours de devenir Dharma ? Du matin jusqu'au soir, qu'est-ce qui empêche les actions que nous accomplissons de devenir saint Dharma ? Ce sont les huit dharmas mondains et le désir qui saisit cette vie. Voilà l'obstacle qui entrave la génération du Lam Rim du début jusqu'à l'illumination en notre esprit. Voici l'obstacle qui nous empêche d'obtenir des réalisations telles que la dévotion au Gourou ou la parfaite renaissance humaine. Il nous faut exercer notre esprit à réfléchir sur les désavantages de la considération mondaine et sur les infinis bienfaits d'y renoncer. Nous avons particulièrement besoin de familiariser notre esprit avec la méditation sur l'impermanence et sur la mort. La porte du Dharma s'ouvre si cet entraînement initial de la pensée est mis en place. Alors, sans difficulté, vous serez capables de pratiquer le Dharma. Vous serez à même de mener toute action souhaitée, que ce soit une retraite ou une des autres pratiques de Dharma, et vous aurez également la faculté de générer en votre esprit les réalisations du chemin, à partir de la dévotion au Gourou ou de la parfaite renaissance humaine jusqu'à l'illumination. Vous serez capables de générer le chemin vers l'illumination en votre esprit, et de le poursuivre jusqu'à son achèvement.
Tous ces résultats viennent du tout premier entraînement de la pensée, Ouvrir la Porte du Dharma. Si vous mettez en pratique la signification de ce texte, vous contrôlerez les huit dharmas mondains au lieu de vous laisser contrôler par eux. Plutôt que de vous refuser la liberté, vous vous offrirez la liberté. Sinon vous n'aurez pas de liberté, d'indépendance.
Source oublié, je n'arrive pas à la retrouver.
Amicalement,
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