| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
Seunam Gyamtso Membre d'honneur

Age: 28
Sexe: 
Inscription : 09 Jan 2006 Messages : 2613 Localisation : Coulommiers 77
|
Posté le : 02 Oct 2007 12:35 |
|
|
La sagesse
ENSEIGNEMENT DE LAMA YÉSHÉ LOSAL
Extrait de l’ouvrage de Lama Yéshé Losal intitulé, Living Dharma
Dzalendara(2001), ISBN : 0906181216
Traduit de l’Anglais par Corinne SEGERS.
Un esprit agité par trop de pensées ressemble à l'eau bourbeuse d'un lac agité par des courants de fond. Si les courants se calment, la vase et les saletés se déposent et l'eau calme devient pure et transparente. On peut voir à travers une eau claire et on peut même la boire. Un esprit paisible est comme une eau pure et claire, toutes les pensées et les émotions qui le perturbaient se sont calmées. Nous pouvons alors tout accomplir sans qu'il soit nécessaire de trop penser. Avec de la stabilité, du calme et de la sagesse, tout devient simple. Lorsque nous réfléchissons trop, nous manquons de stabilité et de sagesse, nous sommes un peu comme des aveugles tentant de se frayer un chemin au milieu d'une grande foule : nous bous-culons les gens et, en définitive, c'est la chute!
Cessons donc de croire que méditer et ne pas penser est une perte de temps. Réduire la pression que nous imposons à notre esprit en arrêtant de penser constamment est ce que nous pouvons faire de plus merveilleux et de plus profond. La sagesse est absolument nécessaire dans tous les aspects de la vie. Nous avons tous besoin de sagesse. Certains me parlent parfois de gens qui savent tellement de choses dans tellement de domaines, qui sont si "sages", mais je crois quant à moi qu'ils confondent sagesse et simples connaissances. De nos jours, tous les enfants vont à l'école et appren-nent un tas de choses, l'accès aux connaissances ne constitue plus un problème. La plupart des gens en savent en général bien plus que nécessaire. Toutefois, sans sagesse, de grandes connais-sances ne servent pas à grand chose. A quoi bon avoir la tête bourrée d'informations si on ne sait pas comment les utiliser à bon escient ? C'est pourquoi la sagesse est essentielle. .....(top)
Je crois que nous avons besoin de sagesse dans toutes nos activités quotidiennes. Nous pou-vons par exemple nous demander si la recherche d'un/e partenaire et de relations vaut vraiment tout le mal que nous nous donnons. Il est clair que nouer des liens prend beaucoup de temps et qu'il faut une attention constante, énormément de doigté et de tact pour maintenir nos relations et ne pas froisser nos amis ou notre partenaire. Et pourtant, un jour ou l'autre ces liens se détériorent ou se brisent. Tous nos efforts ont été vains et il ne nous reste plus que la souffrance. Nous n'avons cessé de marcher sur le fil d'un rasoir, pour finale- ment faire un faux pas et nous blesser. Je suis assez perplexe en ce qui concerne ce que vous appelez "l'amour libre" en Occident. C'est fort bien, cela semble excellent d'avoir des relations avec tous ceux ou toutes celles que vous désirez, mais pour fonctionner vraiment, vous devriez aussi vous défaire des émotions et de l'at-tachement car tout attachement va de pair avec la souffrance. Pourtant, il me semble que ce soit un peu le monde à l'envers. Tout en agitant le drapeau de la liberté, vous vous faites les champions du désir, des passions et du plus intense des attache-ments ! Vous êtes tous impliqués au niveau le plus profond dans la saisie, la possessivité et la jalousie. Cela me semble bien peu compatible avec une quelconque liberté ! Pour être vraiment libres, vous devriez vivre comme des oiseaux. Les oiseaux volent et se posent où ils veulent. Quant à vous, partisans d'une soi-disant liberté, vous essayez d'attraper un oiseau et dès qu'il est dans vos filets, vous le mettez dans la cage de votre jalousie. Cela vous semble la seule façon d'en-tretenir une relation de couple. Mais le bonheur auquel vous aspirez ne peut coexister avec la jalousie ! J'ai l'impression que, la plupart du temps, vous souffrez davantage quand vous êtes en couple que si vous étiez seuls. Cette succession de relations qui se font et se défont, de mois en mois, d'année en année, sans fin, me semble une source constante de souffrances. Etre vraiment complètement libre signifie soit pouvoir se passer complètement de relations soit ne ressentir aucun attachement en passant d'une relation à l'autre. Vous aspirez à l'existence des dieux : une vie qui ne serait qu'une succession de jouissances, de plaisirs, de distractions, de joies et de bonheur, mais si vous mêlez tout ce que vous faites aux poisons de la jalousie, de la colère, du ressentiment, de l'orgueil et de l'attachement, vous n'obtiendrez que toujours davantage de souffrances. Si vous voulez la liberté, personne d'autre ne peut vous l'offrir, vous devez l'acquérir par vos propres efforts pour vous défaire du désir et de l'attachement. Ce n'est qu'ainsi que vous pourrez accéder à la liberté totale. Tant que vous êtes rongés par le manque et le désir, vous ne pouvez pas prétendre à la liberté. Dans la tradition du Mahamoudra, on parle d'être "sans peur et sans espoir"! Si nous n'espérons rien, si nous n'attendons rien, nous n'aurons jamais peur de ne pas obtenir ce que nous n'avons pas ou de perdre ce que nous avons. La peur vient de l'espoir. Dès l'instant où nous espérons quelque chose, la peur surgit, la peur que notre espoir ne se réalise pas. Et au moment pré-cis où nous obtenons ce que nous souhaitions, la peur est encore là, la peur de le perdre. Pris entre l'espoir et la peur, nous ne cessons de souffrir.(top)
En parlant de problèmes de couples, je songe à un domaine qui lui est lié et dans lequel l'usage de la sagesse serait aussi bien utile, à savoir les enfants et leur éducation. Simplement parce qu'elles appartiennent au sexe féminin, tant de femmes et de jeunes filles pensent qu'elles doivent absolument avoir des enfants. Mais pourquoi ? Vous ne devriez avoir des enfants qu'à condition de pouvoir leur transmettre ce que j'appellerais une "bonne lignée". Je suis là pour vous transmettre une lignée spirituelle, mais les "lignées familiales" sont aussi très importantes. Quelqu'un qui a souffert pendant son enfance en portera les séquelles et en voudra toute sa vie à ses parents. Une femme n'a pas à prouver sa féminité en ayant des enfants. Ce n'est pas non plus parce que les autres femmes ont des enfants que vous devez nécessairement en avoir, ni parce que c'est ce que tout le monde attend de vous. Ça n'a aucun sens. Si vous êtes sage, dites-vous que vous ne devez pas simplement suivre un modèle que la société vous impose et demandez-vous plutôt ce que vous pouvez vraiment offrir à un enfant. Vous ne devriez avoir d'enfants qu'à partir du moment où vous êtes prête à vous engager à être la meilleure mère possible. On ne doit pas mettre au monde un enfant parce qu'on a envie d'une poupée à dorloter! Un enfant n'est pas un jouet, c'est un être humain qui a jour et nuit besoin d'amour et de soins attentionnés. Ce n'est pas à moi de vous dire à quel point s'occuper d'un enfant prend du temps et de l'énergie, vous en êtes tous conscients. Or si votre travail vous accapare déjà complètement, si vous êtes déjà stressée au maximum, pourrez-vous donner à votre enfant l'amour et les soins dont il a tant besoin ? Si vous êtes incapable de vous en occuper convenablement, l'enfant souf-frira toute sa vie. J'aborde ce sujet parce que je crois que présenter la possibilité d'envisager une autre approche peut être utile à beaucoup de gens. J'ai rencontré tant de fils et de filles de familles aisées qui m'ont confié : "Je me fiche de ce que mes parents me donnent. Leur argent, ça ne vaut rien pour moi, c'est leur amour, leur affection, leur attention que je veux. Leur fric, ils peuvent le garder !" Si vous ne prenez pas le temps de vous occuper de vos enfants, de leur donner votre temps et votre amour, pensez-vous que leur dire que c'est pour eux que vous travaillez si dur, pour gagner de l'argent que vous leur laisserez plus tard, pensez-vous que cela peut compenser le vide et le manque d'affection qu'ils ressentent ? Un adulte peut prendre soin de lui-même, mais un enfant dépend totalement de ses parents dans tous les domaines. L'abandonner à ce moment crucial de son développement fera de lui un être qui toute sa vie manquera de confiance en lui et ne pourra accorder sa confiance à personne. Il n'a pas appris la confiance. Au moment où il était le plus vul-nérable, ceux dont il attendait tout l'ont délaissé, comment pourrait-il désormais faire confiance aux autres ? Parvenir de nos jours en Europe à nourrir sa famille n'est pas un problème. Le prob-lème, c'est la stabilité mentale. Les parents doivent donner à leurs enfants une assise, une cer-taine stabilité grâce à laquelle ils auront le senti-ment d'avoir une orientation dans la vie et la capacité de survivre dans ce monde. Si un tel fondement n'existe pas, c'est toute la famille qui en souffre et les parents vivront des moments bien difficiles lorsque leurs enfants grandiront. Beaucoup de parents ne sont pas préparés aux responsabilités qui les attendent. Combien de gens prennent des engagements qu'ils ne sont même pas capables de tenir plus de six mois ? Or fonder une famille représente un engagement bien plus conséquent : il s'agit de complètement prendre en charge d'autres êtres jusqu'à ce qu'ils soient eux-même devenus des adultes autonomes! Avant de mettre des enfants au monde, ne devriez-vous pas vous demander si vous avez suffisamment de force et de sagesse pour assumer un engagement aussi lourd pour une période d'au moins 21 ans?
Si vous voulez vraiment vous occuper d'un enfant, pourquoi ne pas parrainer l'un de ces millions d'enfants qui meurent de faim de par le monde ? Votre propre enfant considérera tout ce que vous ferez pour lui comme un dû et vous ne recevrez même pas un merci pour votre peine, alors que les enfants des autres vous seront tellement recon-naissants du moindre geste que vous ferez pour les aider ! Il y a bien sûr des parents qui se dévouent pour bien élever leurs enfants. Ils leur apprennent ce qu'il faut faire et ne pas faire et ils y réussissent jusqu'à ce que l'influence du monde extérieur sup-plante la leur. A l'école, ils entrent en contact avec d'autres enfants qui leur font sentir que leur bonne conduite est ringarde et que, s'ils veulent s'intégr-er, ils ont avantage à les imiter et à fumer un joint comme eux. Et c'est parti, adieu la discipline ! A quoi bon faire tant d'efforts pour donner à ses enfants une bonne éducation si c'est pour voir ces efforts réduits à néant dès qu'ils fréquentent l'é-cole ? La plupart des jeunes ont besoin de faire partie d'un groupe et ils imitent ce que font les autres pour ne pas avoir l'air bizarre. Par peur de rester seuls sans amis, ils finissent par faire comme tout le monde pour rejoindre la bande. En plus, comme ils goûtent maintenant au fruit jusqu'alors défendu par leurs parents, ils ont l'im-pression de se libérer, ressentent l'ivresse de bris-er des interdits, et trouvent cela génial. Ici aussi, nous aurons besoin de sagesse pour aider ces jeunes et leur montrer qu'il y a d'autres façons de profiter de la vie. Il y a heureusement tant de pos-sibilités de nos jours pour leur montrer les mer-veilles de la nature et les orienter vers une vie saine plutôt que de les laisser détruire leur santé par l'abus de tabac, d'alcool ou de drogues. J'éprouve sincèrement beaucoup de compassion pour ces parents qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour bien élever leurs enfants et qui échouent complètement. Elever des enfants dans le monde actuel n'est pas chose facile. Cela ressemble à une vraie course d'obstacles. Si vous ne vous sentez pas de taille à affronter un tel défi, mieux vaut ne pas prendre la responsabilité d'avoir des enfants. On entend souvent comme argument inverse qu'il serait dangereux de laisser baisser le niveau démographique d'un pays, mais pourquoi faut-il nécessairement tant de bouches à nourrir ? Si un pays compte en définitive une population moins nombreuse mais constituée majoritaire-ment de gens biens et équilibrés, où est le prob-lème ? Pour l'instant, il semble au contraire que les gens biens se fassent chaque jour un peu plus rares ! .....(top)
Si nous nous refusons de suivre une voie spirituelle, toutes nos activités auront pour seul objectif de satisfaire des ambitions et des buts mondains dépourvus de toute certitude. Je me demande si actuellement les riches de ce monde ne sont pas plus à plaindre que les mendiants dans la rue. Ceux qui croient qu'ils seraient plus heureux s'ils étaient plus riches se trompent à mon avis complètement. Les riches sont rongés par l'anxiété et se font constamment du souci pour leur argent. Soyons plus réalistes, ni la richesse ni les relations n'assurent le bonheur. Etre sage sig-nifie rester honnête avec nous-mêmes quand nous faisons face à notre situation. Si vous mettiez dans votre pratique de la méditation autant d'énergie que celle que vous mettez dans votre poursuite des plaisirs mondains, je peux vous assurer que vous seriez beaucoup plus heureux. Je le dis pour votre seul bien. Si je ne me charge pas de vous le dire, qui le fera ? Vous n'aurez même pas conscience du problème et resterez convaincus que votre mode de vie est parfait, parce que vous êtes imprégnés de votre propre culture, de vos propres traditions : vous n'avez pas de recul. En tant qu'observateur extérieur, je vois les choses différemment et je suis bien placé pour vous signaler qu'une autre approche est possible. .....
Dans la plupart des cas, et quel que soit le degré d'émotion par lequel vous passez, vous pouvez réussir à dissoudre tous ces problèmes par la méditation. Peut-être ne devez-vous rien faire. Peut-être ne devez-vous rien dire. Et même si vous découvrez qu'il faut vraiment faire quelque chose, vous trouverez une approche juste pour gérer la situation. Les bouddhistes parlent toujours de la nécessité de combiner "méthode" et "sagesse", d'utiliser des "moyens habiles". Sans sagesse, pas de "moyens habiles" pour résoudre les problèmes. Les gens qui manquent de sagesse ne réfléchissent pas avant d'agir ou de parler, et ils créent ainsi de nombreux problèmes. Si vous êtes habiles, vous saurez ce que vous devez faire pour venir en aide aux autres. Vous ferez toujours attention à ce que vous dites pour ne pas heurter leur sensibilité...
La méditation est la bonne méthode pour développer une telle aptitude et, pour méditer, vous n'avez pas besoin de vous rendre dans les temples, de vous faire moine ou nonne ou de devenir Lama. Il vous suffit d'être ce que vous êtes et de simplement méditer là où vous êtes, quand vous en trouvez le temps. Une pratique régulière aiguisera votre vigilance. Comme je l'ai expliqué, la plupart du temps nous n'avons pas conscience de l'activité de notre esprit. Nous n'avons aucun souvenir des pensées dans lesquelles notre esprit s'est égaré. Aiguiser l'attention et la vigilance sig-nifie que nous restons conscients de ce que nous disons, de ce que nous mangeons, de ce que nous pensons, et cette conscience nous protège des ennuis majeurs. Le manque de vigilance est la cause principale des erreurs commises par la plu-part des gens. Selon le bouddhisme, si nous sommes vraiment attentifs notre pure nature de bouddha va se manifester et nos actions seront toujours en accord avec les situations. Les gens font des erreurs par manque de vigilance et de conseils avisés. .....
Source : http://www.samye.be/fr/enseignement/enligne/yeshe-sagesse2.htm
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sondages de ce forum Vous ne pouvez pas joindre des fichiers Vous ne pouvez pas télécharger des fichiers
|
|