Forums Sangha Rimé


Forums Sangha RiméFAQRechercheInscriptionConnexion

La Claire-lumière

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forums Sangha Rimé -> Dévelloppement: la voie du Mahayana -> Les Bardos
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Seunam Gyamtso
Membre d'honneur


Age: 29

Sexe: Sexe:Masculin

Inscription :
09 Jan 2006
Messages : 2753
Localisation : Coulommiers 77

Message Posté le : 23 Avr 2006 22:17  Répondre en citant

Sujets sur les six bardos dans l'ordre :
http://www.sangharime.com/viewtopic.php?t=787
http://www.sangharime.com/viewtopic.php?t=790
http://www.sangharime.com/viewtopic.php?t=791
http://www.sangharime.com/viewtopic.php?t=792
http://www.sangharime.com/viewtopic.php?t=793
http://www.sangharime.com/viewtopic.php?t=794
http://www.sangharime.com/viewtopic.php?t=795
http://www.sangharime.com/viewtopic.php?t=796
http://www.sangharime.com/viewtopic.php?t=797
http://sangharime.com/viewtopic.php?t=798
http://sangharime.com/viewtopic.php?t=799
http://sangharime.com/viewtopic.php?t=800
http://sangharime.com/viewtopic.php?t=801

Science de l'esprit

Les 6 bardos #11

Bérou Khyentsé Rinpoché

La Claire-lumière

Pour parvenir à la libération par la reconnaissance de la Claire lumière du Dharmata, la nature propre des phénomènes et de l'esprit, il faut donc s'entraîner de son vivant. Ayant eu un aperçu de la Claire lumière fondamentale à travers la méditation (Claire lumière "fils"), cette expérience va spontanément entrer en résonnance avec la manifestation de la Claire-lumière qui apparaît au moment de la mort (Claire lumière "mère") ; il y a alors réunion immédiate, fusion spontanée, libre de tout processus intellectuel - c'est la rencontre du fils et de la mère : l'enfant se jette naturellement dans les bras de sa mère dès qu'il la reconnaît, sans réfléchir, sans hésitation.
La Claire lumière fondamentale demeure inconnue pour la plupart d'entre nous ; elle est hors de notre perception, au-delà de notre compréhension, sans quoi nous serions tous déjà des Bouddhas... Par exemple, pour quelqu'un qui n'a jamais vu d'écriture, apercevoir des lettres immenses sur des affiches n'évoquera absolument rien ; par contre à celui qui sait lire apparaîtra une signification immédiate.
Pour rendre manifeste cette Claire lumière du Dharmata, on s'entraîne à la contemplation, c'est-à-dire à s'établir dans un état de calme et de clarté où l'on ne produit plus délibérément de phénomènes mentaux. Demeurant dans cette vigilance non-altérée, l'esprit devient capable de percevoir les choses non seulement dans leur apparence mais telles qu'elles sont réellement. Dans cet état, la manifestation apparente, qui n'est pas extérieure à l'esprit mais dépendante de lui comme son reflet propre, va se dissoudre en l'esprit même et laisser apparaître la nature fondamentale de tous les phénomènes.

Durant notre existence, cette reconnaissance ne peut s'effectuer le plus souvent que pendant de très courts instants. Quoiqu'il en soit, ce bref aperçu suffît à déclencher en l'esprit un processus qui permet ensuite, à chaque fois que l'on se trouve confronté à cette réalité de la Claire lumière, de la reconnaître immédiatement. Au moment de la mort, l'entraînement effectué portera ses fruits, d'autant plus qu'à cet instant l'esprit est débarrassé d'un certain nombre d'obstacles.

On peut aussi définir la Claire lumière en termes de base, chemin et fruit. La première est la base de tous les phénomènes et de l'esprit de tous les êtres. La seconde, celle du chemin, correspond à l'aperçu de la Claire lumière de base que l'on peut avoir à travers l'entraînement méditatif, dans le courant de notre existence. Cependant, du fait des circonstances et des voiles qui recouvrent l'esprit, on ne peut pas s'assimiler complètement à la Claire lumière fondamentale (ou de base). C'est au moment de la mort que la manifestation de la Claire lumière de base qui se produit alors peut apparaître comme évidente, grâce à la Claire lumière du chemin. Il s'agit de la reconnaissance spontanée de la Claire lumière fondamentale qui n'était en fait jamais séparée de nous-même ; on s'y assimile consciemment et cette réalisation dans la reconnaissance est appelée la Claire lumière du fruit.

Les Terres-pures

La Claire lumière du fruit correspond à la réalisation des Terres pures, chacune d'entre elles étant associée à l'un des cinq Dhyani Bouddhas qui sont l'essence pure des cinq agrégats, les constituants psycho-physiques de notre individu. Elles se divisent en Terres-pures du Dharmakaya, du Sambhogakaya et du Nirmanakaya. Il ne faut pas les considérer comme des endroits où l'on se rend ; ce sont des états d'être, de conscience, de manifestation en lesquels l'esprit s'établit.

Les Terres pures du Sambhogakaya sont difficiles d'accès car, pour y parvenir, il est nécessaire d'avoir atteint le huitième bhoumi (stade de réalisation de bodhisattva).

L'obtention des Terres pures du Nirmanakaya exige la complète purification du voile des émotions conflictuelles. Parmi ces dernières, il en est toutefois une qui est relativement facile d'accès puisque, au lieu de cette purification, il suffit de développer une confiance totale pour y parvenir : c'est Déouatchene, la Terre-pure du Bouddha Amitabha. Cependant, d'une manière générale, il est nécessaire, pour atteindre les Terres pures du Sambhogakaya ou du Nirmanakaya, de réaliser la Claire lumière du fruit, reconnaissance de la Claire lumière de base au moyen de la Claire lumière du chemin. Comme il a été dit, celui qui opère cette reconnaissance n'a pas à traverser le bardo du devenir, mais s'établit en une Terre pure quelle qu'elle soit. Là, recevant directement des instructions de Bouddhas et d'autres bodhisattvas, il pourra poursuivre sa progression spirituelle et se manifester dans le monde à volonté pour le bien des êtres.

Il est cependant une autre catégorie d'êtres qui n'ont pas à passer par le bardo du devenir et qui sont amenés directement au bardo de la naissance à la mort (ou bardo de la vie). Ce sont les êtres au karma particulièrement négatif, ceux qui ont accompli des actes extrêmement nuisibles, qui se sont volontairement détournés de toute possibilité d'Eveil, qui ont sciemment brisé les liens initiatiques du Vajrayana... Du fait des dispositions extrêmement néfastes qu'ils ont établies en eux, ces êtres se plongent eux-mêmes dans les enfers, un état de souffrance intense pour un temps très long.




Dernière édition : Seunam Gyamtso le 24 Avr 2006 11:25; Edité 2 fois
Revenir en haut
Ce membre est déconnecté Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail Visiter le site web de l'utilisateur MSN Messenger
Seunam Gyamtso
Membre d'honneur


Age: 29

Sexe: Sexe:Masculin

Inscription :
09 Jan 2006
Messages : 2753
Localisation : Coulommiers 77

Message Posté le : 23 Avr 2006 22:18  Répondre en citant

Science de l'esprit

Les 6 bardos #12

Bérou Khyentsé Rinpoché

QUESTIONS/REPONSES

- Rinpoché pourrait-il rappeler la chronologie de l'apparition des cent deités dans le cadre des différents bardos ?

Il y a en fait deux phases d'apparition des cent déités paisibles et courroucées. Tout d'abord, lors du bardo du Dharmata, au moment de la manifestation de la Claire lumière fondamentale, apparaissent les cent déités sous la forme de lumières fulgurantes, de bruits retentissants, etc. Ensuite ces déités vont se manifester jour après jour pendant le bardo du devenir, sous une forme moins essentielle que précédemment.

- Comme il a été dit, on peut déterminer le type de renaissance en fonction de l'orifice par lequel la conscience quitte le corps. Cela implique-t-il que l'état d'existence à venir est déterminé dès cet instant et, dans ce cas, quel rôle joue le bardo du devenir dans le "choix" par la conscience d'une renaissance future ?

Dès l'instant où l'on entre dans le bardo du devenir il n'y a plus tellement de libre-arbitre, la conscience est poussée par le "vent du karma". Il faut vraiment l'intervention d'un maître spirituel pour nous aider éventuellement à éviter des renaissances inférieures et à trouver une condition d'existence propice. Cependant, dans la mesure où le processus suit son cours naturel sans intervention extérieure, on peut dire que le type de renaissance est en effet déjà déterminé.

- Dans quel type d'existence sont amenées à renaître les personnes qui sont forcées d'accomplir des actions très négatives, par exemple des enfants du Tibet qui sont contraints de battre ou de tuer leurs parents ?

Bien entendu, ce type d'action accomplie contre volonté et sous la menace n'a pas la même incidence que d'assassiner ses parents sous l'emprise de la haine. Il y a cependant une dette karmique qui se crée pour le tueur envers sa victime. Ce lien créé n'est pas foncièrement négatif ; en tous cas, dans une existence future, "l'assassin forcé" se retrouvera dans une situation où il devra venir en aide à son ancienne victime à travers des actes positifs de générosité : il aura cette personne à charge, par exemple.

- En Occident, il est d'usage d'effectuer immédiatement après le décès différentes manipulations plus ou moins respectueuses sur le corps afin de l'apprêter. La personne qui vient de mourir a-t-elle connaissance de cela et ressent-elle l'état d'esprit de ceux qui s'occupent de son corps ?

La plupart des gens ne se rendent pas compte de ce qui se passe, puisque ces manipulations sont effectuées juste après la résorption des principes vitaux, pendant la phase d'inconscience totale. Par contre, elles sont un obstacle pour un méditant qui demeure en méditation après la mort et qui est donc tout à fait conscient.

- Dans le cas d'un accident violent, il est impossible de se préparer au moment de la mort. Qu'en résulte-t-il ? Que faire aussi lorsqu'il ne reste plus rien du corps ?

Lors d'une mort accidentelle brutale, les différentes phases de résorption ne peuvent pas se produire correctement. Un excellent moyen de pallier ce risque est d'effectuer le powa du nirmanakaya, dans la mesure où l'on s'est entraîné durant sa vie ; cette pratique peut être effectuée instantanément, au moment même de l'accident. Si la personne a un lien particulier avec un lama, celui-ci peut ensuite effectuer le powa pour elle, ainsi que d'autres pratiques facilitant l'accès aux Terres pures. Bien qu'il soit plus facile de bénéficier de la présence du corps physique qui constitue un pôle d'attraction pour le principe conscient, lorsqu'il ne reste rien du corps il est toutefois possible pour un maître qualifié d'effectuer le powa, puisque le principe conscient est distinct du corps. Dans ce cas, le principe conscient est ramené sur un substitut du corps, une feuille de papier spécialement consacrée, qui le maintient durant le temps nécessaire pour l'envoyer dans les Terres pures.

- Jusqu'à combien de temps après la mort peut-on pratiquer powa pour quelqu'un ?

Lorsque le processus s'effectue normalement, le lama va aider le mourant en accomplissant le powa au moment adéquat, très précisément après l'arrêt de la circulation externe (arrêt de la respiration et du cœur) et avant l'arrêt de la circulation interne (énergies subtiles). Dans le cas d'un accident, le powa peut être effectué dans un délai de deux ou trois jours sans trop de difficultés. Au-delà, il faut faire appel à des lamas hautement qualifiés et spécialisés dans ces pratiques ; dans ces conditions, on peut parvenir à "récupérer" le principe conscient jusqu'à une quarantaine de jours après la mort.

- Qu'advient-il d'une personne qui a pris refuge et qui, plus tard, s'est suicidée ? Que peut-on faire pour elle ?

Une telle personne se trouve dans une mauvaise posture, parce que se suicider n'est vraiment pas positif. Bien évidemment, il faut par tous les moyens essayer de dissuader la personne de mettre fin à ses jours ; si l'on échoue, on peut faire des poujas et prières d'Amitabha, de Tchenrézi, du Bardo Thôdgi. Quant à ce qu'il advient d'un suicidé, il n'y a pas de règle générale, cela dépend beaucoup des motifs pour lesquels la personne a mis fin à ses jours : on peut se suicider dans un état d'esprit de violence et de rancœur, ou bien parce que l'on souffre beaucoup, ou même pour éviter des souffrances à autrui... Ceci dit, en mettant fin à ses jours, on stoppe prématurément un processus avant son échéance naturelle. Cela a pour effet de maintenir le principe conscient dans un état d'emprisonnement sans qu'il puisse trouver une nouvelle naissance, ceci pendant un temps parfois très long.

- Comment ces enseignements sur les bardos ont-ils pu être constitués, dans la mesure où il faudrait être revenu du bardo pour pouvoir en faire la description ?

Il y a plusieurs façons de savoir ce qui se passe dans le bardo. L'une d'entre elles consiste justement à en être revenu. C'est le cas de certains individus extrêmement rares appelés dé-lo, "ceux qui sont revenus de l'au-delà", qui décrivent avec une étonnante précision tout ce qu'ils ont vu et expérimenté dans le bardo, et qui sont également capables de révéler des choses ayant trait aux affaires courantes de la vie mais que personne ne devrait connaître, telles des secrets de famille bien gardés par exemple ! D'autre part, certains grands méditants parviennent à des états d'absorption méditative tels qu'ils développent ainsi la possibilité de retrouver le souvenir de leurs existences antérieures ainsi que des états intermédiaires du bardo. Il faut bien considérer le fait que les bardos sont une chaîne ; rien ne nous sépare de notre mort précédente, si ce n'est la naissance. La mort n'est pas une expérience nouvelle à venir mais quelque chose que nous avons vécu d'innombrables fois, et il est possible pour un méditant de retrouver ces expériences passées, de franchir le barrage de la naissance qui en occulte le souvenir conscient.

- Comment peut-on situer ces pratiques de powa et l'évocation des cent dettes du bardo par rapport aux pratiques chamaniques et autres courants religieux ?

Bien entendu le bouddhisme n'a pas le monopole de la mort ni de son approche pratique. Cependant, ce que l'on appelle les "cent divinités paisibles et courroucées" traduit une réalité universelle constitutive d'un bouddhiste comme d'un non-bouddhiste. Tous les êtres, tout ce qui possède un esprit, sont confrontés à cette même réalité. Cependant chaque religion, chaque civilisation a développé sa propre approche de la mort et ses pratiques spécifiques pour traiter une réalité commune à tous ; quant à powa et aux autres pratiques liées au bardo, il s'agit du traitement bouddhiste de cette réalité universelle qu'est la mort.


Revenir en haut
Ce membre est déconnecté Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail Visiter le site web de l'utilisateur MSN Messenger
Montrer les messages depuis :   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet Les heures sont au format GMT + 1 heure
   Forums Sangha Rimé -> Dévelloppement: la voie du Mahayana -> Les Bardos Page 1 sur 1

 
Aller vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sondages de ce forum
Vous ne pouvez pas joindre des fichiers
Vous ne pouvez pas télécharger des fichiers


Template zenGarden created by larme d'ange
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group