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La Sangha : "le moine agit en pleine conscience".

 
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Karma Samdroup
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Message Posté le : 18 Mars 2006 20:39  Répondre en citant

Dans le Mahâtanhâsankhâyasuuta des Majjhimanikâya (les "Moyens discours") du canon pâli, le Bouddha Shâkyamuni établit quelques règles simples qui doivent régir la vie d'un moine et celle de la communauté monastique (Sangha) qu'il a fondée. A l'origine et pendant des siècles, les moines, bhikshu ("mendiant vivant d'aumônes") furent des errants prêchant la doctrine. Ils ne se réunissaient que lors des saisons des pluies pour une retraite en commun qui durait trois à quatre mois (de juin-juillet à septembre-octobre), dans des vihâra, "lieux de séjour", constitués d'abord de huttes de feuillages, puis de bâtiments de pierre, qui au fil du temps, prirent de grands développements.

En principe, le Sangha n'était formé que de moines dûment ordonnés. Toutefois, les laïcs pouvaient y adhérer en tant qu'upâsaka ("assistants"), en prenant refuge dans les Trois Trésors, le Dharma, la Sangha et le Bouddha, son eiseignement identique à l'Ordre universel et la communauté et en prenant les cinq voeux des laïcs : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas commettre l'adultère, ne pas mentir et s'abstenir de boissons enivrantes.

L'ordination monastique avait lieux en deux temps. On pouvait devenir novice (shrâmanera) à partir de l'âge de huit ans. Lors de son ordination, le novice avait le crâne rasé et on le revêtait des habits monastiques. Il était confié à un percepteur (upâdhyâya) avec qui il habitait et prenait soin de lui. A vingt ans, le novice pouvait être ordonné moine. L'ordination majeure (upâsampâda) était très solenelle. Le jeune moine devait encore rester auprès de son percépteur pendant au moins cinq ans, après quoi il devenait autonome et pouvait accéder à la distinction de théra ("ancien"), reservée aux moines distingués par leur sainteté et leur érudition. Le moine était soumis à un très grand nombres de prescriptions : deux cent vingt-sept pour les moines, trois cent dix pour les nonnes, mais seulement l'infraction de huit d'entre elles entraînait l'expulsion définitive du Sangha.

En principe, l'ordination est prise pour la vie ; toutefois , elle peut être temporaire, pour le temps d'un retraite, par exemple. De plus un moine peut rendre ses voeux, quitte à les reprendre par la suite. A l'origine, les femmes ne furent admises par la Bouddha dans la Sangha qu'à la requête pressante d'Ânanda, à condition de respecter un plus grand nombre de prescriptions et de rester sous la dépendance des moines à qui elles devaient le respect.

Lorsque les moines vécurent dans leurs monastères, la mendicité demeura obligatoire, car il leur était interdit d'exercer un métier lucratif, comme d'avoir aucune possessionpersonnelle, le moine devait dépendre de la générosité des fidèles. Toutefois , en Chine, à la fin du VIII° siècle, la règle des moines chan fut modifiée. Le travail quotidien dans les monastères et dans les champs devint obligatoire, selon le précepte : "un jour sans travail, un jour sans nourriture" Les communautés chan en conquirent une indépendance qui leur permit de traverser sans dommage les persécutions de 845, à laquelle faillit succomber tout le monachisme chinois.

Sans doute, les institutions monastiques , et par là le statut des moines, se sont-elles modifiées à travers le temps et suivant l'espansion du bouddhisme, par exemple là règle du célibat n'est plus universellement observée. Elle reste stricte dans le Théravâda[i] et dans trois des grans ordres monastiques tibétains (Kagyüpa, Sakyapa et Gélugpa), mais les moines de l'ordre nyingmapa[i] (école des Anciens) peuvent se marier, et les moines japonais sant généralement, depuis la fin du XIX° siècle, des prêtres mariés.

Les moines bouddhistes n'en restent pas moins fidèles à l'esprit des origines : le renoncement, la primauté absolue donnée à la vie spirituelle, en vue de leur propre perfectionnement mais surtout afin de se mettre plus efficacement eu service des autres.

Jacques BROSSE


"Le Livre des SAGASSES"


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