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lotus Membre actif

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Inscription : 29 Nov 2005 Messages : 329 Localisation : Loire
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Posté le : 06 Jan 2006 18:27 |
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II - DE LILLUMINATION AU PARINIRVANA
Maintenant, la lutte est terminée, le but atteint. Le Sage des Cakyas sinterroge : son immense compassion le porte à faire partager sa délivrance aux autres êtres ; mais il se rend compte de la difficulté : comprendront-ils cet enseignement ?
- Citation du Mahâvagga
« Le Bhagavan (excellent, vénérable) sassit au pied dun banian.
Alors à lesprit du Bhagavan se trouvant seul dans la solitude, cette pensée se présenta : jai découvert cette vérité profonde, difficile à percevoir, difficile à comprendre, remplissant le cur de paix, que seul le sage peut saisir. Pour les hommes qui sagitent dans le tourbillon de ce monde, ce sera une chose difficile à comprendre que la loi de lenchaînement des causes et des effets.
Ce sera aussi une chose difficile à comprendre que lextinction de toutes les confections mentales (les samskâras : les conceptions imaginaires que lesprit produit continuellement), le rejet des bases de la personnalité, lextinction de la convoitise, labsence de passions, la paix, le nirvanâ.
Si je prêche cette doctrine et que les hommes ne soient pas capables de la comprendre, il nen résultera que de la fatigue et de la tristesse pour moi.
Et le Bhagavan réfléchissait ainsi, inclinait à demeurer en repos et à ne pas prêcher la doctrine. »
Finalement, il compare son futur auditoire à un étang couvert de lotus : certains sélèvent au-dessus de leau et captent la lumière, dautres restent immergés, dautres encore sont à peine au-dessus de la surface mais commencent à se hisser vers la lumière. Tels sont ceux qui vont entendre sa parole.
- Citation du Mahâvagga
« .. Quand le Bhagavan, avec le regard dun Bouddha, jeta les yeux sur le monde, il aperçut des êtres dont lil spirituel était à peine voilé dune légère poussière et dautres dont lil spirituel était recouvert dune épaisse couche de poussière, des êtres dun esprit vif et des êtres dun esprit obtus, des êtres dun caractère noble et des êtres dun caractère bas, des êtres aisés à instruire et des êtres difficiles à instruire.
Et quand il eut vu toutes ces choses, Large soit ouverte la porte de lEternel ! sécria-t-il. Que celui qui a des oreilles entende. Jenseignerai la Loi salutaire. »
Il songe dabord à ses anciens maîtres mais apprend que tous deux sont morts.
Il pense alors à ses anciens condisciples, les cinq ascètes qui lavaient suivi dans la forêt et lont abandonné : il se sent capable de leur démontrer lerreur commise en considérant les austérités comme la Voie conduisant à la sagesse.
Il se rend à Isipatana (le parc des gazelles) aux environs de Bénarès. Cest là quaura lieu la première prédication du Bouddha, la proclamation des Quatre Vérités.
Ses anciens compagnons habitent là ; ils nont pas changé davis sur sa conduite qui les a déçus. Mais plus le Bouddha sapproche deux, plus ils sentent faiblir leur résolution de lignorer et finalement vont au devant de lui.
- Citation du Mahâvagga
« Prêtez loreille, çramanas, lEternel (le non-mort) est trouvé. Je vous enseigne la doctrine. Si vous suivez la voie que je vous indique, en peu de temps vous atteindrez le plus haut but de la sagesse, celui pour lequel les jeunes gens de noble famille abandonnent leurs demeures et embrassent la vie religieuse. En cette vie vous posséderez la vérité, la connaissant et la voyant face à face.
Après quil eut parlé ainsi, les cinq çramanas lui dirent :
« Ami jadis, malgré tes austérités, tu nas pu atteindre la parfaite Connaissance. Comment veux-tu maintenant que tu as renoncé à tes efforts, que tu vis dans labondance, atteindre à la suprême science, à la parfaite connaissance ? »
Le Bhagavan poursuit : Il existe deux extrêmes dont celui qui vit une vie spirituelle doit se garder. Lun est une vie adonnée à la sensualité, à la jouissance, cela est grossier et vil. Lautre est une vie de macérations, cela est pénible et vain.
Le Tathagâta a évité ces deux extrêmes et trouvé le Sentier du Milieu qui conduit à la clairvoyance, à la sagesse, à la tranquillité, au savoir, à la Connaissance parfaite, au Nirvâna.
Cest le Noble Sentier aux huit branches qui sappellent : Vues justes (Juste = correct, parfait), Volonté juste, Parole juste, Action juste, Moyens dexistence justes, Effort juste, Attention juste, Méditation juste.
Voici la Noble Vérité concernant la souffrance ;
La naissance est souffrance, la maladie est souffrance, la vieillesse est souffrance, la mort est souffrance, être uni à ce que lon naime pas est souffrance, ne pas réaliser son désir est souffrance.
En résumé, les cinq éléments constituant notre être (forme et nom sensation perception assemblages conscience) sont souffrance.
Voici la Noble Vérité concernant la cause de la souffrance :
Cest cette soif (désir) qui conduit de renaissance en renaissance, accompagnée par la convoitise et la passion, cette soif qui, ici et là, est perpétuellement en quête de satisfaction, la soif de vie individuelle éternelle dans ce monde ou dans un autre.
Voici la Noble Vérité concernant la Suppression de la souffrance :
Cest lannihilation de cette soif, le rejet, la libération du désir.
Voici la Noble Vérité concernant la Voie qui conduit à la suppression de la souffrance :
Cest le Noble Sentier aux huit branches qui sont : Vues justes, Volonté juste, Parole juste, Action juste, Moyens dexistence justes, Effort juste, Attention juste, Méditation juste. »
Les cinq çramanas adhèrent à la doctrine du Bouddha ; la Sangha (ordre communautaire bouddhique est fondée).
Le Bouddha, alors âgé de trente-cinq ans, va commencer la longue série de ses prédications qui se poursuivront pendant quarante-cinq ans. Cest chose courante en Inde de voir se grouper autour dun maître, un nombre croissant dadeptes. La nouveauté, avec le Bouddha, est quil va accueillir des laïques et même des femmes.
Les pérégrinations du Bouddha se poursuivent pendant toute la durée des mois secs (les trois quarts de lannée) dans les villes. Quand arrive la saison des pluies, il se retire avec quelques-uns de ses disciples dans une des demeures entourées dun parc offertes à la Communauté par de riches adhérents laïques. On cite particulièrement le Jetavana, donné par Anathapindika, et le Velouvana, présent du roi Bimbisara.
Il se rend, accompagné de toute sa troupe, à Kapilavastu et prêche devant son père, sa tante et mère adoptive, son épouse et leur fils Râhula, son demi-frère Nanda, ses oncles, cousins, amis denfance. Son père reste très réservé. Son épouse, réticente elle aussi, pousse Râhula vers le Bouddha, espérant un élan de tendresse paternelle et le retour de son époux.
Mais le Bouddha nentend pas que son fils soit entraîné plus tard dans une vie de plaisirs et quand Rahûla, qui a sept ans, lui réclame son héritage, il le prend au mot : au lieu de le laisser au palais, il lemmène dans son ermitage des Figuiers, le fait tondre et ordonner. Rahûla est, du reste, daccord et demeurera fidèle à la règle. Ordonné moine à vingt ans, il poursuivra sans accroc une vie sage et deviendra chef de tous les novices.
Nanda sera aussi converti.
Cuddhodana, le père de Gautama, ne se convertira que sur son lit de mort, huit ans, dit-on, après lEveil.
Quant à Mahâprajâpatî, tante et mère adoptive, épousée par Cuddhodana après la mort de Mâyâ, elle sempresse de solliciter son admission dans lordre bouddhique, après la mort de son époux. Ce qui pose problème à Câkyamuni, qui jusqualors na pas envisagé une communauté féminine, et se méfie, comme tous les religieux indiens de son temps, des inconvénients que cette admission pourraient soulever. Il commence par refuser et quitte Kapilavastu.
Mahâprajâpatî mène une campagne active parmi les femmes du royaume désireuses de se vouer à une vie monastique. Toutes ensemble, elles se rendent à Vaiçâli, auprès de Câkiamuni, quelles supplient de les accepter mais le trouvent toujours réticent. Cest Ananda qui intervient en leur faveur et le Bouddha cède enfin. Il leur impose, toutefois, une règle plus rigoureuse quaux hommes.
Le Bouddha a constitué lordre Bouddhique, organisé la communauté et lui a imposé une règle, prêché les Quatre Nobles Vérités. Il a veillé à ce que chaque individu améliore son karma et avance vers la délivrance de la chaîne quest le samsara.
Le Maître est octogénaire. Vigoureux, infatigable, il poursuit ses pérégrinations.
Après deux étapes et deux sermons, le voici parvenu à Vaiçâli, un de ses lieux de prédilection. La saison des pluies approche ; il sinstalle au Village-des-Bambous, Venugrâmaka avec Ananda. Pour la première fois de sa vie, il tombe malade (dysenterie) et se rétablit. Pourtant, il a le sentiment de sa fin prochaine. Quand Ananda le félicite de recouvrer ses forces, il répond :
« Me voici devenu un vieillard débile ; je suis au bout de ma route ; ma vie est à son terme, le chiffre de mes ans approche quatre-vingts. Ainsi donc, ô Ananda, soyez à vous-même votre flambeau, soyez à vous-même votre recours ; nayez dautre flambeau que la Loi, dautre recours que la Loi. »
La saison des pluies est maintenant terminée et le Bouddha reprend sa route. Au bout de six étapes, il atteint la ville de Pâvâ.
- Citation du Mahâvagga
« Le Bhagavan, après un séjour à Bhoga Gâma, se rendit à Pâva et sarrêta dans un bois de manguiers appartenant à Kunda, forgeron.
Alors Kunda, ayant appris que le Bhagavan était arrivé à Pâva et sétait arrêté dans son bois de manguiers, se rendit près de lui, le salua et sassit, avec respect, dun côté de lui.
Quand il fut assis, le Bhagavan linstruisit, éveilla ses pensées et mit en lui de la joie par ses discours spirituels. Quand Kunda leut entendu, il sadressa au Bhagavan, disant : Le Bhagavan me fera-t-il lhonneur de prendre son repas chez moi avec les Frères ?
Et le Bhagavan, par son silence, manifesta son acceptation.
Alors, Kunda, voyant que le Bhagavan acceptait son invitation, se leva, sinclina devant lui et sen alla. »
Le lendemain, le Bouddha prend son repas chez Kunda (le plat dont le Bouddha mangea consiste en des champignons ou un autre végétal dont les sangliers raffolent, et quon appelle pour cette raison « délices du sanglier »). Il est ensuite atteint dune violente attaque de dysenterie.
Il continue, néanmoins, son voyage vers Kuçinagara.
Cependant, ayant trop présumé de ses forces, exténué, il est contraint de sarrêter près dun bouquet darbres.
« Plie mon manteau, Ananda, dit-il à son cousin, et étends-le sous moi. Je suis las et je veux me reposer ».
Songeant alors aux reproches que ses disciples pourraient être tentés de faire à Kunda, au sujet du repas, cause immédiate de ses souffrances et, il le prévoit, de sa mort, il commande à Ananda de veiller à ce que nul ne trouble son dernier hôte à son sujet.
Un peu reposé, faisant un dernier effort, il poursuit son chemin et arrive au bord de la rivière Hiranyavati dans un petit bois de salas (santalier blanc) et, là, la fatigue le reprend.
« Je suis las, Ananda, prépare-moi une couche. Je voudrais métendre ».
Dès que cette couche est installée, le Bouddha sy allonge, sur le flanc droit, les jambes posées lune sur lautre, le visage tourné vers ceux qui vont lapprocher.
« Maître, comment devons-nous agir envers votre dépouille ? » sinforme Ananda.
« Que les Frères ne sinquiètent point de lui rendre des honneurs, Ananda. Soyez zélés à votre propre intérêt. Dévouez-vous à votre propre bien. Il y a des hommes sages parmi les nobles et les Brahmines, des chefs de famille qui croient en moi. Ils soccuperont de mes funérailles ».
Mais la douleur du disciple est profonde :
« Hélas, je demeure et le Maître sen va, alors que jaurais encore tant à apprendre de lui ».
« Assez, Ananda ! Ne te trouble pas. Ne tai-je pas dit souvent quil est dans la nature des choses qui nous sont les plus proches et les plus chères que nous devions nous en séparer, les quitter, nous en priver ?
Comment serait-il possible, Ananda, que ce qui est né, amené à lexistence, composé, qui contient, inhérent à soi-même, le principe de sa dissociation, comment serait-il possible quune telle chose ne se dissolve pas ? Cela ne peut être
».
Enfin, le Bouddha, sachant combien est difficile à lhomme la destruction de tout attachement idolâtre, le rejet de toute dévotion sentimentale, connaissant son besoin de Dieux ou de Maîtres :
« Il se pourrait, Ananda, que cette pensée naisse en vous : la parole du Maître nest plus ; nous navons plus de Maître. Ce nest point ainsi quil faut penser. La vérité, la doctrine que je vous ai enseignée à tous, voilà votre Maître lorsque jaurai disparu ».
« Ecoutez-moi, mes frères, je vous le dis, la dissolution est inhérente à toutes formations ! Travaillez sans relâche à votre délivrance ! »
Ce sont ses dernières paroles.
Le Bouddha entre en contemplation. Il en parcourt tous les stades et comme le disent les textes, « son esprit senfonça dans les profondeurs de labsorption mystique, et lorsquil eut atteint ce degré où toute pensée, toute émotion séteint, où la conscience de lindividualité cesse, il entra dans le suprême nirvâna, pareil à la flamme qui séteint faute de combustible ».
Quelques jours après, la dépouille du Bouddha fut incinérée.
Si le Bouddha avait pu avoir connaissance des transformations quallait subir sa doctrine après son parinirvâna, il en aurait probablement été surpris. Il a prêché une morale, un mode de vie, une éthique, mais à aucun moment une religion : aucun dieu ne domine la pensée de ses adeptes, il na pas proposé de panthéon, sa personne nest pas divinisée. Mais son vu est exaucé : sa doctrine sest largement répandue.
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