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Trinlé Lhamo Membre actif

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Inscription : 16 Fév 2007 Messages : 232 Localisation : clermont-Ferrand
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Posté le : 24 Sept 2007 19:22 |
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Lettre à un ami de Nagardjouna- Conseils sur le chemin
De Lama Tendzin, d’après un commentaire de Djamoeun Djou Mipam Gyatso
Je tiens à m’excuser d’avance de toutes es imperfections de ce qui va suivre, j’ai essayé de retranscrire le plus fidèlement possible tout ce qui a été dit, mais cependant des erreurs ont certainement dû se glisser. Je m’en remets à ceux qui sont beaucoup beaucoup plus avancés que moi sur le chemin pour corriger mes erreurs.
Voici la première partie de l’enseignement donné le 10 Juin 2007 au petit temple de Laussedat.
Nagadjourna s’adresse à un jeune roi indien, Shri Yajnâ en lui expliquant que tout ce dont il va lui parler est le vrai Dharma, tel que l’a énoncé et expliqué le Bouddha.
A- Succinctement :
Nagadjourna présente les six éléments dans lesquels il faut avoir foi, et qu’il faut garder en mémoire :
-Le Bouddha
-Le Dharma
-La Sangha
-La générosité => cause des bienfaits
-La discipline => base des qualités, de la pratique
-Les Dévas => cause et fruit (renaissance dans les mondes supérieurs)
I- Façon de se rappeler les Dévas :
· Cause : abandonner les 10 actes non-vertueux qui sont
- tuer, voler, conduite sexuelle incorrecte --> Actions du corps
- mensonges, discorde, mots blessants, bavardage --> Actions de la parole
- esprit de convoitise, de méchanceté, vues erronées et tâcher au contraire de cultiver une vue correcte --> Actions de l’esprit
Ainsi qu’avoir une bonne hygiène de vie (ne pas s’intoxiquer, se droguer, manger à n’importe quelle heure…)
--> FRUIT DE TOUT CELA vie dans le monde des Dévas (des dieux), un monde supérieur au monde des humains
A propos de ceci, à la fin, en commentaire, suite à une question, il a été précisé que ce n’est qu’un pas sur le chemin, ce n’est pas cela qu’il faut viser, c’est juste une première étape sur la Voie à parcourir, et c’est pour aider à mieux intégrer toutes ces notions.
II- Générosité :
Les jouissances matérielles sont impermanentes, et l’on éprouve toujours une insatisfaction par-rapport à ce que l’on a déjà (on souhaite toujours en avoir plus).
--> Ainsi, Nagardjouna conseille de pratiquer la générosité avec un « esprit pur », et une motivation correcte envers les moines, les brahmanes, les mendiants, les amis qui vous ont aidés.
La générosité sera notre meilleure alliée pour les renaissances suivantes.
III- Le rappel de la discipline :
La conduite correcte comprend 4 qualités :
· cette discipline n’a pas de défaut
· appliquer tous les remèdes pour éviter de perdre cette discipline
· elle ne doit pas être mêlée à une voie mondaine, mais associée à une voie de libération du samsara
· elle ne doit pas être souillée par des « défauts », des mauvais états d’esprit
La discipline la base des qualités de ce monde et de l’éveil.
B- Résumé de la Voie :
Nagadjourna évoque l’importance de la pratique des 6 paramitas (générosité, discipline, patience, enthousiasme, méditation, sagesse).
Paramita signifie aller au-delà --> du samsara (si on pratique vraiment, sans conception de dualité moi/autres qui est à la base de la sagesse)
I- Générosité :
Elle est importante envers tous ceux qui sont dignes d’êtres honorés : parents, amis, les « grands » (notre maître, des êtres réalisés…), ceux dans le besoin.
II- Discipline :
Plusieurs points sont évoqués :
· a- Ce qu’il faut abandonner afin d’avoir une discipline correcte : tout ce qui va nuire aux autres (tuer, voler, adultère, mensonges…)
b- Eviter le laisser-aller, l’utilisation de drogues (alcool…)
c- Aspects de la vie courante : manger à des heures correctes (pas dans l’après-midi, ou la nuit par exemple), abandonner l’attachement aux sièges élevé qui développent l’orgueil, les chants, les danses, les ornements du corps
Certains prennent ce vœu.
Il est dit que cela permet de renaître avec un beau corps dans le monde des Dévas, ou des humains.
· Abandonner l’avarice, la fausseté (dissimulation, hypocrisie), l’attachement à soi, aux objets matériels, aux plaisirs des relations sexuelles, à la paresse, l’indolence, l’orgueil, l’attachement aux choses agréables, l’irritation face aux choses désagréables, la suffisance, l’autosatisfaction
--> Nagardjouna conseille au roi de tâcher de reconnaître quand un de ces états est en lui, (en nous), puis de le considérer comme un ennemi, pour pouvoir ensuite arriver à le lâcher.
· Cultiver tout ce qui est favorable à la discipline : le conscience morale qui permet par la suite de cultiver la vertu (auto-discipline)
Cet état permet d’aller vers l’éveil, tandis que le laisser-aller, c’est souffrance donc nous maintient dans le samsara.
Ici, le lama a évoqué plusieurs pratiquants comme exemples historiques de personnes ayant divers attachements, et qui finalement en pratiquant avec discipline sont devenus arahant ou boddhisattvas.
Le lama a été très rapidement sur ce passage et ne connaissant pas encore assez de choses sur le bouddhisme et son histoire, je n’ai pu noter précisément les exemples fournis.
Ces exemples étaient surtout évoqués pour nous montrer qu’il est possible de progresser sur la voie de l’éveil en partant de ce que nous sommes, et en pratiquant petit à petit on peut et doit espérer arriver à un stade suivant. C’est ce qu’il nous a fait comprendre.
III- Patience :
1- Instructions pour abandonner l’irritation :
Nagardjouna rappelle que cette paramita est inégalée. Il conseille au roi de ne pas laisser une opportunité à la colère.
Quand la colère est abandonnée, on atteint un état supérieur de non-retour, acquis.
2- Rancune à abandonner :
Ces états d’esprit (cette personne m’a fait du mal, celui-ci a proféré des mots blessants à mon endroit…) tous ceux-ci doivent être lâchés « car si on les garde, c’est un peu comme si on se préparait à partir en guerre ».
« Si on lâche, on n’aura plus de souffrances dans l’esprit et on pourra dormir tranquille. »
(Ce sont les propos tels quels de Lama Tendzin)
3- Particularité de l’esprit :
Ici une comparaison est faite entre l’esprit et à un dessin dans divers éléments.
Nagardjouna évoque trois types d’esprit :
- une esprit semblable à un dessin sur l’eau, il est très instable
- puis un dessin dans le sable, il est relativement stable
- puis un dessin dans de la pierre, il est très stable
Il met en avant une progression de l’esprit entre le premier et le dernier, le dernier état, étant un esprit sans facteurs perturbateurs.
4- Abandonner les mots blessants :
Ils sont circonstances de la colère.
Nagadjourna présente 3 types de personnes au roi Shri :
- Bouddha : ses parole sont harmonieuses, réconfortent -> Parole telle que le miel
- Etres qui disent la vérité -> Parole telle une fleur
- Etres qui parlent d’une manière insensée et blessante -> Parole telle des excréments
IV- Enthousiasme :
1- Nagadjourna donne un conseil au roi : il lui explique qu’il existe 4 catégorie d’êtres :
- Ceux qui vont de la lumière vers la lumière : ils sont heureux et vont vers la bonheur par leur actions
- Ceux qui vont du noir vers le noir : ils sont dans le malheur et vont vers la souffrance par leurs actes
- Ceux qui vont de la lumière vers le noir : ils vont du bonheur vers la souffrance
- Ceux qui vont du noir vers la lumière : ils sont malheureux et vont vers le bonheur par leurs actions
Puis il explique au jeune roi qu’il doit se situer dans la première catégorie (il a les circonstances favorables à son bonheur dans cette vie présente, et doit se diriger vers le bonheur dans la prochaine vie par ses actions).
2- Instructions pour s’efforcer avec une motivation pure et une action pure :
De même, il explique qu’il y a encore ici 4 catégories d’humains avec pour caractéristiques :
Le fruit mûr à l’intérieur correspond à une motivation pure, et à l’extérieur à une action pure.- Fruit non-mûr à l’intérieur mais mûr à l’extérieur
- Fruit mûr à l’intérieur et mûr à l’extérieur à Ce qu’il faut être ( sinon à quoi sert d’avoir une motivation correcte et de ne pas la traduire par des actes correspondants, ou de faire des actes sans motivations correcte )
- Fruit mûr à l’intérieur et non-mûr à l’extérieur
- Fruit non-mûr à l’intérieur et non-mûr à l’extérieur
V- Méditation :
1- Phase préparatoire : manière d’abandonner la distraction
Divisée en 4 parties : distraction par les sens, la richesse, les jouissances matérielles et les huit dharmas mondains.
a- Distraction par les objets des sens :
Nagardjouna donne aux rois de sinstructions pour tâcher de contrôler les sens, et l’attachement qu’ils entraînent.
a-1- · Ne par regarder la femme des autres , et si malgré tout le roi s’y laisse prendre quand même, qu’il la considère comme sa mère si elle est plus vieille que lui, comme sa fille si elle est plus jeune, et comme sa sœur si elle a son âge.
Malgré tout si l’attachement se développe quand même, il lui conseille de réfléchir sur les 36 constituants impurs du corps.
· Contrôle des sens :
Essayer d’empêcher l’esprit de partir dans tous les sens puisqu’il est naturellement agité
--> Le surveiller comme un petit enfant que l’on ne doit pas laisser sans surveillance régulière : avoir le sens de ce que l’on écoute ne pas être distrait (comme une mère qui a peur que son enfant chéri tombe dans un ravin)
ou comme un trésor important à nos yeux, ou encore comme notre vie si précieuse
--> Surveiller l’esprit et renoncer aux plaisirs sensoriels en les considérant comme un serpent venimeux, un poison, ou une arme tranchante, ou encore un endroit rempli de feu.
· Si on ne détourne pas son esprit de tout cela, qu’advient-il ? --> développement d’un grand défaut, on sera détruit par cela.
Nagadjourna s’en réfère alors à des propos du Bouddha lui-même.
Bouddha dit que c’est semblable au fruit Kimba. Il existe à l’ouest sur une île, un arbre fruitier avec des fruits sucrés très bons, mais si on le consomme le matin, on meurt l’après-midi.
Les sens sont des chaînes qui nous attachent à la prison du samsara.
· Louange de ceux qui savent « maîtriser » leurs sens :
Quand on a conscience de tout cela, de l’instabilité de nos 6 sens ( les 5 sens + les objets mentaux), et qu’on est capable de s’en détourner, on est vaiqueur (c’est cela le Vrai vainqueur).
Nagardjouna explique que vaincre un ennemi dans une guerre n’est pas très difficile, et qu’il est en revanche beaucoup plus difficile de sortir vainqueur de notre lutte avec les objets sensoriels, et les attachements qu’il induisent.
a-2- Abandonner la distraction dans la méditation :
-Remèdes : Nagardjouna explique au roi qu’il faut essayer de s’entraîner et de reconnaître ultimement l’objet des sens comme impermanents, vides d’existence intrinsèque. Il dit qu’il n’existe pas un autre enseignement avec de telles qualités.
Avec cet enseignement sur l’absence d’existence réelle, on peut détruire l’ennemi intérieur.
- Il explique ensuite les qualités :
Quelqu’un avec une bonne naissance, qui a beaucoup étudié… , si elle n’a pas la sagesse et la discipline correctes, n’est pas digne de louanges
Par contre, quelqu’un possédant juste ces deux dernières qualités sans connaissances intellectuelles, et qualités mondaines, celui-là est digne de respect et louanges.
b- Abandon des huit dharmas mondains :
Nagardjouna cite les 8 dharmas mondains au roi, ils sont :
1- le fait d’avoir des possessions matérielles
2- le fait d’en être privé
3- Le fait d’être heureux et de ressentir du plaisir dans le corps et l’esprit
4- Le fait de ressentir de la souffrance dans le corps et l’esprit
5- Le fait de vouloir entendre des mots agréables
6- Le fait de ne pas vouloir entendre de choses désagréables, sur soi notamment
7- Le fait d’apprécier d’entendre des louanges sur nous par quelqu’un en face de nous
8- Le fait de craindre et de ne pas aimer les critiques sur nous par derrière
Les gens dans le monde se basent sur tout cela et s’efforcent toujours d’avoir l’un et de rejeter l’autre.
C’est le concept de base de fonctionnement de notre monde dans le samsara.
Nagardjouna explique au roi l’importance de ne pas développer son égo, et d’essayer d’être indifférent à tout ceci, aux critiques ou aux louanges.
Il lui explique ensuite le fruit de ces 8 dharmas mondains :
--> Le fruit proprement dit : accumulation d’actes nuisibles pour soi-même et par-rapport à ses amis, brahmanes, dieux, parents, conjoint, entourage…
Le plein mûrissement des fruits nuisibles entraînent le renaissance dans le monde des enfers pour nous-même seulement.
L’acte négatif n’e,traîne pas tout de suite de la souffrance, il se manifest eseulement après la mort (souffrance à retardement)
--> ce karma nous accompagne toujours, comme notre ombre ; comme l’ombre d’un oiseau le suit
c- Distraction par les jouissances matérielles :
c-1- Bouddha Sakyamuni a enseigné qu’il y a 7 richesses (nobles joyaux) qui sont les vraies richesses à avoir :
1- la foi
2- la discipline
3- l’entraînement à l’écoute (des enseignements notamment)
4- l’entraînement à la générosité
5- la dignité = respect de soi
6- le respect humain/ des autres
7- la sagesse
Avec eux, on ne sera plus jamais pauvres, pour soi et envers les autres. Tout le reste n’est pas utile ne fait que nous enchaîner.
c-2- Choses à abandonner, qui n’apportent rien :- les jeux de hasard
- être dans une foule, regarder les gens (comme de la terrasse d’un café)…
- la paresse
- s’en remettre à de mauvais amis qui nous entraînent à faire de mauvaises choses
- boire de l’alcool
- voyager dans la nuit (dans des lieux non fréquentables, avec le risque de mauvaises rencontres, a précisé Lama Tendzin, pour adapter à notre temps)
--> Renaissance dans les mondes inférieurs
c-3- Remèdes :
Bienfaits du remède : Selon Bouddha, la meilleure de toutes les richesse est l’absence ou le peu de désir, et le contentement
Nagardjouna dit au roi qu’il faut vraiment développer le contentement de peu. Même si cette personne n’est pas riche, elle expérimentera du fruit positif, si elle se contente de sa situation.
Défaut de ne pas avoir ces richesses citées juste ci-dessus :
Nagardjouna explique au roi que quand on a beaucoup de richesses matérielles, il faut les accumuler, y faire attention, les faire garder, et on les perdra, au bout du compte, quand même. Cela entraîne beaucoup de souffrances.
Quelqu’un avec peu de désirs n’aura pas toutes ces souffrances.
Là, Nagardjouna évoque un exemple :
Les nagas qui ont des corps d’animaux, ont beaucoup de possession.
Plus ils ont de richesses, plus ils ont de tête de serpent. Leur roi étant le plus riche.
Mais plus ils ont de tête , donc de surface de chair qui vont se faire meurtrir , plus ils souffrent, car ils subissent des pluies de sable chaud.
d- Distraction par les jouissances matérielles proprement dites :
d-1- Attachement au conjoint :
Nagardjouna conseille au roi d’abandonner 3 sortes de femmes ( celles prêtes à tuer par jalousie, les dominatrices qui critiquent le conjoint, et les voleuses qui prennent sans demander)
Il lui conseille d’adopter une femme qui est comme sa sœur, en harmonie avec lui, ou comme une amie bienveillante, ou comme une mère, ou une servante, ou celle qui suit ses conseils car cela n’entraînera pas de perturbations dans la famille.
d-2- Attachement à la nourriture :
Il conseille de la considérer comme un médicament, il faut trouver la bonne dose et ne pas la dépasser
--> trouver la mesure de ce qui est nécessaire pour un repas et la prendre sans attachement ou irritation
Il dit au roi de ne pas la manger avec suffisance ou autosatisfaction, ou orgueil, pour défier les autres, ou pour vouloir développer son corps et être comme un athlète, ou encore pour rester jeune longtemps. Ce n’est pas correct.
--> Il faut manger uniquement pour soutenir le corps en tant que support de pratique du dharma.
d-3-Attachement au sommeil :
Le jour, il ne faut pas dormir, jamais, dit-il.
La nuit, on la divise en 3 parties, et on ne dort que celle du milieu.
Le moment où on dort, on doit essayer de le faire de manière intelligente, et transformer en pratique ; essayer de se rappeler quand on va dormir que c’est pour un support du dharma, afin de continuer à pratiquer vertueusement.
Rinpoché (qui a fait des commentaires sur certaines parties de l’enseignement) donne d’autres conseils :
Avant de dormir, avoir une certaine reconnaissance pour la journée que l’on a eu, et se focaliser sur la lumière qui dissipe les ténèbres afin de développer la volonté de réapparaître vite sous forme de lumière.
2- Ce qui favorise la méditation :
Nagardjouna dit au roi qu’il faut continuellement cultiver ces quatre illimités et de manière parfaite :
- Amour : Souhait que tous les êtres soient heureux
- Compassion : Souhait que tous les êtres soient libres de le souffrance
- Joie : Souhait que tous les êtres soient dans la joie
- Equanimité : Souhait que les trois premières illimités se répandent à tout le monde, sans barrières.
3- Méditation proprement dite :
Les quatres états de méditation : ou santem ?? (il me semble avoir compris ce terme mais comme je ne le connaissais pas, merci de me corriger)
-> Shiné/ Samatta : abandon progressif de certains facteurs mentaux (désir, méchanceté…), et obtention de bienfaits (joie…), Nagardjouna l’appelle le monde des dieux
-> 2ème santem ?: abandon de l’analyse des objets, et joie et bonheur importants , Nagardjouna l’appelle le monde de la claire lumière
-> 3èmè santem ?: abandon de la joie, et équanimité, monde d’accroissement de la vertu
-> 4ème santem ?: abandon du bonheur, état « stable », équanime, concentration, c’est le monde des fruits excellents (absence de souffrance physique et mentale)
Nagardjouna décrit ci-dessus les 4 étapes de la méditation et les « états » que l’on traverse successivement, et que l’on laisse ensuite derrière soi.
Ces 4 étapes de la méditation, il les appelle aussi les 4 dhyanas .
4- Conclusion pour cette paramita :
· Actes positifs ou négatifs très puissants : Nagardjouna explique au roi qu’il faut s’efforcer de faire de très grands actes positifs et abandonner les très grands actes négatifs.
--> 5 types de vertus ou non-vertus :
- Les actes répétés continuellement, positifs ou négatifs, prennent une grande force
- Les très forts états d’esprit, positif ou négatif, ont eux aussi une très grande force
- Le fait de ne pas appliquer de remède pour essayer de contrer un acte négatif
- Le fait d’accomplir un acte par-rapport à un support de qualité (les Trois Joyaux) par exemple
- Accomplir des actes positifs basés sur un support important (envers des parents qui nous ont beaucoup aidés…), ou faire des actes négatifs envers des gens ayant déjà des grandes souffrances
· Instructions pour développer une grande force de vertu en remède aux actes non-vertueux :
1- Nagardjouna compare les actes négatifs au sel que l’on peut verser dans de l’eau :
Un peu de sel dans un verre d’eau va changer le goût, mais un peu de sel dans le Gange ne changera rien. Il en est de même si on a développé une grande vertu, un peu d’actes négatifs ne se percevra pas, par-rapport à tous les actes positifs faits.
2- Manière d’abandonner les voiles qui empêchent la concentration :
Il en existe 5 :
- l’excitation : l’esprit est distrait par un objet, cet état est basé sur l’attachement
- le regret par-rapport à ce que l’on a fait à esprit non-tranquille
ils forment le premier voile
- 2è voile : l’esprit malveillant : le fait de vouloir nuire aux autres
- l’engourdissement mental
- le sommeilils forment le troisième voile
- 4ème voile : la volonté de vouloir aller vers les objets sensoriels agréables
- 5èmè voile : le doute par-rapport au chemin, aux fruits…
Ces voiles viennent prendre les richesses de la vertu.
Nagardjouna exhorte le roi d’y faire attention et de bien les reconnaître.
VI- Sagesse :
1- Résumé du chemin :Nagardjouna parle des cinq choses à faire :
- Développer la foi qui donne la volonté de pratiquer la vertu
- Développer l’enthousiasme qui donne également de la joie pour la vertu
- Cultiver la mémoire : ne pas oublier ce que l’on a appris
- Avoir une bonne concentration sur les supports de méditation
- Développer la sagesse qui distingue les défauts et les qualités
Nagardjouna exhorte le roi à vraiment cultiver ces cinq aspects. Ils sont aussi appelés les cinq grandes forces, sur le chemin de jonction, ou d’accumulation .
2- Explication de la façon de dissiper l’autosatsfaction par des remèdes :
Il faut avoir à l’esprit toujours et toujours que nous ne sommes pas à l’abri de la vieillesse, de la maladie, de la mort, de la séparation d’avec ceux que l’on aime, du karma.
Ce remède permet d’éviter de développer l’autosatisfaction et la suffisance (exemple cité : « ah j’ai développé la sagesse, ou la concentration, je suis quelqu’un de bien grâce à cela »).
3- Explication proprement dite de la sagesse :
a- Sagesse comme la base de toutes les qualités positives :
Elle est la base des mondes positifs ( vue excellente supra-mondaine), et des qualités positives (vue excellente mondaine).
Nagardjouna conseille au roi de s’entraîner à développer la vue excellente au niveau du monde, la vue correcte de l’esprit qui comprend la loi inéluctable du karma.
C’est avec cette compréhension que l’on peut espérer progresser vers l’éveil.
Quelqu’un qui a un vue erronée (le karma n’existe pas), même si elle accomplit des actes vertueux, le mûrissement de tels actes est la souffrance dans le monde des enfers, quasi-insupportable.
Commentaire de Rinpoché : Pourquoi ce mûrissement alors qu’il y a eu des actes positifs ?
La vue erronée entraîne un poids très fort qui écrasent les petits fruits tirés des actes positifs.
Les vues erronées (pas émotionnelles, ce sont des croyances profondes en soi basées sur l’ignorance, et non-superficielles) déracinent les racines de vertu.
b- Sagesse :
b-1- Nagardjouna invite le roi à examiner le « scanda » de la forme : est-ce que c’est moi ? à non, ce n’est pas moi, le moi ne réside pas dans le corps.
Il faut le faire aussi pour les trois autres (formations mentales, ??) je suis désolée, il est passé vite sur ce point, et ne connaissant pas bien ce sujet-là, je n’ai pas réussi à tous les retenir.
Il invite aussi le roi à analyser les agrégats constituants de l’être :
Ils ne sont pas produits par le moi, par le temps, par une cause (un de leurs constituants), par un créateur,…
--> qu’est-ce qu’on peut dire alors ?
Ils sont le résultat d’un concours de causes et circonstances, avec à la base l’ignorance, puis l’enchaînement des douze liens interdépendants.
b-2- La voie proprement dite :
· Les choses défavorables au chemin :
Instructions de Nagardjouna au roi : il faut bien comprendre qu’il y a trois choses de ce monde qui vont fermer la porte de la libération :
- le développement d’une surestimation de sa discipline et surestimer sa pratique
- la vue erronée par-rapport à un moi personnel, les cinq agrégats formant un soi
- nourrir des doute par-rapport au chemin et à ses fruits
· Conditions favorables :
- l’enthousiasme , faire des efforts, la libération dépend de soi-même (il faut s’appuyer sur « notre courant de l’être »).
- Développer la sagesse de l’écoute (textes et enseignements), la discipline et la concentration
- S’efforcer aux quatre nobles vérités (le chemin, comprendre la vérité de la souffrance, réaliser la vérité de la souffrance, et réaliser la cessation de la souffrance)
· L’essentiel de la pratique du mahayana :
Nagardjouna évoque trois types d’entraînement :
- à la concentration -> samadhi (il existe en tout plus de 150 exercices de méditation différents)
- à la sagesse
- ? (je suis désolée, je n’ai pas eu le temps de le noter mais les trois sont repris dans le plan qui va être développé)
b-2-a Comment se débarrasser des kléshas (émotions pertubatrices) ?
b-2-a1 Moyens pour se détacher de cette vie:
# Nagardjouna s’adresse là au roi comme à un grand seigneur. Il lui explique que pour la libération, il est nécessaire de s’appuyer sur la voie déjà parcourue par les bouddhas -> C’est la voie de l’attention et particulièrement au corps.
Citation du Bouddha Sakyamuni :
« Bikkhus, pour que les êtres se purifient, pour aller au-delà de la souffrance physique et morale, il existe une voie à parcourir ; cette voie, c’est l’attention au corps »
b-2-a-2 Moyens pour se détacher du samsara :
· Réflexion sur l’impermanence de cette vie :
I-> Réflexion sur l’impermanence de cette vie en pensant au caractère incertain du moment de la mort :
Vie = bulle d’eau exposée au vent
Ils existent différents facteurs extérieurs et intérieurs qui influent sur la vie.
Le fait d’inspirer après avoir expiré, ou se réveiller vivant le matin après avoir dormi la nuit est quelque chose d’extraordinaire sur lequel il faut réfléchir.
II-> Réflexions sur l’impermanence de cette vie en pensant au fait que l’on va mourir :
Le corps deviendra un cadavre desséché, ou des cendres si on le brûle à substances impures qui pourrissent avec le temps, rien de solide ou de substantiel. Tout redevient poussière.
Bien réfléchir à cela, le corps a déjà cette nature-là, qui lui inhérente.
III-> Méditer sur l’impermanence du monde extérieur :
La terre qui apparaît très solide (sols, montagne…), tout cela un jour à la fin de ce kalpa sera détruit (7 soleils vont apparaître et tout brûler, tout détruire). Tout ce qui apparaît comme permanent ne l’est en réalité pas.
IV-> Conclusion :
Tous les objets extérieurs, intérieurs sont impermanents et n’ont pas d’existence en soi. Il n’existe aucune protection dans le samsara capable de nous abriter, il n’y a pas de lieu en soi où s’installer et rester définitivement.
Le samsara est comparé à un bananier, car ce dernier ne donne que des fruits sans cœurs, sans noyau, sans rien de solide ou dur, il n’y a que de la pulpe, la chair du fruit.
Nagardjouna dit au roi qu’il faut vraiment qu’il renonce à ce samsara, qu’il en soit dégoutté.
· Précieux corps humain :
I-> Rare renaissance humaine :
Pour expliquer cela, Nagardjouna donne un exemple :
A la surface de l’océan, supposons qu’il y ait un anneau en bois semblable au cercle d’une charrue, et une tortue qui remonte du fond des océans, de temps en temps. La probabilité que la tortue passe son cou dans l’anneau de bois en remontant à la surface est plus importante que celle d’obtenir une renaissance humaine, après une condition humaine.
Nagardjouna exhorte le roi à faire fructifier son existence humaine en pratiquant le Dharma. Pas de temps à perdre en sachant cela.
Il dit qu’il ne faut pas la gâcher par des actes nuisibles.
Il compare au fait de se servir d’une coupe en or incrustée de turquoises pour ramasser du vomi, des excréments…On prendra cette personne pour folle ou stupide. Il en est encore plus de même en utilisant notre précieuse existence humaine à commettre des actes négatifs.
II-> Les 4 roues : les 4 conditions favorables de notre condition humaine :
Qu’est-ce qu’un support contenant les 4 roues ?
Les 4 roues :
- Demeurer dans une existence supérieure comme un dieu ou comme un homme avec des conditions favorables pour pratiquer.
- Conditions extérieures favorable : s’en remettre à un être excellent (excellent support) --> un ami spirituel comme le Karmapa
Le Bouddha a dit lui-même que cela permet de rassembler les conditions pour pouvoir se libérer. De nombreuses personnes ont atteint elles-mêmes l’éveil en s’appuyant sur des êtres éveillés.
- Souhaiter, soi-même, obtenir la libération
- Dans le passé, avoir accumulé du bon karma, qui est la cause pour nous développer sur la voie
Tout ceci est comparé à 4 roues d’un chariot car cela permet d’avoir un contrôle sur la pratique. Ce sont ces roues qui nous permettent d’avancer sur la voie du Bouddha.
Nagardjouna dit au roi « toi, tu as les 4 roues pour avancer ».
III-> Etre dépourvu des 8 circonstances défavorables :
1- Les vues erronées
2- La renaissance animale
3- La renaissance en tant que préta (je crois que ce sont les esprits avides)
4- La renaissance en enfer
5- Période où il n’y a pas d’enseignements du Bouddha, ou il n’est pas encore venu, ou bien il n’est plus écouté
6- Pays périphérique où il n’y a pas le Dharma
7- Pays où le Dharma est présent, mais ne pas avoir toutes les facultés sensorielles, et intellectuelles suffisantes pour pouvoir y accéder (handicap…)
8- Monde des dieux où l’on ne peut pas reconnaître les choses (aucune perception, sensation…)
Existence humaine sans tout cela -> liberté
Il faut s’efforcer de ne plus renaître dans le samsara à partir de maintenant.
c- Pour se détourner du samsara :
Samsara = source de nombreuses souffrances (manque du nécessaireà pauvreté, mort à la fin, vieillesse, maladie….)
è Raisons pour lesquelles il faut y renoncer, bien y réfléchir, dit Nagardjouna.
c-1 Explications détaillées :
Bien que cela ressemble à du bonheur, cela n’est pas fiable et on ne peut pas y compter dessus. En sachant cela, il s’efforcer de pratiquer la vertu.
· Aucune certitude : on ne sait pas qui sont les amis, les ennemis, quelqu’un qui a été notre mère peut devenir épouse, un ami devenir ennemi, un ennemi un copain…d’où aucune certitude
· Aucune satisfaction : nous ne sommes jamais satisfaits. Il explique que vu la quantité de nos renaissances, tous les êtres ont bu une quantité de lait équivalent à tous les océans autour du Mont « Soumérou » ( ?), et encore, les êtres n’ont pas progressé.
· Aucune certitude quant à notre fin : à chaque fois que chaque être meure, si on accumulait les ossements
, on obtiendrait une montagne plus haute que le Mont « Soumérou » (très haute montagne précise Lama Tendzin)
De même si on prend une petite boule de terre comme une boule de genévrier pour représenter une de nos mères, pour un seul être, toute la Terre ne suffirait pas.
· On ne peut pas se fier au fait d’avoir une existence positive.
Nagardjouna au roi : on peut être roi des dieux comme Inra qui habite au sommet du mont Soumérou, par la force du karma, même lui devra chuter et tomber sur Terre parmi les humains, ou les animaux ou pire encore, car il aura épuisé tout son karma positif, et si plus rien n’est fait , c’est le karma négatif qui reste qui agira par la suite.
· Rien de fiable et certain par-rapport aux partenaires agréables que l’on peut avoir (plaisirs sensoriels…)
· On ne peut pas se fier aux lieux de résidence excellents :
exemple : le monde des dieux est recouvert de pierres précieuses, agréables quand on marche mais un jour par la force du karma, c’est la souffrance de traverser un brasier qui devra être expérimenter.
c-2 Instructions pour pratiquer la vertu après avoir compris tout ce qui précède :
Prendre les 3 choses qui suivent
- Générosité
- Discipline
- Méditation
comme la lampe qui va éclairer les ténèbres du samsara
Sans la lumière du bon karma, on se trouve dans les ténèbres de la souffrance, et c’est insupportable, dit Nagardjouna.
c-3 Instructions :· Comprendre la nature de la souffrance du samsara ;
1- Monde des enfers :
Résumé : les êtres qui ont accumulé des actes négatifs (corps, paroles, esprit devront pendant très longtemps expérimenter les souffrances des différents enfers (êtres écrasés par différents moyens, enfer des lignes noires tracées sur le corps et découpées par des scies, corps mutilés par les brûlures, le feu…)
Nagardjouna dit que si cet exposé ne nous effraie pas, c’ets que nous avons des cœurs de diamant (pierre).
Le plus grand des bonheurs est d’être libéré de ces 3 mondes d’existence, le plus grand malheur est l’enfer « Avishi » où il est possibble d’expérimenter cette souffrance pendant un million d’années tant le karma négatif n’est pas épuisé et sans mourir.
Instructions pour abandonner la cause d’une telle renaissance :
Ces enfers sont le fruit de la non-vertu, les actes négatifs de la parole (mentir…), du corps (tuer…) et de l’esprit (convoitise…), de façon large et importante.
Nagardjouna souligne l’importance de vraiment s’efforcer du mieux que l’on peut pour qu’il n’y ait pas même un petit atome de négatif.
2- Monde des animaux :
Souffrance générale [u] [i]: situation où l’on est tué par les autres, attaché, fouetté, frappé… On subit des humains et des autres animaux.
On ne peut pas pratiquer la vertu, on se mange les uns les autres --> actes négatifs sans fins.
Certains sont tués pour les perles, la fourrure, l’ivoire, le sang, la viande… Ils n’ont aucun choix.
Ils sont pareils à des esclaves.
La cause de cette renaissance est un état de « stupidité ».
3- Mondes des prétas :
On subit toutes sortes de souffrances intolérables et continuelles, le manque de ce qui est nécessaire (expérience de la faim, la soif, la peur, la panique, car il y a des soldats pour les surveiller en permanence…).
La cause de cette renaissance est la joie de garder pour soi, l’avarice.
Je suis désolée, je n ‘ai pas pu aller à la fin de cet enseignement qui a duré plus longtemps que prévu.
Il nous avait été annoncé au grand temple du Bost et non au petit du monastère de Laussedat. Et le jour prévu quand j’y ai été, j’ai demandé, il y avait une grande foule, et finalement, ce jour-là était donnée par sa Sainteté le 17ème Karmapa Trinley Thayé Dordjé une initiation au rituel de Dordjé Sempa. Ce qui m’a permis d’y assister et le rencontrer, car je ne le savais pas (heureux hasard !). Mais personne n’a pu me dire quand aurait lieu la dernière partie.
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Toupten Zangpo Membre d'honneur

Age: 42
Sexe: 
Inscription : 21 Oct 2005 Messages : 1488 Localisation : Coulommiers (77)
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Posté le : 26 Sept 2007 13:11 |
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bonjour et merci pour cet enseignement que tu as pris le temps de nous retranscrire et qui est interressant
amicalement
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Trinlé Lhamo Membre actif

Age: 26
Sexe: 
Inscription : 16 Fév 2007 Messages : 232 Localisation : clermont-Ferrand
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Posté le : 26 Sept 2007 15:09 |
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Merci. Je tenais à m'excuser quand même des nombreuses imperfections liées, à mon manque de connaissance...et e l'absence de la dernière partie, même si j'ai tâché de retranscrire tout ce que le lama disait.
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