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samsarabio Visiteur

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Inscription : 02 Avr 2006 Messages : 22 Localisation : Marseille
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Posté le : 04 Oct 2006 19:27 |
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extrait de "le yoga tibetain et les doctrines secretes ou les sept livres de la sagesse du grand sentier" edité par Dr W.Y. Evans-Wentz
La Doctrine de l'état de rêve-introduction
La Doctrine des rêves qui vient en suivant, illustre la doctrine de mâyâ. Elle démontre que, de même que toutes les expériences des sens de l'état de veille sont illusoires, celles de l'état de rêve le sont également, ces deux états formant les deux pôles de la conscience humaine. En d'autres termes, la nature, comme un tout, est le rêve de l'Esprit Unique; tant que l'homme n'a pas conquis la nature et surmonté ainsi mâyâ il reste endormi rêvant le rêve de l'ignorance. Que ce soit dans ce monde ou dans un état d'après la mort, toute expérience dans ces conditions de Samsara ou de karma n'est qu'un rêve.
C'est seulement en s'éveillant du sommeil que le caractère du rêve peut être réalisé, ce n'est que lorsque le rêveur du rêve de l'ignorance s'éveille à l'état vrai sans condition, sans sommeil, sans rêve, qu'il peut comprendre le caractère illusoire du Samsara. Nous parlons de l'état de rêve comme étant irréel et l'état de veille comme étant réel. Cependant au sens strict les deux états sont irréels, car ils dépendent du même ordre de perceptions objectives et sensorielles, celles du rêve étant internes et celles de l'éveil étant externes. L'esprit seul connaît les impressions des sens et ne fait aucune réelle distinction entre elles, qu'elles lui parviennent de Pintérieur ou de l'extérieur. Dans l'esprit, comme dans un miroir, les objets des sens internes ou externes sont reflétés et à part de l'esprit ils n'ont pas d'existence, n'étant ainsi que le dit la doctrine de mâyâ, que des apparences.
Par l'analyse soigneuse des rêves et des expériences psychologiques faites sur lui-même, le yogin vient enfin à la réalisation, et pas seulement à la croyance, que le contenu total de l'état de veille comme du rêve est en fait un phénomène illusoire.
Comme une araignée tirant de son corps la substance de sa toile et la reprenant en elle-même, ainsi l'Esprit-Tout, personnifié par les Hindous en Bra'hmâ, sort de lui-même la création cosmique puis la réabsorbe. La toile d'araignée de Brahmâ est mâyâ dans laquelle chaque être tombe et est tenu dans les liens sangsâriques, c'est la roue de la vie à laquelle le karma attache, le roc de Prométhée auquel l'humanité est enchaînée en proie aux aigles du désir.
Brahmà dort et s'éveille, quand il dort, son rêve est la création cosmique; quand il s'éveille, son rêve se termine, son rêve est le Samsara, son réveil le Nirvana. Dans l'esprit, tout le crée et l'incrée, le Samsara et le Nirvana ont leur origine, et dans la suprême compréhension de l'Esprit-Tout les deux sont unis (7).
Le but entier de la doctrine des rêves est de stimuler le yogin à s'éveiller du sommeil de l'illusion, du cauchemar de l'existence, à rompre les rets dans lesquels mâyâ le tient prisonnier depuis des éons et atteindre ainsi la paix spirituelle et la joie de la liberté, ainsi que le fit le Parfaitement Eveillé : Gautama le Bouddha.
(7) On pourra voir que notre science Occidentale a rejoint une ligne parallèle à celle des Sages de l'Orient en lisant ce que Sir James Jeans a consigné dans le livre « The Universe Around Us » (Cambridge 1933), pp. 294-354-5. Il parle de réduire « la nature entière en un concept mental puisque la texture de la nature n'est rien autre que la texture de la continuité du temps-espace ». Puis il expose les vues suivantes :
« Tout ceci rend clair que la matière présente de l'Univers ne peut avoir existé depuis toujours, nous pouvons lui assigner comme limite extrême à son commencement un chiffre rond de, mettons, deux cents millions de millions d'années... L'Univers devient maintenant une image définie dont les dimensions sont une certaine partie d'espace et une certaine partie de temps; les protons et les électrons sont les traces de peinture qui définissent l'image sur le fond du temps-espace. Remonter, autant que nous le pouvons, dans le temps ne nous amène pas à la création Se l'image mais à ses confins, la création de l'image reste autant en dehors d'elle-même que le peintre reste en dehors de sa toile. A ce point de vue, essayer de discuter la création de l'Univers en termes de temps et espace est comme de chercher à découvrir le peintre et l'action de peindre en examinant les bords d'un tableau. Ceci nous amène très près des systèmes philosophiques qui regardent l'Univers comme une pensée dans l'esprit de son créateur.
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