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Toupten Zangpo Membre d'honneur

Age: 42
Sexe: 
Inscription : 21 Oct 2005 Messages : 1488 Localisation : Coulommiers (77)
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Posté le : 24 Août 2006 16:29 |
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Pour parler des spiritualités de l'Orient, nous en énumérons quelques unes dont la plupart se trouvent en Inde, en Chine et au Japon. Aussi nous attarderons-nous sur le Bouddhisme qui résume toutes les cosmogonies, philosophies, psychologies, croyances et cultes des religiosités orientales.
1. Enumération des spiritualités de l'Orient :
1.1 Les spiritualités indiennes :
o Le Chamanisme
o Le Dharma hindou :
. Le Shivaïsme
. Le Vishnouïsme
. Le Védanta
. L'Ayur véda
. les ordres religieux ( Ramakrishna, Aghoris…)
o Le Jaïnisme
o Le Bouddhisme
o Le Tantrisme
o Le Yoga
o Les Shiks
o Le Kabir
1.2. Les spiritualités chinoises :
o Le Taoïsme
o Le Confucianisme
o Le Tchan
o Le Kung fu ( Tao Ling)
o Le Taï Chi
o L'Acupuncture et la médecine chinoises
1.3. Les spiritualités japonaises :
o Le Shintoïsme
o Le Sumo
o Le Budo ( Kento, Judo…)
o Les Moxas et Shiat-Su
o Le Sumyé
o La Calligraphie
o L'Ikébana
o Les Arts du thé et de jardins
o Le Zen et les Koans
NB : les groupes présents en Occident sont : le Bouddhisme, le Brahma Kumari, le Haré Krishna, le Narayani, le Soka Gakkaï, le Reïki, le Seïcho No, le Mahikari, l'Eglise de l'unification, la Théosophie…)
2. Le Bouddhisme
Le Bouddhisme est à la fois une religion et une philosophie.
2.1 Une religion
Le Bouddhisme est une religion populaire qui varie d'un pays à l'autre. On en dénombre trois ou quatre groupes principaux :
1. la Voie étroite (Hinayana) : Sri Lanka, Birmanie, Laos, Thaïlande, Cambodge ;
2. la Voie large (Mahayana) : Chine ( 4 écoles : T'chan, Amitâbha…) , Japon ( 12écoles : Tendaï, Shigon, Zen, Nichiren, Jôdo…), Corée, Vietnam ;
3. la Voie de Diamant (Vajrayana) : Tibet, Mongolie, Sikkim, Boutan, Ladakh ;
4. le Bouddhisme occidental : Europe, USA.
2.2 Une philosophie
Plus qu'une philosophie, le Bouddhisme est une psychologie, une éthique de vie sans dogme, car il est souple et adaptable, scientifique et expérimental, avec un modèle médical bien défini. En effet, Gautama, un homme qui a atteint la sagesse il y a 2600 ans, dit ceci : " Je n'enseigne que deux choses : la souffrance et la délivrance de la souffrance ".
- La souffrance est la maladie universelle de l'humanité.
Tout ce qui vit souffre (de la pauvreté, de la maladie, de la vieillesse, de la mort). Toute jeunesse vieillira, toute beauté se fanera, tout ce qui est né mourra, tout ce qui est composé se décomposera.
- Les causes de la souffrance sont :
a. L'universelle impermanence (le Samsara) : soumis à la loi inexorable du temps, rien ne dure, rien n'est stable, rien n'est permanent, tout se transforme. " Tout passe, tout lasse, tout casse ".
b. L'irréalité (le maya) ou la facticité phénoménale. Le tourbillon du monde est un ensemble de phénomènes non substantiels. Rien n'existe par soi-même. Faux et irréel, le monde ne possède pas en lui-même sa raison d'être.
c. L'insatisfaction est essentielle. Le désir (soif, trsna) de la vie est illimité, rien ne pourra le calmer et le satisfaire. L'homme est être congénitalement insatiable; plus on a, plus on en veut, plus on est déçu.
d. Trois poisons (l'ignorance, l'attachement et la haine) créent l'enchaînement sans fin des causes (samsara) :
- l'ignorance (avidhya, le sanglier) : nous ignorons pourquoi nous existons, pourquoi li y a un monde, où il va, à quoi il sert… Nous vivons dans l'ignorance du Bien et du Mal…
- l'attachement (raga) : l'attachement génère l'aliénation et l'angoisse.
- la haine (dvessha) : Nous sommes séparés de ceux que nous aimons et nous sommes obligés de vivre avec ceux que nous détestons… Nous confondons ce qui est transitoire et ce qui est éternel.
Bouddha a découvert les trois secrets de la réalité (ainséïté) :
o La Conscience- Energie : source de tout, elle s'éteint et se multiplie en couches de plus en plus denses.
o Le Karma ou Principe de causalité universelle : ce que tu fais, tu le subiras ; ce que tu subis, tu l'as fait.
o La répétition et la réincarnation : tout ce qui n'a pas été payé dans cette vie le sera dans la suivante.
Bouddha, le seul être éveillé dans un monde endormi, a trouvé et propose le chemin de la libération.
" Il y a un non-né, non-devenu, non-conditionné. Si ce non-né, non-devenu, non-conditionné, non-composé n'existait pas, il n'y aurait aucune évasion possible pour le né, devenu, conditionné, composé. "
Le Bouddhisme n'est donc pas pessimiste, puisqu'il y a une voie de sortie, une échappatoire.
Il n'est pas nihiliste, car la délivrance, l'éveil, la libération sont réels, solides et définitifs.
En conséquence le remède est le Bouddhisme, la voie du milieu, qui prône la Sagesse, la Compassion et l'Eveil.
- La Sagesse consiste à cesser de croire éternel ce qui est transitoire ; à cesser de s'attacher à l'impermanent et à voir les choses telles qu'elles sont.
- La Compassion, c'est se dévouer aux autres et agir de façon désintéressée.
" Quand je pense à l'universalité de la souffrance…je me sens désarmé, impuissant, pour être efficace et la faire cesser. Il faut que je devienne Bouddha, un éveillé. Alors il est possible de vivre l'amour- tendresse (Maïtri), l'amour- compassion (Karouna), l'amour- joie (Moudita), l'amour universel (Oupeksha). "
o L'Eveil : Il faut apprendre à méditer, et pratiquer la méditation jusqu'à l'éveil (Samadhi ou Nirvana). L'éveil, c'est la libération, la fin de l'illusion et donc de la souffrance… Lorsqu'on réalise enfin la véritable nature de l'Esprit ou la nature de Bouddha qui est notre seule réalité profonde. C'est la seule réalité qui élève l'homme au-dessus de lui-même et lui permet de réaliser que le lumière qui brille pour les morts est la claire lumière fondamentale de sa conscience, d'où rayonne une chaleur et une compassion immenses.
" Au moment de la mort, rien n'a plus d'importance, hormis sa propre réalisation spirituelle ". Le message du Bouddhisme est un message de sagesse, de compassion, de délivrance et d'apaisement, symbolisé par le doux sourire bouddhique.
2.3 La notion de personne dans le Bouddhisme
Dans le Bouddhisme, il n'y a pas de séparation ni d'opposition entre l'âme et le corps. En effet il y a un emboîtement d'enveloppes de plus en plus denses : nourriture/ énergie/ mental/ lumière/ béatitude. Il n'y a pas de personne (anatta), c'est une illusion qui cache l'essentiel. Elle se divise en deux : l'Ego et le Soi.
L'Ego, c'est le sens exagéré de sa propre personne, la maladie du Moi, l'hypertrophie du petit moi, en psychanalyse " le Moi idéal " qui a 3 facettes :
a. L'égoïsme, c'est le fait de se préférer aux autres. Tout comme l'égocentrisme consiste à se placer au centre du monde. Aussi pour Piaget, le sens moral débute-t-il quand l'enfant peut se décentrer, sortir de lui pour se mettre à la place de l'autre. L'égoïste se croit ainsi séparé, seul. Il devient alors possessif (mon, ma).
b. L'orgueil : l'orgueilleux n'a d'estime que pour lui-même. Il se juge supérieur et méprise les autres. Il est vaniteux, se vante de ce qu'il a et de ce qu'il est. Il est fier de lui comme une grenouille gonflée ou un dindon qui fait la roue.
c. La colère : parce qu'on ne lui a pas donné les marques de supériorité, l'égoïste se vexe. Il est susceptible, rancunier, n'oublie pas les insultes, le manque d'égards, monte sur ses ergots comme deux coqs qui combattent ou comme deux chiens qui aboient.
2.4 Le Soi, l'Esprit ou la Conscience ( boddhicitta)
Ici il y a un déplacement de la notion de Moi vers une réalité plus grande, plus centrale, plus globale et originelle. Comme dans un hologramme, chaque individu est un petit reflet du Tout, dans lequel il peut être expansé.
L'éveil, la Sagesse et la compassion sont la réalisation de sa nature de Bouddha. L'éveil est un état sans Ego, se fondant dans la conscience pure, libre, immédiate, nue.
2.5 Les applications pratiques du Bouddhisme
o La famille est la valeur centrale, mais la famille élargie à tous les cousins et la famille verticale, avec plus de morts que de vivants (culte des ancêtres).
o Le mariage n'est pas que l'amour et la pratique sexuelle entre deux individus, c'est l'union de deux familles, avec la présentation des mariés aux ancêtres et leur acceptation.
o La naissance se fait dans le calme et la paix, de préférence dans la famille. La grossesse est un état normal, ce n'est pas une maladie.
o Le Bouddhisme ayant le respect universel de la vie, n'est pas favorable à l'IVG, sauf en cas de nécessité.
o Les enfants sont élevés dans le respect et la tolérance. On doit voir Bouddha en eux. Il ne faut pas toucher la tête des enfants, dans bien de pays, car ils sont liés au Bouddha par la fontanelle antérieure.
o L'alimentation végétarienne découle du respect de la vie et du désir de ne pas se charger des influences négatives des cadavres (les poisons de l'élevage industriel et le refus de la chasse et de la pêche sportives). Le thé, favorisant l'éveil, est préféré à l'alcool.
o Le refus d'expérimentation animale et des animaleries gérées de façon inhumaine, surtout pour des cosmétiques ou en dehors des raisons médicales. Une grande parenté avec l'animal est affirmée.
o Le coma n'est pas absence de conscience, mais une simple impossibilité de communiquer, ce qui n'empêche pas de parler au comateux, car il vous entend.
o La mort est totalement renouvelée, car comprise tout autrement. Les lamas ont acquis très tôt une extraordinaire science de la mort, par auto-expérimentation. Ils ont connu le caractère progressif (par résorption des éléments les uns dans les autres. La mort n'est plus la résorption dans le néant, la fin de tout ou la " fin d'une vie dénuée de sens ". Elle est réintégrée dans les phénomènes de passage et de transformation, elle est une porte comme la naissance.
o Le mourir doit être respecté avec dignité. Il ne faut pas d'acharnement thérapeutique contre la volonté du mourant, qui engendrerait sa colère et sa mauvaise réincarnation. Il ne faut jamais toucher les parties inférieures du corps, pendant au moins trois jours. Mais, au contraire tapoter le sommet de la tête.
o Les visions et apparitions d'êtres favorables (en particulier d'ancêtres) au moment de la mort sont parfaitement reconnues comme un phénomène normal dans le Bouddhisme.
o Le suicide est considéré comme un crime et une lâcheté. Par contre le départ volontaire au moment de la mort dans la vieillesse est un acte généreux. Les lamas qui le peuvent meurent en position de lotus dans la méditation (Toukdam ou Pho- ba) et arrivent à se réincarner volontairement pour continuer à aider l'humanité.
o L'euthanasie n'est pas un acte de courage puisque c'est demander à un autre de faire ce qu'on n'a pas eu le courage de faire soi-même. De plus les dérives de ce changement de point de vue peuvent être considérables pour la société. Mais ça ne peut pas être un crime de débrancher celui qui le demande instamment.
o La crémation ou l'incinération est la pratique usuelle dans le bouddhisme, car cela force l'esprit à s'évader du cadavre.
o Le don d'organes est l'ultime générosité qui est constamment demandée dans tout le monde bouddhique.
o Les périodes intermédiaires (les 6 bardo) sont d'autres états de conscience. Après la mort, toute notre conscience nous apparaît à l'extérieur comme une réalité indépendante, selon ce que nous avons mérité dans la vie précédente. Une aide peut donc être apportée au décédé par un lama.
Source : " Les spiritualités de l'Orient " ou " voyage au pays de la psychologie " par Marc Alain Descamps
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Samten Wangmo Membre actif

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Inscription : 27 Mars 2006 Messages : 387
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Pierre Membre

Age: 42
Inscription : 31 Mars 2006 Messages : 116 Localisation : 66
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