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Les six paramitas selon Bokar Rimpoché

 
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Invité









Message Posté le : 24 Déc 2005 15:29  Répondre en citant

APERÇU SUR LES SIX PARAMITAS
(selon Bokar Rimpoché)


La pratique du dharma nous enseigne, dans un premier temps, à éviter d'accomplir tout ce qui pourrait être nuisible pour le autres dans notre conduite, dans nos paroles et dans nos pensées. Ce n'est cependant pas une étape à laquelle il faudrait s'arrêter. Il faut aller plus loin et adopter une conduite qui soit bénéfique pour les autres. Dans le grand véhicule, cette conduite s'exprime au travers des six paramitas, les six perfections transcendantes. Ces six paramitas forment le chemin que parcours le bodhisattva afin de se rendre jusqu'à l'Eveil, qu'il veut atteindre pour le bien de tous les êtres. Elles constituent donc les Préceptes de la bodhicitta appliquée. Ce sont donc :
· Le don
· l'éthique
· la patience
· la diligence
· la concentration
· la sagesse
Leur ordre n'est pas dû au hasard. Elles sont classées de la plus aisée à accomplir jusqu'à la plus difficile, ou encore de la plus évidente à la plus subtile. Chacune des paramitas est divisée en trois aspects.

1 - Le don

Le don de biens matériels
Il s'agit du don, accompli avec une pensée de compassion, fait à ceux qui se trouvent matériellement dans le besoin, don de nourriture, de vêtements, de tout ce qui peut être nécessaire.

Le don de la sécurité
Lorsque nous aidons ceux dont la vie est en danger, ceux qui sont touchés par la maladie, ceux qui sont frappés par un châtiment, ceux qui sont menacés par les bêtes sauvages, lorsque nous protégeons ceux qui sont dans la crainte et le danger, nous pratiquons, sous différentes formes, le don de la sécurité.

Le don du Dharma
Les deux premier types de dons visent principalement à apporter une aide physique. Le don du Dharma apporte, quant à lui, une aide à l'esprit. Il s'agit du don de l'Enseignement du Bouddha, soit qu'on applique directement, soit qu'on favorise les conditions de sa propagation.

2 - L'éthique

L'éthique qui maintient les vœux
Cette éthique consiste à éviter tout acte négatif dans notre comportement, nos paroles et nos pensées, en particulier tout acte nuisible pour les autres, que ce soit d'une manière générale ou plus précisément en rapport avec les voeux de moine ou fidèle laïc.

L'éthique qui accomplit les accumulations
Ce second type d'éthique ne se contente pas d'éviter ce qui est négatif, mais il met en œuvre ce qui est positif : l'accomplissement d'actes positifs, l'accumulation du mérite et de la sagesse

L'éthique qui accomplit le bien des autres
Les deux premières sortes d'éthique, bien qu'elles s'appuient sur notre relation avec les autres, sont tournées avant tout vers notre propre bien : se protéger soi-même des souffrances résultant des actes négatifs et rechercher pour soi-même les bienfaits issus des actes positifs. La troisième éthique change d'optique et ne se soucie que du bien des autres.

3 - La patience

La patience face aux ennemis
Des personnes peuvent nous nuirent de diverses manières : par leur action en nous agressant physiquement, par leurs paroles en nous adressant des propos blessants, par leurs pensées malveillantes à notre égard. Ces personnes se présentent alors comme nos "ennemis" que ce soit momentanément ou à long terme. Le premier type de patience est la patience face à ses ennemis. Différentes méthodes permettent de l'exercer.
Nous pouvons en premier lieu, nous souvenir que, sur un plan karmique, si quelqu'un nous crée maintenant des difficultés, c'est que nous-même, dans une vie passée nous avons créé des difficultés pour cette même personne; nous subissons donc un effet en retour de nos propres actes.
Nous pouvons aussi réfléchir au fait qu'en réalité celui qui nous fait du mal n'est qu'une apparence de nature illusoire, similaire à ce qui se produirait dans un rêve : bien qu'il semble y avoir réellement un ennemi et une victime de cet ennemi (à savoir nous-même), en vérité, les trois éléments de la situations sont dénués de réalité propre et ne sont que des projections illusoires de l'esprit.

Une troisième méthode sera de chercher à découvrir celui qui devrait être le véritable objet de notre colère ou de notre ressentiment. Lorsque quelqu'un nous agresse, nous nous mettons en colère contre la personne perçue comme un corps humain dans son ensemble, dotés de formes et de couleurs. Pourtant, si nous y réfléchissons bien, qui nous fait véritablement du mal ? Supposons que quelqu'un nous ai blessé en utilisant un couteau. En réalité, ce qui nous a fait mal c'est le couteau. Nous ne nous mettons pas en colère contre le couteau car nous savons qu'il n'est qu'une matière inerte, sans liberté d'action. C'est en fait la main de l'homme qui a dirigé le couteau. Mais nous ne nous mettons pas plus en colère contre la main, car ce n'est pas elle qui a décidé d'agir. L'objet de notre colère est donc l'agresseur lui-même, c'est à dire nous, la personne physique. Cette personne physique n'est toutefois pas plus responsable; elle n'a fait qu'obéir à l'esprit. Quant à l'esprit agresseur, peut-on dire qu'il a agit librement? non plus, car il se trouvait sous l'emprise des facteurs perturbateurs que sont la haine ou la colère. Dès lors, notre réaction vis-à-vis de notre agresseur, ne doit pas être de nous mettre en colère à notre tour, mais bien plutôt un sentiment de compassion, né dans la compréhension de l'état de servitude dans lequel est tenu l'esprit de votre "ennemi". Loin de jouir de la liberté, il est asservi aux facteurs perturbateurs, auxquels il obéit comme un prisonnier obéit à ses gardiens. Et si nous devions avoir un sentiment de colère, il ne devrait pas être dirigé contre notre agresseur, victime d'un asservissement, mais contre ceux qui l'asservissent : les facteurs perturbateurs qui, eux, doivent être supprimés. Ce n'est que faute de cette compréhension que nous quittons la patience au profit d'une colère injustifiée.

La patience face à la souffrance
Notre tendance générale est d'accorder une grande importance à une souffrance même petite: nous voulons absolument y échapper, nous en débarrasser. En raison de cette attitude, une petite souffrance devient un grand problème. Inversement, si nous savons supporter la souffrance, si nous restons ferme intérieurement, même une grande souffrance devient une petite souffrance. Moins nous sommes patients vis-à-vis de la souffrance, plus celle-ci prend des proportions considérables. Plus nous sommes patients à l'égard de la souffrance, plus celle-ci perd de sa capacité à nous nuire.
Plus particulièrement, lorsque nous entreprenons la pratique du Dharma, il n'est pas impossible que nous rencontrions certaines difficultés ou certaines choses qui ne nous conviennent pas. Peut-être pensons nous alors que nous n'arriverons jamais à pratiquer correctement, que c'est trop difficile physiquement, trop difficile mentalement, etc. Si nous nous laissons aller à cette attitude, nous nous découragerons très facilement, nous sombrerons dans dans la paresse et la moindre difficulté deviendra un sérieux obstacle. Il faut au contraire pouvoir persévérer, quelles que soient les difficultés, s'appliquer au Dharma avec courage et ne pas interrompre la continuité de la pratique. Nous pourrons alors étudier et méditer de manière féconde.

La patience face aux vérités du Dharma
Pour le moment, beaucoup de vérités sont pour nous difficiles à comprendre, voire à accepter : la notion de vies passées et de vies futures, la loi du karma, le fonctionnement du samsara, sa nature illusoire, les qualités ordinaires des bouddhas et des bodhisattvas, etc.. Nous ne pouvons ni voir par nous-même, no vérifier de telles notions. Notre esprit n'a pas la capacité de les sonder ni de les embrasser; c'est pourquoi, nous sommes facilement pris par le doute. Nous avons donc, là aussi, besoin d'une certaine patience, qui nous permette d'accepter ce que nous ne comprenons pas ou peu : il est vrai qu'il nous est impossible de voir les subtilités de la loi du karma, mais nous les admettons ; il est vrai que les qualités des bouddhas et des bodhisattvas dépassent notre entendement, mais nous en acceptons la possibilité.

4 - La diligence

L'armure de la diligence
Une attitude résolue, la détermination à pratiquer le Dharma et à atteindre l'Eveil, l'assurance de pouvoir la faire constitue le premier type de diligence. On l'appelle "l'armure de la diligence". La revêtir, selon Gampopa, c'est penser "A partir de maintenant et jusqu'à ce que tous les êtres soient établis dans le parfait Eveil, je n'abandonnerais jamais la diligence dans la pratique vertueuse".

La diligence appliquée
Le deuxième type de diligence concerne la pratique elle-même. Elle consiste à persévérer en toutes circonstances, même lorsqu'on rencontre des difficultés, sans céder au découragement ni à la paresse.

La pratique insatiable
La pratique conduit progressivement à certains résultats, certains paliers. La diligence insatiable consiste à ne jamais se satisfaire des résultats obtenus, à ne pas vouloir s'arrêter tant que n'est pas atteint le plein Eveil. Elle consiste encore à ne pas penser : "J'ai maintenant accompli assez d'actes vertueux, j'ai effectué assez de pratiques, je peux m'arrêter ! "

5 - La concentration

Le premier degré de la concentration
Le premier degré de la concentration c'est de parvenir, par la méditation de pacification mentale (sct. samatha,tib.chiné), à un état où le corps et l'esprit expérimentent une grande paix et une grande aise.

Le deuxième degré de concentration
Il consiste, en plus de la paix et du bonheur ressenti, à développer des qualités propres à la méditation.

Le troisième degré de concentration
Le troisième degré mène à développer des états méditatifs qui permettent d'accomplir le bien des autres.

6 - La connaissance

La connaissance temporelle
La connaissance temporelle est celle qui s'applique aux différents domaines d'études restreints au monde présent, que ce soit la science ou la culture. Cette connaissance étant donné ses limitations, est qualifiée d'"obscurcie".

La connaissance spirituelle inférieure
La connaissance spirituelle inférieure procède de l'étude et de la pratique du petit véhicule. Elle est inférieure dans la mesure où elle ne réalise que l'absence d'existence propre de l'individu, du "moi", racine de l'existence samsarique.
La connaissance spirituelle supérieure
Issue du grand véhicule, la connaissance spirituelle supérieure ajoute à la réalisation de la non-existence propre de l'individu la réalisation de la non-existence propres de tous les phénomènes.


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Samten Wangmo
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Sexe: Sexe:Féminin

Inscription :
27 Mars 2006
Messages : 391

Message Posté le : 25 Juin 2006 17:38  Répondre en citant

Les 6 paramitas sont aussi une base à connaître et à appliquer dès le début. On peut se focaliser sur un point par jour par exemple.
Little, c'est tout spécialement à toi que je pense lors de la lecture de ce texte de bokar rinpoché. C'est un bon entraînement.


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