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Seunam Gyamtso Membre d'honneur

Age: 29
Sexe: 
Inscription : 09 Jan 2006 Messages : 2747 Localisation : Coulommiers 77
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Posté le : 16 Juil 2007 17:31 |
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La base et l'ignorance dans le Dzogchen
tiré des livres : L'Escalier de Cristal I et III de Kunzang Péma Namgyèl éditions Marpa
... Au départ, dans la base, l'espace de la pureté immaculée, il n'y a rien, ni être ni non-être, ni samsara ni nirvana, ni Bouddha ni êtres ordinaires. La base, complètement pure, est grande vacuité. Et puis, émerge le rayonnement de la base. Non que ce rayonnement diffère de la base : il est semblable à la luminosité du miroir, qui n'est pas distincte du miroir, les deux étant toujours présents simultanément. Dans l'espace de ce rayonnement, tout est présent d'un seul coup : Kuntouzangpo et les êtres. Kuntouzangpo, Samantabhadra en sanscrit, le totalement bon est le dharmakaya. Kuntouzangpo se libère presque immédiatement. Il ne prend pas le rayonnement de la base pour autre mais reconnaît qu'il s'agit de ses propres projections Au premier instant de perception, une très légère ignorance s'interroge : que sont cette pureté originelle et cette spontanéité ? Mais il réalise immédiatement qu'elles ne sont que ses propres apparences et se libère...
La base elle-même est décrite par deux ou trois caractères, immaculé et spontané, essence vide, nature claire et compassion illimitée. Cette base, fondement universel du samsara et du nirvana, de l'impur comme du purifié, est une réalité intérieure. De cette base procède le rayonnement de la base. Il n'en est point séparé, de même que la luminosité du miroir n'est pas distincte du miroir lui-même. Il s'agit maintenant d'un rayonnement perceptible de l'extérieur, une lumière extérieure qui manifeste la dynamique de la base et fait émerger toutes choses du samsara et du nirvana. Il n'y a pas d'antériorité, le samsara ne procède pas du nirvana, tous deux apparaissent simultanément.
Les êtres, au contraire, à partir de cette très subtile ignorance de départ -le seul fait de se demander : qu'est-ce que c'est ?- ne reconnaissent pas leurs projections et développent différentes formes d'ignorance, de plus en plus solidifiées, de plus en plus concrètes, puis toutes sortes de perturbations émotionnelles. La différence apparaît donc après la première interrogation : Kuntouzangpo reconnaît que le rayonnement de la base est sa propre projection alors que les êtres ordinaires pensent qu'il s'agit d'apparences autres.
Trois ignorances se succèdent chez l'être ordinaire :
- L'ignorance fondamentale est une ignorance très fine, un tout petit doute, une petite hésitation. Elle est présente chez tous, aussi bien chez Kuntouzangpo que chez les êtres ordinaires. Kuntouzangpo, la sagesse spontanée, la lucidité primordiale de l'Esprit, etc, sont d'une même essence. Celle-ci comporte d'un côté rigpa, la lucidité, et de l'autre marigpa, l'ignorance fondamentale. Comme une même main possède deux faces
- L'ignorance innée amplifie l'ignorance fondamentale : les apparences sont perçues comme deux (vison dualiste) -dehors et dedans, l'autre et moi. A partir de l'unité, elle développe la dualité.
- L'ignorance conceptuelle se saisit de cette dualité, et la décline en d'innombrables noms : blanc, rouge, jaune, vert, masculin, féminin, (tous les couples des contraires). Un pas de plus conduit à penser : Ceci est bon, ceci est mauvais. Puis un autre à saisir : C'est bon, j'en ai besoin ou C'est mauvais, je dois le rejeter. Puis émergent toutes les attitudes perturbées, les cinq perturbations émotionnelles, etc.
....
Ces notions -la base et le rayonnement de la base- sont la clé des vues du Trèkcheu et du theuguel. La vue du trèkcheu originellement pur met l'accent sur la base, alors que celle du theuguel spontané se rapporte au rayonnement de la base.
Précisons notre compréhension de la base, notion fondamentale du dzogchen, avec les trois aspects de la base :
- La base originelle (deumé ji), complète, où base et rayonnement de la base ne sont pas séparés; c'est la base primordialement pure.
- La base universelle (et fonctionnelle) (deun gi kunji) est celle à partir de laquelle s'expriment à la fois la libération primordiale de Kuntouzangpo et l'égarement des êtres; il s'agit d'une seule et même base puisque le Bouddha et les êtres, la lucidité et l'ignorance, le samsara et le nirvana sont fondamentalement de même nature; cette base peut donc parfois être appelée base d'éveil et parfois base d'égarement.
- La base multiple (des tendances) (baktchak natsogpé kunji), lieu de l'autre face de la lucidité -l'ignorance- et donc de toutes les perturbations de l'esprit, le terrain de tous les karmas, bons et mauvais. Elle est multiple en raison de la multiplicité d'habitudes, de conditionnements et de tendances qu'elle héberge.
La base originelle est la base, la base immaculée, originellement pure, alors que la base universelle est le grand rayonnement de la base. Ce dernier apparaît indissocié de la base elle-même, comme la luminosité d'un miroir est est indissocié du miroir. Comment pourraient-ils être séparés ?
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cgigi2 Membre actif

Age: 57
Sexe: 
Inscription : 08 Déc 2005 Messages : 329 Localisation : Québec, Canada
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Posté le : 24 Juil 2007 5:53 |
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Quel merveilleux texte, merci Seunam Gyamtso,
ne pas nommer,
ne pas voir,
être la base,
avec metta
gigi
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