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De la naissance à l'éveil, Version courte

 
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lotus
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Message Posté le : 30 Déc 2005 17:38  Répondre en citant

L’HISTOIRE DU BOUDDHA


I – DE LA NAISSANCE A L’EVEIL

L’histoire commence avant sa naissance car elle s’intègre dans la loi du karma et dans le cycle du samsara ; il vécut d’innombrables vies avant sa dernière naissance. Ces vies antérieures font l’objet des récits composant le « Jâtakam ».

Siddhârta naît dans une famille noble, celle des Gautama qui appartient à un clan considéré, les Cakyas. Cette lignée règne à Kapilavastu, sur un territoire du nord de l’Inde, et possède un chef Cuddhodana dont l’épouse principale est la reine Mâyâ.

Les astrologues et les Sages du pays ont promis une glorieuse destinée au nouveau-né :
« Sur le cercle de la grande terre qui a pour limite l’océan, sans employer le châtiment ou les armes, après l’avoir soumis par sa loi et sa force, il exercera l’autorité de sa toute puissance. Mais si, sortant de la maison, il s’en va errer en religieux sans asile, il sera Tathâgata, Arhat, Bouddha parfait et accompli, instructeur que nul ne guide dans le monde. »

Cuddhodana se réjouit de cette prophétie flatteuse mais, bien que plein de respect pour les ascètes, il souhaite que son héritier suive la première des voies et se promet bien de s’employer à l’y diriger.

Sa mère, la reine Mâyâ, meurt sept jours après l’avoir mis au monde.

Dès sa prime jeunesse, Siddhârta s’est montré enclin à des méditations prolongées. Souvent, il s’écartait des siens pour aller s’asseoir, pensif, au pied d’un arbre, dans les jardins du palais. Cuddhodana, déjà alarmé par les prédictions, s’inquiète de cette conduite. Il donne à son fils l’éducation d’un jeune noble de son temps, dans le luxe et les plaisirs.

Comme ses semblables, Siddhârta doit se marier ; la belle Gopâ, fille de Dandapâni de la famille des Cakyas, est choisie. La treizième année du mariage naît un fils, Râhula. Pendant toute cette période, le futur Bouddha continue à vivre sans difficultés apparentes, son père ayant donné des ordres sévères pour qu’il ne sorte pas du palais, afin qu’il ne soit pas confronté aux douleurs de la vie du commun. Malgré tout, si l’on en croit les récits, Siddhârta était sensibilisé au malheur et aux difficultés, tout en les ignorant, puisqu’on avait pris soin de l’en préserver.

Pourtant, Siddhârtha en vient à être confronté avec les maux de l’humanité ; en se rendant à son jardin de plaisance à l’extérieur du palais, il rencontre un vieillard « …affaibli, à la tête blanche, aux dents branlantes, qui marche en chancelant, appuyé sur un bâton ».
Il interroge son cocher :
« Qui est cet homme ? »
« Cet homme, Seigneur, est accablé par la vieillesse, ses organes sont affaiblis, il est privé de force et d’énergie, incapable d’agir, il est relégué dans la forêt comme un morceau de bois. »
Siddhârta interroge encore :
« Est-ce-là une condition spéciale à sa famille ou bien est-elle commune à toute l’humanité ? »
« Ce n’est, Seigneur, ni une loi spéciale à sa famille, ni une loi du royaume. Chez tous les êtres la vieillesse succède à la jeunesse. Vos parents, la foule de vos amis, tous finiront par la vieillesse. Il n’y a pas d’autre voie pour les êtres. »

Une scène analogue se produit au sujet de la maladie et le futur Bouddha conclut :
« La santé est donc comme le jeu d’un rêve. Quel homme clairvoyant ayant vu pareille condition pourrait avoir l’idée de la joie et du plaisir ? »

Et puis vient la rencontre d’un mort et Siddhârta se révolte :
« Malheur à la jeunesse minée par la vieillesse ! Malheur à la santé que la maladie détruit ! Malheur à la vie trop brève… Retourne au palais, cocher, je penserai à la délivrance. »

Naturellement, ces révélations l’atteignirent profondément. Lorsqu’il sortit à nouveau de son palais, il rencontra un homme à la tête rasée, un solitaire vêtu d’une robe jaune et il l’interrogea. Celui-ci expliqua qu’il avait pris le parti de quitter sa maison et sa famille, qu’il consacrait son existence à une vie religieuse, à une vie calme, aux bonnes actions, à une conduite méritoire, à ne faire de mal à aucun être et à témoigner de la bienveillance à toutes les créatures.

Profondément ébranlé par cette dernière rencontre, il établit une comparaison avec sa propre façon de vivre, comprenant la vanité de celle-ci. Tout en regagnant la ville, il réfléchit. Rien ne l’empêche de quitter son palais, ni même sa famille : il a assuré sa descendance, son père peut maintenir encore des années la bonne marche du royaume, son épouse peut surveiller l’éducation de Râhula durant les sept premières années. Lui-même a vingt-neuf ans.

Les plus anciens textes bouddhiques ne nous fournissent aucun détail sur la façon dont s’est effectué cet abandon de la maison. Par contre, les Ecritures tardives du Mahâyâna fournissent des descriptions plus romancées et symboliques.

Le futur Bouddha chevauche pendant plusieurs heures pour arriver au bord d’une rivière. Là, il met pied à terre, enlève ses bijoux, les remet, avec le cheval, à Chanda, lui ordonnant de retourner à Kapilavastu. Ensuite, il se coupe les cheveux et la barbe, donne ses riches vêtements à un mendiant qui passe, revêt les haillons que celui-ci abandonne, et poursuit sa route en quête du moyen de vaincre la souffrance, d’aborder, par-delà la vie et la mort, à l’autre rive.

Il commence alors une longue pérégrination qui va durer sept ans : en une année, il va parcourir plusieurs royaumes pour s’informer et s’instruire puis pendant six ans, il se fixera en un même lieu pour se consacrer aux expériences ascétiques et méditatives.

D’après la tradition, Siddhârta Gautama s’adressa successivement à deux maîtres : Alâra Kâlâma et Rudraka. Chez tous deux, il se montre disciple attentif, prompt à saisir l’enseignement donné. Ayant compris que leurs méthodes et leurs doctrines ne conduisent pas à la délivrance de la souffrance, il les quitte.

Cinq des disciples de Rudraka s’attachent à leur condisciple Siddhârta et le suivent lorsqu’il se retire sur une montagne couverte de forêts, près de Buddhgâya.

Jeûnes prolongés, privation de sommeil, il devient squelettique. Revenu d’un évanouissement prolongé, il comprend la leçon : il a perdu son temps. Ce n’est pas en affaiblissant ses organes de perception que l’homme peut en amener le perfectionnement. Renonçant au jeûne néfaste, Siddhârta prend des aliments en quantité convenable et retrouve des forces (d’après une tradition, c’est une femme nommée Sujâtâ qui lui fournit son premier repas).

Les cinq compagnons de l’ascète pensent qu’il s’est laissé vaincre par la sensualité et le quittent.

Pour Siddhârta, c’est la solitude complète. Il contemple toujours le drame éternel de la vie et de la mort, la souffrance s’attachant aux êtres et l’horreur des dissolutions.

Gautama se dirige alors vers un grand figuier « pippâl » (ficus religiosa). Parfaitement immobile, plongé dans un état méditatif profond, il concentre toutes ses forces psychiques, toute sa pensée, en vue d’obtenir l’Illumination (bodhi) et fait le vœu de ne pas bouger de son siège avant le succès ou d’y mourir en cas d’échec.

A la nuit tombée, une succession d’états de conscience de plus en plus étendus et plus lucides l’amènent à briser le cadre étroit et illusoire de la personnalité.

Il va demeurer ainsi pendant les douze heures suivantes. Douze heures divisées en trois veilles de quatre heures chacune, d’après les textes canoniques.

Durant la première veille, Siddhârta vit les êtres qui chutaient pour re-naître, de haute ou de basse caste, heureux ou malheureux, méchants ou bons, selon ce que valait leur karma. Il le constate avec lucidité, sans parti pris.

Pendant la deuxième veille qui s’enchaîne aussitôt, il se penche sur son propre cas. Il voit se dérouler « des centaines de milliers de millions » d’existences antérieures, aussi bien les siennes que celles d’autres individus ; mouvement incessant et perpétuelles transformations du samsara.

La troisième veille a pour objet la souffrance humaine. Elle est déterminante. A son issue, le Bouddha aura conduit à son terme l’enchaînement des causes et des effets de la douleur. Il le sait maintenant : rien n’arrive sans cause. Ce mécanisme, il faut le démonter pièce par pièce et remonter pas à pas vers son origine, afin d’y porter remède. Il possède désormais les « Quatre Nobles Vérités » et reçoit l’Eveil.

Siddhârta Gautama est devenu un Bouddha.




Dernière édition : lotus le 17 Fév 2006 22:15; Edité 1 fois
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Seunam Gyamtso
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Message Posté le : 02 Jan 2006 14:07  Répondre en citant

L'histoire est bien conté,
merci Lotus pour cette contribution.
Amicalement,


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GAUTAMA
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Message Posté le : 10 Juil 2007 17:18  Répondre en citant

merci

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Timu
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Message Posté le : 25 Jan 2008 17:19  Répondre en citant

La Vie du bouddha Shakyamuni




Le Bouddha est né vers le sixième siècle avant notre ère à Kapilavatsu (actuellement village de Piprahwa) près de la frontière indo-népalaise. Il ressortait de la tribu Shakya (Çakya), d’où le nom sous lequel il sera désigné : Shakyamuni, le sage des Shakya. Sa famille appartenait à la caste des ksatriya, les guerriers. Son père devait être une sorte de petit seigneur dans cette région inhospitalière et peu peuplée. Sa famille se rattachait au clan brahmanique des Gautama, nom sous lequel il est parfois désigné. Son nom personnel était Siddharta (celui qui a atteint son but). La vie à cette époque, pour un jeune ksatriya des régions frontalières, devait être rude ce qui contribua sans doute à lui donner la robuste constitution nécessaire au mode de vie pour lequel il optera ainsi que les qualités de courage et de ténacité dont il fera preuve.

Probablement une crise spirituelle aiguë le pousse à quitter la famille qu’il a fondée, sa femme et son jeune fils Rahula, et à mener la vie de religieux errant. Il souhaite échapper au cycle de la transmigration et aux souffrances qui lui sont inhérentes. La croyance dans la transmigration était très répandue dans ces régions indiennes et elle marque les débuts de la conceptualisation du bouddhisme. Cette suite de réincarnations était appréhendée comme un cycle inquiétant et douloureux où chaque nouvelle existence signifiait la perte de l’individualité, de la personnalité précédentes et de nouvelles souffrances.

Il se rase la tête (comme le faisaient d’autres ascètes ; cela deviendra un signe distinctif du clergé bouddhiste) et devient un ascète errant. Il rencontre des sages mais sans résoudre la question qui l’obsède. Finalement, à force d’entraîner son esprit dans ce but, il entre dans une profonde méditation qui le mènera à découvrir la loi de l’existence à laquelle il s’éveille. Il devient l’Eveillé, celui qui est délivré des existences et des souffrances.

De retour à Bénarès, il fait halte dans un parc et expose à cinq jeunes religieux les premières notions de son système. Ils deviennent ses disciples et l’embryon de la communauté bouddhique (sangha). Ce sermon porte sur les quatre vérités. Il voyage et convertit de nouveaux disciples à sa doctrine, tant des laïcs que des religieux. C’est un orateur expert et un sage; sa renommée s’accroît. Chose impensable pour l’époque, il ne reconnaît pas le système des castes qui est pourtant fondamental dans la mentalité indienne. Ce sera d’ailleurs bien plus tard, la principale cause du déclin du bouddhisme en Inde. Le groupe des moines qui suivent le Bouddha compte des personnalités éminentes; citons, parmi d’autres, Shariputra, Maudgalyayana ou Ananda. Les croyants laïcs doivent également suivre les commandements moraux du Bouddha et par des offrandes (principalement de nourriture, légumes et céréales) pourvoir aux repas des moines mendiants. Certains riches donateurs offrent à la communauté des parcs pour que les moines itinérants aient un lieu de repos durant la saison des pluies. Le Bouddha accepte que soit créée une communauté religieuse pour les nonnes, ce qui était, là encore, une innovation radicale et qui suscita sans doute quelques remous dans la communauté bouddhique. Des règles sont édictées pour la vie des moines, ce qui laisse à penser que les conduites individuelles les rendaient nécessaires.

Durant un voyage, le Bouddha probablement assez âgé (la tradition dit quatre-vingts ans), tombe malade et s’éteint.

Le Bouddha a profondément marqué son époque et l’ensemble de la culture de l’Asie, voire du monde. Le succès de la diffusion du bouddhisme tient à la fois à ses enseignements mais également à la puissante personnalité de son fondateur. On peut dire que le Bouddha est devenu le modèle d’un nouvel idéal humain. Il allie une intelligence vive et profonde avec une compassion active. Dans le même temps, il se montre un excellent pédagogue qui saisit chaque occasion pour délivrer son enseignement de la façon la plus appropriée et qui manifeste un réel souci de faire progresser ses disciples. Contrairement à la représentation traditionnelle d’une partie de la statuaire bouddhique, ses discours et sa vie dégagent une impression d’énergie et de rapidité de la pensée. C’est un homme qui a su mener son combat. Enfin le Bouddha est un penseur qui s’est départi des notions admises à son époque, telles que le système social des castes ou les cultes brahmaniques.

Le Bouddha n’a rien écrit. Son enseignement a été rassemblé par ses disciples sous la direction de Kashyapa et grâce à l’étonnante mémoire d’Ananda, l’un des compagnons les plus fidèles. Ceci dit, l’ensemble des sutra qui nous est parvenu a mis plusieurs siècles à se constituer.

Pour ceux qui désirent mieux connaître le fondateur du bouddhisme, nous recommandons vivement les ouvrages d’André Bareau qui a eu le souci de dégager de l’ensemble de la tradition bouddhique les éléments avérés ou cohérents sur ce sujet, et notamment En suivant le Bouddha et La voix du Bouddha.

http://www.miaofa.com/shakyamuniplus.html


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