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Toupten Zangpo Membre d'honneur

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Inscription : 21 Oct 2005 Messages : 1507 Localisation : Coulommiers (77)
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Posté le : 09 Avr 2007 15:36 |
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Qu'est-ce que la religion ?
Une courte définition
La religion est l'ensemble des croyances, sentiments, dogmes et pratiques qui définissent les rapports de l'être humain avec le sacré ou la divinité. Une religion particulière est définie par les éléments spécifiques à une communauté de croyants : dogmes, livres sacrés, rites, cultes, sacrements, prescriptions en matière de morale, interdits, organisation, etc. La plupart des religions se sont développées à partir d'une révélation s'appuyant sur l'histoire exemplaire d'un peuple, d'un prophète ou d'un sage qui a enseigné un idéal de vie.
La religion peut être définie par ses trois grandes caractéristiques :
* Les croyances et les pratiques religieuses
* Le sentiment religieux ou la foi
* L'union dans une même communauté de ceux qui partagent une même foi : l'Eglise. C'est ce qui différencie une religion de la magie.
L'étude des religions, disparues ou existantes, montre le caractère universel de ce phénomène et une très grande variété dans les doctrines et les pratiques rituelles. On distingue généralement les religions dites primitives ou animistes, les religions orientales (hindouisme, bouddhisme, shintoïsme, confucianisme, taoïsme…) et les religions monothéistes issues de la Bible (judaïsme, christianisme, islam), le christianisme ayant lui-même donné naissance à plusieurs religions ou Eglises chrétiennes (catholique, orthodoxes, protestantes, évangélique…)
Etymologie
Etymologie du mot religion
Le mot religion est dérivé du latin "religio" (ce qui attache ou retient, lien moral, inquiétude de conscience, scrupule) utilisé par les romains, avant Jésus Christ, pour désigner le culte des démons.
L'origine de "religio" est controversée depuis l'antiquité. Cicéron le dit venir de "relegere" (relire, revoir avec soin, rassembler) dans le sens de "considérer soigneusement les choses qui concernent le culte des dieux".
Plus tard Lucrèce, Lactance, Tertullien voient son origine dans "religare" (relier) pour désigner "le lien de piété qui unit à Dieu".
Initialement utilisé pour le christianisme, l'emploi du mot religion s'est progressivement étendu à toutes les formes de manifestation sociale en rapport avec le sacré.
Le sacré
La conscience et la perception du sacré sont des constantes des religions et en constituent le cœur. Les principales composantes du sacré sont :
* La crainte de la puissance infinie, de ce que l'on ne peut aborder qu'avec précaution, d'où un rituel d'approche. Cette crainte est à l'origine du respect religieux et de la vénération.
* Le mystère de l'inconnaissable, de l'inexplicable, du transcendant.
* Le pouvoir des objets ou symboles religieux et les interdits qui y sont associés.
La foi
On peut voir dans la foi la conséquence du sentiment de finitude de l'homme et de dépendance par rapport à une force qui le dépasse et à laquelle il se soumet. Voir la page "Pourquoi l'homme croit-il aussi facilement ?".
La foi a trait à des principes essentiels, mystérieux et inaccessibles à la raison et prétend connaître la Vérité sur le "Qui?" et le "Pourquoi?" des choses. Elle engage l'être dans sa totalité vis à vis de ce qui reste un mystère. C'est la raison pour laquelle il est illusoire d'essayer de convaincre un croyant (adulte) de ne plus croire ou de changer de religion. Seul un processus de maturation personnel et intérieur (pouvant être alimenté par des connaissances ou des échanges avec le monde extérieur), peut conduire un croyant à évoluer.
Citations sur la foi.
Bref historique de l'interprétation rationnelle de la religion
Pour Aristote (384-322 av. JC), la science de la théologie a pour objet les êtres "séparés" de la matière et les "moteurs immobiles" qui permettent à toute chose de se mouvoir. Cette science du divin ou métaphysique cherche à connaître les principes premiers et causes de toutes choses. La pensée d'Aristote sera jusqu'à la fin du Moyen Age le fondement de la philosophie chrétienne.
Le rationalisme du XVIIe siècle professe l'autonomie de la raison, par rapport à la foi, pour la recherche de la vérité. Descartes (1596-1650) a toujours voulu concilier les intérêts de la science et ceux de la religion. En écrivant "Dieu c'est-à-dire la nature" Spinoza (1632-1677) identifie la divinité au "tout" du monde réel, contrairement à l'anthropomorphisme religieux classique qui fait de Dieu un créateur, distinct du monde, agissant selon un objectif. Il défend l'indépendance des pouvoirs religieux et politique et la liberté de philosopher.
L'athéisme philosophique du siècle des Lumières (Helvétius, Holbach, Diderot, La Mettrie…) développe une forte hostilité envers les religions, leurs dogmes et leurs révélations. Il propose une explication matérialiste du monde. Les religions sont considérées comme des tromperies au profit d'intérêts sociaux ou politiques.
Kant (1724-1804) dans "Le discours de la raison pure" rend vaine le recherche de preuve ontologique de l'existence de Dieu. Comme toutes les questions de métaphysique, Dieu n'est plus un objet de connaissance, mais relève de la croyance. Dieu est une idée transcendantale de la raison.
Au XIXe siècle, Feuerbach (1804-1872), Marx (1818-1883), Nietzsche (1844-1900) voient dans la religion une manifestation de l'ignorance et de la crédulité, une illusion. Dieu n'est qu'une projection hors de l'être humain des aspirations les plus profondes de l'homme.
Pour Marx, c'est la frustration sociale qui est la cause de l'aliénation religieuse en projetant l'idéal humain dans l'imaginaire. La religion a un effet tranquillisant, stupéfiant ("opium du peuple") par rapport à la réalité misérable. Elle est donc une solution illusoire et n'est pas une solution réelle aux difficultés et aux souffrances.
Nietzsche attribue les effets néfastes et morbides de la société religieuse à la hantise du péché.
Au début du XXe siècle, Freud (1856-1939) énonce que la religion est une névrose obsessionnelle de l'humanité dans laquelle Dieu est l'image du père sous la protection duquel l'homme se place. Se détourner de Dieu ("le meurtre du père") est une des phases inexorables du développement de l'humanité.
L'approche sociologique de la religion considère qu'elle ne consiste pas uniquement à l'expression irrationnelle de la conscience ou à une étape primitive du développement de l'humanité, mais à une caractéristique essentielle de la société. Pour Emile Durkheim (1858-1917), elle est une manifestation de la société antérieure à chaque homme et une expression des normes et des valeurs de la collectivité. Pour Max Weber (1864-1920), les pratiques religieuses sont fondées sur le charisme, qualité extraordinaire d'un personnage considéré comme envoyé par Dieu ou comme un exemple.
Toutes ces analyses sont intéressantes et donnent des éclairages différents de la religion. Mais elles sont forcément réductrices compte tenu de la complexité du sentiment religieux, comme tout ce qui concerne la sociologie et la psychologie.
Dangerosité des religions
Au plan individuel, les croyants ne peuvent percevoir les aspects négatifs de la religion. C'est le syndrome du homard qui est cuit vivant. On le place dans l'eau froide et on élève progressivement la température jusqu'à ébullition. Le homard est engourdi puis cuit sans s'en rendre compte. On peut appeler cela aussi le conditionnement. Il n'y a que ceux qui se sont "déconvertis", après l'avoir vécu de l'intérieur, qui peuvent ressentir, a posteriori, le caractère néfaste des religions pour l'individu : l'étouffement, l'aliénation, la soumission, la résignation, la léthargie intellectuelle….
Au niveau collectif, il n'y a qu'à regarder autour soi et dans les livres d'histoire : guerres de religions, inquisition, fanatisme, intolérance, misogynie, frein au progrès, confiscation du pouvoir politique…
Le monothéisme, par sa conception même d'un Dieu unique, porte en lui le germe de l'intolérance. "Le bon (c'est-à-dire le vrai) Dieu, c'est le mien". Tout est dit. Comme dans l'économie de marché, la pire des choses, c'est le monopole d'une religion, à un endroit donné.
A cela, peuvent se rajouter d'autres caractéristiques, propres à chaque religion, qui ne font qu'en accroître le caractère dangereux :
Un peuple élu sur un territoire réservé (Judaïsme)
Universalité (christianisme) qui conduit à évangéliser ceux qui n'ont rien demandé
Les Etats religieux (islam)
En France, après deux siècles de lutte pied à pied contre l'esprit des Lumières et contre la laïcité, la religion catholique semble s'être assagie. Elle reconnaît ses erreurs passées, mais du bout des lèvres. Mais a-t-elle perdu pour autant son caractère venimeux ? Sous prétexte d'ouverture, de retour aux traditions et aux valeurs qui ont fait notre histoire, elle tente de retrouver son influence perdue dans la société. Les hommes libres doivent rester extrêmement vigilants pour que "l'infâme" comme disait Voltaire, ne se réveille pas.
On peut voir quelques aspects de la dangerosité des religions sur les pages "Au nom de Dieu", Communautarisme, S.O.S. Prêtres abusés et Citations sur l'anticléricalisme.
Les religions sans divinité
II n'est pas nécessaire qu'il y ait un dieu pour qu'il y ait religion ou sacré. Ainsi, même les sociétés les plus laïcisées font apparaître des formes résiduelles de conscience religieuse. Le sacré n'a plus rien de divin, mais il est le résultat de l'idéalisation et la "fétichisation" de "choses" initialement profanes (idéologie, nation, groupe social, groupe d'individus, individu, objet, enjeu sportif, valeur morale….).
Voir la page sur les faux-athéismes ou les idéologies de resacralisation.
Le monde moderne montre une telle variété de ces formes de religiosité que le concept de religion a tendance à se diluer dans une approche du sacré beaucoup plus variée.
Tendances
Pour l'homme moderne, Dieu n'est plus l'explication unique et incontournable de toute chose, du réel, de la morale, du destin humain. Dieu n'a plus sa place dans le quotidien. Il n'est plus la référence dans aucun des domaines de la connaissance.
Le développement des sciences et de l'individualisme, la sécularisation et la rationalisation de la société, l'urbanisation, laissent moins de place à la religion traditionnelle qui est souvent vécue comme une contrainte.
Cependant le besoin d'irrationnel, d'illusion, de sacré, "d'enchantement du monde" est toujours très présent. Ainsi, depuis quelques décennies, apparaissent en matière de religiosité, quelques grandes tendances qui vont parfois dans des directions opposées :
* Une dimension émotionnelle plus forte au sein des nouveaux mouvements religieux (évangéliste, pentecôtiste…), des religions orientales ou des sectes, en particulier celles visant à développer le "potentiel humain". L'engagement dans la foi est plus profond, telle une fuite en avant.
* Un véritable engouement pour des formes d'irrationalité qui deviennent des substituts aux religions : astrologie, voyance, parapsychologie, ésotérisme… et qui fait le bonheur des charlatans.
* Une individualisation de la religion, caractérisée par un fort syncrétisme où chacun puise dans les religions traditionnelles, dans les différents mouvements spirituels, dans l'ésotérisme ou même dans des cultes tombés en désuétude, différents éléments pour se "bricoler" une religion sur mesure et, comme dans la société de consommation, en changer quelques temps après lorsqu'on s'en sera lassé.
"Partout, le modèle du fidèle obéissant est battu en brèche par les figures montantes du nomade, du bricoleur, du chercheur de sens. La foi devient plus personnelle et plus critique. L'individualisation des manières de croire menace toutes les orthodoxies."
(Frédéric Lenoir, philosophe / Les Métamorphoses de Dieu)
* En réaction à ces tendances, un retour à la tradition sous la forme d'intégrisme et de fondamentalisme permet à la communauté religieuse d'exercer une pression sur ses membres pour en freiner l'hémorragie. En effet, les départs, que la modernité rend plus faciles et tentants, sont perçus comme une véritable trahison de la communauté, de ses traditions, de ses valeurs, de son histoire et une menace pour sa survie.
"La violence fondamentaliste est, elle aussi, une tentative de faire monter les enjeux, c'est-à-dire de décourager les désertions potentielles en démontrant que la défection leur coûtera très cher, que ceux qui adoptent des normes différentes seront persécutés ou même tués."
(Pascal Boyer / Et l'homme créa les dieux)
Confrontées à ces fortes concurrences, les religions chrétiennes traditionnelles tentent dans l'œcuménisme ou dans l'ouverture d'enrayer, avec plus ou moins de succès, la diminution des pratiques religieuses. Le protestantisme dont l'organisation est moins centralisée, hiérarchisée, sclérosée que l'Eglise catholique, semble avoir davantage de succès dans cette démarche, mais donne naissance à de nouveaux courants comme les pentecôtistes ou les évangéliques.
source : atheisme.fr
Dernière édition : Toupten Zangpo le 09 Avr 2007 15:45; Edité 1 fois |
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Toupten Zangpo Membre d'honneur

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Posté le : 09 Avr 2007 15:39 |
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Religion et anthropologie
On nomme religion : L'ensemble des pratiques et de rites propres à chacune des familles de croyances. Pour tenter de définir la religion, on peut déjà établir les différences de sens entre le terme religion et ceux de foi et de superstition. La religion suppose un groupe, contrairement à la foi purement individuelle. La religion se distingue de la superstition, qui se résume à invoquer des causes surnaturelles pour expliquer des phénomènes naturels : si les religions incorporent bien souvent des éléments qui procèdent de la superstition, on ne saurait réduire la religion à cela.
D'autre part, Jonathan Smith (écrivain américain) dit dans Critical Terms for Religious Studies : « Le mot “religion” n'est pas un terme trouvé sur le terrain, c'est un terme créé par les chercheurs pour leur propre besoin. En conséquence, c'est à eux que revient la tâche de le définir. Il s'agit d'un concept générique, de second degré, qui joue le même rôle dans la mise en place de l'horizon disciplinaire de l'étude de la religion que les concepts de “langage” et “culture” en linguistique et anthropologie. Sans un tel horizon, il n'y a pas de discipline de l'étude de la religion. »
Etymologie
En Occident, on dit volontiers que le mot religion vient du mot latin re-ligare : pour re-joindre ou re-lier, classiquement compris pour signifier la relation de l'humain au divin, mais aussi les humains les uns aux autres. Religare est l'étymon proposé par Lactance. Mais cette signification est tardive. Une autre voie, proposée par Augustin d'Hippone, suggère l'étymologie archaïque suivante : relegere, « relire, reprendre », par opposition à neglegentia, fait de ne pas se soucier ; et aussi le mot religio, « scrupule » qui est de Cicéron (De natura deorum, II, 10). Cette étymologie évoque l'idée de scrupule dans l'observation des rites et la peur face aux forces surnaturelles.
En Extrême-Orient, le mot religion est la combinaison de deux sinogrammes :
* 宗 shû (japonais) ou zōng (chinois), désignant à l'origine le temple (宀, le toit, la maison) d'où vient l'esprit (示, monition, influence spirituelle), et par extension un groupe uni par le culte des mêmes ancêtres,
* 教 kyô (japonais) ou jiào (chinois), signifiant "enseignement", "école"
Le terme shûkyô fut tout d'abord utilisé par les Japonais ; les Chinois l'empruntèrent au tout début du XXe siècle (zōngjiào).
Il évoque la transmission (kyô/jiào) d'un savoir, d'une tradition, de rites, de légendes constituant une sorte de catéchisme, au sein d'un groupe (shû/zōng). Le lien généalogique (lignées maîtres-disciples) qu'implique le sens originel de zōng reste important en Chine, où il joue un rôle plus déterminant que la nature exacte de l'idéologie pour le rattachement à une dénomination religieuse. Dans le Zen japonais également, la généalogie religieuse des maîtres est considérée comme une référence importante pour évaluer l'authenticité et la qualité d'une école.
On comprend ainsi qu'il s'agit à la fois des croyances d'un groupe humain et des pratiques qui en découlent.
Contenus et origines
Dans l'antiquité gréco-romaine, les philosophes tentaient déjà d'expliquer l'origine des croyances. Ainsi, Lucrèce, dans De natura rerum, émet l'hypothèse que les hommes ont inventé les dieux pour expliquer les merveilles et les mystères de la nature : pour comprendre ce qu'ils ne maîtrisaient pas. Critias pensait que la religion (et la crainte des dieux) avait été inventée pour imposer à chacun le respect de la société : discipline, morale, sens du bien et du mal. Les anthropologues, psychologues et sociologues s'en tiennent encore pour la plupart à ces deux explications. Les religions cherchent à répondre à la soif de sens de l'humain, mais aussi à expliquer ce que son savoir ne peut expliquer ; elles sont imprégnées de diverses croyances, voire parfois de superstitions, dans certains cas irrationnelles pour un esprit cartésien. Parmi les phénomènes qui effraient l'humain, se dresse en premier lieu la mort. Les différences de perception de la mort constituent le phénomène dirimant. Pour les préhistoriens, le souci d'ensevelir ses morts est en effet un indice qui signale l'émergence d'une certaine forme de conscience et d'un certain sentiment religieux, qui permet de distinguer d'une manière pratique l'humain des anthropoïdes. Les religions montrent un grand souci de la mort, parlant parfois d'espérance pour compenser ce qui semble scandaleux dans cet événement, conçue sous la forme d'un Au-delà, de vie éternelle, de réincarnation, de résurrection, d'immortalité, d'éternité. Elles montrent aussi un intérêt pour les mystères de la vie. En témoignent les images, qu'elles soient idoles, icônes ou symboles.
Transmission
Depuis que l'homme est au monde, il ne cesse de se poser des questions :
* sur la façon dont le monde fonctionne,
* sur la place qu'il occupe dans celui-ci,
* sur les raisons qu'il a d'être au monde,
dans une tentative d'expliquer l'univers et les phénomènes physiques qui l'effraient, souvent impliquant un ou plusieurs déités ou d'autres forces surnaturelles. Il donne un sens au monde où le mot sens doit s'entendre à la fois comme [(herméneutique)] et direction. Au-delà de la distinction (une distinction n'est pas une explication ; ce n'est qu'un procédé typologique), la « religion » tout court pose les questions :
* du rapport à l'autre humain ou non ,
* du rapport au monde, en particulier à la nature, dans les animismes, où toutes les forces de la nature sont sacralisées,
* du rapport à Dieu ou aux dieux,
* et du rapport à son autre, c'est-à-dire, au non-religieux dont elle se réserve le privilège de tracer les contours
o assez nets quand elle les nomme, tour à tour : païen, agnostique, incroyant, infidèle, ou athée,
o plus flous quand il s'agit d'hérésie ou d'hétérodoxie. Ces deux derniers concepts suggèrent leur désir de participer à l'organisation de la société sous forme de théocratie ou de théonomie.
On peut penser ce rapport en termes essentialistes, ceux de sacré et de profane, ce que font, en fait, tous les théologiens qui n'osent plus parler de leurs convictions que par le détour d'un métalangage. Mais on peut aussi aller plus loin, ne pas s'arrêter là où la théologie le demande, et aborder la religion comme on le fait pour n'importe quel autre aspect de la vie sociale. Dans cette approche, la religion ne se pense plus comme une option mais comme l'un des procédés non-optionnels, universels, par lesquels une société se perçoit, trouve et prend sa place dans le monde. Selon Durkheim, la religion, c'est la société elle-même en train de s'auto-légitimer et de s'auto-adorer.
Méthodes
Les religions, et plus exactement leurs fidèles, relatent et transmettent dans des récits oraux, ou écrits, que ce soit sous forme d'épopées ou de livres saints, de traditions orales ou écrites, les rites adéquats pour le culte. L'ensemble de ses rites constituent une liturgie. Ils transmettent aussi des enseignements et des codes de lois religieuses, censés montrer le juste et l'injuste aux fidèles et donc les doter d'une morale, plus ou moins contraignante, mais censée à tout le moins orienter le croyant vers son bonheur.
La religion inspire l'art (peinture, littérature...), qui lui-même exalte la religion et toute une tradition, si bien que ce ne sont plus seulement les livres saints ou les mythes originels qui entretiennent parfois une religion, mais l'ensemble d'une culture.
La religion interfère aussi avec les sciences et les techniques, à travers les rapports de l'homme au monde "visible" ou "invisible", et des représentations sociales que cela entraîne. Les relations entre science et foi ont ainsi donné lieu à des débats à caractère métaphysique, depuis le XIIIe siècle jusqu'à aujourd'hui, débats qui furent quelquefois très sensibles (voir Galilée, révolution copernicienne).
Les croyants ou fidèles tendent à se réunir ensemble pour célébrer des jours saints par la prière, mais la pratique isolée est également reconnue juste dans la spiritualité. La plupart des religions ont également un code de lois religieuses.
Souvent, avec l'organisation des sociétés, le pouvoir spirituel se mêle au pouvoir temporel transformant son parti en patrie. La plupart des religions ont cela de commun avec les nations (et de façon plus générale avec tout groupe d'hommes) qu'elles ont souvent besoin d'un ennemi pour se fédérer et se construire. C'est dans cette mesure que Daniel Lindenberg en vient à se poser la question de savoir si les religions « sont naturellement intolérantes ».
En outre, on ne peut nier qu'un clergé constitue dans certaines religions à certaines époques une force politique, un État dans l'État, qui peut pratiquer l'obscurantisme.
Depuis le début du XXe siècle, on observe dans le monde occidental un clivage plus ou moins fort entre ces deux pouvoirs religieux et politiques, avec l'apparition du concept de laïcité, en particulier en France. Ce phénomène a pu laisser penser à la disparition progressive des religions, mais la laïcité, du point de vue de ses adeptes, a plutôt remis à sa place la religion. La diffusion d'une culture religieuse laïque, donc pluraliste, est une base indispensable à la connaissance mutuelle des fidèles des diverses religions. Toutefois, la fin du XXè siècle a vu la résurgence, une sorte de "retour" du phénomène religieux. Selon des analystes comme Samuel Huntington, une guerre de civilisations à fondement ou prétexte religieux pourrait se déclencher à l'échelle mondiale. Plus prosaïquement, ce retour administre la preuve que le fait religieux conserve un rôle important dans l'histoire humaine.
source : wikipedia
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Toupten Zangpo Membre d'honneur

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Posté le : 09 Avr 2007 15:41 |
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QU’EST - CE QU’UNE RELIGION ?
R.1
par le Père Humbert BIONDI
Pour comprendre par l’étymologie le sens du mot " religion " il faut bien se garder de chercher d’abord celle du mot " religio " latin. En effet la moins " religieuse " de toutes les religions est peut-être celle des romains ! le rapport de l’homme avec la divinité ne dépasse guère le "do ut des " ( je Te prie pour que Tu me donnes .. ). Le sens du mot " religio " (à rattacher à « relegere » et non « religare » = relier : lire deux fois par scrupule de ne pas avoir accompli parfaitement le rite efficace) est plus proche de la magie que de ce que nous croyons être notre religion actuelle.
Si en revanche on étudie l’étymologie grecque, nous trouvons que le mot religion en grec { Eusebeia) vient d’une racine SEB qui signifie : honorer, respecter, admirer ...ce qui n’exclut pas une certaine crainte religieuse, pudeur religieuse entendue au sens de respect.
1. TOUTE RELIGION VRAIE IMPLIQUE L’IDEE. D’UN RAPPORT AVEC LE SURNATUREL
Même la "religion- crainte " des primitifs (ou attribuée aux primitifs) suppose l’existence au-dessus de l’homme d’un univers spirituel ( Esprit ou esprits ou âmes des morts ). A plus forte raison les religions dites "supérieures" cherchent à expliquer, à sentir , à faire expérimenter, CE QUI RELIE l’homme à son Dieu . Elles cherchent à établir de quelle nature est ce LIEN SPIRITUEL : le christianisme dé finit par exemple par un rapport de f iliation, le genre de participation à l’Etre de Dieu que le Christ a proposé aux hommes.
Le but de l’étude des choses religieuses sera donc de nous rendre conscients de notre relation, de notre lien avec la divinité, et d’une certaine façon de NOUS RENDRE CONSCIENTS DE LA PRESENCE DE DIEU .
Le but de la religion en général sera finalement de rendre consciente, volontaire, cette liaison à Dieu, cette "Alliance" avec Dieu.
2. TOUTE RELIGION VRAIE SUPPOSE UNE INITIATIVE DE DIEU QUI SE REVELE
L’effort de l’homme à la recherche de Dieu c’est l’objet de l’histoire des religions . On a toujours vu dans les " connaissances surnaturelles" que manifestaient certains "voyants" , " sages", "prophètes", mystiques ou fondateurs de religion, philosophes (Platon expliqua les mythes de la re1igion grecque), le fruit d’une faveur - une grâce - de la divinité qui accorde à l’un et refuse à l’autre l’illumination de la Connaissance suprême .
On pourrait même dire que le premier homme digne de ce nom aura été celui qui le premier aura levé les yeux vers le ciel pour prier. Depuis presque toujours des hommes ont prié. "L’état de prière " a été la vraie première forme de "l’état de grâce" jusqu’à ce que la notion juridique de" justice" ou de "justification" soit venue perturber pour longtemps les idées religieuses occidentales.
Même ceux qui nient la possibilité pour Dieu de se faire connaître aux hommes ; soit qu’ils nient Dieu , soit qu’ils le déclarent existant mais inconnaissable, ceux donc qui refusent l’idée de Révélation, acceptent pourtant l’origine humaine des religions :
La Révélation est oeuvre d’hommes : les plus doués pour la prière, les plus intuitifs , les plus poètes , comprenaient davange les secrets de la structure spirituelle de l’homme et son rapport vrai ou supposé à Dieu, pour les expliquer ensuite aux autres .
Bouddha par exemple, sans vouloir donner sur Dieu lui-même un enseignement magistral, a donné aux siens un ensemble de procédés, de recettes spirituelles et morales qui permettent de se savoir et de se sentir en relation avec l’Etre, de prendre conscience de notre existenoe comme Dieu .
Mais dans la Tradition juive, chrétienne, musulmane, c’est à Dieu lui-même qu’est attribuée l’initiative de la révélation : Moïse, croyaient les Anciens, lisait en Dieu une sorte d’exemplaire divin de la Loi - Bible qu’il n’inventait donc pas ; Mahomet dira de même qu’il lisait en Dieu (comme un Prophète) l’exemplaire divin du Coran en dictant à ses secrétaires.Et Jésus lui-même utilisa une " Révélation" analogue "Nul ne connait le Père si ce n’est le Fils et celui à qui Il lui a plu de (se révéler)".
3. TOUTE RELIGION VRAIE IMPLIQUE L’EXISTENCE D’UN DIEU PERSONNEL
Parce que c’est dans un rapport de personne à Personne que Dieu se fait connaitre , se révèle , seuls sont arrivés à la religion supérieure ceux qui ont saisi 1eur rapport personnel à Dieu .
Il y a pourtant des étapes à gravir dans cette " co - naissance" de Dieu (comme écrivait CLaudel) :
Saisir la nécessité de Dieu créateur a été l’expérience prernière des hommes sur Dieu qu’on l’explique comme relation, une dépendance dans l’ordre de l’Etre comme les modernes ou comme l’acte divin de modeler l’argile primitive, l’intuition demeure la même : "Je ne puis songer . . . que cette horloge marche et n’ait point d’horloger" (Voltaire) .
Avoir des idées sur Dieu ce n’est pas encore être religieux : cela commence par la recherche d’une présence aimée que l’on devine par ses effets par la sollicitude divine providentielle des événements de sa vie, par 1e sentiment de la purification qui est en Dieu, pa r la certitude d’être "sauvé" gratuitement (Nuit de Pascal). Tout cela n’est possible qu’à celui qui attend Dieu ("avec gourmandise" disait Rimbaud), qui est attentif au spirituel - Faire attention à Dieu c’est déjà vraiment prier.
CONCLUSION : dans le contexte chrétien tout cela semble normal et vrai . Le croyant seul peut juger de la signification de Sa religion : de l’intérieur seulement on peut comprendre les intentions des rites et des prières ...et pénétrer le sens des mythes (imagination) comme des doctrines(intelligence).
source : biondi.ifrance.com
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Toupten Zangpo Membre d'honneur

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Posté le : 09 Avr 2007 15:44 |
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Le Sens du mot religion dans le vocabulaire des institutions indo-européennes.
Ne concevant pas cette réalité omniprésente qu’est la religion comme une institution séparée, les Indo-Européens n’avaient pas de terme pour la désigner. Dans les langues où une telle désignation apparaît, il est d’un grand intérêt de retracer le processus de sa constitution.
Certains, souhaitant étayer leur conception de la religion, font appel à l’étymologie. « Religion » vient du latin « religio », « ce qui relie ». Belle définition qui nous laisse imaginer un lien vertical avec la divinité, tel un fil à plomb, et un lien horizontal avec nos frères en religion, tel un niveau, laissant de côté le sens de « joug ».
Or, le recours à l’étymologie ne peut être, tout au plus, que l’accent mis sur un sens négligé ou oublié d’une notion sans préjudice pour son sens au stade actuel de la langue. Croire à un sens « pur » des mots, comme un retour à l’origine, avant toute corruption est, malheureusement, une illusion.
Si l’étymologie me ramène au latin, c’est qu’il n’existait pas de terme antérieur dans une langue indo-européenne, équivalent de ce que nous entendons comme « religion ».
En grec ancien, on trouve chez Hérodote (Ve siècle av. J.C), le terme « thréskeÍé » pour désigner le culte ou la piété, plus particulièrement lorsqu’il s’agit d’un culte étranger.
« Les Egyptiens, voisins de la Lybie, supportaient mal la « thréskeié » (la réglementation) du sacrifice et en particulier l’interdiction de la viande de vache. »
et un peu plus loin :
Les prêtres égyptiens « observent mille autres « thréskeias » ».
La définition du terme sera « suivre minutieusement des prescriptions religieuses ».
En fait, le mot s’éclipsera et ne sera de retour qu’avec Strabon (Ier siècle).
C’est le terme le plus commode pour désigner un ensemble de croyances et de pratiques cultuelles. Mais signalons qu’il désigne plutôt une « observance » qu’une « croyance ».
Il faut comprendre la démarche du linguiste. Pour comprendre le système d’une langue, il la regarde fonctionner. De là, il peut se constituer une grammaire et un dictionnaire. Si je voulais étudier le français contemporain, j’enregistrerais des Français en train de parler et je cernerais la signification de tel mot d’après les contextes où il apparaît. Cependant, je serai confronté à certains choix. La langue écrite n’obéit pas toujours aux mêmes lois que la langue orale. La langue orale change selon les contextes sociaux. A moins de faire intervenir la notion de norme ou de « bon usage », la palette d’utilisation du vocabulaire semble infinie. Le sens d’un mot défini par le Larousse est-il plus fiable que celui, entendu sur le vif, utilisé par un collégien dans la rue ou sur un terrain de jeu? Doit-on inclure Montaigne, La Fontaine, Voltaire, Balzac ou Sartre dans notre étude alors que l’écart historique se creuse au fil de l’énumération ?
En Grec ancien, nous n’avons que des textes. Nous cherchons l’occurrence de tel ou tel mot dans l’ensemble du corpus. Parfois, un linguiste de cette époque a bien voulu examiner le sens de tel ou tel terme particulier. Parfois un autre le contredit. Entre Hérodote et Strabon, cinq siècles ont travaillé la langue. Les mots ont une histoire. Sans doute une origine dans une langue mère antérieure. Mais pas en dehors de leur emploi dans un discours réel, matériellement examinable. Pas en dehors d’un parcours historique.
Le latin « Religio » est admis par toutes les langues occidentales comme source de « religion ». Les anciens ne sont pas unanimes sur la formation du mot. Cicéron fait dériver « religio » de « legere » soit « cueillir, rassembler » et Lactance de « ligare » soit « lier ».
Pour Cicéron (Ier siècle av. J.C):
« Ceux qui reprenaient (« retractarent » ou reprendre un choix déjà fait) diligemment et en quelque sorte rassemblaient (relegerent) toutes les choses qui se rapportent au culte des dieux, ceux-là ont été appelés « religiosi » de « relegere » (rassembler), comme « elegantes" de « eligere » et « diligentes » de « diligere ». Tous ces mots ont, en effet, le même sens de « legere » que « religiosus ». »
Pour Lactance (vers 315) , qui est chrétien, soulignons-le, c’est le « lien » de piété qui nous « relie » à la divinité.
Un changement historique et culturel a modifié la signification d’une notion et donc du terme qui la désignait.
Voici d’autres occurrences antérieures à Lactance :
« Mets un terme, Calchas, à tes oracles « religiones » » Pièce d’Accius.
« Il m’invite à dîner, j’ai eu scrupule « religio fuit », j’ai voulu refuser » Comédie de Plaute.
Chrémis retrouve sa fille disparue mais hésite à la reconnaître :
« - Il me reste un scrupule qui me tourmente …
Tu mériterais toi avec ton scrupule « religio » d’être détesté. »
Pièce de Térence.
Ou
« Bien que la chose éveille un scrupule dans le cœur des gens. »
« Rem illam in religionem populo uenisse" (Gracchus)
ou
« Un fait qui pourrait induire à se faire scrupule de changer la place de certains cultes »
« Quod demouendis statu suo sacris religionem facere posset »
Tite-Live
Le dérivé « religiosus » prend le sens de « scrupuleux à l’égard du culte, se faisant un cas de conscience des rites »
Exemples :
« Est religieux (religiosus) ce qui en vertu d’une certaine « sanctitas » se trouve écarté et éloigné de nous » Aulu-Gelle
« Est religieux (religiosus) ce qu’il n’est pas permis aux hommes de faire, en sorte que, s’ils le font, ils semblent aller contre la volonté des dieux. » Festus
Nous retiendrons que « religio » est « l’hésitation qui retient » ou le « scrupule qui empêche » plutôt qu’un sentiment qui dirige vers une action ou qui incite à pratiquer un culte.
Quelques difficultés vont encore nous freiner pour expliquer « religio » par « ligare » (lier) .
Il n’existe pas d’abstrait « *Legio » correspondant à « ligare », alors qu’il y a « legio » pour « legere ». L’abstrait de « religare » est « religatio ».
« Il faut être « religens », non « religiosus (par rapport aux rites)» « Religentem esse oppotet , religiosus nefas » dit Nigidius Figulus soit : « il faut être prudent et non peureux ».
Comment comprendre ce passage au domaine religieux ?
« religere » c’est recollecter, reprendre pour un nouveau choix, revenir sur une démarche antérieure (= scrupule religieux).
Cela indique une disposition intérieure, subjective.
D’un autre côté, l’explication de « religio » par « religare » (relier) apparaît à partir des écrivains chrétiens.
« Le terme « religio » a été tiré du lien de la piété parce que Dieu se « lie » l’homme et l’attache par la piété. » Lactance
« lien » est utilisé au sens fort de « joug ».
Le lien de la piété, c’est la dépendance du fidèle vis-à-vis de Dieu, c’est une quasi-obligation qui caractérise la nouvelle foi pour le chrétien, ce qui la différencie des croyances antérieures.
Fausse historiquement, l’interprétation par « religare » (relier), inventée par les chrétiens, est significative du renouvellement de la notion : la « religio » devient « obligation », lien objectif entre le fidèle et son Dieu.
Le terme « superstition » qui est opposé à « religion » a suivi un destin parallèle. La superstition serait la forme exagérée du sentiment religieux par rapport à une forme « normale ».
En grec, l’équivalent de « superstitieux » serait « deisidaimonia » soit : « qui craint les « daimones » (les démons ou les dieux ???) » . Ce sentiment pouvant être estimé négatif ou positif selon les situations. La complication des rites et l’influence de la magie sur ceux-ci ont pu conduire à une évolution du sens vers le négatif. Les écoles philosophiques plus intellectuelles ont pu privilégier pour un retour à l’essence du religieux en réaction contre le formalisme des prêtres.
En latin, on saisit mal comment « super » « stare » (sans jeu de mots) qui voudrait dire « être au-dessus », a pu conduire au sens de « superstitieux ».
« superstes » signifie « survivant » ou « témoin »
« superstitiosus » signifie « devin » et « prophétique »
On peut envisager qu’est « superstes » ou « survivant » ce qui survit, reste, d’une vieille croyance, qui, à l’époque envisagée paraît superflue. Ceci correspondrait plus à une attitude du XIXe siècle, sociologique et positiviste, qui permet de discerner dans la religion des « survivances » d’une époque plus ancienne et qui ne s’harmonisent pas avec le reste.
Pour donner une explication plus satisfaisante, nous dirons que « super stare » (être au-dessus, être au-delà, se tenir par delà, subsister au-delà) est la qualité d’avoir survécu (survivant) et de pouvoir en témoigner (témoin). C’est une action tournée vers le passé et non vers la prédiction de l’avenir. Le « superstitieux » est « doué de la vertu de superstitio ». Il parle d’une chose passée comme s’il y avait vraiment été. Il a le don de double vue. Il est « voyant ». « Superstitieux » fait partie de la langue des devins. En linguistique, nous savons que c’est dans les langages spécialisés que les mots acquièrent leur signification technique. Un « voyant » est celui qui n’est pas aveugle, mais à la Fête foraine, c’est Madame Irma. Le christianisme a su donner un sens péjoratif à « superstition » en la définissant comme « croyances religieuses méprisables » et en lui opposant « religion ».
Pour un Romain éclairé, il fallait distingué la « religio » , le scrupule religieux, le culte authentique, de la « superstitio », forme dégradée, pervertie, de la religion. C’est cette attitude que nous aurons en mémoire lorsque nous penserons à l’étymologie de ces mots dont la signification fait enjeu.
D’une manière générale, nous serons vigilant chaque fois qu’une explication par l’étymologie pure fera l’impasse sur l’histoire de la notion.
Sergeï
Pour une argumentation plus serrée, des références plus précises et des exemples dans la langue originale :
Emile Benveniste Le Vocabulaire des institutions indo-européennes tome 2 pouvoir, droit, religion aux éditions de minuit collection « le sens commun ».
Benveniste est l’auteur de référence en linguistique. Il faut recommander ses Problèmes de Linguistique Générale chez Gallimard en particulier la partie L’Homme dans la langue.
source : wusong.fr
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table d'emeraude Visiteur

Age: 24
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Inscription : 15 Août 2007 Messages : 18 Localisation : France - Paris
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Posté le : 18 Août 2007 9:49 |
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Bonjour,
Pour éviter de mettre dans le même sac des choses de natures différentes, il faut mettre des réserves sur le mot religion :
Il faut une doctrine (caractère intellectuel), une morale (caractère social) et un culte (qui participe de l'un et de l'autre) pour qu'une tradition doit être appelé "religion".
Parce que, si toutes les religions sont des traditions, toutes les traditions ne sont pas des religions. Il serait par exemple impossible de trouver la présenced'une morale dans l'hindouisme, tradition purement sapientale, c'est pourquoi on ne peut l'appeler justement religion. Si on part de ces considérations, il n'y a que les trois religions monothéistes,à savoir, le judaïsme, le christianisme et l'islam qui peuvent être appelés "religion". Le bouddhisme, est ce qui en Orient se rapproche le plus de la religion mais elle n'a pas une morale suffisante, là aussi, pour être qualifié de telle. C'est pourquoi, lorsque après la seconde guerre mondiale, de nombreux chrétiens sont sortis de leur tradition pour adhérer au bouddhisme tibétain, transposant incorrectement les notions de leur religion sur la tradition tibétaine, le dalai-lama a conseillé les personnes de retourner à leur tradition et à l'approfondir plutôt que d'adopter une tradition qu'ils ne comprenaient pas.
Cette définitoin est utile pour juger les sectes diverses. Par exemple on peut se demander si les multiples courants protestants méritent la dénomination "religion" lorsqu'ils ont complètement annihilé le caractère intellectuel de la religion (qui perdure avec beaucoup de difficulté dans le catholicisme) au profit d'une exclusivité du caractère moral, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus inférieur et de moins intéressant dans la religion. Il est facile aussi de remarquer les pseudos-écoles bouddhistes qui n'utilisent dans leur rhétorique qu'une banale sentimentalité sans aucune doctrine vritable.
Pour l'éthymologie "religiere", "relier", la question est de savoir si on voulait relier avec la religion, les hommes entre eux ou les hommes avec Dieu.
Sur la dangerosité des religions orthodoxes (et non pas des sectes), il n'y a aucun conditionnement, aucun syndrome du homard, ou du moins pas plus que chez les partisans de la relativité d'Einstein qui ont connu une vague de suicide lorsque celle-ci fut remise en cause partiellement par la physique quantique.
Sur la violence des religions et ses guerres inhérentes, il faut là aussi remettre les choses dans leur contexte. Le XXe siècle est celui qui a deux surnoms : le "siècle de la sécularisation" et le "siècle de la guerre". Siècle qui a jeté le plus violement les religions et siècle qui a connu les plus grandes guerres, les plus grands massacres et génocides mondialisés. Le brave Mao, qui ne doit pas avoir une trés grande côte ici, revendiquait son athéisme et est en même temps le plus grand meurtrier de l'histoire, battant haut la main les deux guerres mondiales. Je me rappelle d'un professeur en egyptologie pharaonique qui nous disait que la plus grande guerre de cette civilisation avait causé autant de morts qu'un mauvais week end d'accidents de la route en France... Les relgions n'ont pas contrairement à la science inventé les armes de destructions massives.
Pour les traditions qui se faisaient la guerre, c'est quelquechose d'inévitable. Il faut comprendre que quand deux traditions vértables se font la guerre, elle tendent tout de même intérieurement vers le même but. Même le bouddhisme connaît ses martyrs et ses guerres avec l'hindouisme. Pour les croisades, même si il y eu des débordements, étaient sous le couvert d'un code de l'honneur et surtout le fait de la classe des guerriers, de la noblesse à qui guerroyer était le métier. Quelle différence avec le monde sans Dieu qui avec la conscription envoie en temps de guerre le boulanger, le paysan, le commerçant et fait travailler femmes et enfants à l'arrière pour la confection d'obus...
La foi en la science, en la démocratie qui a pu lire un "Hitler", au progrés matériel infini qui détruit l'écologie et autres dogmes peut se révéler au moins aussi dangereux.
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Soukha Membre actif

Age: 33
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Inscription : 15 Jan 2006 Messages : 399 Localisation : Languedoc-Roussillon
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table d'emeraude Visiteur

Age: 24
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Inscription : 15 Août 2007 Messages : 18 Localisation : France - Paris
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Posté le : 18 Août 2007 10:48 |
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| Citation: | Religion = Qui relie
Fin de la définition.
J'aime la simplicité |
Donc les lacets d'une chaussure sont une religion tout comme le cordage d'une raquette de tennis.
La simplicité donne parfois des résultats étonnants pour ne pas dire limité.
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Soukha Membre actif

Age: 33
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Inscription : 15 Jan 2006 Messages : 399 Localisation : Languedoc-Roussillon
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Sönam Membre trés actif

Age: 62
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Inscription : 19 Oct 2006 Messages : 969 Localisation : dharma-dhatu
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Posté le : 18 Août 2007 11:42 |
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wikipedia propose cette lecture ...
Le terme religion (du latin religio, sens propre "soin", "scrupule", sens dérivé "pratiques cultuelles".
ethymologie
On dit volontiers que le mot français religion vient du mot latin re-ligare, "re-joindre" ou "re-lier", compris généralement comme indiquant la relation de l'humain au divin, mais aussi des humains les uns aux autres. Cet étymon est proposé par Lactance, mais il s’agit d’une signification tardive. Une autre voie est indiquée par Augustin d'Hippone, qui suggère l'étymologie archaïque suivante : relegere, "relire, reprendre", par opposition à neglegentia, "négligence". Chez Cicéron (De natura deorum, II, 10) on trouve religio, "scrupule", qui évoque la peur face aux forces surnaturelles et le souci d’être scrupuleux dans l'observation des rites.
j'aime bien la proposition de Cicéron ... peur face au surnaturel ... qui me semble plus proche de ce qu'est une religion (bien entendu vous avez compris qu'en ce qui me concerne, le bouddhisme n'est pas une religion)
_/\_
KSG
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Sönam Membre trés actif

Age: 62
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Inscription : 19 Oct 2006 Messages : 969 Localisation : dharma-dhatu
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Soukha Membre actif

Age: 33
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Inscription : 15 Jan 2006 Messages : 399 Localisation : Languedoc-Roussillon
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Posté le : 19 Août 2007 9:49 |
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| Karma Sönam Gyaltsen a écrit: |
ethymologie
On dit volontiers que le mot français religion vient du mot latin re-ligare, "re-joindre" ou "re-lier", compris généralement comme indiquant la relation de l'humain au divin, mais aussi des humains les uns aux autres.
/ ... /
j'aime bien la proposition de Cicéron ... peur face au surnaturel ... qui me semble plus proche de ce qu'est une religion (bien entendu vous avez compris qu'en ce qui me concerne, le bouddhisme n'est pas une religion)
_/\_
KSG |
Pour ma part, la définition éthymologique est celle qui me suffit, vous l'aurez compris
Et j'ai aussi longtemps réagit lorsqu'on pouvait parler du bouddhisme comme une religion, insatisfait que j'étais avec le concept commun de "religion" que j'avais jusqu'ici (notamment vis-à-vis de l'histoire connue des religions).
Mais c'était avant d'avoir découvert ce qu'on peut aussi appeler communément la "foi" et à quel point, qu'elle qu'elle soit, elle peut "relier", bien au delà des "textes" de religions.
Depuis, le bouddhisme est donc devenu, de ma vision, une religion 
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table d'emeraude Visiteur

Age: 24
Sexe: 
Inscription : 15 Août 2007 Messages : 18 Localisation : France - Paris
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Posté le : 19 Août 2007 10:59 |
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Pourtant, sauf mon respect, il me semble que dire que le bouddhisme soit une religion est incorrect. Car c'est faire entrer sous une même dénomination des choses de nature différentes et hétéroclytes qui réduisent à néant la valeur même de la définition.
Ne peuvent-être dit "religion" que les monothéismes de type abrahamique. Le taoïsme et l'hindouisme sont très loin de la "religon". Le bouddhisme s'en rapproche plus mais n'en est pas une pour autant.
Salutations
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Soukha Membre actif

Age: 33
Sexe: 
Inscription : 15 Jan 2006 Messages : 399 Localisation : Languedoc-Roussillon
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Seunam Gyamtso Membre d'honneur

Age: 31
Sexe: 
Inscription : 09 Jan 2006 Messages : 2829 Localisation : Coulommiers 77
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Posté le : 19 Août 2007 12:30 |
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Bonjour,
Pour moi la définition d'une religion est plutôt une "école de spiritualité" ; qu'elle soit théiste ou non, "révélé" ou pas; elle implique un travail sur soi, sur son esprit afin de le transcender pour trouver le bonheur, la fin de la souffrance. le christianisme comme l'islam, le judaïsme, l'hindouisme, le bouddhisme, le taoïsme, les chamanismes (...) proposent un travail sur l'esprit a travers des méthodes variés et sont donc toutes des religions dans le sens d'école de spiritualité.
Pour Certains, la religion n'est plus qu'une tradition qui à perdu son sens, certains la limite à une morale, d'autres y rajoutent une croyance en un dieu extérieur, d'autres encore cherchent dieu (ou la vérité, la sagesse...) et approchent les voies de transcendances présentes dans ces religions (les aspects ésotériques des religions (ou écoles de spiritualité), dont la finalité transcende les monothéismes, polythéistes et athéismes pour arriver à la réalisation non duelle qui dépasse les aspects traditionnels et culturels et méthodologiques de toutes les religions.
Et encore une définition de plus !
Qu'importe le mot que l'on emploi : religion, école de spiritualité ; voie de libération, etc... certains ne voient que les différences superficielles, qui, sur la base de l'ignorance, incompréhension, se transforme en rejet, haine et finit souvant en guerres.
Mais il est aussi possible de voir ce qui rapproche, ce qui uni malgré les apparences.
Voir la lumière qui émane de tous les être et que toutes les "écoles de spiritualité" cherchent à développer.
Amicalement,
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Sönam Membre trés actif

Age: 62
Sexe: 
Inscription : 19 Oct 2006 Messages : 969 Localisation : dharma-dhatu
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