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samsarabio Visiteur

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Posté le : 04 Oct 2006 19:37 |
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extrait de "le yoga tibetain et les doctrines secretes ou les sept livres de la sagesse du grand sentier" edité par Dr W.Y. Evans-Wentz
La Doctrine de l'état d'après la mort-introduction
La cinquième des Six Doctrines, la Doctrine du Bardo ou état intermédiaire suivant la mort et précédant la naissance est une version abrégée du Bardo-Thodôl (Libération en écoutant dans le plan d'après la mort) comprenant deux Livres dans sa version originale, traduite et expliquée en détail dans le Livre des Morts Tibétain.
Le lecteur observera que la Doctrine du Bardo est ici présentée comme complémentaire de la Doctrine de la Claire Lumière et de celle de mâyâ qui l'a précédée, car elle considère l'état d'après la mort comme n'étant qu'un état de rêve prolongeant et dépendant de l'état également illusoire appelé l'état de vie.
Ainsi que le Livre des Morts Tibétain y insiste continuellement, à moins que la personne mourante, ayant pratiqué avec succès le yoga pendant sa vie, ait pu acquérir le pouvoir yogique de rester ferme dans la condition d'après la mort où la Claire Lumière apparaît, elle sombrera étape par étape et la Claire Lumière de Réalité s'effacera de sa conscience. Alors viendra pour elle la seconde mort, la mort de l'après mort et elle expérimentera le vrai Bardo.
Là, étant plongé plus profondément dans les illusions hallucinantes venant de mâyâ que durant l'état de vie (ou d'éveil) elle demeurera le temps déterminé par le Karma, puis, le moment étant venu, elle entrera à nouveau dans un germe et recommencera à vivre esclave des passions et dominée par l'ignorance.
Si, d'autre part, la personne mourante est l'une de celles qui ont acquis la maîtrise du yoga, au moment de la mort par un effort de volonté suprême elle entrera dans la transe de Samâdhi la plus élevée en communion transcendantale avec la Claire Lumière, et la mort aura lieu sans rompre la continuité de conscience. Ainsi, à rencontre de ce qui se produit pour celui qui n'est pas illuminé, il surmonte l'évanouissement dans l'inconscience qui accompagne normalement la séparation du principe de conscience d'avec le corps du plan terrestre. Aucun maître du yoga ne meurt d'une façon normale à moins qu'il ne soit tué soudainement et sans s'y attendre, il abandonne simplement sa forme physique qu'il est arrivé à considérer comme un vêtement qui peut être revêtu ou rejeté en pleine conscience, tandis qu'il est plongé dans la condition extatique de l'Esprit où la Claire Lumière luit constamment. Le Bodhisattva entre consciemment dans le sentier de la re-naissance au moment favorable, et appartenant au quatrième ordre des initiés « il vient à exister dans le sein de sa mère consciemment, y demeure consciemment et en sort consciemment » ainsi que l'enseigne le Bouddha (9).
Cette puissante réalisation d'aller à volonté et avec une continuité de conscience ininterrompue au travers de tous les états d'existence illusoires, avec un esprit microcosmique au diapason de l'esprit macrocosmique est le but du Dharma. Celui qui a conquis màyâ devient un maître de la vie et de la mort, une lumière dans l'obscurité, un guide pour celui qui est égaré, un libérateur pour celui qui est esclave. Dans le langage transcendantal du Grand Sentier, le Mahâyâna, il n'est plus pour lui de distinction entre le Samsara et le Nirvana (10). Ainsi qu'un lion indompté erre librement dans les hautes montagnes, ainsi, il erre à volonté au travers des existences (11).
Suivant le symbolisme ésotérique des guru tibétains, le processus de la mort peut se comparer à celui d'une lampe qui s'éteint par manque d'huile. Par un symbolisme similaire, ils expliquent ésotériquement les apparitions phénoménales variées telles que les lueurs, les sons et les formes perçus par celui qui meurt et dans l'état d'après la mort.
Considéré rationnellement, ainsi que l'enseigne le Livre des Morts Tibétain, toutes les visions apparitionnelles vues par le décédé sont purement illusoires, n'étant rien de plus que des hallucinations matérialisées des formes-pensées s'éle-vant du contenu mental de celui qui les perçoit, comme résultat direct des stimuli psychiques produits par le processus de la mort réagissant sur l'esprit. En d'autres termes, des impulsions intellectuelles produites par la mort sont personnifiées dans l'état de rêve d'après la mort.
Et en correspondance durant le processus de re-naissanee, qui est l'inverse de la mort, il se produit des phénomènes parallèles perçus en ordre inverse. Il existe au Tibet une littérature très abondante, à laquelle appartient notre texte, concernant soit le rejet, soit la prise d'un corps humain, ainsi que d'abondantes descriptions de l'état pré-natal alors que la conscience ombre et dirige la croissance de l'embryon dans le sein.
(9) Samgïti Sutta.
(10) C'est la trame de tout le Livre V qui suit.
(11) Tibet's Great Yogi Milarepa, p. 35.
(12) Tibet's Great Yogi Milarepa, p. 155.
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