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Voie spirituelle de Akong Rinpoché Enseignement

 
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Message Posté le : 25 Déc 2005 17:27  Répondre en citant

Enseignement donné par Akong Rinpoché en février 1998 à Samye Dzong Bruxelles.

Le texte qui suit est une traduction et une transcription d'un enseignement oral donné par Akong Rinpoché. Le caractère "oral" de cette causerie a été gardé dans cette retranscription.

De nombreuses personnes essaient de suivre une voie spirituelle : certaines dans la voie bouddhiste, et, à l'intérieur même de la voie bouddhiste, selon le cheminement tibétain. Mais parmi les gens qui croient être en quête de spiritualité, certaines sont plutôt versées dans la recherche, plutôt que dans la quête spirituelle proprement dite. On pourrait en quelque sorte dire de ces gens que ce sont des rats de bibliothèque : comme un rat de bibliothèque consomme des livres, ils consomment des enseignements spirituels, et des enseignants : ils avalent toutes sortes de choses à droite et à gauche, mais cela n'a pas d'incidence sur leur vie, cela n'induit pas de changement dans leur vie, et ne modifie pas leur compréhension des choses. Ces gens tournent en rond, font des échantillonages d'enseignements, mais rien ne change en eux.

Cela correspond à l'idée que certains occidentaux se font du mariage : on tombe amoureux, et quelques mois plus tard on déteste la personne que l'on a adorée, alors on en change, on va ailleurs. Bien des gens agissent ainsi dans leur itinéraire spirituel : ils trouvent un enseignant, c'est le grand amour, et puis après, ils changent et vont ailleurs. Les gens sont en proie à toutes sortes de détours, mais pendant ce temps rien ne change dans leur vie.

Des gens se considèrent peut-être comme bouddhistes depuis des années, dix ans, vingt ans, mais quand on regarde ce qui s'est passé dans leurs vies depuis le premier jour où ils ont commencé à être bouddhistes, et dix ou même vingt ans plus tard : si l'on considère ce qui s'est passé, quelle est leur compréhension du bouddhisme, on peut parfois se rendre compte qu'il n'y a pas eu de grands changements : ils ne comprennent pas plus que le premier jour et leur comportement n'a pas changé par rapport à celui du premier jour. Ceci est dû au fait qu'ils se sont contentés d'écouter les enseignements, mais qu'ils ne les ont jamais appliqués, ils ne les ont pas mis en pratique. Et quand on dit écouter, ce n'est pas forcément écouter correctement, ce qu'ils tiennent à faire, c'est se retrouver dans le groupe, comme une espèce de club. C'est un endroit où l'on va, on y retrouve les autres, on se sent bien ensemble. On aime bien être là avec les autres, on s'assied avec eux, on prie ensemble, mais pendant qu'on est sensé prier, dans la tête, on pense à toutes sortes d'autres choses qui n'ont rien à voir avec la prière : " mais que vais-je faire à manger tout à l'heure ? ", "que vais-je manger ?" "Où vais-je aller ce soir", "j'ai des problèmes d'argent, que vais-je faire demain ?" , etc. Donc la tête tourne sans arrêt et cela n'a rien à voir avec la prière, mais physiquement on est là au milieu des autres, on a l'impression qu'on fait ce qu'il faut.

En fait de développement, qu'est-ce que je constate ? La plupart du temps, tout ce qui se développe, s'accroît, c'est la jalousie, les cancans, les querelles, les disputes, parmi les gens qui se disent disciples du Dharma. Ce sont des disputes entre celui qui suit l'enseignement et son enseignant parce qu'on a l'impression qu'il n'écoute plus ce qu'on veut lui demander qu'il ne répond pas aux exigences, ou ce sont des querelles avec d'autres gens.
Des gens ont l'impression que s'ils sont bouddhistes depuis dix ou vingt ans, cela leur donne des droits : "Ah oui, parce que je suis bouddhiste depuis longtemps, j'ai plus le droit que les autres de m'asseoir devant, les autres me doivent un certain respect".

En revanche, on ne voit pas le développement de la compassion, de l'amour, de la tolérance, précisément parce que les enseignements n'ont pas été appliqués. Chaque année, alors qu'on est sensé suivre un cheminement bouddhiste, la seule chose qui croisse d'année en année, ce n'est que l'égo.

Evidemment, je n'exprime ici que mon point de vue, moi qui suis plein d'aspects négatifs, moi qui ne possède aucune spiritualié : quand je m'examine, ce que je vois, c'est vraiment à 100% l'ignorance, le manque d'éducation, un manque de développement spirituel. A vrai dire, je me vois plein de poisons, plein de choses négatives, du bout de l'ongle de mes orteils jusqu'au bour des cheveux.

Evidemment, du fait que je suis moi-même plein de choses négatives, je ne peux voir que le côté négatif des autres, je ne peux voir que plein de choses négatives. Ainsi, quand on est plein de choses négatives soi-même, toute son expérience est colorée de manière négative, tout ce qu'on voit est négatif; mais cela ne veut pas dire évidemment que le bouddhisme soit negatif : le bouddhisme est un enseignement extraordinairement précieux parce qu'il donne à tous une égalté de chances totale. Quiconque applique le bouddhisme peut arriver à un résultat, peut en obtenir le bienfait. Il n'y a pas de gens qui ont plus de droits, ni d'autres qui en aient moins : tout le monde peut arriver à quelque chose avec la même égalité de droits.

Mais puisque je suis moi-même incapable d'appliquer les enseignements correctement, je dois convenir que ce dont je vais parler ce soir, cela s'adresse plutôt à moi-même : en fait je me parle à moi-même en vous parlant. Et peut-être que s'il y en a parmi vous qui soient dans la même situation que moi, ils en tireront certains bienfaits. Je me parle à moi-même parce que je ne suis pas capable d'appliquer l'enseignement, et souvent je ne suis pas capable d'en faire l'usage qu'il faudrait. Je dois en convenir : ce n'est pas un sujet passionnant. Souvent quand je parle, les gens ne sont pas contents, ils sont irrités parce que cela fait mal de voir ce qui est négatif en soi, on n'a pas envie de le voir, de voir les problèmes. Personne n'a envie d'entendre remuer ça, personne n'a envie de se dire "ah il est exactement comme moi". Parce que cela ne fait que remuer le couteau dans la plaie, ce n'est pas agréable. Mais c'est parfois nécessaire, et c'est salutaire.

Si on essaie de comprendre le Dharma correctement, il faut savoir regarder les choses négatives en soi, afin d'essayer d'améliorer les choses. Si on ne s'examine pas soi-même, on ne peut pas arriver à grand-chose, et on est mieux placé que n'importe qui pour le faire, parce qu'on se connaît soi-même : c'est vers soi qu'il faut se tourner. Ce n'est pas les autres qu'il faut regarder, c'est soi-même. Il n'est donc pas forcément nécessaire d'aller écouter toutes sortes d'enseignements partout, d'aller voir toutes sortes de maîtres, parce que l'essentiel est d'appliquer la chose. Même en imaginant que quelqu'un ne soit allé qu'à un seul enseignement dans sa vie : s'il applique cet enseignement, c'est tout ce qu'il lui faut. Mais si on n'applique pas les enseignements, alors qu'on aurait passé une vie entière à aller d'enseignant en enseignant, d'enseignement en enseignement, qu'on y aurait passé des heures et des années, on n'en retirerait pas grand-chose. Il faut essayer d'appliquer quelque chose de très simple, et de l'appliquer vraiment dans sa vie de tous les jours.

La voie à suivre dans le bouddhisme est très claire quand on essaie d'être un bouddhiste dans la vie normale, ordinaire comme moi. La première chose qui compte est de changer sa mentalité. Le changement à opérer est d'essayer de faire en sorte que ce qui nous arrive soient des choses qu'on accueille, qu'on accepte, comme si on lui souhaitait la bienvenue. Par exemple, si on tombe malade, on apprécie le fait d'être malade et on se dit "grâce à cette maladie, j'espère pouvoir purifier tout le mauvais karma que j'ai pu avoir". Quand on pense comme ça, la maladie n'est plus l'occasion de souffrance. La même chose si quelqu'un vous vole de l'argent ou vous vole des biens : si vous appréciez cette chose qui vous arrive, si vous vous dites que vous espérez que celui qui vous a volé ça pourra en profiter au maximum, mais que cela vous donne la possibilité de pratiquer la générosité, de développer une attitude d'esprit généreuse.

Même chose si quelqu'un vous bat : vous vous dites "j'accepte cette dérouillée qu'on m'a donnée", et grâce à cela, ça vous permet de développer de la patience et de la force d'âme. Quand on arrive à accueillir tout ce qui arrive à bras ouverts, à ce moment, il n'y a plus vraiment ce que l'on considère comme des bonnes ou des mauvaises choses dans sa vie. Si quelque chose qui est censé être mauvais et négatif vous arrive et que vous l'appréciez, à ce moment-là, c'est vraiment le coeur de l'enseignement du bodhissatva. Si par exemple, quelqu'un dit du mal de vous, et qu'il dise toutes sortes d'horreurs sur votre compte, vous devez une reconnaissance infinie à cette personne, parce que c'est votre meilleur enseignant, c'est votre meilleur maître. Cette personne vous apprend la patience : ce n'est pas votre ennemi, c'est votre maître. L'ennemi au contraire c'est celui qui dit des tas de choses formidables sur votre compte : "tu es merveilleux, tu as une forme fantastique, tu es gentil, etc.". Quelqu'un qui vous parle ainsi, qui vous dit tout le temps que vous êtes le meilleur, ne peut pas produire quelque chose de positif, de bénéfique parce que cela ne peut que renforcer l'égo, et l'égo est le poison principal dont nous souffrons tous. C'est celui qui nous empêche d'être libre, qui ne nous laisse pas l'occasion ou la possibilité d'être heureux.

La manière dont je considère le bouddhisme est très simple. Je ne mets pas énormément l'accent sur le fait de faire beaucoup de prières, de faire des rites particuliers, mais je conseille d'accueillir à bras ouverts tout ce qui se passe dans sa vie, autour de soi, de laisser venir à vous. Même quand les gens profitent de vous, abusent de vous, abusent de votre patience, vous jettent dehors, il faut dans ces cas là être reconnaissant par rapport à tous ces gens qui vous donnent l'occasion de développer la patience, de développer la force d'âme.

Si vous arrivez à avoir cette sorte d'attitude, qui va en profiter au bout du compte ? Ce ne sont pas les gens qui vont abuser de vous, qui vont vous faire toutes sortes de torts, c'est vous qui allez en bénéficier, parce que en ayant ce genre de démarche tout le temps, vous êtes gagnant.
Vous êtes gagnant parce que vous effacez en vous la haine, la jalousie , vous n'avez plus d'ennemis, l'ennemi devient l'ami, et vous n'avez plus ces attachements terribles qui vous rivent aux choses. Vous n'êtes plus attaché aux amis, à l'argent, aux choses que vous possédez, ce qui veut dire qu'on ne peut plus rien vous voler, il n'y a plus de voleurs, il n'y a plus rien qui vous attache aux choses. Vous n'êtes plus à vous dire "on n' a pas le droit de me prendre ça, il faut que je mette des verrous partout", vous êtes libéré de tout ça, c'est fini, vous êtes totalement libre. Ou que vous alliez, vous êtes libre, et ça c'est la meilleure sorte de bonheur. Mais ce bonheur, cette liberté, c'est à vous de la conquérir. Ce n'est pas quelque chose que vous pouvez acheter ou emprunter à des amis, vous devez trouver ce bonheur là en vous même.

Une seule chose importe finalement, que vous ayez étudié un livre, cent livres ou mille pendant dix an,s cent ans ou même mille ans si c'était possible. En fin de compte une seule chose est importante, et il est dit dansles enseignements que cette chose est de dompter son esprit. On dit "regarde en toi-même, ne regarde pas les autres, ne vois pas de faute chez les autres, regarde en toi et dompte ton propre esprit". Il faut donc se tourner vers soi, et ne pas juger les autres : il ne faut pas être tenté de vouloir changer le monde, changer les gens autour de soi pour qu'ils soient plus conformes à l'idée qu'on se fait des choses. L'essence de l'enseignement, si on veut vraiment l'appliquer, tient dans cette seule phrase qui est fondamentalement de savoir gérer ses émotions, s'examiner soi-même, dompter son esprit.

En fait, une fois que l'on arrive à faire cela, il n'y a rien d'autre à faire. Que reste-t-il d'autre à faire ? Il y a des gens qui parlent énormément de l'éveil et de l'illumination spirituelle. Qu'est-ce que c'est ? Je n'en sais rien. Mais il me semble que si on a vraiment dompté l'esprit, que si l'on est conscient de ce qu'on est et de ce qu'est son esprit, le reste se fait automatiquement et sans effort. Là où il faut faire un effort en revanche, c'est pour essayer d'appliquer cet enseignement, d'essayer vraiment de regarder en soi au lieu de regarder chez les autres. Cela veut dire que, normalement, l'on ne se donne pas le temps de porter ce regard sur soi, parce qu'on est extrêmement occupé, on a une vie très rapide, on s'occupe de toutes sortes de choses, on court à droite et à gauche pour travailler, pour gagner de l'argent, pour s'occuper de sa famille. A cette activité, on ajoute un autre niveau d'activité sur le plan spirituel, on se croit obligé de courir partout pour aller voir des enseignants et écouter des tas d'enseignements : il y en a qu'on aime, qu'on n'aime pas, qu'on garde, qu'on ne garde pas. Tout cela devient finalement une espèce d'habitude dont on ne retire pas vraiment de bienfait.

Ce qu'il faut essayer de faire, c'est de mener une vie plus centrée, vivre normalement, s'occuper de sa famille, de sa vie, et en même temps, veiller précisément à dompter son esprit. C'est une chose qui doit se faire au jour le jour, chaque jour, jour après jour. Ce n'est pas une chose qu'on fait une fois et puis cela suffit. Il ne faut pas se dire "je l'ai fait hier ou la semaine derniçre ou je l'ai fait il y a un mois", c'est tous les jours qu'il faut appliquer cela, à chaque heure, et même à chaque instant. Dès l'instant où un poison se fait jour dans l'esprit, il faut le repérer et le gérer correctement : à travers la compassion et la compréhension.
En fait, c'est extrêmement simple, parce que cela ne met en jeu que soi-même, cela ne dépend de personne d'autre, il suffit soi-même de faire cette démarche, cet effort.

Quand on arrive à faire cela, on devient progressivement de plus en plus pur soi-même; et quand on est plus pur, on commence à apercevoir beaucoup plus de bonté, de beauté, de tolérance chez les autres. Quand on a un certain degré de pureté en soi, on voit la pureté et la beauté des autres, parce que l'expérience qu'on a des autres, c'est une projection de soi-même, une image. Si cette image est belle et transparente, on perçoit des autres quelque chose de beau, de transparent. Quand on apprend à se dompter soi-même, on arrive à voir le monde d'une manière pure : le monde devient plus pur et plus beau.

On n'a donc pas besoin de changer le monde, de rééduquer les autres et d'infléchir les choses pour qu'elles aillent dans le sens qu'on veut. On pourrait passer des vies entières à essayer de vouloir changer les autres, et après dix vies entières, on n'aurait peut-être pas réussi à changer une ou deux autres personnes, alors qu'ici, on se purifie soi-même.
Si on travaille sur soi, on arrive petit à petit à se purifier soi-même, et en se purifiant, on arrive à voir sa propre beauté, et ainsi, on voit également la beauté des autres.

Je n'ai pas passé beaucoup de temps à étudier, je n'ai jamais eu le temps d'être quelqu'un de spirituel, c'est pourquoi je parle toujours des choses en termes très simples. Quand je parle d'émotions, il s'agit d'un type de sentiments négatifs, mais je ne produis pas toute la gamme possible des émotions. Il y a beaucoup de livres dans lesquels on parle de nuances extrêmement fines, on parle d'agrégats, des différents types de négativité, il y a des nomenclatures où il y des chiffres, des degrés, des types différents, des sortes de poisons, mais je ne m'y connais pas très bien, je ne suis pas fort avec les chiffres, je ne comprends pas ces complications. J'aime dire les choses de manière très simple, et je trouve que la manière la plus simple est la plus utile en fin de compte. Quel que soit le nombre d'émotions qui se présentent, si on sait gérer une émotion correctement, on saura gérer les autres aussi. Si on sait faire face à l'égo, gérer l'égo, on saura gérer toutes les sortes de sentiments négatifs qui peuvent se présenter, et c'est ainsi qu'on pourra développer une certaine compréhension, ce qu'on pourrait appeler la sagesse.

La manière dont j'envisage le dharma va plutôt dans ce sens : essayer d'appliquer quelque chose de très simple, essayer de simplifier parce que notre vie est déjà extrêmement comliquée, et si on y rajoute encore des complications, on n'y arrivera pas. Nous avons besoin de simplifications, pas de complications dans notre vie. Simplifier c'est donc s'occuper d'une ou deux choses, très bien, très finement. Si nous nous occupons de l'essence même d'une chose et que nous l'appliquons de manière régulière et répétée, nous pouvons vraiment arriver à une compréhension profonde. C'est ce qui débouche sur ce qu'on appelle le développement spirituel, que j'aurais tendance à appeler une plus grande maturité. Etre plus mûr, c'est quand on est un peu plus sage. En termes bouddhistes, on pourrait dire que c'est lorsqu'une personne devient plus tolérante, plus patiente. Quand on est patient, cela veut dire qu'on a compris plus de choses, c'est un degré de maturité accru. C'est pourquoi je pense que plutôt que de se préoccuper d'illuminations spirituelles ou d'éveil, il vaut mieux essayer d'acquérir une certaine maturité.

Il n'y avait là rien de très excitant à raconter, mais tout ce que je voulais dire, je l'ai dit. Si vous souhaitez à présent soulever un point ou dire quelque chose, ...

Question : ... à propos de l'égo et de la névrose ...
Réponse : Si on gère l'égo lui-même le problème se résoud de lui--même, il n'y a plus de problème de névrose.

Question : N'est-ce pas une manière de transformer l'égo que de l'accueillir sans pour autant l'amplifier ?
Réponse : Si on sait comment transformer l'égo, oui bien sûr, ce serait très bien. Si on sait comment transformer l'égo, c'est excellent de le faire, et c'est dans ce sens que vont les pratiques du vajrayana où l'on se visualise sous la forme d'une divinité. Quand on se visualise sous la forme d'une divinité, que l'on devient soi-même cette divinité, on pourrait croire que c'est un renforcement de l'égo, que l'on se prend pour quelque chose d'extraordinaire, mais en réalité, au lieu de renforcer l'égo, par le processus de la visualisation et par la compréhension que cela induit en soi, on arrive à comprendre que l'égo devient tout à fait transparent et impalpable? Par le biais de la visualisation, l'égo est rendu impalpable et il se dissout automatiquement. Au départ, on peut croire que cela va renforcer l'égo, mais par cette méthode particulière, la visualisation détruit cette solidité de l'égo. Il faut ces moyens particuliers.

Question : Au quotidien, j'observe l'égo, et au lieu de le rejeter, j'apprends à l'observer comme une espèce d'enfant capricieux, de le regarder avec coeur sans le rejeter.
Réponse : Tant que vous pouvez rester vigilant et que vous pouvez le regarder jouer et faire son propre jeu, sans vous laisser prendre, ça va, oui, mais il faut rester très vigilant.

Question : ... comment dompter l'esprit ? ... Quels sont les moyens pratiques ?
Réponse : Le premier moyen est la vigilance. Il faut la comprendre au sens ordinaire de ce qu'on peut connaître dans la vie quotidienne. Il ne faut pas s'imaginer que quand on parle de vigilance dans le cadre de la méditaion, c'est une nouvelle technique ou une idée nouvelle. Cela veut simplement dire être conscient de ce qu'on fait au moment où on le fait. Normalement chaque être humain a une forme d'entraînement de l'esprit, une forme élémentaire de vigilance qui fait partie de notre éducation : si nous lisons un livre, nous devons être conscient de ce que nous lisons, comment lire. Si nous coupons des légumes, nous devons être conscients et ne pas nous couper les doigts. Quand on conduit une voiture, on fait attention à ne pas avoir d'accident ou d'écraser des gens. Mais les gens s'imaginent qu'on parle d'autre chose dans le contexte de la méditation. Vous devez être là, avoir une qualité d'attention, être vigilant, ce n'est pas autre chose que cela.
Il y a bien sûr d'autres techniques de méditation qui permettent de développer cette vigilance, cette qualité d'attention, et chacun peut apprendre une techinque qui convienne particulièrement dans le cadre des enseignements spécifiques. Mais quand il s'agit d'appliquer la vigilance au quotidien, il s'agit simplement de développer une qualité d'attention dans tout ce qu'on fait. Quand on pense à quelque chose, qu'on dit quelque chose, qu'on fait quelque chose : à chaque instant de la vie, il y a cette qualité d'attention : on est conscient de ce qu'on est en train de penser, de dire, etc. Il ne s'agit pas d'appliquer un jugement, ne pas se dire que ce qu'on pense ou ce qu'on fait soit bien ou mal, ce n'est pas un jugement, mais une présence attentive c'est une vigilance constante de chaque instant.


KAGYU SAMYE DZONG - Bruxelles
Karma Shedrup Gyaltso Ling
Centre d'études tibétaines
Rue Capouillet, 33 - 1060 Bruxelles - Belgique
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Seunam Gyamtso
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Message Posté le : 30 Jan 2006 14:41  Répondre en citant

Bonjour

Cet enseignement est peut être un peu long à lire mais je le trouve tres pertinent et important, je recommande à tout le monde, quelque soit son niveau ou aproche spirituelle, de le lire.

Amicalement,


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Emma
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Message Posté le : 01 Fév 2006 22:29  Répondre en citant

Très touchée par cet enseignement.

Interpellée par le passage où les meilleurs maîtres sont vos ennemis et où ceux qui vous "flattent" ne vous sont d'aucun secours car ils ne font que renforcer l'ego : en ce cas, comment exprimer sa gratitude et sa reconnaissance à quelqu'un dont l'action vous aide, vous guérit (au sens propre -un médecin- ou au figuré) et par là même vous fait progresser ?

Comment faire si j'aime l'autre tout en le respectant ? Dois-je me préoccuper de ce qui est bon pour lui et être potentiellement un maître -mais en ce cas, je ne vais pas lui dire des méchancetés, puisqu'il a fait du bien pour moi...- ou bien dois-je seulement suivre mon instinct qui est de lui exprimer mon immense reconnaissance ?

Vos lumières seront les bienvenues !...


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Seunam Gyamtso
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09 Jan 2006
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Message Posté le : 01 Fév 2006 22:51  Répondre en citant

Bonjour,

Citation:
Interpellée par le passage où les meilleurs maîtres sont vos ennemis et où ceux qui vous "flattent" ne vous sont d'aucun secours car ils ne font que renforcer l'ego


je pense que c'est l'attitude interieure qu'on doit avoir, surtout vis avis de nos enemis, ne pas tenir compte des 'flateries' car elles ne servent à rien quand elles nous sont faites, mais faire l'éloge des autre est un acte positif, donc pas de probleme.
Amicalement,


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