 |
|
| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
invité Invité

|
Posté le : 27 Mai 2006 12:05 |
|
|
ça m'intéresse tous ça et pas que pour l'homoseuxalité je me pose beaucoup de question sur une sexualité tout simplement en ce moment en étant bouddhiste pratiquant comme je le suis et je souihaite l'être.
En faites limites j'aimerai être moines, mais est-ce indispensable d'être dans un monastère pour être et vivre comme un moine?
J'aimerai bien vos opinion un peu.
Pour l'homosexualité le Dalaï lama a dit a plusieurs reprises, ma religion c'est l'amour, si deux hommes s'aiment alors je ne voit pas en quoi elle est en désaccord avec la religion du Dalaï Lama?
Il ne faut pas faire d'une doctrine ni d'une idolatrie des propos de Bouddha et ne pas oublier qu'ils ont 2500 que certaines choses ont pu evoluer.
Je lis que fellation et sodomie sont deconseiller dans le bouddhisme je ne savais pas? Quelqu'un pourrait développé un peu pourquoi?
Quel sont les rapport autorisé? Le cunnis par exemple et les préliminaire en général dans un couple hétéro (ben oui je parle dans mon cas) sont ils autorisé?
ça m'interresse tout ça.
Ou alors faut faire l'amour que pour avoir des enfants ? j'ai pas trop compris en faites merci a celui qui pourra m'éclairer.
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
cgigi2 Membre actif

Age: 57
Sexe: 
Inscription : 08 Déc 2005 Messages : 329 Localisation : Québec, Canada
|
Posté le : 27 Mai 2006 13:00 |
|
|
Voici ce que j'ai trouver sur le sujet si ça peut aider
Le Point : Que pensez-vous de l'homosexualité ?
Le dalaï-lama : Cela fait partie de ce que nous, les bouddhistes, appelons «une mauvaise conduite sexuelle». Les organes sexuels ont été créés pour la reproduction entre l'élément masculin et l'élément féminin et tout ce qui en dévie n'est pas acceptable d'un point de vue bouddhiste: entre un homme et un homme, une femme et une autre femme, dans la bouche, l'anus, ou même en utilisant la main.
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/tetes/dalai-lama/destin. html
avec metta
gigi
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
invité Invité

|
Posté le : 27 Mai 2006 13:42 |
|
|
ça voudrai dire que même la masturbation n'est pas pratiquable?
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
Toupten Zangpo Membre d'honneur

Age: 42
Sexe: 
Inscription : 21 Oct 2005 Messages : 1488 Localisation : Coulommiers (77)
|
Posté le : 27 Mai 2006 13:53 |
|
|
Bonjour,
La sexualité, quelle qu'elle soit n'est pas interdite dans le bouddhisme. Pour preuve, bon nombre de Lama sont mariés, ont des enfants et je ne pense pas qu'ils ne font l'amour que pour avoir des enfants, sinon ne se ferait qu'1 à 3 fois dans leur vie et pour cela pas besoin de se marier.
Pour ce qui est d'être moine Laurent, sache qu'il y a des moines laïques qui vivent comme tout un chacun.
amicalement
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
Toupten Zangpo Membre d'honneur

Age: 42
Sexe: 
Inscription : 21 Oct 2005 Messages : 1488 Localisation : Coulommiers (77)
|
Posté le : 27 Mai 2006 14:39 |
|
|
Il semblerait que de nos jours, à Los Angeles, cela soit OK de faire ou d'être tout ce qu'on veut, au plan sexuel... Et si vous avez assez de chance pour découvrir votre véritable identité sexuelle, vous serez heureux et accomplis pour le reste de vos jours.
Eh bien, en ce monde de Samsâra, ça ne marche tout simplement pas comme ça.
Le Bouddha, plus que toute autre chose, était un homme, qui est passé de l'enfance à l'âge adulte, s'est marié, et a eu son premier enfant à l'âge de 29 ans. Il est passé à travers toutes les étapes que traversent les hommes, au plan sexuel, et à l'âge de 35 ans, il a mis fin pour toujours à son désir sexuel dans le Nirvâna.
La grande question, aujourd'hui c'est, est-ce que le désir de sexe conduit toujours à la souffrance? La réponse est oui! Mais la raison pourrait vous en surprendre.
Dans tout ce qu'a dit le Bouddha à propos du sexe, il est clair que l'activité sexuelle ne pourra jamais satisfaire le désir sexuel.
Or, voilà un truc vraiment nul, si on y pense bien. On peut baiser mille fois, et en vouloir une mille et unième. On peut avoir 90 ans, être aveugle et infirme, et toujours en vouloir, même sans pouvoir y arriver physiquement. On ne pourra jamais se défaire de son désir sexuel en ayant des relations sexuelles. En fait, il semble bien que, plus on en a, et plus on en veut.
Je pense que le sexe ressemble beaucoup à la faim. Et pour être honnête, j'en ai tellement marre d'avoir faim. J'ai eu faim à chaque jour de ma vie. J'ai faim le matin, j'ai faim l'après-midi, j'ai faim le soir. Pensez à tout le temps et l'argent que j'aurais pu économiser si j'avais pu cesser de manger!
Donc demain, je vais me lever tôt, et manger autant que je le voudrai, et de tout ce que je voudrai? Tout ce qui a l'air bon, je vais en manger et continuer d'en manger, jusqu'à ce que je sois tellement plein et satisfait que je n'aurai plus jamais envie de manger de toute ma vie.
Si je faisais ça, qu'est-ce qui se passerait? Je m'éveillerais le jour suivant et j'aurais encore faim. Le sexe fonctionne tout pareil!
Vous pourriez vous dire: "Bien, Kusala est un moine, et les moines n'ont pas de relations sexuelles, donc peut-être que si je choisis le célibat, j'aurai pas à souffrir."
Si seulement c'était si facile!
Ceux qui choisissent un style de vie de célibataire (qui "désirent" ne pas en avoir) souffrent d'une autre manière que ceux qui choississent d'avoir des relations sexuelles (qui "désirent" en avoir). Mais tout le monde (y-compris les moines) souffre du sexe s'ils ont du désir.
La seule façon d'avoir du sexe et de ne pas souffrir, c'est de n'avoir aucun désir d'avoir du sexe. On dirait un "kôan Zen", n'est-ce pas? Pour mettre fin à notre souffrance, il nous faut mettre fin à notre désir, à notre avidité inextinguible, à notre soif.
Quand un bouddhiste met fin à son désir dans le Nirvâna, quelle raison pourrait-il avoir d'avoir du sexe juste pour le plaisir???
Le problème du sexe, selon le Bouddhisme, ce n'est pas l'activité sexuelle, mais le désir pour elle. Le désir sexuel d'un être humain ne pourra jamais, au bout du compte, être satisfait au moyen de l'activité sexuelle.
Source : Le problème du sexe dans le Bouddhisme par le Révérend KUSALA BHIKSHU (tiré d'une conférence donnée dans un High School -- lycée -- de Los Angeles)
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
Toupten Zangpo Membre d'honneur

Age: 42
Sexe: 
Inscription : 21 Oct 2005 Messages : 1488 Localisation : Coulommiers (77)
|
Posté le : 27 Mai 2006 15:05 |
|
|
Spiritualité et sexualité - par Bhante Henepola Gunaratana et Simon Alev
Une interview de Bhante Henepola Gunaratana par Simon Alev parue dans le magazine What is Enlightenment ?. Voir aussi le site français de Andrew Cohen. Traduction Christian Ousset.
Introduction
Dans un monde parfait, la toute première ligne de cette introduction aurait été : "La question de What is Enlightenment ? ne serait pas complète sans l'entretien suivant avec le Bouddha." Nous ne sommes pas dans un monde parfait, bien sur, mais What is Enlightenment ? pousse toujours à la perfection, et nous sentions que, en toute certitude, en tant que l'un des plus illustres hommes chastes de l'histoire, le Bouddha aurait eu un grand nombre de choses éclairantes à nous dire sur la relation entre sexualité et spiritualité, et nombre de commentaires sur le déclin de la chasteté et la popularité croissante des Tantras dans le monde spirituel moderne. Comment, nous demandions nous, notre question aurait-elle jamais pu être complète sans lui ?
Mais lorsque nous en avons parlé avec Bhante Henepola Gunaratana - ou "Bhanteji", comme il est appelé affectueusement par ses étudiants - il a mis nos esprits à l'aise. Ordonné moine Bouddhiste ayant fait vœu de chasteté à l'âge de 12 ans au Sri Lanka, son pays de naissance, Bhante Gunaratana est aujourd'hui, à soixante dix sept ans, un érudit et un auteur bouddhiste renommé, et le leader spirituel de la Bhavana Society, un centre de retraite monastique dans la vallée de la Shenandoah, en Virginie de l'Ouest. Suivant Bhante, notre interview avec le Bouddha n'aurait pas apporté de réelles surprises car en ce qui concerne la spiritualité et le sexe, les choses n'ont pas tellement changées depuis le temps du Bouddha. A notre époque il y a toujours, en termes relatifs, juste quelques moines, encore beaucoup de chefs de famille, et encore - comme Bhante pense qu'il y en aura toujours - de nombreuses âmes aventureuses convaincues que le sexe, et non la renonciation, va les conduire au sommet de la conscience humaine. Et le Bouddha, au cours de sa vie, a donné des enseignements, des préceptes et des avertissements pour répondre aux besoins spirituels des individus de chacune de ces trois catégories. Alors, quelles étaient les vues du Bouddha sur la spiritualité et le sexe ? Baignant dans le Dharma (enseignement spirituel) depuis sa jeunesse, Bhante Gunaratana répondit à nos questions avec une conviction qui ne laissait place à aucun doute, et un humour léger et communicatif qui a fait de cette conversation avec lui un inexprimable plaisir. Et comme l'heure qu'il nous avait réservée tirait à sa fin, il décrivit son expérience de chasteté de toute une vie - ses défis et récompenses - avec une douceur et un enthousiasme nés de la certitude que dans une vie d'absolue renonciation il n'y a absolument rien qui manque.
Interview
WIE: Pendant la préparation de cet interview nous plaisantions en disant que si nous pouvions réellement interviewer le Bouddha lui-même ce serait idéal, mais que de parler avec vous sur ce que le Bouddha aurait enseigné était ce qui venait de mieux tout de suite après.
Bhante Gunaratana: Je souhaite que nous puissions tous rencontrer le Bouddha et lui poser ces questions.
WIE: Un fait connu de tous ceux qui s'intéressent au Bouddhisme est que le Bouddha était un moine qui a fondé une tradition monastique ; c'est à cette même tradition que vous avez dévolu tant de temps et d'énergie pour l'amener en Occident. Pourquoi le Bouddha a-t-il mis autant d'emphase sur la chasteté? Pourquoi pensait-il que c'était si important ?
BG: Parce que ceux qui veulent atteindre la libération de dukkha, de la souffrance, doivent observer certains principes. En fait, pour ceux qui veulent vivre une vie monastique, la chasteté est obligatoire. Parce que s'ils sont engagés dans toutes sortes d'activités sexuelles, alors ils ne sont pas différents des laïcs, qui sont accaparés par toutes sortes de problèmes liés au sexe. Les aspirants à une vie monastique veulent vivre une vie très simple - ce qui est la raison pour laquelle les traditions monastiques existent - parce qu'en dernière analyse, c'est seulement lorsque nous nous débarrassons de notre avidité, de notre convoitise, de notre désir insatiable que nous pouvons nous libérer de la souffrance. Si notre intention est de surmonter la souffrance, alors nous devons nous débarrasser de la cause de la souffrance, et le désir sexuel est sans aucun doute une des causes de souffrance. Ceux qui veulent vivre la vie monastique doivent la vaincre pour vivre une vie qui n'alimente pas les racines du désir sexuel.
WIE: Est ce qu'il est correct de dire que si quelqu'un ne mène pas une vie monastique, si c'est un laïque, il lui serait beaucoup plus difficile, voir même impossible, de le faire ?
BG: Même les laïcs doivent mener une vie disciplinée ; ils doivent exercer une certaine retenue. Et c'est pourquoi il y a des préceptes à observer pour les laïcs; mais les gens ordinaires ne sont pas supposés être chaste. Les laïcs peuvent atteindre certains degrés d'éveil - ceux que nous appelons "entrée dans le courant" et "ceux qui reviendrons une fois" - avant de réaliser par eux-mêmes qu'il y a des problèmes et des difficultés inhérentes aux activités sexuelles. Des laïcs peuvent atteindre le troisième stade de la sainteté, qui est appelé "l'état de non retour". Mais peu de temps après avoir atteint ce stade ils décideront eux-mêmes, à partir de leur propre expérience, de leur propre compréhension, que l'implication dans la sexualité bloque le progrès de leur pratique spirituelle, et quand ils le réalisent, ils abandonne volontairement leurs activités sexuelles. La chasteté n'est pas quelque chose que l'on peut imposer par force.
WIE: Pourriez-vous entrer un peu plus dans le détail des raisons pour lesquelles la sexualité doit être transcendée pour que l'on puisse progresser sur le chemin spirituel?
BG: Parce qu'aussi longtemps que vous êtes dedans, votre esprit est encombré, assombri et confus. Vous êtes plongé dans la jalousie, la peur, la haine, la tension et ainsi de suite - tous les soucis qui résultent du désir sexuel. Alors si vous voulez être libéré de tout cela, vous devez d'abord vous débarrasser du désir sexuel. A vrai dire, certaines personnes n'aiment pas la phrase "se débarrasser de"; certaines personnes préfèrent des mots comme "transcender" ou "transformer". Sûrement, disent-elles, nous pouvons transformer le désir sexuel en non désir sexuel!
WIE: Quelles est la différence entre "transcender" et "se débarrasser de" ?
BG: Certains termes sont plus proches du sens réel, et d'autres sont ce que l'on peut appeler des euphémismes, plutôt que des termes fortement négatifs. Ces gens aiment dire "transcender" ou "transformer" plutôt que "se débarrasser de" parce qu'ils aiment les mots enrobés de sucre. Ils se sentent mieux ainsi.
WIE: Mais ce dont vous parlez en fait, c'est de se débarrasser du désir sexuel ?
BG: Exact. Mais quand vous dites "se débarrasser de" c'est si fort, si négatif, que les gens se demandent : "Comment puis-je me débarrasser de quelque chose ?". Alors que si vous dites, "Transformons-le en quelque chose d'autre", eh bien il peuvent plus facilement l'accepter.
WIE: Dans les enseignements du Bouddha sur la sexualité, la sexualité était-elle considérée comme intrinsèquement négative ?
BG: Le Bouddha a enseigné qu'aussi longtemps que l'on est engagé dans une activité sexuelle, on ne s'intéresse pas à la pratique de la vie spirituelle; les deux ne vont tout simplement pas ensemble. Mais quand il a donné son enseignement graduel vers l'illumination, il a dit aussi que la sensation de convoitise, de sexualité, comporte du plaisir. Il n'a pas nié le plaisir. Il y a du plaisir. Ensuite vous vous rendez compte que ce même plaisir devient déplaisir. Graduellement, alors que la fièvre initiale du désir sexuel s'estompe, les gens commencent à se quereller. Car du désir sexuel naît la peur, du désir sexuel naît l'avidité, du désir sexuel naît la jalousie, la haine, la confusion et le combat; toutes ces choses négatives naissent du désir sexuel. Et par conséquent, ces choses négatives sont inhérentes au désir sexuel. Et si nous voulons nous en rendre compte, il n'est pas besoin de regarder plus loin que notre propre société. Ouvrez seulement les yeux et regardez autour de vous. Combien de millions de personnes se battent ? A cause de leur désir sexuel - maris, femmes, petits amis, petites amies, petits amis, petites amies, petites amies. Que vous soyez hétérosexuel, homosexuel, bisexuel, cela n'a pas d'importance. Aussi longtemps que vous êtes dans ce désir, il est inévitable que vous ayez ces problèmes - dispute, déception, colère, haine, meurtre - tous sont impliqués. Alors, comme il a vu le problème inhérent à la sexualité, le Bouddha a dit qu'il était mieux de contrôler et de discipliner nos sens pour avoir une vie calme et paisible. Mais on doit le faire graduellement, lentement, avec discernement et pas abruptement. Cela ne peut pas être forcé. Il faut que ce soit fait avec une compréhension profonde. Si les gens ne comprennent pas cela et essayent de s'arrêter tout d'un coup, ils auront davantage de frustration, de peur et ainsi de suite. Et donc, dans son enseignement graduel, il a dit qu'au début il y a du plaisir dans les activités sexuelles, et puis qu'il y a des inconvénients, et puis qu'il y a des problèmes. Et ce n'est que quand vous voyez les problèmes, qu'alors vous commencez à réaliser que ces inconvénients, ces négativités sont inhérentes à la sexualité - ils sont intrinsèques. Ces troubles, ces problèmes, sont intrinsèques au désir sexuel.
WIE: Particulièrement de nos jours, cela pourrait être considéré comme une vision très radicale.
BG: Certainement. Mais vous savez, ce n'est que quand les gens se sont écartés de ces choses, ce n'est que quand ils sont restés éloignés de ce type d'enseignements et qu'ils sont partis à un million de kilomètres dans le temps et l'espace, que cela leur apparaît radical quand ils se retournent et regardent la racine de leur problème. Ils ont tourné le dos si longtemps, sont allés si loin dans le temps et l'espace, que quand ils regardent en arrière ils pensent :"Oh bon sang, comment puis-je m'en débarrasser maintenant ? Je suis allé si loin, je m'y suis plongé si profondément." Alors cela leur apparaît radical. Bien sur que c'est radical!
WIE: J'étais en train de penser, pendant que vous parliez, que parce que vous avez passé si peu de temps sur le plaisir sexuel et tellement plus sur tous les inconvénients, beaucoup de gens ….
BG: Oui ! Pour si peu de plaisir, tant de souffrance, n'est-ce pas ?
WIE: Précisément
BG: Vous avez raison. Les gens ne veulent pas y penser. Les gens veulent toujours entendre ce qu'ils aiment entendre. Mais nous ne voulons pas dire cela ! Que les gens l'aiment ou pas, nous voulons dire la vérité. Nous ne devrions pas avoir peur de dire la vérité. Que le monde l'accepte ou pas … bien, c'est un autre sujet. Que pouvons-nous faire ?
WIE: Lorsque nous cherchions une citation du Bouddha concernant ses sentiments vis-à-vis de la sexualité, nous sommes tombés sur ce passage, de La Vie du Bouddha :"Homme malavisé, ce serait mieux pour vous (qui avez quitté votre foyer) que votre membre soit entré dans la bouche d'une vipère ou d'un cobra venimeux, affreux, plutôt qu'il ne soit entré dans une femme. Ce serait mieux pour vous que votre membre entre dans un four de charbons brûlants, flamboyants, rougeoyants qu'il n'entre dans une femme. Pourquoi cela ? Dans les premiers cas vous risqueriez la mort et des souffrances mortelles, mais vous ne réapparaîtriez pas, à la dissolution du corps après la mort, dans un monde de privation, dans une destination malheureuse, en perdition, en enfer."
Je pense que l'on a là une impression très claire de ce que le Bouddha ressentait vis à vis du sexe. Mais comme vous le savez, en Occident aujourd'hui il y a de nombreuses variations du Bouddhisme qui sont enseignées et pratiquées, et beaucoup de pratiquants bouddhistes occidentaux semblent être en désaccord avec l'affirmation du Bouddha que le désir sexuel - qui, comme vous l'avez dit plus tôt, est vu comme une manifestation de l'avidité - doit par définition être transcendé pour atteindre l'illumination. De plus, le climat libéral dans la société occidentale contemporaine toute entière tend à considérer la sexualité comme une très bonne expression, très saine et très naturelle, de notre humanité - et pas seulement de notre humanité, mais de notre spiritualité. Que pensez-vous que le Bouddha aurait dit de cela ?
BG: Avant que je ne dise autre chose, je veux ajouter un petit commentaire sur cette traduction. Vous savez que quand le Bouddha parlait de la chasteté, il ne parlait pas seulement de la chasteté des hommes, mais aussi de la chasteté des femmes. Alors quand il dit, par exemple, qu'il vaut mieux avaler une boule de fer chauffée au rouge plutôt que de s'engager dans une activité sexuelle, cela vaut pour les femmes, aussi. Nous devons éclaircir ce point, sinon les femmes vont être fâchées. Elles peuvent penser que le Bouddha haïssait les femmes et que c'est pour cela qu'il voulait garder les hommes éloignés des femmes et leur demandait d'observer la chasteté. Mais si une femme veut observer la chasteté, de la même façon elle devrait rester éloignée des hommes. C'est le premier point que je voulais clarifier. Le deuxième point c'est que mener une vie de famille, avoir une épouse et ainsi de suite, le Bouddha ne l'a jamais condamné; une vie sexuelle familiale heureuse est permise aux laïcs, même si, comme je l'ai dit, cela ne peut pas conduire au plein éveil. Mais répondons à votre question : Pas seulement dans la société contemporaine, mais aussi aux temps du Bouddha, il y avait des gens qui croyaient que la sexualité est quelque chose de saint, quelque chose de noble, quelque chose de sacré, et quelque chose de miraculeux. Alors ce n'est pas seulement un phénomène social moderne, du vingtième siècle. La mentalité des gens a toujours été la même depuis des temps immémoriaux, jusqu'à maintenant et jusque dans le futur. Il y a toujours des gens qui pensent que par la sexualité ils peuvent atteindre la libération, et c'est ce que nous appelons une perception déformée, une pensée déformée.
WIE: Cette "perception déformée" comme vous l'appelez, semble particulièrement répandue de nos jours, aussi éternelle qu'elle puisse être. Je me réfère à la notion de plus en plus populaire que la sexualité en elle-même, si elle est poussée jusqu'au bout, serait l'expression même de l'illumination - et cela parce que la sexualité est la route vers la libération, si vous l'évitez de quelque façon que ce soit, alors vous n'avez vraiment aucun espoir d'atteindre le but final. Si possible, j'aimerais avoir une indication très claire de la façon dont le Bouddha aurait répondu à ce point de vue.
BG: Je suis assez familier avec cela. Il a dit - et je traduis du Pali : "Peu importe ce que vous pouvez faire ou atteindre - vous pouvez vivre dans une grotte, dans un endroit solitaire, et vous pouvez avoir appris des suttas entiers; vous pouvez être un orateur très érudit; vous pouvez même pratiquer la moralité et tout cela et ainsi de suite - peu importe ce que vous faites d'autre, tant que vous n'êtes pas débarrassé de votre désir sexuel, de votre haine, de votre ignorance, vous n'atteindrez jamais l'illumination." Voilà l'enseignement du Bouddha. Alors plus vous vous engagez dans une activité sexuelle, plus profondément vous vous enfoncez dans le désir, plus profondément vous vous enfoncez dans la confusion, plus profondément vous rentrez dans la jalousie. Quand une personne, qu'elle soit homme ou femme, veut s'impliquer dans des activités sexuelles avec autant des personnes différentes en même temps, alors de la même manière il y autant de manières pour cette personne de souffrir : de jalousie, peur, tension, inquiétude. C'est une vie très, très malsaine. Si quelqu'un pense avoir des activités sexuelles avec toutes sortes de gens de toutes sortes de façons différentes en permanence, alors cette personne sera très rapidement morte du fait d'un comportement aussi malsain. Maintenant bien sur, vous devez comprendre en même temps qu'une activité sexuelle modérée, sage, saine est permise. Mais tout ce que veut dire atteindre l'illumination par des moyens sexuels c'est : vous vous engagez dans une activité sexuelle jusqu'à ce que vous en mourriez ! et vous mourrez avant d'avoir atteint l'illumination !
WIE: Alors comment tout cela joue-t-il dans le contexte de la pratique spirituelle actuelle, par exemple dans le Bouddhisme tantrique ?
BG: Je suis un bouddhiste Theravada - vous savez cela, n'est ce pas ?
WIE: Oui, je le sais.
BG: Bien, je suis parfois désolé de dire ces choses, mais les bouddhistes théravada ne considèrent pas les tantras comme du bouddhisme. Nulle part dans la littérature bouddhiste originale vous ne trouvez le "bouddhisme tantrique." Le tantra est un développement tardif. Il n'y aucune trace de bouddhisme tantrique dans le bouddhisme original. Il n'y a jamais eu trace de bouddhisme tantrique. Le Tantra est le tantra, le bouddhisme est le bouddhisme et ces deux là n'iront jamais de pair. Mais certaines personnes qui étaient tellement absorbées par le sexe et si déformées dans leur perception voulaient glorifier le sexe en y ajoutant le bouddhisme. Et c'est pour cela qu'ils ont combiné le tantra avec le bouddhisme. Les gens peuvent me haïr pour dire cela, mais je dois quand même le dire.
WIE: Nous avons remarqué au cours de notre recherche que non seulement cette notion de sexualité sacrée a cru en popularité, mais aussi que la chasteté est souvent vue avec beaucoup de peur et de suspicion par les gens dans la culture occidentale. A quoi pensez vous que cela puisse être dû ?
BG: Si la chasteté est strictement observée, ce n'est bon que pour la personne qui l'observe. Vous ne pouvez ouvrir un institut de la chasteté. La chasteté n'est pas quelque chose qui puisse être institutionnalisé. Il ne peut pas être organisé. On ne peut pas avoir une société chaste. C'est une pratique totalement personnelle, individuelle. Et donc si les gens désapprouvent la chasteté, ils désapprouvent peut-être l'organisation de la chasteté.
WIE: Il semble, cependant, que toute discipline monastique doive être organisée dans une certaine mesure. En fait, nous étions fascinés et même choqués de découvrir, alors que nous lisions les règles d'entraînement du Patimokkha, que le Bouddha a apparemment du faire toute une série de règles qui interdisaient aux moines de s'engager dans des contacts sexuels avec - juste pour vous donner quelques exemples que je suis sûr que vous connaissez - des crânes, des corps morts, des animaux … cette sorte de chose. Bien sur, pour autant que nous le sachions, ce type de comportement ne continue pas de nos jours - encore que ce ne soit pas nécessairement vrai, je suppose - alors nous nous demandions : Le Bouddha, en établissant ces règles, répondait-il à des choses que les gens faisaient vraiment ? même ses propres étudiants et disciples ?
BG: Oui. Quand le Bouddha introduisait une règle, les moines de l'époque trouvaient rapidement une autre façon de faire la même chose. Ils voulaient avoir des activités sexuelles d'une façon ou d'une autre. Alors, quand le Bouddha introduisait une règle, ils ne brisaient pas cette règle, mais ils trouvaient une autre façon de commettre des actes sexuels. Alors le Bouddha devait introduire une nouvelle règle pour les en empêcher. C'est exactement comme la police et les criminels - quand il y a une loi, les criminels trouveront une façon de la contourner et de commettre le crime, et alors nous devons introduire une nouvelle loi. C'est ce qui arrivait au temps du Bouddha. Quand de plus en plus de gens entraient dans l'Ordre, ils ont commencé à faire toutes sortes de choses, et pour toutes ces choses, il devait faire une règle. C'est pourquoi ces règles sont là. Ce n'est pas en prévision du futur qu'il a introduit ces règles.
WIE: Et maintenant nous y sommes, dans le futur, et puisque vous vous êtes détourné de votre chemin pour apporter la tradition monastique du Bouddha en Occident, je suis curieux de savoir quelle expérience vous avez eu avec les Occidentaux qui viennent vers vous pour les enseignements. Comment les occidentaux modernes prennent-ils la vie monastique ? Trouvez vous qu'ils ont plus de mal avec elle que, par exemple, les gens de votre propre culture ?
BG: Vous savez, c'est une bonne question. Nous filtrons vraiment les gens avant de les accepter dans la vie monastique. Nous les soumettons à une sorte de probation pendant deux ans pour savoir s'ils sont ou non vraiment sérieux quant à leur engagement. Parce que parfois certaines personnes viennent juste pour s'amuser, ou parce que notre endroit est très calme et paisible et ainsi de suite, ils pensent qu'ils pourraient aimer y rester et devenir moines. Mais plus tard ils changent d'avis. Nous ne voulons pas jouer cette sorte de jeu; nous voulons savoir s'ils sont vraiment sérieux. S'ils sont sérieux, nous les acceptons. Mais ils ne sont pas nombreux. Beaucoup viennent, beaucoup écrivent des lettres - et ces jours-ci ils nous envoient même des e-mails! - nous demandant de les autoriser à devenir moines et à vivre ici au monastère. Mais nous ne les acceptons pas tous, car nous savons qu'ensuite ils perdront tout intérêt. Mais il y a encore quelques personnes très sincères qui veulent réellement devenir moines ou nonnes. Et c'est loin d'être un phénomène nouveau. Même dans les jours anciens, sur des millions de gens, seule une poignée entrait au monastère. Même de nos jours dans les pays bouddhistes tout le monde n'entre pas au monastère. Dans certains pays, comme la Thaïlande, la Birmanie, le Laos, le Cambodge, et ainsi de suite, ils ont une coutume dans leurs traditions : ils entrent au monastère pour une courte période. Mais de ceux qui entrent au monastère pour une courte période, la plupart abandonnent la robe et s'en retournent. Seule une poignée reste. Dans les pays occidentaux, où une telle tradition n'existe pas, ceux qui viennent dans les monastères sont bien moins nombreux. Et parmi eux, encore moins nombreux sont ceux qui restent vraiment dans la vie monastique. Mais c'est plus ou moins vrai dans le monde entier, et il en a été ainsi de tous temps. En Occident de plus en plus de gens sont fatigués de la pression mise sur eux par la société - vraiment, vraiment fatigués - et donc ils veulent s'en éloigner. Mais seuls quelques uns restent; la plupart retournent dans la société. Nous avons fondé notre Centre avec cette compréhension car il en a toujours été de même partout.
WIE: J'aimerais en savoir un peu plus sur vous et votre vie en tant que moine. Par exemple, en quoi la chasteté a-t-il affecté votre développement spirituel ?
BG: Mon ami, cela me donne une paix fantastique. Et je parle très honnêtement. Car je vis avec tous les êtres humains sans aucun problème. Aucune femme en particulier, aucune fille en particulier, aucun garçon en particulier, aucun homme, car ma chasteté m'aide à accepter tous les autres êtres humains également. Et cela m'aide à avoir un esprit paisible. Et je pense que c'est ce que le Bouddha voulait que nous ayons - une relation amicale, paisible, avec tous les êtres. Donc cela affecte ma vie positivement.
WIE: Vous êtes moine, je crois, depuis que vous avez …
BG: Douze ans. Et maintenant j'en ai soixante dix sept. Soixante cinqu ans que je suis dans cette robe !
WIE: Si vous deviez donner un conseil à quelqu'un qui envisage d'adopter la chasteté comme pratique spirituelle, que lui diriez vous?
BG: Je lui dirais : "Si vous voulez honnêtement, sincèrement, vivre une vie paisible, une vue consciente, une vie libre de troubles, une vie dévouée au service des autres sans discrimination, alors une vie de chasteté est une très bonne vie car quand vous êtes chaste vous pouvez pratiquer la véritable tendresse-aimante, la vraie compassion. Vous pouvez appréciez absolument tout ce qui est en face de vous. Vous pouvez avoir un état d'esprit équanime, non biaisé. Mais quand vous êtes lié à une personne ou à une autre, vous ne pouvez pas avoir cela. Et par conséquent, si vous êtes une personne qui veut honnêtement, sincèrement pratiquer ces choses, alors vous devez sérieusement penser à devenir chaste." Mais il ne devrait jamais l'accepter par simple foi, ou parce que quelqu'un le lui impose. On doit avoir une compréhension sérieuse, et penser très soigneusement à la chasteté avant de s'y engager.
WIE: On doit y aller avec les yeux ouverts.
BG: Exactement.
WIE: Et cette personne doit s'attendre à faire face à de nombreux défis ?
BG: Bien sûr. Quand vous pratiquez la chasteté vous faites toujours face à des défis. Il y a tant de personnes qui voudraient avoir des relations avec vous, tant d'autres qui voudraient être proches de vous et briser votre vœu. Car les autres savent que vous n'êtes pas corrompu. Vous ne faites pas toutes sortes de batifolages, vous n'êtes pas mêlé à de mauvaises choses et en train d'attraper toutes sortes de maladies et autres. Les gens comprennent que vous êtes une personne très décente, quelqu'un de net. Et certaines personnes aiment être avec un individu net, et cela c'est un défi. Vous devez y faire face.
WIE: Vous avez pratiqué la chasteté, comme vous dites, depuis soixante cinq ans. En quoi votre expérience de la pratique a-t-elle changé, ou s'est elle approfondie avec le temps ?
BG: Vous savez, au début c'était très difficile. Spécialement quand j'étais jeune, comme adolescent et jusqu'à la fin de mes vingt ans. C'était un vrai défi. Mais grâce à l'entraînement que j'ai reçu, j'ai développé un sens de la responsabilité pour mes devoirs, mon travail, mon engagement envers le dhamma et, plus que tout, le respect pour mes maîtres et mes parents. Nos enseignants et nos parents, nous les aimons beaucoup, et nous ne voulons pas être déloyaux envers eux, leur manquer de respect. Et cela a duré de longues années avant que je ne mûrisse vraiment complètement. Et alors, j'ai commencé à comprendre par moi-même le vrai sens de la chasteté.
| Citation: | Bhante Henopola Gunaratana est né en 1927 au Sri Lanka. A l'âge de 12 ans il reçoit l'ordination de moine bouddhiste novice. En 1947 il est envoyé par la Maha Bodhi Society comme missionnaire en Inde. Il servira les intouchables à New Delhi et Bombay. Cinq ans plus tard il est appelé en Malaisie comme conseiller religieux ; il y séjournera 10 ans.
Bhante arrive aux Etats-Unis en 1968 pour servir en tant que Secrétaire Général de la Buddhist Vihara Society de Washington, DC. C'est à cette période qu'il commence à enseigner le bouddhisme à l'université, d'abord aux Etats-Unis, puis au Canada, en Australie et en Europe.
Aujourd'hui Bhante Gunaratana est président de la Bhavana Society, abbé du monastère de Shenandoah Valley ; il enseigne la méditation et conduit des retraites dans le monde entier.
Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont le plus connu, "Méditer au quotidien", est un des meilleurs guides de méditation vipassana disponible à ce jour. Clair et précis, il a été conçu pour les débutants. Il est disponible chez Marabout pour € 5. |
Source : Association Terre d'Eveil Méditation Vipassana à Paris
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
Toupten Zangpo Membre d'honneur

Age: 42
Sexe: 
Inscription : 21 Oct 2005 Messages : 1488 Localisation : Coulommiers (77)
|
Posté le : 27 Mai 2006 15:20 |
|
|
Le bouddhisme et la révolution à venir
Gary Snyder
Ceux qui s'intéressent aux développements du Bouddhisme aux Etats-Unis et aux interactions Orient-Occident liront avec intérêt ce texte du poète Gary Snyder paru il y a déjà plus de quarante ans. Sous un titre provocateur, Gary Snyder y jetait les bases d'un Bouddhisme Socialement Engagé qui n'a cessé depuis d'influencer le bouddhisme américain.
Le texte fut publié en 1961 sous le titre "Buddhist Anarchism" ("Un anarchisme bouddhique") dans le Journal for the Protection of All Beings (n° 1, City Lights, 1961). Une version révisée parut sous le nouveau titre "Buddhism and the Coming revolution" ("Le Bouddhisme et la Révolution à venir") dans l'un des ouvrages de Snyder, Earth House Hold (New Directions, 1969) : "Quelques années après, j'ai retravaillé et mis un nouveau titre au texte, le terme d'anarchisme étant problématique. Dans les années cinquante, à San Francisco, nous entendions par anarchisme une philosophie non-violente d'autogestion et de communautarisme. Mais plusieurs événements sont attribués aux anarchistes comme les attentats à la bombe du dix-neuvième siècle. Je suppose qu'il y a toujours eu deux courants anarchistes, le violent et le pacifiste."
Une troisième version intitulée "Buddhism and the Possibilities of a Planetary Culture" fut publiée par la suite dans plusieurs ouvrages (The Path of Compassion : Writings on Socially Engaged Buddhism, ed. Fred Eppsteiner, Parallax Press, 1985, Deep Ecology, ed. Bill Devall & George Sessions, Peregrine Smith, 1985).
Nous publions ici la seconde version de 1969.
Reproduit avec l'aimable autorisation de Gary Snyder. Lire ici sa biographie.
Gary SnyderD’un point de vue bouddhiste, l’ignorance qui se projette dans la peur et l’appétit vain empêche toute manifestation naturelle. Dans l’histoire, les philosophes bouddhistes n'ont pas su analyser à quel point l'ignorance et la souffrance étaient dûes ou favorisées par des facteurs sociaux, considérant la crainte et le désir comme des faits donnés de la condition humaine. Ainsi, la philosophie bouddhiste s’intéressa principalement à la théorie de la connaissance et à la psychologie au détriment de l’étude des problèmes historiques ou sociologiques. Bien que le bouddhisme du Grand Véhicule possède une large vision du salut universel, sa réalisation effective s’est concrétisée dans le développement de systèmes pratiques de méditation afin de libérer une minorité d’individus qui s’y consacraient des noeuds psychologiques et des conditionnements culturels. Le bouddhisme institutionnalisé a été clairement disposé à accepter ou à ignorer les inégalités et les tyrannies sous quelque système politique que ce fut. C’est peut être la mort du bouddhisme, car c’est la mort de tout sens donné à la compassion. Une sagesse sans compassion ne ressent aucune douleur.
Aujourd'hui, nul ne peut plus être innocent ou rester dans l'ignorance de la nature des gouvernements actuels, de la politique et des ordres sociaux. Les régimes du monde moderne maintiennent leur existence par une avidité et une peur délibérément entretenues : des rackets monumentaux pour être protégé. "Le monde libre" est devenu économiquement dépendant d'un système incroyable d’incitation à une avidité qui ne peut être comblée, à une sexualité qui ne peut être satisfaite et à une haine qui ne peut s’exprimer sauf contre soi-même, les personnes que l’on pense aimer ou contre les aspirations révolutionnaires des sociétés en marge, pitoyables et frappées par la pauvreté, comme Cuba ou le Viet-Nam. Les conditions de la guerre froide ont transformé toutes les sociétés modernes - y compris les communistes - en de dangereux transformateurs du véritable potentiel humain. Elles engendrent des populations de "preta" - ces fantômes affamés avec un appétit de géant et une gorge pas plus large qu’une aiguille. Le sol, les forêts et toute la vie animale sont usées par ces collectivités phagocyteuses qui souillent l’air et l’eau de la planète.
Il n'y a rien dans la nature humaine ou dans les conditions nécessaires des organisations sociales humaines qui exige en son fond qu'une culture soit contradictoire, répressive et productrice d’une humanité violente et frustrée. Les travaux récents en anthropologie et en psychologie le démontrent de manière de plus en plus évidente. On peut le voir soi-même par une juste perception de sa propre nature au travers de la méditation. Une fois qu'une personne a développé cette confiance et cette intuition, cela doit le mener à un réel intérêt pour la nécessité d’un changement social radical par une variété de moyens que l’on espère non-violents.
La pauvreté joyeuse et volontaire du bouddhisme devient une force positive. Sa traditionnelle non-violence et son refus de prendre la vie sous quelle que forme que ce soit ont des implications à ébranler les nations. La pratique de la méditation, qui n’a besoin que "de la terre sous les pieds", nettoie ces monceaux d’immondices qui nous ont été déversés dans l’esprit par les médias et les universités de pacotille. Croire que la réalisation tranquille et généreuse du désir naturel d'aimer soit possible ruine les idéologies qui aveuglent, mutilent et répriment - Elle ouvre la voie à un genre de communauté qui étonnerait les "moralistes" et qui transformerait des armées d’hommes qui sont des combattants pour n’avoir pas pu être affectueux.
La philosophie bouddhiste de l’Avatamsaka (le Kegon) voit le monde comme un vaste réseau interconnecté dans lequel tous les objets et les êtres sont nécessaires et éclairés. D'un certain point de vue, les gouvernements, les guerres et tout ce que nous considérons comme "mauvais" sont sans aucun doute contenus dans cette globalité. Le faucon, le mouvement où il fond et le lièvre sont un. Mais d’un point de vue "humain" nous ne pouvons pas vivre dans ces conditions à moins que tous les êtres voient avec les mêmes yeux éveillés. Le bodhisattva vit selon la vie de celui qui souffre, il se doit d’être utile en secourant ceux qui souffrent.
La révolution sociale a été la miséricorde de l’Occident ; l’éveil personnel dans le soi fondamental, la vacuité, la miséricorde de l’Orient. Nous avons besoin des deux. Elles sont toutes les deux contenues dans les trois points traditionnels du chemin bouddhique : la sagesse (prajñâ), la méditation (dhyâna), et la moralité (sîla). La sagesse est la connaissance intuitive de l'esprit de bienveillance et de clarté qui gît sous les anxiétés et les agressions qu’opère l’ego. La méditation, c’est aller au fond de l'esprit pour voir tout cela pour soi-même - encore et encore, jusqu'à ce que cela devienne l'esprit où vous demeurez. La moralité, c’est ramener tout cela dans sa manière de vivre, par l'exemplarité personnelle et l'action responsable, et finalement jusque dans la véritable communauté (le sangha) de "tous les êtres."
Ce dernier aspect a un sens, pour moi, qui soutient toute révolution culturelle ou économique qui se dirige clairement vers un monde libre, internationalisé et sans classes. Il signifie utiliser des moyens tels que la désobéissance civile, la critique franche, la protestation, le pacifisme, la pauvreté volontaire et même la violence douce s'il s’agit de retenir quelque bouseux nerveux. Il signifie soutenir le spectre le plus large possible de tous les comportements individuels non-violents - en défendant le droit des individus de fumer du cannabis, de consommer du peyotl, d’être polygame ou d’être homosexuel. Des comportements et des pratiques longtemps interdits par un Occident judéo-capitalisto-christiano-marxiste. Il signifie respecter l'intelligence et l'étude, mais non sous leur aspect avide ou comme moyen de parvenir au pouvoir personnel. Travailler sous sa propre responsabilité, mais vouloir travailler en groupe. "Construire la nouvelle société dans l’enveloppe de l’ancienne", tel était le slogan du syndicat Industrial Workers of the World voici cinquante ans.
Les cultures traditionnelles sont de toute façon appelées à disparaître, et plutôt que de s’accrocher désespérement à leurs bons aspects on devrait se rappeler que quoi que ce fût qui appartînt ou qui appartient à autre culture peut être retrouvé dans l’insconscient au travers de la méditation. En fait, je crois que la révolution à venir refermera le cercle et nous reliera de différentes façons avec les aspects les plus créateurs de notre passé ancestral. Avec un peu de chance nous pourrons finalement parvenir à une culture mondiale totalement intégrée qui comprendra une transmission matrilinéaire, un mariage sous toutes ses possibilités, une économie communiste basée sur la confiance naturelle, moins d'industries, moins de monde et plus de parcs nationaux.
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
invité Invité

|
Posté le : 28 Mai 2006 6:21 |
|
|
Merci j'y vois un peu plus clair le désir de la chair est pas trop admise a ce que je vois pour l'illumination total et un vrai bouddhiste doit s'abstenir c'est ça?
Par contres l'amour et la vie de couple sans sexe et tout a fait recommander?
Me trompe-je?
Erf va falloir que je trouve une bouddhiste pratiquante si j'veut trouver quelqu'un de compatibles lol
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
mavhoc Membre

Age: 16
Sexe: 
Inscription : 22 Mars 2006 Messages : 114 Localisation : Morigny champigny
|
Posté le : 28 Mai 2006 8:57 |
|
|
Moi personnelement je pense qu'on doit agir dans le bien de chacun hors je voit bien la scène :
"J'ai envie de faire l'amour avec toi mon chéri !
Désolé j'peux pas,c'est contraire à ma religion "
Et ça pendant toute une vie !
Soit l'un des deux à une subite envie d'avoir 100 gosses soit y va y avoir adultère.
Personnelement je suis adolescent,donc je suis jeune,j'ai pas envie de m'abstenir de ça car l'union d'un homme et d'une femme,si il est fait dans l'amour le plus complet est un acte d'une beauté énorme.
Par contre il est vrai que le faire avec une prostitué est là,évidament,purement du au Désir.
Je pense qu'il faut éviter les mauvaise pratique sexuelle (pour en avoir un avant gout chercher un site porno ! ) qui là c'est juste pour le plaisir sans aucun sentiments.
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
Clodulf Visiteur

Age: 38
Sexe: 
Inscription : 04 Nov 2005 Messages : 28 Localisation : Pays de Vaud
|
Posté le : 28 Mai 2006 18:09 |
|
|
A mavhoc
Merci j'y vois un peu plus clair le désir de la chair est pas trop admise a ce que je vois pour l'illumination total et un vrai bouddhiste doit s'abstenir c'est ça?
NON ! Absolument pas !!
Par contres l'amour et la vie de couple sans sexe et tout a fait recommander?
NON PLUS ! Alors à quoi servirait d'être en couple ? Nom de sort ! Un peu de bon sens, que diable !
Me trompe-je?
OUI, oh oui ! Et comment !
Erf va falloir que je trouve une bouddhiste pratiquante si j'veut trouver quelqu'un de compatibles lol
Non : un yogui pour toi future ou actuelle yoguini.
Il n'est pas forcément nécessaire d'être moine ou de s'abstenir de relation sexuelle. Le faire peut être de singer l'Eveillé – le Bouddha - , alors qu' il est possible d'être en couple, et que ce couple soit un moyen d'Eveil ! Oui, un couple avec sa sexualité ! L'accouplement est la pratique bouddhique tantrique la plus élevée dans l'anuyoga de l'école nyingma du bouddhisme tibétain ! Des lamas et même des chefs d'école du bouddhisme tibétain étaient mariés et père de famille ! Même le fondateur du bouddhisme tantrique au Tibet, à savoir au VIIIe siècle, nommé Padmasambhava, avait une épouse spirituelle nommée Yeshé Tsogyal, avec qui il s'est d'ailleurs retiré quelques temps dans une grotte en Himalaya pour y faire le yoga de l'union. Padmasambhava est aussi appelé le Second
Bouddha… Veux-tu être yoguini ? Ton cher et tendre pourrait être yogui, et vous pourriez mutuellement vous dénouer les canaux subtils dans le corps, croître ensemble, vous hisser sur la Voie, et vous aider mutuellement à vous éveiller. Il n'est pas nécessaire de devenir moine et nonne pour s'éveiller, comme l'Eveillé – le Bouddha en sanskrit - s'est éveillé.
Chez les bonnets rouges du bouddhisme tantrique, aussi appelé bouddhisme tibétain, surtout chez les nyingmapas, existent deux communautés : la communauté rouge constituée de moines et de nonnes habillés effectivement en rouge et tête rasée, et la communauté blanche constituée de laïcs tant homme que femmes, ou de laïcs, souvent mariés, et habillés à l'époque en blanc et se laissant pousser les cheveux et nouant ses cheveux en chignon avec un petit livre sacré. Les hommes de cette communauté blanche sont nommés "ngakpa" en tibétain, traduit en sanskrit par "tantrika". Bref un couple de yogui, homme faisant du yoga, et d'une yoguini, femme faisant du yoga appelée respectueusement "dakini" en sanskrit ou "khandro" en tibétain. Les dakinis constituent les anges femelles. Les anges mâles ont pour nom "dakas".
Je suggère la lecture de :
"Le message des tibétains, le vrai visage du tantrisme" écrit par Arnaud Desjardins et paru aux éditions La Table Ronde.
"La liberté naturelle de l'esprit" écrit par Longchenpa paru dans la collection "inédit sagesses" aux éditions du Seuil, numéro Sa 66, notamment la page 114,
"Padmasambhava" écrit par Padmasambhava paru dans la même collection, numéro Sa 116, notamment la page 164.
" Le Fou divin, Drukpa Kunley : Yogi tantrique tibétain au XVIe siècle", collection Spiritualités vivantes, édition Albin Michel.
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
Seunam Gyamtso Membre d'honneur

Age: 29
Sexe: 
Inscription : 09 Jan 2006 Messages : 2747 Localisation : Coulommiers 77
|
Posté le : 28 Mai 2006 22:21 |
|
|
Bonjour,
| Citation: | | BG: Bien, je suis parfois désolé de dire ces choses, mais les bouddhistes théravada ne considèrent pas les tantras comme du bouddhisme. Nulle part dans la littérature bouddhiste originale vous ne trouvez le "bouddhisme tantrique." Le tantra est un développement tardif. Il n'y aucune trace de bouddhisme tantrique dans le bouddhisme original. Il n'y a jamais eu trace de bouddhisme tantrique. Le Tantra est le tantra, le bouddhisme est le bouddhisme et ces deux là n'iront jamais de pair. Mais certaines personnes qui étaient tellement absorbées par le sexe et si déformées dans leur perception voulaient glorifier le sexe en y ajoutant le bouddhisme. Et c'est pour cela qu'ils ont combiné le tantra avec le bouddhisme. Les gens peuvent me haïr pour dire cela, mais je dois quand même le dire. |
Je suis daccord avec beaucoup de choses qu'as dit se sage, mais pas se passage la, il a du se laisser influancer par ce qu'il a entendu du Vajrayana mais qui ne correspond pas vraiment avec la réalité des tantras qui sont nombreux et dont un seul traite à ma connaîssance du sexe, et pas du tout dans le sens exposé ici, comme le souligne Chögyam Trungpa :
| Citation: | Lorsque nous parlons de la tradition tantrique, nous ne parlons pas de jouer avec la sexualité, l'agression, les couleurs du monde phénoménal. Les gens ont projeté beaucoup d'idées sur le vajrayana, telles qu'une expression de sauvagerie et de liberté. Cependant, la culture du vajrayana doit être basée sur des fondations très subtiles, définies, ordinaires et réelles. Sinon, nous sommes perdus. Les enseignements vajrayana revêtent un caractère éminemment sacré et, en un sens, ils sont inaccessibles. A travers les siècles, les pratiquants du tantra on consacré énormément d'énergie et d'efforts à étudier cette discipline. Il est hors de question de permettre de laisser travestir ces études en marchandises de supermarché.
Auteur : Chögyam Trungpa
Voyage sans Fin - La sagesse tantrique du Bouddha
Collection Points Sagesses, Editions du Seuil |
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sondages de ce forum Vous ne pouvez pas joindre des fichiers Vous ne pouvez pas télécharger des fichiers
|
|