 |
|
| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
invité Invité

|
Posté le : 09 Sept 2006 20:18 |
|
|
par Maître Dogen
La Voie est foncièrement parfaite. Elle emplit tout. Comment pourrait-elle découler de la pratique et
de la réalisation ? Le véhicule du dharma est libre et ne souffre d’aucune entrave. En quoi l’effort
de l’homme réfléchi est-il nécessaire ? En vérité, le Grand Corps est au-delà de toutes poussières du
monde. Peut-on encore supposer qu’il existe un moyen de l’épousseter ? Il n’est pas singulier, il est
exactement là où se trouve. A quoi bon errer ?
Cependant, s’il y a un fossé, si petit soit-il, la voie reste aussi lointaine que le ciel de la terre. Si l’on
manifeste la moindre prédilection ou la moindre aversion, l’esprit se perd dans la confusion.
Imaginez une personne qui se loue de comprendre et qui s’illusionne sur son éveil - devinant la
sagesse en toutes choses - se joint à la voie, clarifie son esprit et fait naître le désir d’escalader le
ciel par ses propres moyens. Cette personne a entrepris l’exploration originelle, mais elle s’est
restreinte par des limitations. Ainsi, elle n’est pas totalement engagée sur la voie de la délivrance.
Ai-je besoin de parler du Bouddha, qui possédait la connaissance innée ? On perçoit encore les
effets des six années passées assis en lotus dans une immobilité totale. La transmission du sceau
jusqu’à nos jours a conservé la mémoire de Bodhidharma et de ses neufs années de méditation face
au mur. Comment nos contemporains peuvent-ils penser être dispenser de pratiquer ?
Par conséquent, il est nécessaire d’abandonner une pratique qui ne se fonde que sur la
compréhension intellectuelle et sur les concepts. Apprendre l’introspection qui dirige la lumière
vers l’intérieur, pour illuminer notre vraie nature. Le corps et l’âme d’eux-mêmes s’estomperont, et
notre visage originel se révélera. Si nous voulons atteindre l’éveil, il est nécessaire de pratiquer sans
tarder.
Pour Sanzen, une pièce silencieuse convient. Mangez et buvez frugalement. Refusez tout
engagement et abandonnez toutes préoccupations. Ne pensez pas : " ceci est bien, cela est mal ". Ne
prenez aucun parti. Arrêtez tous les mouvements de l’esprit conscient. Ne portez aucun jugement
sur ce qui est pensé. N’ayez aucune envie de devenir un bouddha. Zazen n’a radicalement rien à
voir avec la position assise ou la position allongée.
A l’endroit où vous avez l’habitude de vous asseoir, étendez une natte épaisse et placez un coussin
dessus. Asseyez-vous en lotus ou bien en demi-lotus. Dans la posture du lotus, placez d’abord votre
pied droit sur votre cuisse gauche, et votre pied gauche sur votre cuisse droite. Dans la posture du
demi-lotus, vous vous contentez de presser votre pied gauche pied gauche contre votre cuisse droite.
Desserrez vos vêtements et votre ceinture, puis arrangez-les décemment. Placez votre main droite
sur votre pied gauche et votre main gauche sur votre main droite ; les extrémités des pouces se
touchent.
Asseyez-vous bien droit, dans une posture correcte, ni penché à gauche ni penché à droite, ni en
avant ni en arrière. Assurez-vous que vos oreilles sont dans le même plan que vos épaules et que
votre nez se trouve sur la même ligne verticale que votre nombril. Placez la langue en avant contre
le palais ; la bouche est fermée et les dents se touchent. Les yeux doivent rester toujours ouverts et
vous devez respirer doucement par le nez. Quand vous avez pris la posture correcte, respirez
profondément une fois, inspirez et expirez. Inclinez votre corps de droite et de gauche ; et
immobilisez-vous dans une position assise stable. Pensez à ne pas penser.
Comment pense-t-on à ne pas penser C’est aller au-delà de la pensée, cela en soi est l’activité
essentielle du zazen. Le zazen dont je fais mention n’est pas l’apprentissage de la méditation, mais
le Dharma qui procure la paix et le bonheur, la pratique et la réalisation d’un éveil parfait. Zazen est
l’expression de l’ultime réalité. Les pièges et les filets ne peuvent pas le capturer. Une fois que vous
avez saisi son essence, vous êtes comparables au dragon quant il entre dans l’eau et analogue au
tigre quand il s’enfonce dans la montagne. A l’instant où on pratique zazen et que l’on rejette toute
distraction et laisse aller tant le mental que le physique, le vrai Dharma se manifeste.
Quand vous vous relevez, bougez doucement et sans vous hâter, restez calmes mais volontaires.
Evitez d’être brusques. Quand on se réfère au temps jadis, on constate que la transcendance de
l’éveil et du non-éveil, que mourir en position assise ou debout, ont toujours découlés de la fermeté
du zazen pratiqué.
L’ouverture à l’éveil occasionnée par un doigt, une bannière, une aiguille, un maillet, la réalisation
grâce à un chasse-mouches, un poing, un bâton, un cri, tout cela ne peut être saisi pleinement ni par
la pensée rationnelle, ni par l’exercice de pouvoirs surnaturels. C’est au-delà de ce que l’homme
peut entendre et voir, un principe qui précède les connaissances et les perceptions.
Il importe peu que l’on soit ou pas intelligent. Il n’y a pas de distinction entre un sot et un quelqu’un
qui ne l’est pas. Quand on concentre son effort d’un seul esprit, cela en soit est négocier la voie. La
pratique et la réalisation sont pures par nature. Avancer sur la voie est une affaire de persévérance.
Ce monde et d’autres, en Inde et en Chine, respectent dans l’ensemble le sceau du bouddha. Ce qui
prime dans cette école est la dévotion à la méditation assise tout simplement, s’asseoir immobile
dans un engagement total. Il est dit qu’il y a autant d’âmes que d’hommes, tous négocient la voie
par la pratique de zazen. Pourquoi abandonner les privilèges du fils de maison pour errer sur les
routes poussiéreuses ? Un seul faux pas, et vous vous écartez du chemin qui est tout tracé devant
vous.
Vous avez cette chance unique de prendre une forme humaine ; ne perdez pas votre temps. Vous
apportez votre contribution à l’ouvrage de la voie du Bouddha. Qui prendrait un plaisir vain à la vue
de l’étincelle qui jaillit du silex ? Forme et substance sont comme la rosée sur l’herbe et la destinée
semblable à un éclair. Elles s’évanouissent toutes en un instant.
Je vous en prie, honorés disciples du zen, accoutumés à palper l’éléphant dans l’obscurité, ne
craignez pas le vrai dragon. Consacrez vos énergies à la voie qui indique l’absolu. Respectez
l’homme qui a réalisé et qui se situe au-delà des actions des hommes. Mettez-vous en harmonie
avec l’illumination des Bouddhas. Suppléez à la succession légitime du satori des Patriarches.
Adoptez cette conduite et vous serez comme eux. Votre salle au trésor se donnera à vous et vous en
userez comme bon vous semblera.
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
Seunam Gyamtso Membre d'honneur

Age: 29
Sexe: 
Inscription : 09 Jan 2006 Messages : 2829 Localisation : Coulommiers 77
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sondages de ce forum Vous ne pouvez pas joindre des fichiers Vous ne pouvez pas télécharger des fichiers
|
|