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Jeep Membre

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Inscription : 19 Jan 2006 Messages : 45 Localisation : Toulouse
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Posté le : 11 Fév 2006 1:39 |
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Le Flambeau de la Voie de la Libération
Déshoung Rinpotché
Comité de traduction Lotsawa
Introduction
Hommage au Lama et à Manjusri.
La réalisation de l’état de parfait bouddha, le but vers lequel tendent toutes personnes ayant le bon karma d’entrer en l’insurpassable voie spirituelle, demande d’apprendre, par l’étude directe et indirecte, les actes de bodhisattva que sont les six perfections (paramita) : le don (dana) la discipline (sila), la patience (ksanti), le courage (virya), la méditation (dhyana) et la compréhension (prajna).
Parmi ces vertus, le moment venu, il s’agit d’étudier puis de méditer l’état de tranquillité (tibétain : chiné ; sanscrit : samatha) qui constitue l’essentiel de la perfection de la méditation ; et aussi d’étudier et de méditer la vision supérieure (tibétain : lhaktong ; sanscrit vipasyana) qui est l’essentiel de la perfection de compréhension (prajna). Je vais donc expliquer succinctement comment conduire ces pratiques.
Il ya trois approches pour développer ces méditations de samatha et vipasyana :
- Méditer samatha puis vipasyana,
- Méditer vipasyana puis samatha,
- Méditer les deux conjointement dès le début.
Ceux qui ont un bon karma, qui ont confiance en un maître spirituel et qui sont dotés
de courage et d’intelligence pourront réaliser ces pratiques facilement quelle que soit l’approche suivie. Pour eux, la méthode n’a donc pas d’importance. Par contre, ceux qui ont des aptitudes moindres devront d’abord et pendant longtemps pratiquer le repos tranquille (samatha), sans défaut et stable, car ils n’auraient pas, de prime abord, l’aptitude nécessaire pour méditer avec succès sur la perfection de compréhension (prajnaparamita, c’est-à-dire vipasyana).
Une autre approche consiste à développer l’expérience de la vision philosophique (c’est-à-dire une forme analytique de vipasyana), puis à développer l’état de repos tranquille (samatha) dans cette expérience ; samatha et vipasyana se pratiquent alors conjointement. Cette méthode est enseignée comme ayant des avantages pour diriger facilement les disciples et leur faire aisément découvrir l’expérience méditative.
Le Guide compatissant (le Bouddha) dans les sutras expliquant sa pensée définitive et ailleurs, ainsi que le grand Acarya Asanga (Thomé) dans le Bodhisattvabhumi (Djangsa) et le Sravakabhumi (Nyènsa), Jnanagarbha (Yéché Nyingpo) dans le Madhyamakahridayakarika (Ouma Nyingpo), Santideva (Chiwélha) dans le Bodhicaryavatara (Tcheudjouk), Kamalasila dans ses trois traités de méditation et Atisa (Djowo Djé) dans le Bodhipathadipa (Djangtchoub Lamdreun), ont conseillé de chercher d’abord l’état de tranquillité de l’esprit (samatha) puis de méditer sur la vision supérieure (vipasyana).
[Dans tous les cas] l’état de tranquillité de l’esprit (samatha) est le fondement nécessaire aux yogis, bouddhistes et non bouddhistes, pour abandonner les émotions conflictuelles. C’est de plus une méditation qui doit être accomplie par n’importe quel yogi du hinayana ou du mahayana. Dans le mahayana même, tous les yogis du vajrayana comme du paramitayana doivent pratiquer samatha. Cette pratique est ainsi la base la plus importante pour tous les yogis qui parcourent la voie spirituelle.
En cette époque des cinq dégradations, pratiquer d’abord la tranquillité de l’esprit (samatha) est un point très important pour ceux qui, comme moi, aspirent à orienter leur esprit vers la méditation. [Cette nécessité peut se comprendre par des analogies :] tout comme le reflet de la lune sur l’eau n’est pas clair sur de l’eau agitée ; ou encore tout comme pour dissiper l’obscurité et distinguer des fresques il faut conjointement la clarté d’une bougie et l’immobilité de l’air [la tranquillité de l’eau et de l’air correspondent à samatha, et la clarté de la lune ou de la bougie à vipasyana] ; pareillement un esprit qui n’est pas un seul instant sans pensées discursive [c’est-à-dire qui n’a pas la tranquillité de samatha] ne pourra découvrir l’intelligence primordiale de la vision supérieure (vipasyana). Et quand bien même lui arriverait-il de la saisir grossièrement, celle-ci ne pourrait être stable.
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