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Seunam Gyamtso Membre d'honneur

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Posté le : 23 Avr 2006 22:14 |
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Sujets sur les six bardos dans l'ordre :
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Science de l'esprit
Les 6 bardos #6
Bérou Khyentsé Rinpoché
Résorptions successives, sensations et symptômes
Tout comme de notre vivant les différents éléments s'appuient les uns sur les autres pour former notre corps physique et subtil, à notre mort ils se résorbent les uns dans les autres, entraînant la production de signes internes et externes.
Lors de la résorption de la "terre" dans l'eau", le corps devient incapable de mouvement cohérent, Il devient impossible de maintenir la tête et on a l'impression de tomber, de glisser vers des profondeurs.
C'est le moment où le mourant demande qu'on le redresse sur son lit, qu'on remonte son oreiller ; il s'accroche aux draps comme s'il avait peur de tomber.
En général, rien ne peut le soulager car il s'agit d'une sensation interne de chute, un signe qui annonce vraiment l'imminence de la mort. A ceux qui ont activement pratiqué la méditation, apparaît également un signe secret consistant en certaines lumières qui commencent à se manifester en l'esprit, reflets de la luminosité primordiale.
Ensuite, vient la résorpiion de I'"eau" dans le "feu", associée à la dissolution du chakra du niveau du cœur. On constate à ce moment-là une irrégularité prononcée du rythme cardiaque, les muqueuses se dessèchent et on ressent une soif intense. Intérieurement, on perd le contrôle de ses émotions, qui s'élèvent subitement ; on peut se mettre en colère très rapidement.
Puis vient la dissolution du "feu" dans l' "air" accompagnée de la dissolution du chakra au niveau de la gorge. A ce moment, le corps commence à se refroidir par les extrémités et on a de plus en plus de mal à respirer ; les inspirations deviennent courtes et pénibles. Il est dit que l'on n'a plus alors que des respirations "froides", c'est-à-dire qu'on expire de l'air de plus en plus froid. Notre perception du monde extérieur devient précaire et intermittente ; à certains moments on reconnaît ceux qui nous entourent, à d'autres on est plongé dans la confusion.
A la dissolution de l'"air" dans l'"espace" correspond celle du chakra qui se trouve près des organes génitaux. Se manifestent alors les "râles" de l'agonie, c'est-à-dire de courtes expirations rauques et pénibles presque sans phase
d'inspiration.
A ce moment-là vont se produire des visions, des hallucinations qui varient grandement suivant l'individu, étant le reflet de l'existence qu'il aura menée. Celui qui a tué des hommes ou des animaux aura l'impression de voir ceux-ci se rapprocher pour se venger. Celui qui a mené une existence paisible et pratiqué le Dharma aura parfois l'impression que le Bouddha Amitabha vient le chercher, ou aura d'autres visions semblables de nature paisible ; il lui arrivera même de prononcer le nom d'Amitabha au moment de la mort.
Pour celui qui a développé une pratique intensive et dont l'esprit est stable, c'est le moment de se souvenir de son maître spirituel et de s'établir dans les pratiques du moment de la mort, de manière à n'avoir pas à subir les illusions du bardo mais à intégrer directement les champs purs. Se souvenir du lama et des yidams est toujours d'une très grande aide au moment de la mort, même pour ceux qui n'ont pas atteint un tel degré de stabilité.
Jusqu'à ce stade, il y a possibilité de revenir de la mort : on est dans ce que l'on peut appeler un coma profond. Ainsi certaines personnes, qui étaient sous l'emprise d'obstacles, peuvent revenir de ce qui était une mort apparente.
Le point de non-retour : fusion des deux principes vitaux
Ensuite vient la mort clinique, c'est-à-dire l'arrêt total du cœur et de la respiration extérieure ; c'est le moment de la résorption de l'élément "espace" dans la conscience. A partir de cet instant on entre dans un domaine d'où l'on ne revient pas. A ce point cessent tous les phénomènes de pensées discursives : l'esprit est soumis à des perceptions qui viennent de la dissolution de ce qui est l'essence même de la vie. En effet, durant toute notre existence, se trouvent en notre corps deux tiglés (billes, sphères) qui sont deux concentrations d'énergie subtile. Ces tiglés n'ont pas de couleur tangible, mais sont définis comme une sphère de lumière blanche au sommet de la tête, qui est le principe masculin provenant de notre père, et une sphère de lumière rouge au niveau du nombril, principe féminin issu de la mère. Ces deux tiglés sont les pôles de notre corps subtil. Au moment de la mort, ils vont converger vers la zone du cœur, faisant apparaître en l'esprit ce que l'on appelle le chemin blanc et le chemin rouge. La manifestation en l'esprit du chemin blanc — la descente du principe masculin — est comparée à cette grande clarté très belle, douée et blanche, qui apparaît dans le ciel lorsque la lune se lève. Le chemin rouge —remontée du principe féminin — se manifeste comme une grande clarté également très douée et belle, de couleur cuivrée, semblable à celle qui inonde le ciel avant le lever du soleil. Ces "chemins" se manifestent également au moment où l'on entre dans le sommeil, mais ils ne sont généralement pas perçus. Si l'on pouvait entrer consciemment dans le sommeil, on aurait l'opportunité d'expérimenter ces instants où la conscience est envahie d'un espace blanc puis d'une lumière cuivrée, dorée.
Au moment où les deux tiglés se rejoignent et fusionnent au niveau du cœur, se produit un obscurcissement total de la conscience, évanouissement complet de tout phénomène mental pouvant être parfois précédé de la sensation d'entendre
un bruit violent, comme un coup de tonnerre. Cette phase d'inconscience dure jusqu'à trois ou quatre jours pour les individus ordinaires ; pour ceux qui y sont préparés, elle peut ne durer que quelques secondes, voire être quasiment imperceptible. De cet état d'inconscience totale, on émerge dans la Claire-lumière du Dharmata, la nature fondamentale des phénomènes. Les grands méditants vont entrer directement dans la contemplation de cette Claire-lumière, sans cette phase de transition inconscience qui suit la fusion des deux principes vitaux.
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